LE GENS
tons. Ainsi arrivaient à leur part d'influence les nombreux citoyens dont la population de Rome s'était accrue , et qui , malgré le rang qu'ils avaient pu tenir, eux ou leurs ancêtres , en leur pays natal, et quelle que fût la fortune qu'ils pussent avoir, restaient à Rome en dehors du patriciat, au nombre des plébéiens.
54. L'impôt jusqu'alors avait été une capitation, c'est*à-dire im tribut par tète (viritim)^ imposé à chaque individu par une appréciation arbitraire, sans règle fixe ni proportion déterminée entre le pauvre et le riche. La division du peuple par tribus et par curies avait été une division par les origines , et les comices assis sur cette division (comitia curiata)^ une assemblée votant d'après les origines {ex generibus)^ où, n'importe par quel mécanisme resté inconnu dans ses détails, la suprématie était dévolue à l'ancienne caste patricienne. Il s'agit, pour Servius, de substituer à la division et au vote d'après les origines une division et un vote d'après les fortunes, et de proportionner, en définitive, le tribut et le vote de chaque citoyen à l'importance de son avoir.
L'institution du cens , la distribution du peuple par classes et par centuries, les comices par centuries, l'ordre naissant des chevaliers et l'organisation de nouvelles tribus suivant les localités, appellent ici notre attention.
. 12. Le cens (census),
55. Chaque chef de famille fut obligé de se faire inscrire sur un tableau, en indiquant, sous la foi du serment, le nombre des personnes qui composaient sa famille, et ses biens de toute nature, fidèlement estimés, sous peine de confiscation pour ceux qu'il aurait omis (1). L'opération terminée, le peuple, passé en revue ^ansle Champ de Mars, fut religieusement purifié par une lusiration (populum lustraré) ; et tous les cinq ans la même solennité dut se reproduire : d'où le nom de lustre (lustrum) pour désigner un espace d'années quinquennal. Ce tableau, ce registre, ^u'on nomma cens (census)^ dans lequel un chapitre [caput) était ouvert à chaque chef de famille, fit connaître à des époques périodiques la population des Romains et leurs fortunes respectives.
(i) Dents d*Haligaiinasse , \\v, 4 , § 16.
58 HISTOIRE. PREMiàiœ EPOQUE. LES HOIS.
L'insoripiion sur le censfot Tapanage des seuls citoyens romans ; les fils de famille y étaient inscrits sans doute sous le ohapiire do chef; Les femmes^ les hommes au<*desMas de seÎEe ans acconplîs^ n'ayant pas encore quitté la prétexte po4ir la roiie virile, n*y figUf* raient qae pour le dénombrement; le» esclafes^n'y ètaiietti iodit» qués que par leur quotité, parmi les choses mabilières de leurs Hbaitres , et par la suite le mode de les afiTrancinr consista sin* plement à' les faire inscrire sur ce tableau.