ET DES COMMANDEMENTS DE DIEU ET DE L»EGUSE
LEÇON PREMIÈRE
De la Charité
1 '® D, Qu'est-ce que la Charité ?
R. La Charité est une vertu surnaturelle , par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses, parce qu'il est infiniment bon et infiniment aimable , et notre prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu.
D. Pourquoi dites-vous que la Charité est une vertu surnaturelle ?
R. Parce que Dieu seul la donne ; nous ne pouvons l'avoir de nous-mêmes. « Elle est répandue dans nos « cœurs par le Saint-Esprit, » dit saint Paul.
D. En quoi consiste la Charité ?
R. Dans l'amour de Dieu et du prochain.
D. La charité envers Dieu est-elle une vertu bien excellente ?
172 EXPUGATION
R. Oui , elle est la plus parfaite de toutes les vertus.
D. Pourquoi ?
R. 1° Parce qu'elle nous unit à Dieu, qui est le souverain bien ; 2o parce que cette vertu , ainsi que nous l'enseigne Tapôtre saint Paul , subsistera éternellement dans le ciel, tandis que la foi et l'espérance finiront avec la vie.
2® D. Qu'est-ce quainier Dieu par-dessus toutes choses?
R, Cest l'aimer plus que nous-mêmes , plus que nos biens , plus que nos parents et nos amis , et vouloir plutôt mourir que de l'offenser.
D. Que signifient ces mots : « plus que nous-mêmes ? »
R. Ils signifient que nous devons aimer Dieu plus que notre vie.
D. Comment montre-t-on à Dieu qu'on l'aime plus que sa vie ?
R. En subissant volontairement la, jnort: les martyrs l'ont fait , plutôt que de cesser de l'aimer.
D. Pourquoi devons-nous préférer Dieu à nos parents ?
R. Parce que Jésus-Christ a dit : « Celui qui aime « son père , ou sa mère , ou ses frères plus que moi , « n'est pas digne de moi. »
3® D. Devons-nous aimer Dieu de tout notre cœur , de toute notre àme , de tout notre esprit et de toutes nos forces ?
R, Oui, nous devons aimer Dieu de tout notre cœur , de toute notre âme , de tout notre esprit et de toutes nos forces.
4« D. Comment pouvons-nom aimer Dieu de tout notre cœur , de toute notre âme , de tout notre esprit et de toutes nos forces ?
R. En lui consacrant nos pensées , nos paroles et nos actions ,'et en renouvelant souvent cette offrande par des actes d'amour.
D. A quelle marque connaît-on qu'on aime Dieu véritablement?
R. Quand on est fidèle à observer ses commandements , et qu'on est disposé à tout sacrifier plutôt que de lui déplaire : « Celui qui m'aime , » dit Jésus- Christ, < garde mes commandements. »
5^ D. Qu'est-ce qu'aimer notre prochain comme nousmêmes ?
R. Cest lui désirer et lui faire , autant qu'il est en nous , le bien que nous désirerions qu'on nous fit à nousmêmes.
D. Quels sont les biens qu'on doit désirer et procurer au prochain ?
R. Toute espèce de biens, mais principalement ceux de l'âme.
. 6^ D. Comment montrons-nous l'amour que nous avons pour notre procliain ?
R. En exerçant, selon notre pouvoir , les œuvres spirituelles et les œuvres corporelles de miséricorde.
D. Que signifient ces mots : « selon notre pouvoir ? > R. Que nous ne sommes pas obligés à exercer les œuvres de charité au-delà de nos moyens, mais seulement autant que nous le pouvons.
D. Qu'enteûdez-vous par œuvres spirituelles de miséricorde ?
R. J'entends celles qui regardent Tâme.
D. Qu'entendez-vous par œuvres corporelles de miséricorde ?
R. J'entends celles qui s'appliquent spécialement au corps.
7« D. Quelles sont les œuvres spirituelles de miséricorde?
R. i^ Enseigner les ignorants. 2^ Corriger les pécheurs avec prudence et charité. S^ Donner des conseils à ceux qui en ont besoin. 4» Consoler les affligés. 5^ Souffrir avec patience les injures et les défauts d' autrui. 6^ Pardonner de bon cœur les offemes. 7° Prier pour les vivants et les morts , et pour nos ennemis.
8® D. Quelles sont les œuvres corporelles de miséricorde ?
R. /o Donner à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif. 2^ Exercer l'hospitalité. S^ Vêtir ceux qui sont nus. 4^ Servir les malades, 5^ Visiter les prisonniers. 6^ Racheter les captifs. 7» Ensevelir les morts.
9« D. Quels biens devons-nous principalemetit désirer pour nous ?
R. Le salut étemel et tout ce qui peut y contribuer.
D. Pourquoi devons-nous désirer par-dc3sus tout notre salut?
R. Parce que Notre-Seigneur a dit : « Que sert à « l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre « son âme? »
10® D. Qui est le prochain que nous devons aimer comme nous-mêmes ?
R. Tous les hommes et même nos ennemis.
D. Devons-nous aimer tous les hommes également?
R. Non , la justice veut que nous ayons égard à la parenté , aux alliances , aux bienfaits , à Tamitié , à la patrie , aux diverses circonstances qui créent de légitimes affections.
D. Quels sont ceux qui sont nos ennemis?
R. Ceux qui nous haïssent , nous persécutent , qui nous font du mal ou qui cherchent à nous en faire.
D. Est-ce que nous sommes obligés d'aimer nos ennemis ?
R. Oui , puisque Jésus-Christ nous ordonne expressément de les aimer , de leur pardonner , de prier pour eux , et d'être dans la disposition de leur faire du bien.
D. La répugnance qu'on pourrait éprouver à remplir ce devoir nous rendrait-elle coupable aux yeux de Dieu ?
R. Non , il n'y a au contraire que plus de mérite à le remplir , malgré cette répugnance.
11® D. Faites un acte de Charité,
R. Mon Dieu , je vous aime par-dessus toutes choses , parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable , et j'aime mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous.
