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ticipent aux droits de la gentilité (1). On ne déposait au lieu de la sépulture commune que ceux qui prenaient part à la gens et à ses sacrn (2) : or le tombeau des Stipions a recueilli beaucoup d'affiancbis. — En outre, on est bien forcé de reconnaître, dans la vie du peuple romain, un grand nombre àe gcntes pléiiéiennes, dont Thistoire nous parle fréquemment et d'une manière toute positive (3). Selon Niebubr, ce sont des gentcs secondaires (de la bourjjeoisie , de la commune, de la municipalité, d'après ses expressions), dont l'agrégation n'est pas reconnue comme gens sous le ra[ port de la constitution politique, mais qui n'en existent pas moins avec les droits de la gentililé entre leurs membres. Mais alors, quelle est l'espèce de lien qui les unit? en quoi ditTère-t-ii de l'agualion? d'où se forme cette sorte d'association, sons un nom commun, de familles diverses par leur origine, association qui ne provient plus de la constitution ni de l'organisation politique, et qui produit cependant une gentilité de droit civil? Ici le système conjectural de Niebuhr fait complètement défîiut, ne tiouve plus d'application, et ne laisse, pour réponse à ces questions, que le vague et l'incertitude. — Enfin, en quoi tout ce système correspond-il à la définition si parfaite que Cicéron prétend avoir donnée des gentils et à laquelle le pontife Scaevola n'avait rien ajoulé? (lomment vérifier le système par la définition, ou la définition par le système? Miebubr s'en tire en disant que la définition de (jcéron est accommodée aux institutions de son temps, sans que l'orateur se soit occupé de faire remonter le sens du mot à son origine (4).
Telle est, aussi clairement qu'il m'a été possible de l'analyser en peu de mots, la tbéorie de l'illustre exbumateur de Rome, théorie (|ui se lie du reste étroitement à l'enstnnble de son système histori(|ue; mais foules ces conjectures ne sont pas, selon nous, à tenir pour vérités : nous nous en sommes expli(|ué déjà (lom. I, Hist., n" 13 et suiv); nous n'avons plus à y revenir. Depuis, le fond du système de X'iebuhr, en ce qui concerne la gens, a pris faveur en Allemagne ; un certain nombre d'écrivains en crédit sur l'histoiie des inslilulions romaines s'y sont plus ou moins rattachés (5). iM. Cb. Giraud, parmi nous, a développé ce système en
(1) NiEBUHR, Hist. rom.. t. 2, p. 23, note 34, et p. 28 de la trad. — Mais sans droit (le voter dans Ips curies, p. 39 et siiiu. — (2) t Jam tanta est religio sepulchrornm, ut extra sacra et genlem inferri fas iiegent esse , idque apud majores nostros Torquatus in gente Popilia jiulicavit. » ((jICkko.m. De legib. 2. 22. (55). — (3) Ainsi, précisément la gens l'opilia, dont parle Cicéron dans le passa;^e que je viens de rapporter, est une gens plébéienne ; de même la gem Mlia, dont parle Kkstus, au mot Gens :ELia; et tant d'autres encore. —
(4) XiKBiHR, Hist. rom., t. 2, p. 13 de la trad., note 18. — Et pour toute cette théorie de .Viebidir, t. 2 de son Hist. rom. 'p. 1 et suiv. de la trad.). —
(5) Voir dans hs Antiquités romaines d'Heineccius, edition de Miihienbrucli, Ùv. 3. tit. 2. § 2. p. 478 et suiv., la note e de Muhlenbruch , et l'indication des
routeurs qui s'y trouve.
l'appuyant de nouvelles preuves, dans une dissertation spéciale, à laquelle nous ne pouvons mieux l'aire que de renvoyer (1).
1036. Malgré le poids de ces autorités ou reffct de ces engouements , plus nous avons étudié la question, plus nous nous sommes fortifié dans notre première opinion. En avouant, comme nous l'avons toujours fait, notre ignorance ou nos incertitudes sur les points restés dans l'obscurité, et notamment siir ceux qui se réfèrent à une époque primitive trop reculée pour que nous puissions y appliquer des documents dignes de foi , il est cependant quelquesuns de ces points sur lesquels nous croyons pouvoir nous prononcer avec conviction et én.eltre des assertions qui nous paraissent de plus en plus hors de doute, et qui se séparent, quant au fond du système, des conjectures de Niehuhr.
1037. Il est indubitable que les Romains ont attaché à l'expression de gens l'idée d'une origine, d'une source de génération commune; mais il faut ajouter que cette génération pouvait être, d'après le génie des institutions romaines, ou naturelle ou civile; que les Romains, en edVt, pour la constitution de la famille et pour les droits qui en dépendaient, ne s'étaient pas arrêtés uniquement au lien du sang; qu'ils avaient assis cette constitution et ces droits sur des liens civils, lesquels pouvaient concourir avec les liens du sang, ou en être séparés, quoique les imitant et produisant des effets analogues dans la cité. C'est ainsi qu'il en a été pour la gens. Cette idée d'origine, de génération commune, soit naturelle, soit civile, nous apparaît de toutes parts. La philologie seule du mot et de ses nombreux affiliés nous la révèle (2). IVous la trouvons expressément énoncée dans Festus, qui nous fournit sur les gentils une définition évidemment moins complète que celle de Cicéron, et d'ailleurs de beaucoup postérieure : « Gentilis dicitur et ex eodem génère orlus et is qui simili nomine appellatur; ut ait Cincius : Gentiles mihi sunt qui meo nomine appellanlur •>■> (3). Nous la retrouvons dans larron, qui, comparant la filiation des mots à celle des hommes, considère les gentils iîlmiliens comme issus d'un /Emilius, leur père commun (4); et dans LIpien, donnant la déliuilion de la famille (5). Knfin elle se retrouve encore, à sa limite suprême, dans ces beaux passages du traité des lois de Cicéron, où nous croirions entendre la voix
(1) Bévue de législation et de jurisprudence , décembre 1846, t. 3 de la nouvelle série, paj^ 385, De la gentilité romaine, par M. Cli. Giraud. — (2) Voy. la nombreuse famille de ces mois : generare, gignere, engendrer; generascere , être engendré; generator, genitor; generalio, genesis, genealogia; genitalis, genilivus; qcner, gendre; genus, et gens, applique même aux nations, gens rornana, gens togata, ou à toute la race humaine, liumana gens , comme sortie d'une même origine. — (3) Festus, au mot Gentilis. — (4j n Ut ab ^milio homines orti, iEmilii ac Gentileg. » Varrom De ling, latin. 7. 2. — (5) « Omnes qui sub uniiis pntestate fuerunt recte ejiisdcm faiiiiliœ appellabuntur, qui ex eadem dome et gente protliti sunt, t Dig. 50. 16. De verbor. siqnif. 195. § 2. f. Ulp.
du christianisme proclamant la fraternité des hommes et la charité universelle, lorsque le philosophe païen révèle l'homme créé à l'image de Dieu, non pas dans son corps, élément matériel, mais dans son esprit, émanation de la Divinité, et recevant pour loi première et générale, pour fondement de toutes les vertus et de tout droit, l'amour de ses semblables (1) : « Cumque alia quibus cohœrent homines e mortali génère sumpserunt , quae Iragilia assent et caduca, animum esse ingeneratum a Deo : ex quo vere vel AGNâTio nobis cum cœlestibus, vel genus, vel stirps appellari potest; » et plus loin : « Est igitur bomini cum Deo similitudo; quod cum ita sit, quae tandem potest esse proprior certiorve