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434 HISTOIRE. TROISIÂIIË ÉPOQUE. LES BUPEREURS , § III.
V § 8, 9 et 10. Ne laissez point d^antinomie (c'est ainsi qn'on nomme en grec la contradiction entre deux lois) ; point de répétition; évitez autant que possible d*insërer de nouveau les constitutions impériales qui se trouvent dans notre Code ; mettez de côté ce qui est tombé en désuétude.
i> § 1 1 . Tout se réglera par ces deux codes : celui des constitutions et celui, qui est à faire, du Droit élucidé ; ou encore, si nous en promulguons un troisième en guise d'Instituts , afin de préparer Fesprit des étudiants, nourri d'abord de notions plus simples, à s'élever à une science plus haute.
» § 12. Cet ouvrage portera le nom de Digeste ou Pandectes; nous défendons aux jurisconsultes d'y attacher des commentaires et de l'obscurcir avec leurs observations prolixes, comme on avait fait pour le droit ancien. (C'était là une des acclamations du Sénat de Rome à la réception du Code des constitutions; Justinien la reproduira plus d'une fois. Le législateur croit facilement qu'il n'y a plus rien après le Code qu'il publie et que ses formules peuvent immobiliser les faits ou supplanter la science!) Il sera permis seulement de joindre sous chaque titre un sommaire indicatif, ce qu'on nomme irapti^Ttr^a, sans interprétation.
» § 13. Nous défendons d'employer pour écrire ce code des sigles ou abréviations, captieuses énigmes, sources de nombreuses antinomies ; on y emploiera partout la suite des lettres , même pour indiquer le numéro des titres ou quoi que ce soit. (Cette injonction, qui s'adresse aux copistes, très-coutumiers de l'emploi de sigles ou abréviations, sera répétée encore, dans d'autres constitutions, avec sanction pénale.)
» Le 18 des kal. de janvier 531 (15 décembre 530) v (1).
545. Les collaborateurs de Tribonien étaient an nombre de seize, dont Justinien nous donnera plus loin les noms : ils terminèrent le Digeste dans l'espace «de trois ans. Cette rapidité pour nn travail immense dot nuire à sa perfiection. Les recommanda- 1 tiens de Justinien ne furent pas toujours suivies; on trouve quelquefois dans le Digeste de la confusion, des répétitions et des i antinomies dont le nombre , prodigieusement grossi par les com-
(1) PiLBFATiONEs, 1, De conceptiofie Digestorum (en tête do Digeste). iReproduite au God., 1, 17, De veterijure emtcleando^ et de auctoritate Junt' prudoitium qui in Digestis referuntur,
DIGESTE OU PANDBCTE8. 43S
mentotears, exerce encore la patience de ceux qui se condamnent à les concilier. Mais cet ouvrage, en dehors de la grande utilité pratique dont il fut pour Tempire de Jusiinien, est pour nous un riche et précieux trésor, quoique tronqué et souvent altéré, de la littérature juridique des Romains. Il nous a conservé, dans la formate qu'y donnaient les auteurs en crédit, les principes de Tancien droit, les dispositions, quelquefois même le texte d*uu grand nombre de lois, de plébiscites, de sénatus-consultes. Il est composé, comme une espèce de mosaïque, de fragments pris à trente-neuf des jurisprudents les plus illustres : chacun de ces fragments porte le nom de Fauteur et de Touvrage oii il a été puisé, de sorte que nous nous trouvons initiés au fait de Fexistence et de la personnalité de ces nombreux jurisconsultes, ainsi qu'à la nomenclature si variée de leurs livres. Cependant il ne faut pas trop se fier à la pureté des textes rapportés. Soit pour faire disparaître la trace d'institutions abrogées, soit pour substituer des solutions nouvelles à celles qui se donnaient jadis, soit pour mettre en accord des fragments divers, soit pour plus de clarté, plus de brièveté ou par d'autres motifs , les rédacteurs du Digeste usèrent amplement de la faculté qu'ils avaient reçue de changer, de corriger les citations, et tel jurisconsulte n*a jamais avancé ce qu'on lui fait dire au Digeste. Ces altérations, par addition, par suppression, par accommodement, se nomment des interpolations (rajustements), des emblemata (insertions) de Tribonien, ou, plus laconiquement, des tribonianismes . Une saine critique en recherchera et en reconnaîtra la trace par démonstration ; mais elle ne se laissera pas facilement aller à les supposer pour les seuls besoins d'une thèse.
546. On doit à un jurisconsulte allemand, M. Blume, un travail ingénieux , dans lequel cet auteur a recherché s'il ne serait pas possible, en observant la manière dont les fragnients sont groupés et se succèdent sous chaque titre du Digeste, de se ren* dre compte delà marche que la commission instituée par Justinien a suivie dans ses opérations (1). A l'inspection de ces fragments divers, on ne peut s'empêcher de reconnaître, si l'on y porte une
suffisante attention , qu'ils ne se présentent pas comme entremè-