‹ Explication du livre de l'EcclésiasteChapitre 26 sur 34 · TI IV · texte numérisé non relu

TI IV

Le sage qui s’est posé le problème, veut en ténter la solution. C est ce roi de Jérusalem, ce Fils de David, ce Salomon qui expliqua les énigmes de la reine de Seba avec tant de sagesse, qu'elle s’écria : « Oh que bienheureux sont tes serviteurs qui assistent continuellement devant toi, et qui t’écoutent !»

IL nous apprend d’abord combien il a mis de soin à examiner et sonder avec sagesse l'état général de l'humanité /tout ce qui se fait sous le soleil); et c'est par cette étude qu est arrivé à la conclusion qu'il vient de nous exposer au long (1, 8-11), et qu'il nous rappelle ici en peu de mots, en y ajoutant une pensée nouvelle : la vie humaine (!) est dure et

tent eux-mêmes quand ils font leur possible pour que les choses aillent comme ils l’entendent. Cette distinction nous parait tres fondée, et nous pensons que dans tout son ouvrage l’Ecélésiaste distingue avec soin entre ñwy l’œuvre, la profession de chaque homme, l’occupation à laquelle il est tout naturellement appelé et qu'il fait au jour le jour sans’ s'inquiéter du lendemain, et by: la peine de corps et d’esprit que se donnent ceux qui marchent vers un but éloigné, et placent leur bonheur dans la possession d’un certain bien que leur réserve l’avenir.

1) D'ordinaire on rapporte ce verset non à la vie humaine, mais à l’étude qu’en fait le sage. Peut-on dire que Dieu a imposé une telle étude aux hommes en général? N’est-elle pas le

he TN es pénible , et c’est Dieu lui-même qui l'a faite telle et imposée aux fils de l’homme afin qu’ils s’y fatiquent. —1, 12. 15.

Cependant il a sondé plus avant l'existence humaine, il est arrivé jusques à son fond et n'y a trouvé que vanité et rongement d'esprit. Nos peines, nos travaux, nos souffrances auraient pu avoir un résultat heureux et positif et tourner à notre plus grand bien; il devrait même en être ainsi, puisqu'elles nous sont imposées de Dieu. Mais non, dit l’'Ecclésiaste, elles ne sont que choses vaines, elles ne font que nous ronger l'esprit. Et le mal, ajoute-t-il, est sans remède : ce qui est tortu ne peut se redresser, et les défauts sont innombrables chez l'individu, dans la famille, la société, l'humanité, dans le monde moral tout entier. — Que ces dernières paroles ont de poids dans la bouche d’un roi tel que Salomon, qui sentait si vivement toutes les misères de l'humanité, et qui avec sa divine sagesse n’avait pu, pendant une longue vie et un règne paisible, faire disparaître de ses états le vice et les désordres! — r. 14. 15.

Les mots de vanité et de. rongement d’esprit ne sont pas synonymes. Le premier s'entend surtout de cette portion de nos destinées qui ne dépend pas de notre volonté et qui pèse comme une sorte de nécessité morale sur nous tous. Le second s'applique tout spécialement aux peines auxquelles nous nous soumettons, le voulant bien, pour arriver à ce qui nous semble devoir être le bonheur.

Sous le soleil (ici-bas), tout n'est donc que vanité el tourment, et le mal est sans remède. Tel est le texte que va développer et prouver l’Ecclésiaste dans son premier livre, dans lequel il passera successivement en revue la poursuite

fait d’un fort petit nombre d’entre eux. D'ailleurs le v. A4 part de notre v. 15 pour aller plus loin et déclarer que la vie humaine, pénible comme Dieu l’a faite, est, à la bien considérer, vanité et rongement d'esprit.

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