12« D. Qu'est-ce qu'un chrétien doit faire pour conserver en lui la charité ?
R. Il doit éviter le péché et pratiquer la vertu.
D. Pourquoi doit-il éviter le péché ?
R. Parce que le péché détruit , diminue ou refroidit
176 EXPLICATIOlf
l'amour de Dieu , tandis que la pratique de la vertu aide à le conserver , à l'augmenter et à l'enflammer.
Obéir à Dieu et à l'Eglise, voilà mes enfants , la vraie charité, qui nou's conduira au ciel.
Aimez Jous les hommes , même vos ennemis , parce que c'est Dieu qui nous ordonne de les aimer, et que Jésus-Christ , son fils , nous en a donné l'exemple.
LEÇON SECONDE
Des Vertus Théologales et des Vertus
Morales
l'« D. Qu est-ce qu'une vertu?
R. Une vertu est une habitude qui nous perfectionne et nous aide à pratiquer le bien.
D. Que signifie le mot vertu ?
R. Ce mot signifie force et courage , parce qu'il faut se faire violence pour éviter le mal et pour contracter l'habitude du bien.
D. Comment s'appellent les saintes habitudes chrétiennes ?
R. On les appelle vertus.
2e D. Combien y a-t-il de sortes de vertus ?
R. Il y a deux sortes de vertus : les vertus théologales et les vertus morales.
3« D. Qu est-ce que les vertus théologales ?
DU CATEaiISME DE RODEZ. 177
R, Les vertus théologales sont celles qui regardent Dieu et les devoirs que nous avons à remplir envers lui.
4« D. Quelles sont les vertus théologales ?
R. Les vertus théologales sont • /« foi, t espérance et la charité, dont nous avons pafié dans les leçons précédentes,
5« D, Qu'est-ce que les vertus morales ?
R, Les vertus morales sont celles qui regardent l'homme et le portent à sa perfection personnelle,
6® D. Quelles sont les principales vertus morales î R. Les principales vertus morales sont : la prudence , la justice , la force et la tempérance.
D. Quelle différence y a-t-il entre les vertus théologales et les vertus morales ?
R. La différence est que les vertus théologales ont Dieu pour objet immédiat , tandis que les vertus morales ne nous élèvent vers lui qu'indirectement, médiatement ; ainsi Dieu n'est pas l'objet immédiat de la vertu de religion , mais le culte qui lui est dû.
D. Les vertus théologales et morales ne portentelles pas un autre nom ?
R. On les'appelle aussi vertus infuses, parce que le Saint-Esprit les répand dans l'âme au baptême , en même temps que la grâce sanctifîante.
D. Qu'est-ce que la prudence ?
R. C'est une vertu qui nous fait discerner et choisir les moyens les plus sûrs pour faire le bien et éviter le mal. « La prudei;|ce, » dit saint Bernard, « est
178 EXnJCATION
« la* connaissance pratique de ce q«*il £aiat faire et de { n « ce qull feut éviter. »
D. Qu'est-ce que la justice? •
R. C'est une vertu qui nous porte à nous acquitter fidèlement de ce que nous devons à Dieu , au prochain et à nous-mêmes; elle protège les droits de tous.
D. Qu'est-ce que la force?
R. C'est une vertu qui nous donne le courage de pratiquer tous les devoirs que Dieu nous impose, i ^i Elle prend le>Dom de courage , de fermeté, de constance , de dévouement , de magnanimité et d'héroïsme , selon les circonstances et le degré où elle se montre.
D. Qu'est-ce que la tempérance ?
R. La tempérance est une vertu qui nous fait éviter les excès, et user de toutes choses avec modération, et pour la seule nécessité. Cette vertu nous apprend à modérer nos appétits et nos passions , et à les gouverner selon les règles de la sagesse.
7« D, Comment appelle-t-on ces quatre vertus, principales ?
R. On les appelle vertus cardinales , p^rce qu'elles sont comme la source et le fondement dès autres vertus ,^ç morales. I ,.,
D. Que dit saint Ambroise en parlant des vertus morales ? f ^
R. Il dit : « C'est d'elles que naissent tous les de- t^^ « voirs de la vie commune particuliers à chacun, selon » les fonctions qu'il est appelé à remplir. » l '^
ire
et: 8« D. Quelles sont les autres vertus morales?
R. Les autres vertus morales les plus importantes sont :
a religion , t humilité , la douceur , la patience , la chasi^té et l'obéissance,
pr 9® D, Quels sont les principaux moyens d'acquérir les j m'tus ?
R. Les principaux moyens d^ acquérir les vertus sont :
t^ la prière ; 5° la méditation de la vie de Notre-Seigneur, 'ide la Sainte Vierge et des Saints; B^ la fidélité à en faire )oA^ actes le plu» souvent qu'on le peut.
)!iv Dv Pcmrquoi dites-vous que , pour acquérir les verliAus , la prière est un des principaux moyens ? isi R. Parce que, sans la prière, nous ne pouvons rien
dans l'ordre du salut.
D. Pourquoi la méditation de la vie de Jésus-Christ,. [^:de la Sainte Vierge et dqs Saints est-elle encore un ojueyen pour acquérir le^ vertus ?
ic R. Parce que c'est dans ces vies que se trouve I l'exemple de toutes les vertus , et qu'il n'y a rien de
plus propre à enflammer notre zèle.
D. Pourquoi indiquez-vous encore la fidélité dans
les actes des vertus ?
R. Parce que c'est surtout par les actes qu'on en
fait que les vertus s'acquièrent. Voilà pourquoi saint
Paul écrivait à Timothée : « Exercez-vous à la piété. »
Mes enfants , la sagesse , qui renferme toutes les autres vertus chrétiennes, est ce que vous devez désirer par-dessus tout : € J'aime la sagesse plus que ma € vie , » disait Salomon ; « avec la sagesse , j'ai tous « les biens. » Demandez-la donc instamment à Dieu , mes enfants, et il vous la donnera.
