‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 27 sur 286 · NoaveUes tribus, d'après les localités (ex lodi · texte numérisé non relu

NoaveUes tribus, d'après les localités (ex lodi

71. Il ne faut pas confondre ces tribus avec celles qui ont existé précédemment : c'est le même mot, mais ce n'est plus la même institution , et cette identité de termes entre deux choses tout à fait différentes a pu souvent jeter de la confusion dans les esprits. Les trois tribus primitives contiennent les citoyens rangés suivant leurs vieilles origines nationales, en Ramnenses, Taiienses et Lacères (ci-dess., n*21) : comment maintenir cette distinction, à mesure que Rome s'accroît de populations nouvelles de^^citoyens successivement ajoutées, qui sont étrangères à ces premières origines? Nous savons de quelle manière la distinction de la nationalité des Ramnenses, des Taiienses et des Luceres, dont Tinfluence se faisait sentir dans toutes les institutions politiques, avait été, sinon détruite, du moins balancée dans le Sénat, dans les comices, dans le corps des chevaliers; ici elle s'efface entière* ment : les tribus anciennes, d'après les origines (ex generibus)^ font place aux tribus nouvelles de Servius, d'après les localités (ex locis).

72. La ville, dont Servius Tullius étendit l'enceinte de manière à y enfermer les sept collines, est partagée en quatre tribus : les tribus Palatina, Collina, Esquilina et Suhurana, Bien qu'il n'y soit plus question d'origines, on retrouve contenu dans le terri-> toire des trois premières l'emplacement qu'occupaient jadis les trois anciennes tribus' (ci-dess. , n* 21). Ce sont les quatre tribus urbaines : elles se sont étendues d'espace à mesure que Tenceinte de la ville a été encore reculée; mais le nombre n'en a plus été augmenté.

73. La campagne autour de Rome, peuplée d'habitants ayant les droits de cité, est divisée aussi par régions en un plus grand nombre de tribus, dont chacune se désigne également par un nom spécial. Ce sont les tribus rurales. Le chiffre, à l'époque de Servius Tullius, n'en est pas certain. Denys d'Halicarnasse, sur la foi d'autorités entre lesquelles il cite Caton, le porte à vingt-six, ce qui, avec les quatre tribus urbaines, donnerait déjà, pour l'époque de Servius, le nombre de trente tribus (1). Mais la version de Tile-Live

(1) Denys d'Halicarnassb , liv. 4, § 19,

70 HriTOIRB. PREMlÂfifi ÉPOQUE. LES MIS.

est bien plus en harmonie avec le cours de Thistoire romaine ; elle se présente avec une telle précision et une telle nature de détails, qu'elle doit faire incontestaMeinent autorité. C'est à mesure que les droits de cité sont accordés aux populations des territoires et des villes voisines » ordinairement à la suite du recensement ie& citoyens^ que de nouvelles tribus sont ajoutées. On les voit aiuii s'étendre en Italie, et elles finissent par y atteindre jusqu'aux limites de k mer, de l'Arno et des monts Apennins. Les noms de lieux qu'elles portent, pour la plupart, indiquent les contrées mêmes dont elles sont formées. Le chiffre des tribus rurales, au temps de Servias, demeure incertain; mais & partir du nombre de vingt et une tribus en totalité, tant celles urbaines que celles rurales, les additions successives qui y ont été faites sont rapportées exactement par Tite-Live, avec le nom de chaque tribu nonvellement créée, jusqu'au nombre final auquel onts'arréta, celui de trente-cinq (1).

74. C'était un trait d'union entre les citoyens que d'être membres d*une même tribu. C'était par tribus que se levaient les impôts, que se recrutaient les légions. La tribu a un cuite et des sacrifices qui lui sont propres (2). Comme les membres d^ane même curie se qualifiaient entre eux de curialeSj ceux d'une même tribu se disaient irUndes, tribulis meus; et souvent, daas la désignation officielle d'un citoyen , entre ses noms ou à la suite, se plaçait celui <ile la tribu dont il faisait partie {S),

(1) TiTE-Liv« , Hv. 6 , § 5 : a Tribus quatuor ex novïs civiLus addifœ , Stelhtina, Tromentina, Sabénlinû, Amhnsif : €«eqae vîgiflti quiiiq«e tribnum numerum explevere (an 367). s — Liv. 7, § 15 : « Eodem anno dmn ttiheif Pomptinm et PubUlia , tkiâii» (an 395). « — Liv. 6, 1 17 : « Eadem »nno censas actus, novique cives ceosi, tribus propter eos additœ Mcecia et Scaptia : censores addiderunt Q. Publilius Philo, Sp. Postumius (an 421). « — Liv. 9, $ 20 :

«Et duee Roiiiœ additœ tt*ibus, Vfentina ac Falerina (an 435). « — Liv. 10, g 9 : t Et lustram «e umio «ond^tam a P. Sempromo Sopho «t P. Salpicio Saverrione censoriboi : iribasque aiddite du», Amensis ac TereniiMa (an 454). t -^Sommaire du livre 19 (pefd») : t Lustmam a «ensoribus «oaditiim est: censa sunt civium capita duoenta quinquaginta unum miltia, diicenta vi^inti duo. .... Duœ tribus adjectœ sunt, Veliua et Qidrina (an 512). i Ces deux dernières complèfent le nombre de trente-cinq.

(2) Denys d'Halicarnasse , liv. 4, § IS.

