GAIUS
taire, composé de quatre commentaires, présente un résumé succinct et méthodique de la jurisprudence au temps d'Antonin le Pieux et de Marc-Aurèle. Le droit de cette époque s'y trouve révélé dans sa pureté, tel qu'il était alors, d'après une division tripartite, personnelle à Gains (des personnes, — des choses, — des actions), qui est devenue prédominante dans le droit romain; avec de fréquents précis historiques pour les temps antérieurs; et ces révélations ne s'appliquent pas seulement au droit, elles s'étendent aux mœurs, aux institutions, en un mot à la société de ces temps, sous presque toutes ses faces d'intérieur et de publicité. Placés à côté des Instituts de Justinien, qui ont été composés sur le même plan et dans le même ordre, les Instituts de Gaius offrent le plus vif intérêt à celui qui aime à suivre la marche du droit et à compter les changements qu'apportent les siècles. Sa découverte, rectifiant des idées fausses, donnant des idées nouvelles , a éclairé un grand nombre de points obscurs ou tout à fait inconnus. Il est, du reste, aujourd'hui dans les mains de tous ceux qui étudient sérieusement le droit romain (1).
A. de B. A. de i. G.
(929 — 176.) Marc-Aurèle et Commode.
(933 — 180.) Commode seul (L, Antoninus Commodus).
(946—193.) Pertinax.
(Même année.) Julien (Didius Julianus).
394. La tranquillité, amenée par quelques bons princes, avait disparu sous Commode. Celui-ci, étouffé par des conjurés, avait été remplacé par un vieillard, Pertinax, que les Prétoriens avaient massacré presque aussitôt. Alors, chose incroyable 1 on vit l'empire réellement mis aux enchères par les soldats. Deux enchéris-
démontrée par la concordance complète avec ce que nous en possédions, est de toute évidence. Un second travail de révision sur le manuscrit, par M. Blume, a peràiis à Gœschen de donner, en 1824, une seconde édition plus complète. Les lacunes cependant, soit à cause des trois feuillets qui manquent, soit par l'impossibilité de lire , sont encore nombreuses. Gœschen avait commencé une troisième édition , achevée après sa mort par Gh. Lachmann (Bonn , 1841, in-8<>). 11 s'en est fait, en divers lieux, un très-grand nombre. La plus récente en Allemagne est celle d'HuscHKE , dans sa Jurisprud. antejustin., 1867. (1) Voir chez nous , sur Gaius, les notices spéciales de deux de nos confrères : M* Gaillkmer, Notes pour la biographie du jurisconsulte Gaius; et, en der« ûier lieu, celle, fort complète, de M. Glasson, citée ci-dess., n9 390.
318 HISTOIRE. TROISIÈME ÉPOQUE. LES EMPEREURS, § t*'.
seurs se présentent; Didius Julien, descendant de l'illnstre jurisconsulte d'Adrien, offre le dernier prix : Tempire lui reste, et Fadjudicataire, conduit par les prétoriens^ malgré les insultes et les malédictions du peuple, monte sur le trône, qu'il occupa soixante-cinq jours seulement. Renversé par l'approche des légions d'Illyrie, qui avaient proclamé leur général, Septime-Sévère, il fut tué par un tribun sur Tordre du sénat, et à sa place arriva à Tempire Septime-Sévère. Tel était le point où se trouvait parvenii alors cet épouvantable despotisme militaire qui bouleversa rempire pendant si lon^^temps.
A. dt a. A. de J. C.
(946 — 193.) Septime-Sévère (Septimius Severus).
395. Jurisconsultes : Papinien [j^milius Papinianus, fragments 596). Celui de tous les jurisconsultes romains qui fut environné de plus d'honneurs, dont les décisions, toujours respectées, eurent le plus d'autorité, dont les ouvrages servirent le plus à tous ceux qui cultivèrent la science des lois (1). Parmi ces ouvrages, les plus remarquables sont les livres de questions , de réponses et de définitions [quœstionum, responsorum et dejinitionum librijj dont il nous reste un grand nombre de fragments au Digeste. Papinien avait été compagnon d'études de Sévère, qui Téleva àla dignité de préfet du prétoire. 11 survécut assez à cet empereur pour voir les haines des deux fils ses successeurs, et la mort deTun d'eux, Géta, sous les coups de son frère. Le meurtrier, Caracalla, s'adressait à Papinien pour faire légitimer son crime devant le sénat : — « Il est plus facile de commettre un parricide que de le justifier. » Et comme on lui faisait entendre qu'on pouvait chercher à prouver que Géta avait mérité la mort : — « Accuser un innocent assassiné, c'est commettre un nouvel assassinat.' Telles furent les réponses du jurisconsulte , et Caracalla le fit massacrer par des soldats. Ce trait d'héroïsme, s'il était vrai (2), honorerait Papinien autant que l'ont fait ses écrits.
(1) Plus de deux cents ans après , lorsque les élèves dans les écoles de droit parvenaient au naoment où on leur expliquait les livres de Papinien, ils commençaient cette année de leurs étodes par une fête en l'honneur de ce jariseivsuite y et ils prenaient dès lors te nom d« PapitUanistes , qui marquait leoi élévation au-dessus de lenrs condisciples moins avancés.
(S) La vérité de ce fait est contestée par des historiens presque de cette