LEÇON TROISIÈME
Du Péché
Ire D. Qu'est-ce que le péché?
R. Le péché est une pensée, un désir, une parole , une action ou une omission contre quelqu'un des commandements de Dieu ou de l'Église.
D. Qu'est-ce que faire un péché?
R. C'est faire ce que Dieu ou son Eglise défendent, ou omettre ce qu'ils commandent.
D, Pourquoi celui qui tcansgresse les commandements de rÉgiise se rend-il encore coupable de péché ?
R. Parce que Dieu a donné à son Eglise le pouvoir de faire des commandements, et qu'il nous a ordonné de les observer.
D. N'y a-t-il que la violation des commandements de Dieu et de ceux de l'Eglise qui constituent un péché ?
R. Il v a aussi la violation de la loi civile.
D. Celui qui transgresse les lois civiles désobéit-il à Dieu ?
R. Oui , si les lois sont justes , parce que c'est Dieu qui a placé à la tète de la société les hommes qui les ont portées.
D. Quand est-ce qu'une loi civile est injuste ?
R. Quand elle est contraire à la loi de Dieu ou à celle de TÉglise.
D. Qu'çst-ce que pécher par pensées et par désirs ?
R. C'est s'arrêter volontairement et avec complaisance à des choses mauvaises , ou désirer de les faire.
D. Qu'est-ce que pécher par paroles ?
R. C'est tenir des conversations qui offensent Dieu.
D. Qu'est-ce que pécher par actions?
R. C'est faire des actions défendues , par exemple , voler , manger de la viande aux jours défendus , etc.
D. Qu'est-ce que pécher par omission?
R. C'est omettre de faire ce qui nous est commandé par la loi de Dieu ou par la loi de l'Eglise.
2® D. Combien y a-Uil de sortes de péchés ?
R, Il y a deux sortes de péchés , le péché originel et le péché actuel.
3® D. Qu est-ce que le péché originel ?
R. Cest le péché que nous apportons en venant au monde, et que nous avons contacté en Adam , notre premier père.
D. Pourquoi l'appelle-t-on péché originel?
R. Parce que nous le contractons dès notre origine. Dès le premier instant de notre existence , nous héritons de l'état de péché de nos premiers parents , de sorte que nous recevons d'eux cet état en même temps que la vie.
D. Tous les hommes naissent-ils coupables de ce péché?
162 BXPLICiTION
R. Oui , tous; mais Notre-Seigneur Jésus-Christ en est exempt par droit , étant Dieu , et la Saiate Vierge par privilège.
4« D. Qu est-ce que le péché actuel?
R. Cest celui que nous commettons par le fibre mage de notre propre volonté.
D. Que signifie le mot actuel?
R. Il signifie acte , action ; en effet , le péché actue^ est un acte de notre propre volonté ; pour péipher, il faut le vouloir avec plus ou moins d'attention , ce qui ne peut arriver avant Tége de raison.
5^ /), Combien y a-t-il de sortes de péchés actuels f
R. Il y a deux sortes de péchés actuels , le péché mor-tel et le péché véniel.
6® D. Qu est-ce que le péché mortel?
R. Le péché mortel est celui qui donne la mort à notre âme , en lui faisant perdre la grâce de Dieu , qui est sa véritable vie.
D. Que veut dire le mot mortel?
R. Mortel veut dire : qui donne la mort.
D. A qui ce péché donne-t-ii la mort ?
R. A rame qui a le malheur de le commettre.
D. Quel est l'effet de cette mort ?
R. De rompre Tunioa de Tàme av0c D^ , comoie la mort naturelle détruit Tunion qui existe pendant la vie entre Tâme et le corps.
D. Combien de choses faut-il pour con3tituQr I» péché mortel ?
R. Il en faut trois : 1» une matière grave ; 2^ mw
DU GATÉGHISBIE 0K RODEZ. 1^
pleine advertançe de rentendement , le savoir ; 3» un parfait consentement de la volonté , le vouloir.
7® D. Combien faut-il de péchés mortels pour perdre ta grâce de Dieu et mériter l'enfer f
JR. Il n'en faut qu'un seul, et ù on meurt en ce mair heuretuv état, on est perdu pour toujours,
D. Quels sont les effets du péché mortel ?
R. La mort spirituelle , la perte de tous les mérites acquis, Tincapacité d'en acquérir tant qu'on reste dans cet état, la dégradation, et la damnation éternelle.
D. Quelle conclusion devons-nous tirer de là ?
R. Qu'il faut craindre le péché mortel , n'en jamais commettre ; si on avait eu ce malheur , en sortir au plus tôt par une prompte et bonne confession.
8® D. Qu'est-ce que le péché véniel?
R, Cest celui qui ne nous fait pas perdre la grâce de Dieu , mais qui refroidit en nous la charité et nous dispose au péché mortel,
D. Comment le péché véniel nous dispose-t-il au péché mortel ?
R. En diminuant les lumières de notre esprit , en affaiblissant notre volonté^ en nous familiarisant avec lui , le péché véniel nous conduit insensiblement au péché mortel , comme la maladie mène à la mort : € Celui , » dit Jésus-Christ , t qui est infidèle dans les € petites choses , le sera dans les grandes. »
9« D. Quelle crainte et quelle horreur faut-il avoir du péché?
R, Il faut le détester et le craindre plus que tous les maux de ce monde et que l'enfer même.
ISi EXPLICATION
D. Pourquoi fdut-il craindre le péché mortel plus que tous les maux de ce monde ?
R. Parce que les maux de ce monde finissent , tandis que les châtiments réservés au péché mortel dureront éternellement , et que le péché étant le mal de Dieu, rien ne saurait lui être comparé , pas même les châtiments de Tenfer, qui ne sont que le mal des créatures.
