‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 24 sur 286 · Les class6& (classes) et [es centuries (etniuruR · texte numérisé non relu

Les class6& (classes) et [es centuries (etniuruR

56; D« Tinstitution du cens, qui avait déterminé la fortune de chaque' citoyen, dériva, ta distribution du p«uple par classes et par centuries, assise principalement sur Tordre des» richesses. Cette distribution fut conçue de manière à répondre à ces trois nécessités sociales : le tribut, le service militaire et- le vole politique. Les classes et les centuries furent donc une organisation du peuple pour Timpùt, pour le combat et pour les conrices, quoiqu'il ne faille pas cependant pousser l'assimilation trop loin, et quMl àùî y avoir forcément quelques différences de règles entre ces trois buts fort distincts. Ainsi les fils de famille , qui ne pofi^ valent avoir à cette époqn« aucune propriété à eux , ne se ra«geaient dans les classes que sous le cens de leur père, ne pouvaient contribuer à Timpôt que comme compris dans celui da père, et cependant, à coup sûr, ils comptaient individuellement dans Tannée pour le service des armes , et dans les comices pour l'exercice de leur droit de suffrage.

57. La division des classes en ce qui concerne Tinapôt repose exclusivement sur la considération de la fortune. Ces classes sont an nombre de cinq, car on ne coiAptaît pas pour une cfasse to»te la multitude dont Tavoîr se trouvait an-dessons du dernier cbifire nrarquè, et que la révoltrfion de Servîus rendait franche d^pol ( 1 ) . Qirelle ètàft la gfradation dé fortune d'une classe & Tautre? les cfaîffi*es indiqués par les historiens offrent quelques variantes, et surtout il nous est bien difficile d'en apprécier la valeur relative

(1)' C'était ainsi que reotendafent lès Romaîas, et qtrc le disent Cicéron et Tite-Live. Denys d'Hallcaraasse en compta m^ parce 4)u'il qualifie aiusi 4e classe toute cette multitude qui ne comptait pa& pour Tioiji^t.

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comparatÎTeiftentàce qui existe iie nos joara (1). Ces classes furent diversement imposées, et les- charges de TÉtat durent amsî peser sur chacun proportionnellement à ses moyens. An-dessous do ravoir marqué poar lacinqulëme dasse, le reste de la populatton fut dispensé de contribuera' Timpot. Il est fhcile de juger combien dut être accueilli atec favenr dans cette plèbe infime et nombreuse lo système de Servius. La mémoire do ce roi demeura si populaire, que longtemps après, même depuis la fondation delà Répu«bliqae, la tradilion étant restée qsll était né un jour de noues, sans qu'on sûl leqne), la plèbe les célébrait tons; et que dans la crainte que celte fête se rencontrant avec les jours de marché, le rassemblement n'en devint plus considérable et que la foule ne se portât à quelque innovation au souvenir do ce roi, les pontifes chargés de l'arrangement du calendrier eurent soin d'empêcher au moyen d'une intercalation arbitraire la rencontre des nones avec les marchés (2) .

58. A l'obligation de l'impôt proportionné k la fortune des citoyens suivant cbaqae classe, se rattacha encore l'obligation du service militaire avec un équipement et un système d'armes plus ou moins coûteux , chaque citoyen devant ce service équipé et armé à ses frais. Tile-Live nous donne classe par classe le détail de cet armement (liv. I, § 43). Au-dessous du chiffre de fortune marqfié pour la cinquième et dernière classe, le reste de la population ne dbvaîl plus le service militaire à ses frais. Il y a cependant ici quoique désaccord entre les documents que nous ont transmis les anciens. 11 semble qu'il y avait dans cette multitude

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(fi) D-aprè* TVw^Linr, liv. t , § 43 , ift propwtion de» fDrtuoe» éltît celle-ci :

f^ olasse, composée des ottoymis qui potsédaienl 160,000 «s.

(Po«r Im %nm classes suivantes, «a allaint touyours en dimiiMiaBl de ^«060 as)t

^ clMse^ 75<000 as.

4e . »,mo

5« — Ii,ae0 (Dîapf^

Depp dMiaireaiturSM, 1S,500» la moitié du oUiïre de ia elasse préeédente, ce qui par ait' la bonne leço»).

Au«desso«a d»téi «voiV, k roullftnde non okaaée et frandra «fimpAt.

(î) Macrobb, Saturnales, liv. 1 , eh. tô : « Veritw ergo qui ^Mebas p»wétant, ne qaidiiundinifi cottecta nmversitas ob i^giadesidèrium notaret', can4»se, ut Muai a iiundâilS«e9rega?e«tttT. » — Vuw ci-de88>., p. 4T, ave»la «ate *.

60 HISTOIRE. PREUliRE ÉPOQUE. LES ROIS.

inférieure à la cinquième classe, quelques nuances encore à établir suivant la fortune, et que ceux d'entre eux qui possédaient un avoir de plus de 1500 as y formaient une première catégorie sous le nom à'adcensi et velati, sorte de soldats supplémentaires, rattachés aux censitaires comme accessoires (ad'Censi)^ obligés de suivre l'armée sans armes, en leur vêtement habituel, et de prendre l'armement et la place de ceux qui seraient tombés dans le combat (1). Toutefois Tite-Live les mentionne comme distribués encore dans la cinquième classe, probablement parce qu'ils étaient inscrits à la suite, -de même que les cors et les trompettes, quoique n'en faisant point partie par le cens.

59. Des appellations différentes distinguèrent suivant leur position censitaire les citoyens. — Ceux qui étaient inscrits sur le cens pour l'impôt, faisant partie de l'une ou de l'autre des cinq classes, reçurent le nom A'assidui (de assem duere ou dare)^ nous les appellerions à la moderne le$ imposés. — Tous les autres, en dehors des classes et non imposés, se nommaient en masse proletarii, la cité ne leur demandant d'autre contingent que celui de leurs enfants. Cependant, si l'on y met plus de détails, on trouve que cette dénomination se restreignait d'un côté et d'autre : les citoyens au-dessous du cens de la cinquième classe, mais possédant un avoir de plus de 1500 as, seraient les accensi, velati; de 1500 as à 375, seraient les proletarii proprement dits ; et tous les autres, ne figurant guère sur le cens que par la mention de leur personne, les capite censi (2). En cas

(1) Festus, au mot Adscripticii : « Adscripticii velati qaidam scripti dicebantur qui supplendis legionibus adscribebantur. Hos et adcensos dicebant, qnod ad legionum censnm essent adscripti ; quidam velatos , quod vestiti inermes sequerentur exercitum. « — Et au mot Velaii : « Velati appellabantur vestiti et inermes , qui exercitum sequebantur, quique in mortuorum militum loco substituebantur. t — Varron, De lingua latina, liv. 7, $ 56 : « Adscriptivi dicti , quod olim adscribebantur inermes, armatis militîbns qui succédèrent, si quîs eorum deperisset. v

(2) GicéRON, De republica, liv. 2, § 22 : « Quum locupletes assiduùs appellasset ab œre dando ; eos qui aut non plus mille quingentum œris aut omnino nihil in suum censnm prster capot attulissent, proletarios noroinavît ; ut ex iis quasi proies, id est quasi progenies civitatis exspectari videretur. « — Aulu- Gellb , liv. 16 , ch. 10 , qui fait porter précisément une de ses conversatians sur la distinction à faire entre les proletarii, les capite censi et les atsidui :

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