‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 2)Chapitre 20 sur 178 · TIT. VI. DES DEGRÉS DE COGNATION · texte numérisé non relu

TIT. VI. DES DEGRÉS DE COGNATION

Quant à la supputation des degrés, il nous suffira de dire qu'elle a lieu en droit romain comme en droit français. En ligne directe, soit ascendante , soit descendante , on compte autant de degrés que de générations. En ligne collatérale, la règle est la même; seulement il faut observer que, comme ici on a deux lignes placées latéralement l'une à l'autre, les générations se comptent sur chaque ligne, et le total indique le nombre de degrés. Dans aucun de ces cas, c'est-à-dire soit en ligne directe, soit en ligne collatérale, la souche ne doit compter : elle sert de point de départ , c'est d'elle que partent les générations à supputer jusqu'aux parents qu'il s'agit de comparer, inclusivement.

Enfin, quant à la dénomination des divers degrés de cognation, la langue des Romains était bien plus riche que la nôtre : ils avaient, dans bien des cas, pour indiquer la nature de la cognation , soit par rapport au degré, soit par rapport à l'origine paternelle ou maternelle, des expressions qui nous manquent. Cette pauvreté de notre langue nous gênera dans la traductinn des paragraphes suivants, qui contiennent, pour les divers degrés jusqu'au sixième, l'application des principes que nous venons de poser.

I* Primo gradu est : supra, pater, 1, Au premier degré sont : en ligne mater; intra, filius, filia. asccndanle, le père, la mère; descen-

dante, le (Ils, la ûlle.

II. Secundo : supra, avus, avia; in- ^, Au second : en ligne ascendante, fra, nepos, neptis; ex transverso, frater, l'rîïcul, l'aïeule; descendante, le petitsoror. fils, la petite-fille; collatérale, le frère,

la sœur.

III. Tertio : supra, proavus, proavia; 3. Au troisième : en ligne asceninfra, pronepos, proneptis; ex trans- dante, le bisaïeul, la bisaïeule; descenverso , fratris sororisque (iiius, filia; et danle, l'arrière-pelit-fils et petite-fille; convenitnter patruus, amita, avunculus, collatérale, le lils, la ûlle du frèi-e ou de matertera. Patruus est frater palris, (|ui la sœur; conséquemment, \es patruuS, TCŒTpioo; vocatur. Avunculus est lra(cr amita, avunculus, matertera. Le pamatris, qui apudGraecos proprie u-YiTpwoc '"'"* ^^* '£ 'rère du père, nommé en et proniiscue Qsîoç dicitur. Amila est 8''<"c Tu^xpwoç. L' avunculus , le frère de patris snror; matertera vero, matris so- '^ rpè^e, nommé spécialement en grec ror : utraque Ôeia, vel, apud quosdam , F^iTpwo,-, et tous deux, généralement, T*6iç appellatur. ô^îoc. \.' amita est la sœur du père; la

matertera , la sœur de la mère : nommées, l'une et l'autre, ôeîa, ou, dans certains dialectes, Tr,6fç.

IV. Quarto gradu : supra, abavus, 4. Au quatrième : en ligne ascenabavia; infra, abnepos, abneptis; ex dante, le trisaïeul, la trisaïeule; destransverso, fratris sororisque nepos, cendantc, le fils, la fille des arrièreneptis; et convenienter patruus maguus, pelils-enlants; collatérale, le petit-fils, amita magna, id est, aviae fraler et soror; la peliie-fille du Irère ou de la sœur, consobrinus, consobrina, id est, qui et cnnsr(|iiemment, le grand-oncle, la quaeve ex fratribus aut sororibus proge- grand'latile paternels, c'est-à-dire le nerantur. Sed quidem recte consobrinos frère et la sœur de l'aïeul; et matereos proprie dici putant qui ex duabus nels, c'est-à-dire le frère et la sœur de sororibus progcnerantur, quasi conso- l'aïeule; !e cousin, la cousine, c'est-àroriuos; eos vero qui ex duobus fra- dire ceux ou celles qui sont nés de

frères ou sœurs. Mais, à rigoureusement parler, suivant les jurisconsultes, la dénomination de consobrini s'appli-

3ue spécialement h. ceux qui sont nés e deux sœurs, en quelque sorte consœurins; quant à ceux qui sont nés de deux frères , on les appelle frères patrueles; ou , si ce sont des filles, sœurs patrueles; enfin ceux qui sont nés de frère et de sœur, se nomment amitini : les enfants de votre amita vous appellent cousin, et vous les appelez amitini.