10® D. Combien y a-t-il de péchés capitaux ?
R. On en compte ordinairement sept, qui sont : t orgueil , l'avarice , la luxure , t envie , la gourmandise , la colère et la paresse.
//« D. Pourquoi ces péchés sont-ils appelés capitaux?
R. Parce qu'ils sont la source de plusieurs autres péchés.
LEÇON QUATRIÈME
Des Péchés Capitaux
l'c D. Qu'est-ce que l'orgueil ?
R, L'orgueil est une estime déréglée de nous-même, qui nous porte à nous préférer aux autres , ou à nous attribuer ce qui vient de Dieu.
D. Toute estime de soi-même est-elle défendue?
R. Non , il n'y a que Testime qui n'est pas selon l'ordre.
D. Ou'est-ce que se préférer aux autres ?
R. C'est se croire meilleur et supérieur aux autres.
D. Qu'est-ce que s'attribuer à soi - même ce qui vient de Dieu ?
R. C'est rapporter à soi tout ce qu'on possède ou tout le bien qu'on fait , prétention injuste , puisque tout vient de Dieu , et que sans lui nous ne pouvons rien.
2« D, Quelle est la vertu opposée à torgueil ?
R, L'humilité,
D. Qu'est-ce que l'humilité?
R. C'est une vertu qui, par la connaissance qu'elle nous donne de ce que nous sommes véritablement , fait que nous n'avons pour nous-mème que du mépris. L'humilité consiste simplement à ne pas s'estimer plus qu'on ne vaut, et à ne pas vouloir être estimé davantage par les hommes. L'humilité chrétienne nous montre nos défauts , nos péchés , nous avilit à nos propres yeux et nous empêche de mépriser les autres.
3^ D. Qu'est-ce que t avarice ?
R, L'avarice est un amour déréglé des biens de la terre, et principalement de l'argent,
D. Tout amour des biens de la terre est-il avarice ?
R. Non, puisque ces biens viennent de Dieu, qu'ils sont nécessaires à la vie ; ce qu'il y a de condamnable , c'est l'excès , c'est de les aimer autant et plus que Dieu et que son àme.
D. Pourquoi dites-vous : t principalement del'ar- « gent? »
186 EXPUGATiON
R. Parce que l'avare devient , selon la doctrine de saint Paul , idolâtre de son argent , de son or , qu'il aime à entasser et à contempler avec un plaisir inexprimable.
4« D. Quelle est la vertu opposée à t avance ?
R. Le détachement,
D. Gommail peut-on acquérir ce détachement ?
R. £n pensant à la fragilité, à la caducité des biens de ce monde , au mépris qu'en firent Jésus-Christ et les Saints , aux dangers et aux maux qui y sont inhérents.
5« D. Qu'est-ce que la luxure ?
R. La luxure est un amour déréglé des plaisirs de ta vkair et des sens.
D. Quels sont les commandements qui défendent It péché de luxure?
R. Le sixième et le neuvième, dont l'explication sera donnée ci-après.
6® D. Quelle est la vertu opposée à la luxure ?
R. La chasteté. ^
D. Qu'est-ce que la chasteté?
R. C'est une vertu qui éloigne des plaisirs déshonnètes , nous en fait abstenir , et nous apprend à bien régler ceux qui sont permis.
D. Quelle différence y aAril entre la chasteté et la virginité ?
R. La chasteté règle certains plaisirs permis, tandis que la virginité les interdit ; la dîasteté est rîgourettsèment commandée , tandis que la virginité n'est que conseillée.
DU GATÉCiUSfilE DE RODEZ. 187
D. La virginité est-elle bien excellente?
R. Oui , puisqu'elle nous rend semblables à Dieu ^t aux anges ; supérieurs même à ces esprits bienheureux » d'après saint Ambroise , et qu'elle est honorée et estimée de ceux même qui n'ont pas le courage de la pratiquer.
7« D. Qu'est-ce que t envie f
R. L'emie est un déplaigir que nous ressentons des avantages spirituels et temporels du prochain, ou une joie coupable du mal qui lui arrive,
D. ComDQtent pèche-t-on par envie ?
R. En s'attristant du bien du prochain, ou en se réjoiHssant des maux qui lui arrivent.
D. Y a-t-il toujours péché à éprouver ces senti-* ments de tristesse ou de joie ?
R. Non , on ne pèche que lorsqu'on y consent.
8« D. QuéUle est la vertu opposée à t envie?
R. La charité fraternelle,
D. Que nous fait faire la charité fraternelle?
R, JEll^ nous fait prendre part aux peines et aux joies du prochain comme si c'étaient les nôtres, et nous porte à lui vouloir les mêmes biens qu*à nous-mêmes.
9« /). Qu'est-ce que la gourmandise?
R. La gourmandise est un amour déréglé du boire et du manger.
. D. L'amour du boire et du manger est-il défendu ?
R. Non , ce n'est pas dans l'amour du boire et du nu^^r qii^ consiste la go^irmandise, puisque Thomme doit manger pour vivre ; mais ce qui est déf^du, c'est l'excès, le dérèglement.
10<^ D. Quelle est la forme la plus dangereuse de ce péché ?
R. La forme la plus dangereuse de ce péché , c'est l'ivrognerie , qui fait perdre la raison et rend t homme semblable à la bête.
D. En quoi consiste rivrognerie ?
R. A boire avec excès.
11<) D, Quelle est la vertu opposée à la gourmandise?
R. La sobriété,
D. Qu'est-ce que la sobriété ?
R. C'est une vertu qui nous préserve de tout excès dans le boire et dans le manger, et nous fait régler sur nos besoins , et non sur notre goût , la qualité , la quantité de nos aliments et la manière de les prendre.
12® D. Qu'est-ce que la colère ?
