‹ Explication du livre de l'EcclésiasteChapitre 5 sur 34 · CUS · texte numérisé non relu

CUS

Le livre entier n'est point un traité didactique, dans lequel, passant en revue les divers biens terrestres que l'homme recherche, on prouverait par des raisonnemens que tous ne sont que vanité. La méthode suivie par l'Ecclésiaste est bien autrement originale : il met la lecon en action ; 1l nous raconte toutes les expériences qu'il a faites ou qu'il aurait pu faire, et il nous conduit à travers toutes ses alternatives d'espoir et de découragement. Le travail de sa pensée se fait sous nos regards, et nous en suivons toutes les phases, comme le naturaliste suit l’ouvrage des abeilles dans une ruche de verre.

L’idée fondamentale du livre est aussi remarquable que sa méthode. L'homme demande à grands cris de la joie, et il recoit pour réponse l’ordre de craindre Dieu et de garder ses commandemens. La crainte de Dieu est sans doute l’unique chemin du vrai bonheur, et cette conclusion s'offre d'elle-même à la pensée du lecteur; mais l’Ecclésiaste la tait avec soin, et ce silence a quelque chose de saisissant. Qui est l’homme pécheur pour rêver la joie? Son tout c'est de retourner à Dieu, et son vrai trésor se trouve non pas sous le soleil, mais en Dieu et dans sa loi.

Pour bien comprendre la pensée de l’Ecclésiaste et la marche qu’il suit dans son livre, nous-devons, avant tout, rappeler en peu de mots ce qu’est le souverain bien pour l'homme déchu.

L'homme, avant sa chute, jouissait d’une félicité inconsciente et naïve pour laquelle nous n’avons pas de nom : il n’était point mortel, et sa vie était semblable à une source abondante qui jaillit fraîche et pure, et ne diminue ni ne tarit jamais. Il était véritablement heureux, car il était en Dieu qui est son élément, comme l'eau est celui du poisson, et l'air de l'oiseau; et le bonheur n’est autre chose que la plénitude de la vie, de même que le malheur c’est la mort, c’est tout ce qui amoindrit, souille et fait tarir notre vie.

RE ne

Par le péché, l’homme est sorti de son élément, et son existence terrestre n’est qu’une longue mort. Aveugle, 1l se sent malheureux sans pouvoir découvrir ce qui lui manque; il ne voit pas l'immense abime qui le sépare du paradis, et il se fait la vaine image d’un bonheur terrestre, qu'il poursuit incessamment sans jamais l’atteindre. C’est l’inutilité de celte poursuite et la vanité de toutes les choses du monde, de ses richesses et de ses joies et même de sa sagesse, que l'Ecclésiaste nous décrit et nous expose avec une puissance irrésistible de conviction.

Mais l’homme, en désobéissant à Dieu, a perdu tout droit au bonheur, et lorsqu'il apprend à se connaître lui-même, la vie, le monde, la terre changent d'aspect à ses regards ; il sent qu'il s'agit désormais pour lui non d'être heureux, mais de plaire à son Dieu irrité et de se réconcilier avec lui, de le craindre et de garder ses commandemens, et c’est précisément ce que l'Ecclésiaste donne clairement à entendre.

Cependant, le vrai bonheur consistant à vivre en Dieu, la crainte. et le service de Dieu le produisent nécessairement et l’amènent à leur suite; mais il se présente au pécheur repentant sous la forme d’une paix qui succède à la guerre, d'une grâce qui annule la condamnation, d’une joie qui vient après le trouble et les larmes, et le souverain bien est ainsi la félicité, qui n est pas de ce monde quoique elle existe dès ce monde. Elle est toute spirituelle et intérieure. L'homme naturel la rejette quand elle lui est offerte; et pour la poursuivre.et déserter la recherche des biens temporels, il faut croire, il faut que les choses invisibles se dévoilent à notre âme et par leur divime beauté se fassent aimer de nous. L’'Ecclésiaste nous les montre du doigt en terminant, mais il ne nous en parle point au long.

