‹ Explication du livre de l'EcclésiasteChapitre 30 sur 34 · V. VI. VII · texte numérisé non relu

V. VI. VII

S 1. ÊTRE PIEUX (v, 1-8).

L'homme qui désire être heureux ici-bas, doit avant tout se concilier la faveur du Dieu tout-puissant entre les mains duquel sont toutes ses destinées. « Grains Dieu, » nous dit l’'Ecclésiaste, «de peur qu'il ne s’irrite. »

(*) Les commentateurs admettent la plupart, que les chap. v et suivans sont un recueil de sentences détachées, et que le ton et la nature du livre changent complètement. Mais il est évident que v, 8 et vi, 7-10, font allusion à 1v, À et ur, 16; v, 18 à 11, 24, ur, 49, 99; et v, 19 à ur, 45; et l’espèce de refrain : ceci aussi est vanité, qui se retrouve à v, 10; vr, 2. 9; vir, 6, rattache intimément ces chapitres aux quatre premiers.

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Crains Dieu, quand tu es dans son temple pour l’adorer. Approche-toi de lui avec recueillement, écoute (‘) ses enseignemens, et quand tu pries, souviens-toi qui tu es et à qui tu adresses ; use donc de peu de paroles, car de même que les rêves de la nuit proviennent de la multitude des occupations du jour, ainsi l'on ne peut, surtout dans la prière (Matth. vi, 7), multiplier ses paroles sans en proférer d’insensées. — v, 1-5.

Crains Dieu hors de son temple, dans le cours ordinaire de la vie. Si, cédant à un premier élan de dévotion, tu as

fait un vœu à l'Eternel, accomplis-le scrupuleusement. Mais ne te laisse pas aller à tous ces mouvemens de ton cœur, car l'esprit est prompt et la chair est faible ; tu pourrais te trouver dans le cas de faire de grands sacrifices pour tenir l'engagement que tu as pris avec Dieu dans ta conscience, ou tu serais tenté de dire plus tard à l’ange (au messager de Dieu, au prêtre) que tu n’y avais pas bien pensé. (Les vœux ici rappellent ces bonnes résolutions dont est pavé le chemin de l’enfer.) Les promesses faites à Dieu sans sérieux, sans une ferme volonté de les tenir (v, 4), ne sont que néant comme les rêves, et en les multipliant, on ne fait que multiplier les vanités. Mais plutôt, dit l'Ecclésiaste avec une énergique précision (Prov. xxu1, 17), crains Dieu. — v, 4-7.

Crains Dieu si tu veux recevoir de Dieu ta part de bonheur; et que le spectacle des oppressions et des violences qui désolent telle ou telle province, ne t’alarme pas, ne te fasse

(*) Ce mot d’écouter semblerait indiquer qu’au temps de Salomon le culte du temple comprenait, comme le culte postérieur des synagogues, une lecture et sans doute aussi une explication de la loi. Ou peut-on entendre ce mot de cette voix secrète que Dieu fait entendre à l’âme qui le sert, pour la consoler, la reprendre, la fortifier (Jean v, 52)?

pas douter de la Providence (17, 18) et maudire la vie (1v, 1-5). Mais aie foi aux institutions humaines et en Dieu; au dessus des grands qui oppriment, est un roi qui les surveille et les empêche, et au dessus de ces grands, et du roi qui peut, lui aussi, abuser de son pouvoir, est un Dieu toutpuissant et souverainement juste. — v, 8.

$ 2. SE CONTENTER DU PAIN DE SON ORDINAIRE (V, 9—Vr, 11).

La piété avec la confiance en Dieu est le fondement sur lequel doit s'élever l’édifice de notre bonheur terrestre (si ce bonheur est possible). Que placera-t-on sur cette base ?

L'homme ne peut être heureux dans l’oisiveté (IV, 5. 6). Mais il doit éviter tout travail qui ne contribuerait pas à son bonheur (11; 1v, 8). Entre ces deux extrêmes est une voie

moyenne qui est toute tracée et qui est la plus naturelle. Il

faut cultiver modestement l'héritage de ses pères. L’oceupation qui offre les plus grandes chances de bonheur est l'agriculture; elle l’emporte sur toutes choses, en même temps qu'elle est l’une des bases sur lesquelles repose tout l'édifice social: le roi lui-même dépend des laboureurs et des champs qui le nourrissent. — v, 9.