R. La colère est un mouvement déréglé de notre àme , qui nous porte à nous venger ou à rejeter avec violence ce qui nous déplaît.
D. Toute colère est-elle un péché ?
R. La colère n'est pas un péché lorsque les choses qui l'excitent sont réellement condamnables, et quand elle n'a pour fin que de s'opposer au mal ou de procurer un bien , et qu'elle est contenue dans de justes bornes.
13« D. Quelle est la vertu opposée à la colère?
R, La douceur.
D. Qu'estH^ que la douceur ?
R. C'est une vertu qui nous fait conserver le calme, la patience au milieu des peines et des contradictions de la vie.
14® D. Qu'est-ce que la paresse ?
R. La paresse est un amour déréglé du repos, qui fait que nous omettons nos devoirs , ou que nous nous en acquittons avec négligence.
D. Est-il permis d*aimer le repos?
R. Oui , quand on Taime selon l'ordre de la Providence ; l'excès seul est condamnable : après le travail, le repos est nécessaire.
D. Qu'est-ce que négliger ses devoirs ?
R. C'est les omettre , ou les accomplir , mais avec lenteur, avec lâcheté.
15® D, Quelle est la vertu opposée à la paresse ?
R, La vigilance chrétienne* et l'exactitude à nos devoirs,
D. A quoi servent cette vigilance et cette exactitude ?
R. A nous faire éviter les pertes d'un temps que Dieu nous a donné pour nous faire mériter le ciel.
16® D. Quels sont les principaux moyens d'éviter le péché ?
R, lo La méditation fréquente des quatre fins dernières de thomme. 2^ La fuite des occasions prochaines, S^ La prière, 4» Le jeûne, 5^ Le travail, 6^ La fréquentation des sacrements, 7^ La dévotion à la Sainte Vierge.
D. Que promet sainte Thérèse par rapport à la méditation?
R. Elle promet le ciel à quiconque sera exact à faire tous les jours un quart d'heure de méditation.
D. Que dit le Saint-Esprit au sujet des fins dernières de l'homme?
190 EXPLfCATlOIf
R. € Souvenez-vous de vos fiû« dfemières , et vous < ne pécherez jamais. »
Par les vertus opposées aux péchés capitaux , mes enfants , nous dominerons toutes nos inclinations mauvaises ; le combat sera difficile, nous devons nous y attendre; mais la victoire qui doit le couronner sara glorieuse , et ne restera pas sans récompense G)mbattez donc énergiquement toutes vos passions , et surtout la passion dominante.
LEÇON CINQUIÈME
Du Premier Commandement de Dieu
l'e D. A quelle marque pouvons-nous connaître (fue nom aimons Dieu par-dessus toutes choses ?
R. La marque à laquelle nous pouvons le connaître, c'est ta fidélité à observer les commandements de Dieu et de l'Eglise,
D. Q^i nous a enseigné oetle vérité T
R. Jésus-Chriist , qui nous dit dans le saint Evangile : € On connaîtra que vous m^aîmez, si vous obser- « vez mes commandements. »
D. Combien y a-t-il de commandements de Dieu ?
R. Il y en a dix. Ce nombre est exprimé parle mot Décalogue, qui veut dire : les dix paroles, ou les dix commandements de Dieu.
2® D. Dites les commandements de Dieu.
R. i. Un seul Dieu tu adoreras , etc.
DU GATÉCIHSME Dfi RODEZ. 191
D. A qui Dieu a-t-il donné ces dix commandements ?
R. Au peuple Juif, par le ministère de Moïse , sur le mont Sinaï , au milieu des éclairs et des tonnerres.
D. Qu'était-ce que Moïse ?
R. Le chef du peuple de Dieu.
D. Quand Dieu a-t-il donné ces commandements ? R. L'an du monde 2513 , 1491 avant Jésus-Christ.
D. Dieu avait-il fait quelque commandement avant cette époque ?
R. Oui , d'abord à Adam et à Eve , et ensuite aux Patriarches.
D. Les hommes qui ont vécu avant la promulgation du Décalogue n'étaient-ils soumis à aucune loi ?
R. Ils étaient obligés d'observer la loi naturelle que Dieu a gravée dans l'âme de tous les hommes , et quelques autres préceptes que Dieu leur avait imposés.
D. Qu'estKîe que la loi naturelle ?
R. C'est le témoignage , l'enseignement de la conscience , de la raison, gravés par Dieu en notre cœur, pour nous faire distinguer le bien du mal.
D. Puisqu'il y avait des commandements imprimés dans l'âme , pourquoi Dieu les donna-t-il par écrit ?
R. Parce que , quoique ces commandements existassent dans l'âme de tous les hommes , ils s'étaient obscurcis par l'effet des passions ; Dieu écrivit sur la pierre ce que les hommes ne voulaient pas lire dans leur cœur.
D. Comment divise-t-on le Décalogue ?
R. En commandements de la première table et en commandements de la seconde table.
D. Combien de commandements contenait la première table ?
R. Trois commandements , qui résument tous nos devoirs envers Dieu.
D. Combien de commandements contenait la seconde table ?
R. Sept commandements , qui résument aussi nos devoirs envers le prochain et envers nous-mêmes.
D. Sommes-nous tenus d'observer les commandements de Dieu ?
R. Oui , et ces commandements obligent les chrétiens encore plus que le peuple Juif ; car Jésus-Christ dit expressément dans le saint Evangile : « Si vous vou- < lez entrer dans le ciel, observez les commandements.!
D. Quel est Tabrégé de tous les commandements?
R. Tous se résument dans Tamour de Dieu et du prochain. «Dans ces deux préceptes, » ajoute Jésus- Christ, «sont renfermés toute la loi et les prophètes.»
D. Que penser du Décalogue?
R. Que c'est la loi la plus parfaite qui ait jamais été et qui puisse être jamais : droits et devoirs , tout y est ; il n'y a rien à ajouter ni à retrancher pour la perfection de l'homme.