Le souverain bien diffère donc radicalement du bonheur que rêve l’homme naturel; mais dans la sphère des choses terrestres et vaines, tous ne suivent pas la même route pour

sie ST

arriver au but commun : les uns courent après la de à les autres l’attendent paisiblement au logis; les uns poursuivent le bonheur avec ardeur et non sans de grandes fatigues, les autres jouissent avec simplicité de cœur des biens qui leur arrivent; les uns aspirent à de grandes choses, mais se tourmentent beaucoup, les autres se contentent de peu et mènent une vie plus douce. Ce sont là deux dispositions de l’ame très différentes que l’Ecclésiaste distingue avec soin. Au reste, tous les hommes ne vont pas chercher le bonheur terrestre dans le même lieu. Les uns le demandent aux choses extérieures, les autres à la sagesse. La sagesse est ici la crainte de Dieu telle qu’elle existe chez ceux qui n’en font pas leur tout et qui ne la puisent pas dans la Révélation, c'est la pièté des hommes honnêtes et vertueux qui servent Dieu tout en aimant le monde. Les choses extérieures, ce sont d’abord les plaisirs, ensuite les richesses, puis les joies paisibles du foyer domestique, et enfin les honneurs et la gloire qui n'occupent qu’une petite place dans la société orientale, et que cependant l'Ecclésiaste mentionne en plus d'un endroit. La recherche de la sagesse n’exclut point d’ailleurs la jouissance des biens terrestres, et ces biens ne peuvent procurer quelque bonheur, l’homme naturel le sent lui-même, qu'à la condition qu’on les recherche avec sa— gesse et qu'on en Jjouisse selon les lois de la vertu. Cependant les plaisirs, les richesses, les honneurs, ne constituent qu'une moitié du bonheur, qui se compose de deux parts, dont l’une est entre les mains de l’homme, et dont l’autre procède de Dieu. Les biens que nous venons de nommer, sont du nombre de ceux que l'homme peut se procurer s’il le veut, ou que du moins il ne possédera jamais s’il ne veut pas, soit les prendre quand ils s'offrent d'eux-mêmes à lui, soit les rechercher quand ils sont éloignés. Mais il en est d’autres dont Dieu s’est réservé la distribution, tels que la santé, la réussite des entreprises, des jours paisibles,

PR

l'absence de guerres et de troubles, la préservation de nos parens et de nos amis, une longue vie, une heureuse vieillesse; et il se peut faire que Dieu accorde sa portion des biens terrestres à tel homme qui ne songe point à se procurer ceux qui dépendent de notre travail ou de notre volonté, et qu’au contraire il les refuse à tel autre qui fait son possible pour jouir de tout ce qui est à sa portée. L'observation prouve même que parfois la Providence comble de ses biens les méchans qui en semblent le plus indignes, et qu’elle en est avare envers les justes. |

Voyons maintenant quel est le plan du livre de l’Ecclésiaste.

Le discours philosophique se divise en trois sections qui sont nommées des livres (x, 14).

En tête (1, 2-11) est un bref tableau des fatigues de l’homme et de la nature, et l’on se demande en le considérant : Où trouvera-t-on le bonheur ?

Dans le premier livre {r, 12-1v), l’auteur expose la vanité de toute poursuite soit des biens matériels soit de la sagesse, la vanité de toute modeste jouissance des uns et des autres, et les vanités ou désordres de la société.

Le second livre (v-vir, 14) contient les règles à suivre pour acquérir la part humaine du bonheur : ce sont la crainte de Dieu, le contentement d'esprit dans une humble médiocrité, et dans les afflictions la patience qui sait en tirer de bons fruits.

Le troisième livre (vir, Â5-x1, 6) traite spécialement de la part divine du bonheur; et comme Dieu dans le gouvernement du monde n'a aucun égard à notre piété ou à notre méchanceté, nous devons jouir des biens que Dieu nous accordé sans renoncer à la sagesse qui nous est très utile dans les affaires de ce monde, comme aussi sans la prendre trop au sérieux.

ie NH

La conclusion (xr, 7-xn, 10) oppose la douceur dela vie à sa brièveté, et nos passions dont la satisfaction constitue notre bonheur, à la sainteté de Dieu notre juge et aux misères de la vieillesse. Er

Tout est vanité!

L'Enseignement inspiré (x, 11-16) porte que le tout de l'homme est la crainte de Dieu et l’obéissance à sa loi.