En quoi consistent les avantages de l’agriculture?

D'abord, elle ne nous porte pas, comme le font l'industrie et le commerce (des Tyriens, et des Israélites s’associant aux Phéniciens), à amasser sans relàche de ces vaines richesses qui ne rassasient point notre ame et ne nous profitent point. — V, 10.

En second lieu, la vie du laboureur est exempte de toutes les inquiétudes qui tourmentent les grands propriétaires ; car ils sont entourés d’intendans et de serviteurs qui leur

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mangent leur bien, et ils ne retirent pas d'autre profit de leurs vastes possessions que de les regarder de leurs yeux. — v, 11: |

En troisième lieu, l’agriculture impose un travail qui est favorable à la santé, et soumet à une vie frugale qu'accompagne le repos de Pesprit. — v, 12.

En quatrième lieu enfin, le laboureur est à l’abri de ces revers qui plongent dans la misère le riche et ses enfans élevés dans l'opulence. Le riche sort nu de ce monde comme il y.est entré, et n’emporte rien dans le tombeau de tous ces trésors qu'il avait amassés en consumant ses jours dans la tristesse , et qui ne lui ont valu que beaucoup de soucis, une ame malade et une irritation habituelle. — v, 13-17.

Cet éloge de l’agriculture, vrai en soi, l'était tout particulièrement du peuple hébreu, que sa vocation providentielle, la législation mosaïque et la nature même du pays qu'il habitait, détournaient du commerce et de l’industrie, qui étaient les principales occupations des idolätres Phéniciens, ses voisins.

Cependant tout homme ne peut être agriculteur, et la condition la plus favorable au bonheur.sera d’une manière générale l’aurea mediocritas d'Horace à laquelle on ajouterait un travail régulier et la pensée de Dieu. Voïei ce que j'ai vu et le résumé de mes expériences : 1! est bon, il est beau de manger et de boire et de {voir du bien) jouir de son travail dont on se travaille sous le soleil, pendant les jours peu nombreux de la vie que Dieu nous accorde. Car c’est là notre lot. — v, 18. — Ce verset, pour être bien compris, doit être comparé à 1, 24 et à im, 12. 22, et l’on doit en peser tous les mots. Manger et boire indiquent, comme 11, 24 et If, 12, la paisible jouissance des biens terrestres tels que Dieu les accorde chaque jour, et l’absence de toute poursuite du bonheur; ces mots ne se lisent pas mt, 24, où la vie de l’homme est réduite à son minimum de joie. Voir du bien de

son travail, c'est en jouir en toute simplicité, sans en attendre autre chose que ce qu'il peut nous donner; faire voir à son ame du bien dans son travail (17, 24), indique au contraire ce désir plus ou moins vif d'y trouver de grandes jouissances, et une certaine recherche du plaisir. Le travail dont on se travaille est ici celui de notre vocation, sur lequel l'Ecclésiaste insiste plus qu'il ne le faisait 11, 24 et nx, 12. Enfin les mots sous le soleil, qui ne se lisent pas dans les passages parallèles, supposent un [à haut, un monde meilleur, et l’Ecclésiaste rappelle explicitement que nos jours sont un don de Dieu. Le sentiment de la crainte de Dieu, exprimé si fortement au verset 7, pénètre encore tout ce verset 18.

Quant au riche, il n’arrivera pas au bonheur par une

autre voie que celle qui vient d’être tracée : il ne sera pas

heureux par ses trésors, car la possession n’est pas la jouis-

sance, et se soumettant à la loi universelle, il‘ doit apprendre à jouir ayec simplicité des biens de la terre et des fruits de son. travail. Mais cela est un don de Dieu. — v, 19. — Ainsi, non seulement Dieu nous accorde comme un don de sa

grâce les biens et les joies terrestres (11, 24; 111, 15); mais

il doit encore nous donner les dispositions nécessaires pour en jouir, et sans ce dernier bienfait, les plus grandes richesses sont inutiles au bonheur. — Celui qui a reçu l’art de jouir, voit les jours de sa vie s’écouler doucement sans qu'il y prenne garde, car Dieu répond à ses désirs de bonheur en réjouissant son cœur. — V, 20.