3« D. Que nous ordonne le premier commandement de Dieu : Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement?
/l. Il nous ordonne de l'adorer, de ne servir que lui seul , et de l'aimer de tout notre cœur
4® D. Pourquoi faut-il adorer Dieu , ne servir que lui seul y et l'aimer de tout notre cœur ?
R. Parce qu'il est le Seigneur notre Dieu, qu'il est souverainement aimable , et qu'il prépare des biens étermis à ceux qui le servent.
5« D. Qu'est-ce qu'adorer Dieu ?
R. Cest le reconnaître et l'honorer comme notre créateur et notre souverain maître. ,
D. Qu'est-ce que servir Dieu ?
R. C'est faire en tout et partout la volonté du souverain maître.
D. Pourquoi faut-il l'aimer de tout notre cœur ?
R. Parce qu'il est infiniment aimable et infiniment bon , qu'il nous commande de l'aimer , et qu'il nous a aimés le premier d'un amour infini et de toute éternité.
6® D. Comment honorons-nous Dieu ?
R. Nous honorons Dieu par des actes de Foi , d'Espérance , de Charité et de Religion, soit intérieurs, soit extérieurs.
D. De combien de manières honorons-nous Dieu? "R. Nous l'honorons de deux manières : intérieurement et extérieurement.
D. Comment l'honorons-nous intérieurement?
R. Par l'hommage de l'intelligence , de la foi ; du cœur , de l'espérance et de l'amour.
D. Comment l'honorons-nous extérieurement?
R. Par tous les actes de la vertu de Religion.
7fi D. Qui sont ceux qui pèchent cfmtre ce prenûer commandement ?
K Ceux qui pèchent contre la Foi, t Espérance, la Charité ou contre la vertu de Religion.
8« D, Qui sont ceux qui pèchent contre la Foi?
R. Ceux qui ne croient pas tout ce que t Église croit, ou qui en doutent volontairement , ou qui n'osent faire profession de leur foi dans toccasion,
D. Qu'arriverait-il à celui qui nierait une seule vérité de la Foi ?
R. Il perdrait la Foi à cause de l'injure qu'il ferait à Dieu , qui a proposé la vérité qu'il ose nier , comme il a proposé les autres.
D. Que penser des doutes contre la Foi ?
R. Qu'ils sont un péché, s'ils sont volontaires; nullement coupables, s'ils sont involontaires.
D. Comment appelle-t-on le défaut de ceux qui n'osent pas remplir les devoirs de chrétien devant les autres hommes?
R. On l'appelle respect humain , péché injurieux à Notre-Seigneur , qui a déclaré qu'il rougirait devant son Père de ceux qui auraient rougi de lui devant les hommes.
D. N'y a-t-il pas une autre manière de pécher contre la Foi?
R. On pèche encore contre la Foi , en négligeant de s'instruire des vérités dont la connaissance est nécessaire au salut.
D. Que penser de ceux qui écoutent des discours ou qui lisent des écrits contre la Religion?
R. Qu'ils se rendent coupables , parce qu'ils s'exposent ainsi à perdre le don précieux de la Foi ?
D. Quels sont les péchés opposés à la Foi ?
R. L'infidélité , l'hérésie , l'apostasie et l'ignorance volontaire.
D. Qu'est-ce que l'infidélité ?
R. L'infidélité consiste à repousser les vérités de la Foi sufQsamment connues : ce qui constitue un péché grave , puisque Jésus-Christ a dit : « Celui qui refu- « sera de croire sera condamné. >
D. Qu'est-ce que l'hérésie?
R.* Une erreur opiniâtre contraire à une vérité révélée de Dieu et proposée comme telle par l'Eglise.
D. Qu'est-ce que l'apostasie ?
R. L'apostasie est le renoncement total à la Foi chrétienne reçue dans le baptême. On appelle apostat ou renégat celui qui se rend coupable de ce crime énorme.
9« D. Qui sont ceux qui pèchent contre f Espérance?
R, Ceux qui tombent dam le désespoir ou dam la présomption,
10® D. Comment pèche-t-on par désespoir f
R. Quand on désespère d'obtenir le pardon de ses péchés , ou de pouvoir s en corriger , et quand on manque de confiance ou de soumission envers la Providence divine.
D. En combien de manières pèche-t-on contre l'Espérance ?
R. En deux manières : en n'espérant pas assez , et en espérant trop.
D. Quelle injure fait-on à Dieu quand on désespère d^obtenir le pardon de ses péchés ou de pouvoir s'^i corriger , ou qu'on manque de confiance ou de soumission à la Providence divine ?
R. On fait injure à sa puissance , à sa bonté infinies ; à ses promesses si souvent réitérées de pardonner au cœur repentant. Il n'est pas de mauvaises habitudes , aussi invétérées qu'elles soient , qui ne puissent, avec le secours de la grâce , être corrigées : « Je puis tout , » dit l'apôtre saint Paul, c en Celui « qui me fortifie. >
11^ D. Comment pèche-t-on par présomption?
R. Quand on croit pouvoir , par soi-même et sans te secours de Dieu , faire le bien et arriver au salut , ou quand on offense Dieu dans l'espérance qu'il nou^ pardonnera.
D. Quelle injure fait à Dieu celui qui l'offense en s'appuyant sur sa bonté, ou qui, pour le même motif, diffère sa conversion?
R. 11 offense particulièrement sa bonté infinie , qu'il voudrait faire dégénérer en faiblesse , faisant servir au péché ce qui devrait l'en détourner.
12« D. Qui sont ceux qi^i pèchent contre la Charité ?
R. Ceux qui manquent à t amour qu'ils doivent à Dieu ou au prochain,
D. Qui sont ceux qui manquent à l'obligation d'aimer Dieu ?
R. lo Ceux qui aiment quelque chose autant ou plus que Dieu; 2o ceux qui n'ont pour lui que de l'indifférence ; 3o ceux qui le haïssent.