Dans le Discours, l’Ecclésiaste erre en tout sens à la re— cherche du bonheur, et les conseils qu’il donne dans le cours de ses voyages, n'ont la plupart qu’une valeur relative et momentanée. Il avance et recule, il va à droite et va à gauche, il monte au ciel et tombe dans la fange de la terre, et quand il se croit au terme, il se retrouve à son point de départ. En partant, il dit : « Vanité des vanités, tout est vanité ;» dans sa route il examine tout ce qui s'offre à sa vue, et dit de chaque chose au premier abord : « Voici le bonheur, » et bientôt : Hélas, ce n'est encore qu'une vanité;» en terminantil répète : « Tout est vanité. » Il cesse ses poursuites, non point parce qu'il a trouvé ce qu’il cherchait, mais parce qu'il désespère de le trouver.

Tel un vaisseau jeté sans boussole sous un ciel nébuleux au milieu d’un océan immense. Les gens de l'équipage, pleins de confiance en leur habileté (r, 16) et certains de trouver aussitôt la terre, déploient toutes les voiles; ils cinglent vers le Sud et les plaisirs, vers le Nord et la froide sagesse. Point de terre! Ils abandonnent leur navire à tous les vents de l’horizon. Point de terre! (17, m1.) Comme ils perdaient courage, s'élève un vent impétueux, leur navire est emporté sur les vagues mugissantes, et eux, désespérés, maudissent la vie et blasphèment contre Dieu (x, 25-26; 11). Cependant le calme renaît et dans leurs cœurs et dans les airs; ils renoncent à chercher la terre, leur belle patrie; une île étrangère, petite et solitaire dans cet océan sans limites , suffirait maintenant à leurs vœux (v, vi, vu). Ils

OM. ee

tournaient même leurs regards vers le ciel et leurs cœurs vers Dieu, et leurs espérances se portaient tout entières des choses visibles vers les invisibles, quand de nouvelles -tempêtes leur prouvèrent que Dieu n'avait point égard à leur sagesse (ir, Vin). Comme ils ne savaient plus quelle route suivre, voici qu'ils découvrent que le navire, usé par les années et par les orages, faisait eau de toutes parts (x, 4-9). Déjà montaient aux cieux leurs cris d’angoisses, et tous auraient péri si une main invisible n’eût ôté le bandeau qui couvrait leurs yeux, et ne leur eût montré, tout près d'eux, la terre, la terre du salut, dont la plage est aride et les premières montagnes escarpées et nues, mais qui ren— ferment, voilées aux regards, de délicieuses et ravissantes vallées (x, 45.16).

Un livre qui prouve que toutes les choses terrestres ne sont que vanité, et qui ne recommande qu'une chose, la crainte de Dieu, est certainement.en parfaite harmonie avec tous les autres écrits de l'Ancien Testament, et nous devons le reconnaître pour inspiré aussi bien que Job et les Psaumes ou que les livres Prophétiques. Que l’on prenne Platon ou Aristote, Cicéron ou Sénèque, et qu'on montre dans leurs volumineux ouvrages quelques pages sur le souverain bien, qui puissent être comparées au livre de l'Ecclésiaste tant pour l'élévation de la morale que pour la profondeur et la vérité des pensées, ou pour l'originalité du plan et le mérite littéraire. La comparaison ne servirait qu'à mettre dans tout son Jour la différence essentielle et radicale qui existe entre le livre divin et les livres humains. Mais, dans son Discours le sage hébreu présente toutes les erreurs possibles comme autant de vérités, et 1l faut donc user, dans les citations qu'on

NU er

en fait (‘), d’une grande prudence et de beaucoup de discernement. Hd |

C'est pour n'avoir pas sondé suflisamment la pensée de l'Ecclésiaste, qu'on a fait de lui tour à tour un matérialiste el un pieux épicurien.

