‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 49 sur 286 · CABACTÈRB DU DROIT DES DOUZE TABLES · texte numérisé non relu

CABACTÈRB DU DROIT DES DOUZE TABLES

123. Outre ragnation, la loi des Douze Tables nous révèle encore la gentilité (genSj pour ainsi dire génération, généalogie). L'idée de la clientèle et de raffranchissement est indispensable , nous le savons, pour bien comprendre cette relation du droit civil quiritaire (ci-dess., n® 17). Les citoyens issus d*une source commune, d'origine perpétuellement ingénue, dont aucun des aïeux n'a jamais été en une servitude ni clientèle quelconque, qui, par conséquent , se forment à eux-mêmes , de génération en généra* tion, leur propre généalogie, et qui sont unis par les liens de parenté civile, constituent dans leur ensemble une gens; ils sont entre eux à la fois agnats et gentils. Sous ce rapport, on ne verrait pas encore bien en quoi la gentilité diffère de Tagnation, si ce n'est que les conditions qui la constituent, savoir, qu^aucun des aïeux n*ait jamais été en une servitude ni clientèle quelconque, la rendaient exclusivement propre, dans les temps primitifs, aux seuls patriciens , puisque tous les premiers plébéiens étaient des clients; de telle sorte que la gentilité, sous ce rapport, aux premières époques, serait Tagnation des patriciens; la gens serait la famille patricienne. Mais , en outre , ces patriciens à la fois agnats et gentils entre eux, sont encore les gentils de toutes les familles de clients ou d'affranchis qui sont dérivées civilement de leur gens, qui en ont pris le nom et les sacra, auxquelles leur gens sert de généalogie civile. Ces descendants de clients ou d'affranchis ont des gentils et ne le sont de personne : par rapport à eux , les agnats sont bien distincts des gentils. Leur agnation est fondée sur un lien commun de puissance paternelle ou maritale, à quelque antiquité que remonte cette puissance. La gentilité à laquelle ils se rattachent est fondée sur un lien de puissance de patronage, patronage soit de clients, soit d'affranchis, si anciennement qu'ait existé cette puissance (l).

Ainsi se développent l'une au-dessous de l'autre, par rapport

(i) Bien que Torigine et le fondement de la gentilité nons la présentent comme exclusivement propre aux patriciens , cependant les grandes familles de plébéiens survenues plus tard , n'ayant jamais été dans les liens de la clientèle, et se prétendant d'origine éternellement ingénue , ont pu aussi , par la snite des temps, former une gens, une race de gentils : d'abord, entre eux; et ensuite par rapport, non pas à la descendance de leurs clients, puisqu'ils n'en avaient jamais eu , mais au moins par rapport à la descendance de leurs affranchis.

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