D. Quels sont ceux qui aiment quelque chose autant ou plus que Dieu ?
R. Ceux qui tombent en péché mortel , puisqu'ils préfèrent la créature au Créateur.
D. Quand est-on indifférent pour Dieu ?
R. Lorsqu'on vit dans l'oubli de Dieu , au point de passer sa vie comme s'il n'existait pas , sans le prier , sans faire aucun acte religieux.
D. Est-il bien vrai qu'il se trouve des hommes assez malheureux pour haïr le bon Dieu ?
R. Oui , et c'est , d'après saint Thomas , « le crime « le plus affreux que l'on puisse concevoir. »
D. Comment perd-on la Charité ?
R. Par le péché mortel.
D. Quand est-on obligé de faire des actes d'amour de Dieu ?
R. On doit en faire dès que l'on atteint l'âge de raison , quand on est violemment tenté, quand on s'approche des sacrements , souvent pendant la vie , et à l'article de la mort.
D. Comment manque-t-on à l'amour que l'on doit au prochain ? .
R. En ne remplissant pas les devoirs qui seront expliqués dans les commandements de la seconde table.
Demandez à Dieu, mes chers enfants, l'intelligence, afin que vous compreniez sa sainte loi , et les grâces qui vous sont nécessaires pour que vous l'observiez fidèlement tous les jours de votre vie.
198 EXPUGATION
LEÇON SIXIÈME
Suite du Premier Commandement
V^ D. Qu'est-ce que la vertu de Religion?
R. Cest une vertu par laquelle nous rendons à Dieu le culte qui lui est dû,
D. D*aù vient le mot Religion ?
R. D*un mot latin qui signifie lier , parce que la vertu de Religion est un lien qui nous attache et nous unit à Dieu.
D. Que faut-il entendre par le mot culte ?
R. Le mot culte ^ quand il s'agit de Dieu , signifie la soumission parfaite , Tanéantissement de la créature devant la majesté suprême du Créateur et souverain maître de toutes choses.
D. Quel nom donne-t-on au culte qui n'est dû qu'à Dieu seul ?
R. On l'appelle culte de latrie ou d'adoration, culte qui n'appartient qu'à Dieu seul : « Vous n'aurez pas, » dit le Seigneur, « d'autres dieux étrangers devant moi.i
D. Quel nom donne-t-on aux autres cultes?
R. Celui que nous rendons aux Anges et aux SainU s'appelle dulie , c'est-à-dire , culte secondaire, relatif et celui que nous rendons à la Sainte Vierge hyperdulie , qui signifie au-dessus du culte de dulie : la di« gnité de Mère de Dieu mérite cette distinction.
D. Quelles qualités doit avoir le culte de latrie ?
R. Trois : il doit être intérieur, extérieur et public.
D. Pourquoi doit-il être intérieur et extérieur ?
R. Parce que nous sommes composés d'une âme et d'un corps, et que nous devons faire à Dieu hommage de l'un et de l'autre.
D. Pourquoi ce culte doit-il être public ?
R. Parce que la société religieuse, comme telle, doit un hommage public à celui qui l'a créée et qui la conserve.
R. Quels sont les actes que prescrit la vertu de Religion ?
R. L'adoration dont nous avons parlé , le sacrifice , la prière, la fidélité à garder les serments et les vœux qu'on a faits, et la sanctification de certains jours.
2® D. Qui sont ceux qui pèchent contre la vertu de Religion ?
R. Ceux qui tombent dans t idolâtrie , dans le sacrilège ou dans la superstition.
3» D. Qu'est-ce que tidolâtrie ?
JR. Cest l'adoration qu'on rend à autre chose qu'à Dieu.
B. Qu'entend-on par idolâtres ?
R. On entend ceux qui adorent des idoles, des images , des statues , enfin tout ce qui n'est pas Dieu.
D. N'y a-t-il pas une autre, sorte d'idolâtrie?
R. 11 y a l'idolâtrie de tous ceux qui aiment quelque chose autant et surtout plus que Dieu ; tels sont souvent les orgueilleux , les avares , les voluptueux, , les ivrognes, qui font un Dieu de leurs passions.
4* D. Qu'est-ce que le sacrilège?
R, Le sacrilège est la profanation d'une chose sainte ou consacrée à Dieu.
D. Combien y a-t-il de sortes de sacrilèges ?
R. Il y en a de trois sortes : le sacrilège personnel, le sacrilège local , et fe sacrilège réel.
D. Qu'est-ce que le sacrilège personnel ?
R. C'est la profanation d'une personne consacrée à Dieu.
D. Quelles sont les personnes consacrées à Dieu ?
R. Les personnes qui sont liées à Dieu d'une manière plus étroite que le commun des chrétiens , les ecclésiastiques , les religieux et les religieuses.
D. Qu'est-ce que le sacrilège local ?
R. C'est la profanation d'un lieu consacré ou bénit, comme une église , une chapelle , un cimetière.
D. Qu'est-ce que le sacrilège réel ?
R. C'est la profanation d'une chose sacrée, qui n'est ni un lieu , ni une personne , par exemple , la profanation des sacrements et des choses qui y ont rapport, des vases sacrés, des ornements sacerdotaux, des reliques , etc.
D. Pourquoi se rend-on coupable en commettant ces divers sacrilèges?
R. Parce que c'est sur Dieu même que retombent toutes ces profanations.
5« D. Qu'est-ce que la superstition ?
R. La superstition est un culte ou une observance vaine 1 ou dangereuse, D. Quand est-ce qu'il y a observance vaine?
R. C'est lorsqu'on attribue certains effets à des causes incapables de les produire par elles-mêmes.
D. Pourquoi ces observances sont-elles dangereuses?
R. Parce que certaines de ces pratiques détournent quelquefois de Dieu , mettent en rapport plus ou moins direct avec le démon , donnent occasion à des mensonges , à des fourberies et même à des vols , et sont souvent dangereux pour les mœurs : voilà pourquoi ces pratiques sont condamnées par la sainte Ecriture et par l'Eglise.