Posséder n’est pas jouir, et ce ne sont pas les grandes richesses qui rendent le plus heureux {‘), a dit l'Ecclésiaste , qui prouve son dire dans les versets suivans (vi, 1-7). Deux cas sont possibles. Ou l’homme que Dieu comble de biens et

(2) Usus divitiarum apud alios, divitibus solum nomen cedit et solicitudo. Saint Bernard. De convers. ad clericos. — Di tibi divitias dederunt artemque fruendi. Horace, Epist. 1, 4.

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d'honneurs et à qui rien ne manque de tout ce qu'il désire, meurt ayant le temps et laisse toute sa fortune à un étranger. Ou le riche, qu’entoure une nombreuse famille, voit ses jours se prolonger jusques au dernier terme de la vie, mais son ame n’est pas rassasiée de ses biens, et peut-être même une mort violente, ignominieuse {sans sépulture) viendra-t-elle terminer sa longue prospérité. Mieux vaut encore qu’un tel homme, l’avorton né en vain, qui est venu dans les ténèbres et dont les ténèbres recouvrent le nom, et qui n’aura pas connu la vie et ses déceptions; son repos (après sa mort) vaut mieux que le nôtre. À quoi nous servirait même de vivre deux mille ans, Si nous ne trouvons {voyons) le bonheur nulle part, et que notre soif de joie ne soit jamais apaisée. Et d’ailleurs, qu'est-ce qu'un bonheur qui aboutit à la mort? Tous ne vont-ils pas au même lieu? et la plus longue vie, comme la plus courte, n’aboutit-elle pas à la tombe? — Mais comment se fait-il que le riche ne soit pas heureux au sein de sa prospérité? C’est que l’homme qui ne sait pas se contenter du pain de son ordinaire (v, 18), et qui poursuit la satisfaction de ses désirs {vr, 9), ne travaille que pour ses sens {sa bouche, Prov. xvI, 26; Jean vi, 27); il ne rêve qu'un bonheur terrestre, il ne le demande qu'aux choses qui tumbent sous les sens, il n’écoute que la voix et les conseils de la chair; et aussi l’ame, l'ame immatérielle, l'ame en qui Dieu a déposé l'éternité (nr, 11), n’est point rassasiée par les fruits de ce travail (Es. Lv, 2; Ez. vir, 19).

En quoi consiste donc l’avantage du sage sur l’insensé ? l’avantage du pauvre, même de l’affligé qui possède la sagesse et qui sait marcher sur le vrai chemin du bonheur en face &e tous les vivans (les bons vivans) qui l'affligent ou ne s'inquiètent point de lui? Les sages savent se contenter des biens présens, qui sont sous leurs yeux; et ne se mettent pas à la

poursuite de tous les désirs de leur ame. Car (‘) cette poursuite n'est que vanité et rongement d'esprit. — vx, 8. 9.

Ce sont là sans doute de dures vérités, et le bonheur du sage lui-même est bien peu de chose. Mais à quoi servirait à l’homme de regimber contre sa destinée? et qui pourrait songer à se soustraire au sort commun? Quel est cet homme là qui nourrit dans son cœur d'aussi présomptueuses pensées? Ignore-t-il donc qu’il ressemble à tous égards à ses pères? Son nom a été dès long-temps proclamé, et l’on sait bien que ce nom est homme (Adam); or l'homme ne peut pas contester avec Dieu qui est plus puissant que lui. Il y perdrait ses paroles, et en les multipliant il ne ferait que multiplier sa misère, sa vanité. Quel avantage en retirerait l’homme? — vi, 10-11.

$ 5. ESTIMER A LEUR JUSTE VALEUR LA JOIE ET LA SOUFFRANCE (Vi, 12-vr1, 10).

