‹ Explication historique des Instituts de l'empereur JustinienChapitre 18 sur 206 · INSTITUTIONUM D. JUST1NIANI. DES INSTITUTS DE JUSTINIEN · texte numérisé non relu

INSTITUTIONUM D. JUST1NIANI. DES INSTITUTS DE JUSTINIEN

(l\ NOMIXE DOMI.VI NOSTRI JESU CHRISTI.) ( AU NOM DE .V. S. JÉSUS-CHRIST.)

Imperator Cœsar Flavius Justinianus , L'empereur César Flavien Justinien ,

Âlernannicus, Gothicus, Francicus , Alémannique, Gothique, Francique,

Germanicus, Anticus, Alanicus, Van- Germanique, Antique, Alanique,Van-

dalicus, Africanus, Pius , Felix, In- dalique, Africain, Pieux, Heureux,

clytus, Victor ac Triumphalor, sera- Glorieux, Vainqueur et Triomphateur,

per Augustus, cupidœ legum juven- toujours Auguste, à la jeunesse dési-

tuti. reuse d'étudier les lois.

1 . En lisant les diverses constitutions de Justinien qui ordonnent la rédaction du premier Code, sa confirmation, la composition du Digeste, on ne voit à côté du nom de cet empereur que les titres communs de Augustus, ou bien Pius, Felix, etc. C'est dans la constitution que nous avons ici, que Justinien, pour la première fois, prend les épithètes nombreuses et emphatiques de Africanus, Vandalicus, Gothicus, etc. C'est que Bélisaire, conduisant sous les murs de Carthage les soldats de l'empire, dispersant les Vandales et leurs auxiliaires, venait de renverser leur royaume dans l'Afrique, et de réduire cette contrée à l'état de préfecture impériale. Justinien se hâta d'attacher à son nom celui des principaux peuples barbares, en y comprenant quelques nations que ses armées n'avaient pas encore vaincues, ou qu'elles ne vainquirent jamais.

(1) Il me semble impossible de rendre le mol proœmium d'une manière digne des lois; ce n'est ni préface, ni introduction, ni prologue, ni préliminaire, ni préambule. Je n'aperçois point le mot. C'est cette partie des lois qui est destinée à en faire la louange et à en recommander l'étude. Cicéron , suivant l'avis de Platon, la considère comme indispensable; aussi, dans son Traité des Lois, ne manque-t-il pas de dire : Ut vir doctissimus fecit Plato... id mihi credo esse faciendum, ut prius quant ipsam lege?n récitent, de ejus legis lande dicam; et alors il commence ces louanges et ces conseils, à la fin desquels il ajoute : Habes legis proœmium , sic enim noc appellat Plato. (Cic. De leg., lib. 2.)

Iraperaloriam majestatem non solum La majesté impériale doit s'appuyer

armis decoratam , sed etiam legibus sur les armes et sur les lois, pour que

oportet esse armatam, ut utrumque tem- l'Etat soit également bien gouverné pen-

pus et bellorum et pacis recle possit dant la guerre et pendant la paix; pour

gubernari , et princeps romanus non que le prince, repoussant dans les com-

solum in hostilibusprœliis victor existât, bats les agressions des ennemis, devant

sed etiam per legitimos tramites calum- la justice les attaques des hommes ini-

niantium iniquitates expellat; et flat tam ques, puisse se montrer aussi religieux

juris religiosissimus, quam victis hosti- dans l'observation du droit que grand

bus triumphator. dans les triomphes.

I. Quorum utramque viam cum sum- 1. Cette double tâche, par les plus

mis vigiliis, summaque providentia, an- grands travaux et les plus grands soins,

nuente Deo, perfecimus. Et bellicos qui- à l'aide de Dieu, nous l'avons remplie,

dem sudores nostros barbaries gentes Nos exploits guerriers sont connus des

sub juga nostra deductae cognoscunt ; Barbares que nous avons placés sous

et tam Africa, quam aliœ innumerosae notre joug; ils sont attestés et par l'A-

provinciae, post tanta temporum spatia, frique et par tant d'autres provinces

nostris victoriis a cœlesti numine pra»- que nos victoires, dues à la protection

stitis, iterum ditioni romanae, nostroque céleste, ont, après un si long intervalle,

additae imperio , protestantur. Omues rendues à la domination romaine et rat-

vero populi, legibus tam a nobis pro- tachées à notre empire. Des lois pro-

mulgatis, quam compositis, reguntur. mulguées ou rassemblées par nous régissent tous les peuples.

2. Ce n'est point à la conquête de la Sicile et de l'Italie, par Bélisaire et Narsès, que ce passage fait allusion, car cette conquête ne s'effectua que beaucoup plus tard. L'empereur veut désigner les premières victoires de ses armées sur les Perses, sur quelques Barbares, mais surtout les défaites récentes des Vandales et la soumission des provinces africaines (ci-dess., torn. I, Hist, du droit, n° 562) .

Iï. Et cum sacratissimas constitu- %. Après avoir amené aune harmo-

tiones , antea confusas, in luculentam nie parfaite les constitutions impériales

ereximus consonantiam, tune uostram si confuses jusque-là, nous avons porté

extendimus curam ad immensa pruden- nos soins sur les volumes immenses de

tiae veteris volumina, et opus despe- l'ancienne jurisprudence, et, marchant

ratum , quasi per medium profundum comme plongés dans un abîme de diffî-

euntes, cœlesti favore jam adimplevi- cultes, cet ouvrage désespéré, déjà, par

mus. une faveur du ciel , nous l'avons terminé.

3. Justinien rappelle ici les ouvrages qu'il a déjà fait rédiger sur la législation : le Code, par ces mots, constitutiones in luculentam ereximus consonantiam; le Digeste, par ceux-ci, nostram extendimus curam ad immensa prudentiœ veteris volumina. A ce dernier travail il donne la qualification de opus desperatum. Du reste, le Digeste était terminé dans ce moment, comme le texte lui-même nous l'apprend; mais il ne fut confirmé qu'environ un mois plus tard. Il est important de bien connaître quelles sont les diverses parties qui composent le corps de Droit de Justinien, quel en est le but, à quelle époque elles furent publiées. Nous avons déjà traité cette matière (ci-dess., torn. I, Hist, du droit, n°* 539 et suiv.).

III. Cumqne hoc, Deo propitio, per- 3. Ceci fait, grâces à Dieu, nous actum est ; Triboniano, viro magnifleo, avons convoqué l'illustre Tribonien,

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