(3) On en peut voir de nombreux exemples daas les ac^es do Sénat rapportés

LES LOffi ROTALBS, LBOR COULBCTIOM PAâ PAPIBIUS. 71

75. Les tribus, à Tépoque de Semas, ne fomeDt pas ane agrégation pour le vote dans les comices, puisque là c'est par centuries, d après le cens, qoe se divisent et se groupent les citoyens; maïs un tenps viendra 06 elles arriveront à cette existence politique, où de ces tribus locales so4*tîront des magistrats et de nouveaux cooiices purement plébéiens. Alors la répartition des citoyens dans les tribus, le nombre et la qualité de ceux qui y seront inscrits, prendront la plus grande influence sur les décisions politiques; de nouveaux expédients seront à chercher pour annihiler, même parmi les plébéiens, la prépondérance du nombre dans ta multitude intime; les tribus urbaines serviront à concentrer cette multitude, qui n'aura ainsi que quatre voix, tandis que les citoyens élev^ par le rang ou par la fortune se répartiront, avec leurs moyens de crédit, dans les tribus rurales, qui deviendront par cela même les plus distinguées, et qui auront trente et une voix à elles toutes (1). Rien de cela n'existe encore à Tépoque de Servius, et les tribus urbaines contiennent la population de la ville sans distinctioD.

17. Les lois royales {leges regiœ). — Leur collection par Papiriiu {JtLS civile Papirianum ou lex Papiria),

76. {Au 220.) La période royale est près d'expirer, et l'histoire do droit, sur Tautorité du jurisconsulte Poraponius, confirmée par quelques autres témoignages, place ici, au temps de Tarqutn le Superbe, successeur de Servius, un monument littéraire qui aurait été comme le code de celle période. Pompcnius raconte que les lois curiates portées par Romulus et par ses successeurs fvrent, à cette époque, réunies par ie pontife Sextus Papirius en un seul corps de livre, qui reçut le nom de Droit civil Papirien [Jus civile Papirianum), En conséquence, Pomponîus ouvre la

par ÇÊcimH^A4famiUape$, Uv. S, épître 8 : — L. ViUius, L. F.« Pmnpdna, ilanalis; • — « C. âe()limiii», T. F.., Quirina, > etc. — Dons le décret par lui proposé , en sa 9® Philippique, $ 7 : « Serv. Sulpicius , Q. F., Lemouia, JKiifna, f — Bt dans Tépitaphe trouvée tout réceBunent à Mmes : « G. Melius , G. F. 9 V«lt {VoàitUa)^ aedatus, «ivua sihi. a

(1) TiVK-Liv« , Ka. 9^ S 46 : I Fabina, ùaa»\ «oAconii» causa, bûbuI ne JMuniHimorttiP in manu CMnitia esseai^ oamcaa £or«ssena Incbam eacreiam in qaataar tribHs 4»i^eeit , «orbanasque eas appellaiit. »

72 HISTOIRE. PBElflÈRE ÉPOQUE. LES ROIS.

série des sources do droit romain par Tindication de ce monument, et celle des jurisconsultes par le nom de Papirius (1). Un fragment de Paul cite un commentaire que Granius Flaccus, contemporain de Cicéron, avait fait sur le droit Papirien (2), et Macrobe, dans ses Saturnales, à propos d'une question de rite religieux, rapporte un passage même du Jus Papirianum, dont le latin assurément n'appartient pas à Vépoque de Papirius, mais était tiré peut-être du commentaire de Granius Flaccus ou de quelque autre source modifiée (3).

Quant aux lois royales, il en est question plus d'une fois encore dans les écrits des anciens. Tite-Live rapporte qu'après l'incendie de la ville dans la prise de Rome par les Gaulois, et la destruction des mémoires des pontifes et des autres monuments publics ou privés, un des premiers soins des magistrats qui succédèrent à cette calamité fut de faire recbercher les traités et les lois qui purent se retrouver, lesquelles furent la loi des Douze Tables et quelques lois royales (4). Cicéron parle des lois religieuses de Numa comme conservées encore de son temps dans les monuments (5) ; Festus en rapporte textuellement une attribuée à ce

(1) Di6., iyty De origine Jttrif , 2, g 2, f. Pompon. : « Et ita leges quasdam et îpse curiatas ad populum tulit (Bomulus). Tulerunt et seqoentea rpges : qas oiDDes conscriptœ exstant in libro Sexti Papirii, qui fuit illis temporibus quibas superbus Demarati Gorînlhii filius, ex principaiibus viris. Is liber, nt diximasi appeIJatur Jus civile Papirianum; non quia Papirius de suo quicqnam ibi adjecit, sed quod leges sine ordine latas in unum composuit. • — Ilnd,, § 36: c Fuit autem in primis peritus Puhlius Papirius, qui Leges réglas in unum contulit. t -» Voir aussi Dbnys d'Halicarnassb , liv, 3 , § 50.

(2) DiG., 50 f 16, De verborum significatione , 144, f. Paul : i Granius Flaccus in libro de Jure Papiriano scribit, ... « etc.

(3) Macrobe, Saturnales^ liv. 3, ch. il : « In Papiriano enina Jure evidenter relatum est , arœ vicem prœstare posse mensam dicatam : « Ut in teniplo , > inquit, ... « etc. (ici suit la citation).

(4) TiTE-LiVR , liv. 6, S 1 : « In primis, fœdera ac leges, erant aotem es duodecim f abulœ et quœdam regiœ leges , conquiri , quœ compararenf , josserunt. >

(5) Cicéron, De repuhlica, liv. 2, J 14 : «Pompilius. . . et aniroos, propositis le<{ibu8 bis quas in monumentis habemus , ardentes consuetudine et cnpiditate bellandi, religionum cœrimoniis mitigavit. s — Ihid., liv. 5, § 2 : « Qui (Numa) legum etiam script or fuisset , quas scitis exstare. « — Tacite mentionne une loi religieuse du roi Tullus dans ses Annales , liv. 12, § 8 ; et il donne , en

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