5* Au cinquième : en ligne ascendante, le quadrisaïeul, la quadrisaïeule ; descendante, le petit-fils, la petite-fille des arrière-petits-enfants; collatérale, les arrière-petit-fils et petite-fille du frère et de la sœur; et, conséquemment, les arrière-grand-oncle et grand' tante paternels, c'est-à-dire les frère et sœur du bisaïeul; et maternels, c'est-à-dire les frère et sœur de la bisaïeule. De même le fils, la fille des cousins ou cousines issus de frères ou de sœurs ou de frère et sœur; celui ou celle qui précède d'un degré le petit-cousin ou la petitecousine, savoir : le fils, la fiJIe du grand-oncle ou de la grand'tante paternels ou maternels.

1076. Propior sohrino, propius sohrinUj c'est-à-dire plus près d'un degré que le sobrinus [petit-cousin , autrement dit cousin issu de germain); c'est le cousin germain ou la cousine germaine de mon père ou de ma mère ; ils me sont au cinquième degré; leur fils ou leur fille, mes petits-cousins [sobrini) , me seraient au sixième, un degré de plus.

tribus progenerantur, proprie fratres patrueles vocari; si autem ex duobus fratribus filiœ nascuntur, sorores patrueles appellari; at eoî qui ex fratre et sorore propagantur, amitinos proprie dJci : amitœ tuœ filii consobrinum te appellant, tu illos amitinos.

V, Quinte : supra, atavus, atavia; infra, adnepos, adneptis; ex transverso, fratris sororisque pronepos, proneptis; et convenienter propatruus, proamita, id est, proavi frater et soror. Item fratris patruelis, sororis patruelis, consobrini , consobrinee , amitini , amitinœ filius, filia propior sobrino , propius sobrina : hi sunt patrui magni, amitse magnas, avunculi magni, materters magna; filius, ûlia.

G» Au sixième degré : en Kgne ascendante, le quintisaïeul , la quintisaïeule; descendante, les arrière-petits-fiis et petite-fille des arrière-petits-enfants; collatérale , les petits-fils et petites-filles des petits-enfants du frère et de la sœur, et, conséquemment, les abpatruus , abamita, c'est-à-dire les frère et sœur du trisaïeul , et les abavunculus, abmatertera, c'est-à-dire les frère et sœur de la trisaïeule. De même les petits-cousins et petites-cousines, ceux qui sont nés de cousins ou cousines issus de frères ou de sœurs ou de frère et sœur.

1077. C'est à ce sixième degré que s'arrête la nomenclature propre aux divers rangs de cognation. Au delà, il n'y a plus de dénomination particulière : on indique la parenté en indiquant la

iri. Sexto gradu : supra, tritavus, tritavia; infra, trinepos, trineptis; ex transverso, fratris sororisque abnepos, abneptis; et convenienter abpatruus, abamita, id est, abavi frater et soror; abavunculus, abmatertera, id est, abaviae frater et soror. Item sobrini sobrinœque, id est, qui quœve ex fratribus vel consobrinis vel amitinis progenerantur.

TIT. VI. DES DEGUCS DE COGNATIOV,

filiation des personnes; on dit, par exemple : les enfants d'un sobrinus (a sobrino sohrinave nati natœve.)

VII* Hactenus ostendisse siifficiat , qnemadmodum gradus cognationis nurnerentur. Namque ex his palam est ir.telligere, quemadmodum ulteriores quoque gradus numerare debeamus ; quippe semper generaia persona gradum adjiciat, ut longe facilius sit rcspondere quoto quisque gradu sit, quam propria cognationis appellatione quemquam denotare.

VÎII. Agnationis quoque gradus eodein modo numerantur.

IX. Sed cum magis Veritas oculata fide quam per aures animis hominum iiiiîgitur, idco necessarium duximus, j» )st narrationem graduum etiam eos prxesenti libro inscribi, quatenus possint et auribus et oculorum inspectione adolescentes perfectissimam graduum, doctrinam adipisci.

t» Il suffira d'avoir poussé jusqu'ici cette enumeration des degrés de la cognation; on voit par là comment doivent se compter les degrés inférieurs; chaque génération ajoute toujours un degré : de sorte qu'il est beaucoup plus facile d'indiquer à quel degré se trouve une personne, que de la désigner par le nom propre à son rang de cognation.

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