6® D. Donnez-nous quelques exemples de ceux qui tombent dans le péché de superstition.
R. Ceux , par exemple , qui , pour découvrir l'avenir ou les choses cachées , ont recours aux devins ; ceux qui , pour découvrir les bornes des propriétés ou les choses perdues , font tourner la baguette ; ceux qui disent ou se font dire la bonne aventure; ceux qui prétendent guérir les maladies par certaines paroles , par certains billets ; ceux qui observent les jours heureux ou malheureux; ceux qui, témérairement, expliquent les songes ou y ajoutent foi ; toutes ces personnes tombent dans le péché de superstition.
D. Qu'entend-on par devin ?
R. On entend un homme auquel on suppose le talent , l'art de découvrir les choses cachées , l'avenir que Dieu seul connaît.
D. Ceux qui consultent les devins ou qui prétendent deviner l'avenir pèchent-ils ?
R. Oui , puisqu'ils transgressent les défenses de
302 BXPLlGATlOIf
FEglise, et qu*ils donnent occasion à des vols, et souvent à d'horribles profanations.
D. Pourquoi est-ce un mal d'attacher une guérison à certains billets , à certaines paroles ?
R. Parce que c'est leur attribuer des effets que Dieu n'y a pas attachés; il en est de même de la croyance à certains jours heureux ou malheureux.
D. £st-il permis de faire tourner les tables ou autres objets pour les interroger ?
R. Non , car cette pratique se rattache à la superstition.
7« D. Ne péchons-nom pas contre le premier commandement , en honorant la Sainte Vierge et les Saints f
R, Non , parce que nous ne les honorons pas comme Dieu.
8® D. Quelle différence y a-t-il entre l'honneur que nous rendons à Dieu et celui que nous rendons à la Sainte Vierge et aux Saints ?
R, C'est que nous regardons Dieu comme le souverain Seigneur des Anges et des Saints, et de toutes les créatures, au lieu que nous ne regardons les Saints que comme les amis de Dieu,
D. Adorons-nous la Sainte Vierge , les Anges et les Saints ?
R. Non : ainsi que nous l'avons dit, l'adoration n'est due qu'à Dieu seul ; mais nous honorons en eux Dieu, comme étant , par sa grâce , l'auteur de leurs mérites et de la récompense dont ils jouissent.
D. Pourquoi dites-vous que les Saints sont les amis de Dieu?
R. Parce qu'ils ont tout sacrifié au Seigneur , qu'ils l'ont aimé par-dessus toutes les choses d'ici-bas ; pour les récompenser , Dieu les a reçus dans le ciel , où ils intercèdent pour nous.
D. Est-ce que les Saints sont réellement nos inter-r cesseurs ?
R. Oui , en vertu de la communion des Saints , ex* pliquée dans le Symbole, ils prient pour nous, et leur intercession nous est très utile , comme nous l'a^ vous déjà dit.
9« D. Doit-on honorer les corps et les reliques ^des Saints r
R. Oui , parce que les Saints sont les amis de Dieu , et que leurs corps ont été les temples du Saint-Esprit.
D. Qu'appeUe-t-on reliques ?
R. On appelle reliques ce qui nous reste des Saints : le corps , les vêtements , les objets qui ont été à leur usage.
D. Qu'entendez-vous en disant que leurs corps ont été les temples du Saint-Esprit ?
R. J'entends que le Saint-Esprit habitait leurs corps , qui , d'après l'apôtre saint Paul , étaient devenus ses temples et les membres vivants de Jésus- Christ , et qui doivent ressusciter un jour pour la gloire éternelle.
D. Dieu a-t-il autorisé le culte des reliques ?
R. Oui , puisque le saint concile de Trente autorise ce culte, et que Dieu ne cesse de faire des miracles en faveur de ceux qui les vénèrent.
D. Citez quelques miracles opérés en faveur des reliques des Saints.
R. Nous lisons dans T Ancien Testament qu'avec le manteau d'Elie , Elisée , son disciple , divisa les eaux du Jourdain. Dans le Nouveau Testament, nous lisons que Tattouchement du corps et des vêtements de saint Paul , encore vivant, et l'ombre même de saint Pierre opéraient des miracles ; et Dieu les glorifiera encore d'une manière plus éclatante au jour de la résurrection générale.
10e jD. Quel honneur tÉglite rend-elle aux images ?
R. Un honneur qui se rapporte à l'objet qu'elles représentent,
D. Qu'entendez-vous ici par images ?
R. J'entends les représentations en peinture ou en sculpture de Jésus-Christ , de la Sainte Vierge et des Saints.
D. Quand nous honorons les images ou les statues des Saints , à qui s'adressent les hommages que nous leur rendons ?
R. Ce n'est ni aux images, ni aux statues , mais au Saint ou à la Sainte qu'elles représentent.
11« D. Qu est-ce qu'on entend quand on dit qu'on adore la croix?
R. Cela signifie qu'on adore Jésus-Christ souffrant et mourant sur la croix pour le salut des hommes,
D. Lorsque nous adorons la croix , qui adoronsnous?
R. Nous adorons , non le bois ni la matière dont la croix est formée, mais Jésus-Christ qui, étant Homme-
Dieu , a droit non-seulement à l'honneur et à la vénération , mais à Tadoration.
Ayez soin , mes enfants , de donner exactement votre cœur à Dieu soir et matin : vous recueillerez de cette pratique les grâces les plus précieuses.
Honorez surtout la croix , en supportant avec patience et résignation les croix , les tribulations qu'il plaira à la Providence de vous envoyer ; jetez souvent, au milieu de vos peines , les yeux sur le Crucifix.