SG0V0 TRIUMVIRAT
des paroles éloquentes, s*appuyer sur ses clients » sur ceux de ses amis, sur les villes qu'il protège; on lui reconnaît quelques faiblesses, et le tableau plait davantage pacce qu'il est plus naturel ; mais au milieu de ces faiblesses, Tamonr du bien et le désir d'une juste gloire Taniment toujours. Il avait sauvé Rome de Catilina, reçu le nom de Père de la patrie, suivi le parti de Pompée contre César; il avait fait retentir le forum de ses Philippiques contre Antoine : aussi la vengeance ne l'épargna point. Lorsque après le second triumvirat le sang des proscrits coula , lorsque leurs têtes sanglantes parurent exposées sur la tribune aux harangues, là, sur cette même tribune, on reconnut la tête de Cicéron. a Une indignation que mon âme ne peut retenir me force d'in- «terrompre un moment ces récits. Marc-Antoine I c'est en vain » que tu as mis à prix la tète du plus éloquent, du plus illustre » des hommes, et que tu as compté un funeste salaire au meurtrier » du consul magnanime qui sauva la république. Tu n'as pu ravir s à Cicéron que des jours inquiets, près de s'éteindre, et qui, sous » ta domination , auraient été plus misérables que ne le fut sa " mort sous ton triumvirat. T'étais-tu promis d'obscurcir la gloire
>{)romi8, caatioimé, donné. Et même, 6 grands dieux! quelle perdition! les I nuits de quelques dames romaines ont formé conune un supplément de prix
> pour plusieurs des juges. Aussi , les gens probes s' étant retirés , le forum
> étant envahi par des esclaves, il n'y a eu que vingt-cinq juges assez courageux f pour braver tous les périls et s'exposer à périr pIutM qu'à perdre la répu- 1 btique. Hais trente et un ont plus écouté la cupidité que l'honneur. Pourquoi ,
> dit Gatulns à l'un de ces juges qu'il rencontra , pourquoi nous demandies-vous * des gardes? Était-ce de peur qu'on ne vous volât l'argent que vous avait payé «Glodius? {Lett. à Att,, liv. 1, lett. 16.) > — Voici la seconde citation : c Les
> consuls sont couverts d'infamie. G. Memmius, candidat, a lu au sénat une con- « vention qu'ils ont faite et que voici : En cas que les deux consuls parviennent
> à faire nommer pour l'année prochaine Memmius et son compétiteur, ceux-ci ' ^'engagent à payer à ces consuls 400,000 sesterces s'ils ne leur fournissent ■ trois augures qui affirmeront avoir vu faire en leur faveur la loi curiate , bien
> qu'on n'en ait point fait, et de plus deux consulaires qui attesteront avoir signé
> le décret sur l'organisation de leurs provinces, bien qu'il n'y ait pas eu de
> décret. > (Ibid., liv. 4, lett. 18.) Quelle dépravation! et en même temps quelle confusion! puisqu'on peut faire croire à l'existence d'une loi curiate, pour l'iovestitura du commandement, qui n'a pas été rendue : il est vrai que c'était 4 loi curiate fictive, par l'intermédiaire des trente licteurs; et à l'existence d'un décret gui n'a pas même été préposé.
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244f HISTOIRE. DEUXIÈME ÉPOQUE. LA RÉPUBLIQUE, § III
» de ses actions et celle de ses discours? Tu n'as fait qu'en » accroître Téclat. Son nom vit et vivra dans la mémoire des » siècles... La postérité iout entière, en admirant les écrits dont » il a flétri ton nom , détestera son assassin , et le genre humain » périra plutôt que le souvenir de Cicéron (1). »
Velléius Paterculus est souvent rhéteur, mais nous, jurisconsultes, qui, pour Thistoire, pour la philosophie, pour la science du droit chez les Romains, avons tant à puiser dans les écrits de Cicéron, nous donnerons place à ce mouvement.
307. Les amitiés formées par Tambition finissent toujours par des haines. La discorde ne tarda pas à paraître entre les seconds triumvirs, comme elle avait paru entre les premiers. Lépidefot abandonné en Sicile par son armée, qui suivit César. Antoine, vaincu à Actium, se donna la mort, et César Octavien resta maître de Rome. Il ne tarda guère à y entrer aux acclamations du Sénat et du peuple. Ce fut alors que, dans ses mains, la république expira pour toujours : une république d'aristocratie, d'inégalités et d'esclavage; ce ne sont pas là celles qui doivent durer!
RÉSUMÉ SUR L'ÉPOQUE QUI PRÉCÈDE