À. L'ECCLÉSIASTE
L'auteur de l’Ecclésiaste ne se nomme pas; il nous apprend seulement qu’il était fils de David, roi de Jérusalem (4; 1, 12), et il prend le titre obscur de Qoheleth. Tout d’ailleurs indique que ce fils de David est Salomon, aussi célèbre par sa sagesse (1, 16; xir, 11) que par ses richesses et sa puissance (11, 4-9).
Le nom de Qoheleth a beaucoup occupé les commentateurs modernes, qui, après bien des hypothèses très ingénieuses et peu vraisemblables, sont revenus à l’ancienne explication des Septante. Le Qobeleth est le prédicateur, ou plutôt celui qui parle soit devant une grande assemblée religieuse, Soit simplement devant un grand public. La ter-
minaison féminime de ce mot hébreu est celle de plusieurs mots qui indiquent des fonctions ou offices.
L'assemblée est ici celle du peuple élu, des enfans d'Israël, de ceux qui connaissent ne. révélations de Dieu, quoique tous n’y croient pas dans leur cœur (Ecel. xx, 9). C’est dans cette même assemblée (qahal) que David, type du Messie, "a avait annoncé la justice de Dieu et proclamé sa bonté et sa vérité (Ps. xL, 9.10).
En quelle qualité le Quheleth parle-t-il à l'assemblée? I n’est pas un lévite chargé d'enseigner la loi au peuple, ni un prophète. Il enseigne, nous dit-il lui-même (xx, 11), parce qu’il est sage. L'Orient donne le nom de sages à ceux que l'Occident appelle philosophes, et ne connaît pas d’autres sages que des penseurs graves et sérieux qui sondent peu les questions transcendantes de la métaphysique, et qui étudient surtout l’homme, ses besoins, ses vertus et ses vices, et les résultats de ses actions.
Le sage n’a reçu aucune mission positive et spéciale d’enseigner le peuple; son unique droit, c'est sa sagesse; à lui de captiver l'attention de ses auditeurs par la frappante vérité de ses sentences et par la forme originale dont il revêt ses pensées. Il serait inspiré de Dieu qu'encore il n'aurait à son commandement ni le miracle ni la prophétie pour se légitimer auprès du peuple.
Son inspiration porte d’ailleurs, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, un autre caractère que celle du prophète ou du psalmiste : elle est plus calme, plus réfléchie, et s’exprime en un langage plus lucide et moins poétique:
Le prophète recoit des révélations, le sage de simples inspirations. Le premier a des visions, la main de l'Eternel est sur lui et un enthousiasme sacré s'empare de son ame, ou, simple ambassadeur, il apporte au peuple le message du Roi des cieux; chez le second, au contraire, l'Esprit saint agit d'une manière moins frappante, et son action s'allie inti-