Guerre fociale
298. (An 663.) Les alliés du Latium, ceux de Tltalie avaient fait la puissance de Rome, et le titre et les droits publics de citoyens leur étaient refusés I Déjà, depuis quelques années, les tribuns qui voulaient se faire un parti promettaient une loi qui réparerait cet état de choses. On voyait alors ces alliés accourir à Rome, se presser sur la place publique, attendant la proposition; mais ces promesses n'avaient point d'effet. L'Italie se souleva; les drapeaux des villes alliées, des villes municipales, des colonies elles-mêmes, flottèrent de toutes parts et s'avancèrent sur Rome; la guerre fut courte et meurtrière; des consuls, des légions romaines, des légions alliées y périrent, l'Italie perdit plus de trois cent mille hommes (1). Rome ne triompha qu'en inscrivant au nombre de ses citoyens , d'abord ceux qui n'avaient pas pris les armes ou qui les quittèrent les premiers, ensuite tous ceux qai combattaient encore (lex Julia [an de Rome 664], lex Plautu
(i) VbLLÉIUS PATERGULUSt ^^V. 2 | § 15.
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[an 665], de dvitate). Ainsi » dans l'espace de deux ans, furent acquis à presque toute l'Italie les droits de cité, même ceux de suffrage, sous la seule condition pour les peuples de déclarer qu'ils adoptaient le droit civil des Romains. Mais pour diminuer rinfloence de ces nouveaux citoyens, on les classa dans huit tribus nouvelles qui s'ajoutèrent aux tribus déjà existantes ; et dans les délibérations, l'Italie entière n*eut que huit voix, tandis que Rome en avait trente-cinq. Disproportion, du reste, qui dura peu : les Italiens parvinrent bientôt à se faire distribuer dans les trente^cînq tribus romaines.
299. Dès lors le territoire de l'Italie se trouva, d^une manière générale, assimilé à Vager romanus, reconnu appartenir en propriété romaine aux habitants, qui devenaient eux-mêmes citoyens romains, libre en conséquence du tribut ou rente annuelle [vectigal) imposé aux territoires conquis, susceptible de toutes les applications du droit civil ; et désormais , pour l'existence de cette propriété romaine (dominium ex jure Quiritium) et pour cette application du droit civil, la formule usuelle fut de distinguer entre le sol italique et le sol provincial. L'importance qu'il ; avait eue à considérer si une ville était colonie ou municipe, et quelles concessions plus ou moins larges lui avaient été faites , n'eut plus de rapport, pour les villes italiennes, qu'à leur bistoire 6t à leur mode de gouvernement. Quant à ce qui touche la condition des habitants et celle du sol dans la participation aux droits de cité romaine, cette importance s'efifaça dans l'Italie pour subsister et s'étendre exclusivement dans les provinces.