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intellectum habent, « disent les mêmes textes (1); mais il leui manque le jugement plein et entier (animi judicium , plenum animi judicium) pour apprécier les avantages ou les désavantages de ces affaires. Ce plenum animi judicium n'existe, selon la jurisprudence romaine, qu'à la puberté (2).
239. D'après cela Y infans qui ne peut pas encore parler et Yinfanti proximus qui, bien que pouvant proférer les paroles, n'a pas encore l'intelligence des relations de droit, seront, aux yeux des jurisconsultes romains, incapables de figurer comme acteurs, soit seuls, soit avec l'autorisation du tuteur, dans des opérations de droit; les actes qu'ils feront ne pourront être regardés comme sérieux ; ils seront entièrement non avenus, tant envers Y infans ou Yinfanti proximus qu'envers les tiers. Dans tout cet intervalle, il faudra donc que le tuteur gère les affaires. Cependant pour certains actes civils, qui ne pouvaient avoir lieu sans la coopération personnelle de l'impubère, par exemple l'acquisition d'une hérédité, ou qui étaient dans son intérêt patent, par exemple la stipulation, une interprétation plus favorable (benignius , favorabiliter , propter utilitatem) , d'accord du reste avec le droit primitif, permit à Yinfanti proximus d'intervenir et d'agir individuellement, soit avec Y auctoritas tutoris , soit même seul , selon les cas, par cela seul qu'il pouvait prononcer mécaniquement les formules prescrites (3).
240. Quant à l'impubère pubertati proximus, le tuteur pourra, dans tous les cas, le faire intervenir personnellement et se borner à lui donner son auctoritas, puisque cet impubère peut non-seulement parler, mais encore comprendre ce qui se fait. Il y a plus, toutes les fois qu'un acte ne demandera dans l'agent que l'intelligence de ce qu'il fait (aliquem intellectum) , l'impubère pubertati proximus en sera capable seul et sans autorisation parce qu'il a cette intelligence; mais lorsque l'acte demandera un jugement (animi judicium), le pupille même pubertati proximus, s'il agit sans l'autorisation de son tuteur, sera censé n'avoir aucune volonté, ni pour ni contre, parce qu'il ne peut pas juger : « Quoniam nondum plenum judicium animi habet (4). »