‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 29 sur 286 · OLITIQUB EXTÉRIEURE DE ROME · texte numérisé non relu

OLITIQUB EXTÉRIEURE DE ROME

78. La première politique de Rome est Tenvahissement. Les petits bourgs qui la touchent, les villes plus considérables qui Fenvironnent, sont détruits; les habitants sont transportés h Rome, incorporés parmi les vainqueurs, jouissant des mêmes droits. Alors celte qualité de citoyen romain n'est pas un bien dont on soit avare : on la donne à tous les vaincus.

Lorsque Rome a acquis une population et un territoire qui

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(i) Tm-LwE, iiv. 1 , § 59 : « Addila luperbU i|iMB régis, jsieernrqae ûi labores plebis , in fossas cloacasque eKiimrieodas ^kmeesa. fioannos àonuMS, victores omnium circa populoran, opiûces ac Uptcidttpro l>elbtaribM faetos.>

RÉSWÉ. POLITIQUE EXTÉRIBUAE D£ ROME. 75

peuvent compter parmi les États dont elle est entourée , et lui permeUent de sVpandre au dehors, au lieu de détruire les villes soumises et de rendre les habitants romains en les transportant à Rome, on transporte parmi eux des Romains. Rome pratiquée son tour le système des colonies en usage parmi les anciens peuples italiques. C^était ainsi que jadis les Ombriens , que les Étrusques, que les Sabins avaient propagé leur race et étendu leur puissance sur diverses parties de Tltalie. Des prolétaires, des affranchis, sont envoyés; on partage entre eux une partie des terres enlevées aux habitants par le droit de la guerre. Ces habitants, avec une autre partie de leurs anciennes propriétés qui leur est laissée, sont admis quelquefois à se confondre avec les colons romains , o« bien ils vivent à côté, population vaincue, dominée par les vainqueurs: et voilà une colonie qui dépend de Rome comme d'une métropole dont elle sert À garder le territoire, en même temps qu'elle lui offre le moyen d'étendre ses conquêtes. Ces colonies sous les rois sont encore peu nombreuses, et leur gouvernement peu connu; nous les verrons se mulliplier et s'organiser sous la république. Ostie, à l'emboucbare du Tibre, est citée comme la première colonie maritime des Romains (cinless., n* 48.)

79. Pour échapper aux rigueurs des droits de la guerre contre les vaincus en ces temps anciens, la destruction de la ville, la conquête du sol attribué comme champ public au peuple vainqueur, la distribution du butin aux soldats, l'esclavage de la population vaincue, ou bien la réduction en colonie, certains peuples se donnaient aux Romains, livrés à discrétion à sa puissance. On les appelait déditices {dediticii). Nous trouvons dans Tite-Livè, appliquée au peuple de CoUatie sous L. Tarquin, la formule la plus ancienne et la plus dure de cette deditio, avec les formes précises de l'interrogation et de la réponse conforme dans lesquelles se résumait déjà en ces temps antiques, suivant l'usage reçu parmi les peuples de ces contrées, l'expression bien entendue de la volonté des parties (1). Rome traitait ensuite

(*) TiTi-LofK , li¥. 1, s W î * Rcï interrogavit ; — * Estisoc ¥©» legati oratoresque missî a populo CoUatino ? Sumus. — EsUne populus Gollatinus in sua potestate? Est. — Deditisne vos, populum Collatinum, urbem, agros, aquam , lerminos, delubra, utensîlia, divina humanaque omnia, în meam populiqae Romani ditionem? Dedimus. — Ai ego recipio. >

plus OU moins généreusement, selon les circonstances, les peuples ainsi abandonnés à son pouvoir, et leur faisait des conditions variées.

80. Ce système de destruction, de colonie ou de dédition, ne peut s^appliquer aux peuples les plus puissants, longtemps leurs égaux, qui entourent les Romains. Vaincus dans une guerre, ils recommencent bientôt ; la fortune ne leur est pas toujours contraire, et malgré la dissimulation à cet égard des traditions et des annales romaines, la trace de leurs succès peut s*y recoDnaître plus d*une fois. Leur résistance opiniâtre, les luttes que Rome a à soutenir contre eux , remplissent presque les narrations de rbistoire sous les rois. L'issue des guerres est souvent un traité d'alliance par lequel les villes gardent leurs lois, leur gouvernement, leur indépendance apparente; elles s'attachent comme fédérées aux Romains, qui s'obligent à les protège^ et auquel elles doivent, de leur côté, fournir des troupes et d'autres secours dans les guerres à soutenir en commun. C'est ainsi que bientôt un pacte fédératif unit à Rome les principaux peuples du Latium. Voilà ces alliés qui portaient le nom de Latins [Latini, vêtus Latium)^ et dont la condition , mieux déterminée par la suite, a servi de type et de mesure à certaines conditions dans l'état des personnes à Rome.

C'est ainsi que Rome, avec un territoire resserré, avec des citoyens peu nombreux, apparaît défendue à l'extérieur par des colons qui n'ont aucune part à son gouvernement, et appuyée dans le Latium sur ses alliés, qui s'unissent à elle d'après les conditions de leur pacte fédératif.

DROIT PUBLIC

81 . Trois corps politiques se présentent avec des pouvoirs distincts : le peuple, le Sénat, le roi.

Le peuple, qui apparaît décomposé en deux castes, les patriciens et les plébéiens, parmi lesquels un troisième ordre, celui des chevaliers, commence déjà à s'introduire, et qui agit, dans ses assemblées, sous la forme de deux combinaisons, où dominent, dans l'une l'aristocratie de race, dans l'autre l'influence de la fortune et celle de Fâge.

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