Et quand bien même en contestant avec Dieu, l’homme obtiendrait de lui et de grandes richesses et une véritable joie à les posséder, en serait-il réellement plus heureux ? Est-il bien certain que ce soit là le souverain bien ? Car, qui sait ce qui est bon à l’homme dans la vie pendant le petit nombre des jours de sa vanité qui s'enfuient comme l’ombre, et auxquels succède une tout autre existence? En effet, qu, sous le soleil, révélera à l’homme (?) le sort qui l'attend après sa

(*) Ou peut-être : cette jouissance même des biens présens n’est aussi que vanité.

(2) Ou Qui révèlera à l’homme ce qu'il y aura après lui sous le soleil, c’est-à-dire chez les morts, dans le scheol, dans le sépulcre.

mort, et dont la connaissance semble indispensable pour juger sainement des choses d’ici-bas? La bonne réputation que donne une vie vertueuse, vaut mieux qu’une vie passée dans les délices (Prov. xx, 1), et le jour de la mort, qui introduit le juste dans son repos, est préférable à celui de la naissance qui l'avait introduit dans un monde où tout est vanité... Mieux vaut la tristesse selon Dieu qui produit la joie, que le ris bruyant que suit la tristesse. Le cœur des sages (!) s'émeut à la vue de la souffrance, celui de: l’insensé ne rêve que plaisirs. Tous ces biens qu’estime le monde : les parfums, les festins, les ris, les chants bruyans, ne sont que vanité. — VII, 1-6.

L’Ecclésiaste, en proclamant les joies de la douleur, semble au premier abord s’élever au point de vue de l'Evangile, et exprimer les mêmes pensées que celles qui sont contenues dans les Béatitudes (Matth. v). Mais il n’en est point ainsi; le sage hébreu ne parle point de la tristesse qui provient du sentiment de ses péchés, et la pensée de la mort, l’affliction et la compassion (vir, 2. 5. 4) ne constituent point cette pauvreté et cette douleur spirituelles (Matth. v, 5. 4) qui seulent peuvent introduire dans le royaume des cieux. La souffrance, dans l'Ecclésiaste, provient de causes extérieures et n'est qu’un accident dans la vie du sage; et les Thraces ainsi que les sauvages Troglodytes de la mer Rouge, tout païens qu'ils étaient, célébraient par des lamentations la naissance, et la mort par des danses et des chants d’allégresse. |

La souffrance, continue l’Ecclésiaste, vaut mieux que la joie mondaine : les opprimés donc {1v, 1-5; v, 8) sont bien

(*) Quelle vérité d’expression dans ce verset #! Le sage, l’homme pieux, se sent attiré vers les malheureux dont on lui parle , il va les consoler, et quand il les quitte, son cœur reste avec eux,

moins malheureux qu’ils ne semblent l'être au premier abord, et à tout prendre les oppresseurs sont le plus à plaindre, Car le pouvoir est en piége à ceux qui le possèdent, il trouble l'esprit des sages eux-mêmes et leur fait perdre le sens, il les pousse à des actes iniques, ou les expose, comme juges, à se laisser séduire par des présens. D'ailleurs la puissance qui repose sur l'injustice n’a pas une heureuse fin, tandis que le juste opprimé qui commence sa vie dans la douleur, la finit dans la paix. Mieux vaut l'opprimé patient et débonnaire que loppresseur hautain. — vir, 7. 8.

Puisque la souffrance a ses bénédictions, toutes les injustices et les violences qui ont lieu dans la société ne doivent pas nous affliger trop facilement et trop vivement, elles peuvent être utiles à ceux qui les subissent; c’est être insensé que de laisser reposer, de nourrir dans son cœur une telle affliction. Ne disons pas non plus : Pourquoi les jours passés ont-ils été meilleurs que ceux-ci? Car ce n’est pas la sagesse qui nous porte à nous enquérir de cela. — var, 9. 10.

$ 4.:RÉSUMÉ (vi, 11-14).

Résumons en peu de mots ce que nous venons d'exposer dans ce livre deuxième. L'homme, pour être heureux, doit avoir sagesse ou piété, honnête aisance, patience et con— tentement d'esprit.