«Il nie formellement, » a-t-on avancé, » l’immortalité de l'âme dans le passage nr, 18-21 ; et le célèbre verset xn, 7, dit simplement que le corps tiré de la poudre redevient poudre, n'existe plus que dans ses élémens constitutifs, et que l'esprit, qui est le souffle de vie, retourne à Dieu etse perd en lui. Cette opinion d’ailleurs était celle de Moïse et de tous les Hébreux avant la captivité; et les Sadducéens interprétant le Pentateuque avaient raison contre les Pha— risiens et contre Jésus-Christ. : — Ainsi, tandis que les Egyptiens et les Grecs, les Perses et les Indiens, et tous les peuples païens et polythéistes de l'antiquité admettaient non seulement la vague possibilité d'une existence des âmes après la mort, mais un lieu de châtimens et de souffrances et un lieu de récompenses et de bonheur qu'ils décrivaient comme d’incontestables réalités, les Hébreux, la seule nation monothéiste, la seule qui rapportait au Dieu vivant toutes ses actions et toutes ses pensées, auraient cru qu'il en est de l’homme comme de la bête et que tout finit pour lui avec cette terre. Nous confessons ici l'absolue incapacité où nous sommes de concevoir l'état d’une àme qui se saurait mortelle et qui croirait néanmoins fermement en Dieu : et Moïse

(*) Les passages où se trouvent les erreurs à la fois les plus grandes et les plus difficiles, sinon à découvrir, au moins à expliquer, sont 111, 18-22; vu, 15-418, ou 41-22; 1x, 5. 6. 40, ou plutôt encore tout ce dernier morceau vur, 45-17 etix. 1-10; ir, 12-15. Les passages au contraire où l’Ecclésiaste, dans ses recherches philosophiques , parle au point de vue de la révélation sont, en matières théologiques, 117, A0. 41; var , 29 ;v, 8; en matière de morale, virr, A-45 v, 4-75 vr, 49, vir, 1-6.

LE un à

y écrivant le commandement sublime d'aimer Dieu de tout son cœur, el ne croyant pas à une vie après la mort, nous paraît un bien autre miracle que tous ceux qu'il a faits. La foi à l’immortalité est une partie intégrante de notre être, nous pouvons aussi peu nous en séparer que de notre vo— lonté ou de nos sens; elle se retrouve jusques chez les peuples les plus sauvages, même chez les habitans abrutis de la Nouvelle-Hollande; et il n’est pas un tombeau qui ne la proclame, car sans elle nous devrions jeter à la voierie les

corps de nos femmes et de nos enfans avec ceux de nos bœufs et de nos chiens. L’immortalité n’a jamais été révélée

aux Hébreux, parce que nul d’entre eux ne la mettait en doute, et si leurs législateurs ainsi que leurs prophètes ont cherché à diriger leur attention sur la venue du Messie plutôt que sur la vie future, c’est que l’homme pécheur est un naufragé qui va périr à qui l'on ne parle du ciel que sur le rivage et après l'avoir sauvé d’une mort imminente. Quant à l’Ecclésiaste, qui dit en plusieurs endroits : Crains

Dieu (mr, 44; v, 7; vi, 2.12; xn, 1. 45), il ne pouvait

: F. re ” Æ : À Eur s ; :

ignorer l’immortalité de l’âme, et il serait facile de citer plusieurs passages qui la supposent nécessairement. Mais en voulant démontrer à un aveugle l’existence du soleib,

peut le confirmer dans ses doutes par la faiblesse des preuves.

qu'on lui présente, et nous disons simplement à ceux qui font du sage hébreu un incrédule : Prenez son livre, ouvrez les yeux et voyez. « . ;

Tandis que l'Ecclésiaste est, au dire des rationalistes, un sceptique, quelques exégètes fidèles le transforment en un prédicateur d'un pieux eudémonisme. Mais ils donnent à son Discours un, sens qu'il n'a certainement pas : partout où il est question des joies terrestres, ils sous-entendent la présence de la foi et du pardon. Saint Paul sans doute nous recommande une joie habituelle {4 Thess. v, 16); mais il

entend celle que donne le sentiment intime de notre paix

CS

# me =. Ds «

avec Dieu ; et combien cette Joie toute spirituelle diffère de celle que prise l’Ecclésiaste et qui est à la portée de toutes les honnêtes gens du monde! On nous répondra sans doute que, sous l'ancienne Economie, la terre et ses biens avaient plus de prix pour l’homme que sous la nouvelle, et que même ils étaient offerts de la part de Dieu en récompense aux Justes. Mais précisément, nous ne retrouvons pas dans le Discours de l’Ecclésiaste, les véritables opinions d'Israël sur les biens de la terre : ces biens y sont représentés au contraire, d’une part, comme un don de Dieu qui est accordé à tous, et qu'il s’agit non d'obtenir, mais de bien mettre à profit, et d’autre part, comme le souverain bien et le but de toute notre vie, au lieu d’être simplement la conséquence de notre justice. Or telle ne peut pas être et telle n’est pas non plus la vraie pensée du sage hébreu.

