ZÈLE ADMIRABLE DES INDIENS
Depuis plus de quarante ans, les habitants de Sinnamari gémissent de se voir privés des secours de la religion. Un prôlre de Cavenne va les visiter quelquefois; alors on voit les vieiU lards comme les petits enfants se presser autour du missionnaire; les infirmes mêmes se traînent jusqu'à lui, tous avides de la parole sainte, qui fait toujours sur eux des impressions aussi vives que salutaires. Ils tressaillent de joie et d'espérance au souvenir des bontés, des miséricordes d'un Dieu qui de son sang a purifié le monde. Les Indiens eux-mêmes descendent les rivières, bravant la fureur des flots, dans leurs pirogues (3) légères, pour voir et entendre le père et lui présenter leurs enfants, afin qu'il les baptise. Qu'il est consolant de voir le fier Indien, le cou orné d'un collier de dents de tigre et de caïman, son arc et ses flèches d'une main, son boutou ou casse-tête de l'autre, assister avec le respect le plus grand au baptême de son enfant! Au moment où le missionnaire verse l'eau régénératrice, il manifeste son contentement. Joyeux et bénissant îe père, l'Indien place ses enfants dans la petite pirogue, qu'il lance de nouveau sur la mer (4). »