La sagesse est bonne avec un héritage qu'on a recu de ses pères (par opposition à une fortune péniblement acquise) ; et c’est là la vraie condition du bonheur pour les mortels, pendant leur vie terrestre {pour ceux qui voient le soleil). Ainsi Von vit à la fois à l’ombre protectrice de la sagesse et à l’ombre de l'argent; mais l’avantage est à la connaissance :

la sagesse seule peut faire vivre, d’une vie éternelle, ceux qui la possèdent. — vi, 14. 12. (!)

Il faut, ensuite, prendre le monde tel qu'il est, avec toutes ses vicissitudes et ses désordres (x, 1-15; v, 8; vit, 9.10; 1, 15). Considère d'un œil tranquille l’œuvre de Dieu; car qui redressera ce qu’il a courbé? Puis, au jour du bien, use du bien, et au jour du mal, prends garde à l’enseignement qu’il t’apporte; en effet, Dieu place l’un vis-à-vis de l'autre, il oppose l’un à l’autre, afin que le jour mauvais nous ôte les biens que nous avait apportés le jour heureux, et auxquels nous donnions notre cœur; et ainsi à la mort {après nous ) nous ne pouvons emporter quoi que ce soit de la terre, et nous la quittons habitués déjà, par une longue coutume, à nous détacher de tout ce que nous aimons (?). — vu, 15. 14.

Ces trois principes résument toutes les expériences que l'Ecclésiaste a faites jusques ici.

Poursuivre la sagesse, les plaisirs, les richesses dans l’espoir d'y trouver le bonheur, n’est que tourment d'esprit (Livre 4, $ 1) : nous les accepterons donc tels que Dieu nous les donne sans les rechercher avec ardeur. vir, 14.

La jouissance des biens que Dieu nous donne ne peut être permanente dans un monde où tout change (1, $ 2) : nous userons du bien au jour du bien. vir, 14.

(1) Divitiæ sicut impedimenta sunt in reprobis, ita in bonis sunt adjumenta virtutis. Ambroise.

Alii sapientià indigent, alii opibus; et qui sapiens est et non dives, potest quidem docere quod bonum est, sed interdum non potest præstare quod petitur. Jérôme.

Non facile emergunt quorum virtutibus obstat

Res angusta domi. Juvénal, sat. 5.

(*) Sapientia divina hæc alternat, ut nec adversa frangant, nec læta dissolvant; cum potius et illa existis gratiora et illa ex his tolerabiliora reddantur. Bernard.

Les désordres de la société sont immenses {1, 5) : nous ne nous en affligerons pas outre mesure. vit, 9. 10.

La médiocrité a le plus de chances de bonheur, et la possession des richesses ne rend point heureux (2, $ 2) : nous nous contenterons de l'héritage de nos ancêtres. vir, 11.

La souffrance a ses bénédictions (2, $ 5) : nous saurons profiter pour notre bien moral des jours mauvais. vn, 14.

Enfin nous estimerons par dessus toutes choses la sagesse, qui l’emporte autant sur la folie que la lumière sur les té nèbres (17, 15), qui sait apprécier à sa juste valeur les biens et les maux de la vie (L.2, S 2.5), et qui seule nous fait vivre (vu, 12).

Les joies humbles et modestes d’une honnête médiocrité, qui semblaient d’abord (v, 18) être le tout de l'homme, reparaissent ici associées à la douleur (vnr, 14); et la sou— mission servile de l’homme aux lois inflexibles du Destin (ur, 14. 15), se transforme en un filial abandon à la volonté d'un Dieu qui ne nous éprouve que pour notre bien (vi, 14). La crainte de Dieu {v, 1-7) est d’ailleurs l’ame de tous ces préceptes.

Ce problème du bonheur semble résolu : mais cette solution n’est point la vraie. Elle met l'argent trop près de la sagesse, et accorde à la joie une trop grande place. Elle ne tient compte ni du péché, ni de la prospérité des méchans et de l’adversité des bons et des sages. Elle suppose que l’homme est l’agent de son bonheur, tandis que Dieu se joue impitoyablement de lui, de ses projets, de ses ouvrages, ainsi que le démontre le livre troisième.

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