S'il a été mal compris, ce n’est pas faute d’avoir dit clairement sa pensée. Dès les premiers versets il avertit les lecteurs qu’il ne veut parler que de ce qui se passe sous le soleil, “et cette expression inusitée, qui se répète constamment dans le cours de l'ouvrage, et par fois avec une véritable affec— tation, correspond à celle d’ici bas, et suppose un là haut, un ciel, un réyans des cieux d'une autre nature que notre

# monde sublunaire('). L'Ecclésiaste cherche le bonheur sur m , me 4 +

CE «Par cesiots qui ne se lisent nulle part ailleurs : sous le soleil , l'Ecclésiaste exclut les œuvres que Dieu produit en nous où qui nous sont imposées par l’ordre et la parole de Dieu; elles font partie de la vie nouvelle de l'Esprit et sont au Glsus du pouvoir humain, non plus sous, mais sur le soleil. Car le soleil.se lève, ainsi que le dit le Psalmiste (civ, 25), afin que Fhomme puisse aller à son ouvrage sur la terre, et cet astre éclaire aussi bien les méchans que les bons. Or, sous le soleil, le monde est fait de telle sorte que toutes les pensées et les soucis des hommes ne sont que néant, et que rien ne va COMME

* nous le voudrions bien, quRique peine que nous nous donnions.»

‘ (Luther, ad r, 3.)

, , Fa à 7, 4

la terre, les yeux baissés. Aïnsi encore il ne donne j jirnais à Dieu (Elohim) le nom de Jéhovah, de Dieu d'Israël et des révélations, pârce qu'il ne poursuit point le bonheur à la lumière de la Loi et de la Promesse (‘}, et qu'il se donne pour un philosophe qui ignore, et non pour un prophète qui sait et enseigne. Et à ce point de vue, il peut bien dire qu'il n’y a rien de nouveau sous le soleil (1, 9; 17, 15), tandis que les Prophètes découvraient dans l'avenir une grande époque de création morale où toutes choses seraient faites nouvelles (Es. zxv, 17.18), et que l'Apôtre Pierre | (2 P. ur, 4.5) traite de moqueurs ceux qui prétendent que le monde reste depuis sa création dans le même état (?).

(*) On m’objectera que dans la conclusion inspirée du livre, on lit : Crains Elohim ;'el non : Crains Jéhovah. Mais il ne faut pas perdre de vue que dans le cours de ses recherches philosophiques , l’Ecclésiaste s’élève plus d’une fois, pour un instant, à la hauteur de la révélation ; et dans ces momens il continue à faire usage du nom d'lohim (vur, 2. 195; v, 1-75 1x, 10: A1; vir, 29, etc.), et il devait le faire, puisque même Fe ces momens, il ne parle que comme un homme qui cherche la vérité. Mais ces passages mêmes l’obligeaient à ne pas dire en finissant : Grains Jéhovah. Cette expression aurait établi une différence beaucoup, trop grande entre la vérité qui subsiste et celte même vérité précédemment entrevue. D'ailleurs les Proverbes prouvent qu ’Elohim est souvent pris par Salomon, dans ses enseignemens directs, comme,synonime de Jéhovah (11, 5, etc.). Dans la BE Er d’Osterwald, au ch. v, verset 6, le

mot d’Eternel est fautif, il faut lire Dieu.

(?) « Les sophistes se sont fort tourmentés de ce passage; car

VEcriture parle.de beaucoup de choses nouvelles; ainsi, qu’une

vierge ait un fils est un fait nouveau, et selon Esaïe (1xv, 417) et l’Apocalypse (xxr, 5), Dieu fera de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Mais ils n’avaient pas compris Salomon qui dit que c’est sous le soleil qu’il n’y à rien de neuf. Et en effet, Dieu

Page 1