MOEURS ET COUTUMES
589. Dans l'État, dans les magistratures, dans les familles, il ne fautplus chercher les mœurs de Rome,mais celles deConstantinople.
Dans l'État, si quelque chose agite encore les esprits, ce n'est pas la liberté, le bien public, le succès des armes : ce sont les «:ouleurs des cochers ou le» controverses religieuses.
Dans les magistratures, on ne voit pas l'occasion de payer une dette à* son pays, de remplir à son tour des fonctions honorables et non lucratives ; on voit le moyen d'accumuler des honneurs pour son ambition, pour sa cupidité des richesses.
Dans les familles, cette union rigoureuse des membres, cette discipline intérieure, cette soumission aux volontés du chef, ne sont plus. Un contraste frappant -s^offre à mon esprit: sous k république, le chef de famille pri>priétaire des biens, propriétaire des personnes, avait un pouvoir absolu; les CsEmilles formaient autant de petits États despotiques, et de leur réunion naissait on grand État, Ibre au dedans, redoutable au dehors. SoBsTeffl-
JURISCONSULTES 6BBGS DU SIXifelfB SIÈCLE. 479
pire^ le chef n*est propriétaire ni des personnes ni des biens ; les familles sont en quelque sorte libres, et de leur réunion nait un grand État, esclave au dedans, lâche et faible au dehors.