‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 12 sur 139 · LA FILLE D' ALGER · texte numérisé non relu

LA FILLE D' ALGER

Une pauvre Ofe née à Gênes, fut, très-jeune encore, prise par les pirates et plusieurs fois vendue comme esclave. Elle

(1) Rit. rom., tit. XLITI.

(2) S. R. C, 10 dec. 1703, apurl Barufîaidi, ad Rit. rom. commentarm, p. 160.

(3) Pirogue, bateau fait d'un seul arbre creusé, et dont se servent les îauvagos.

(4) Notice sur la mission de Sinnamari, par M. l'abbé Hardy.

finit par tomber au pouvoir d'un homme dur et féroce, qui, un jour, la frappa d'nn coup qu'il croyait mortel. Elle parvint à s'évader. Par une heureuse rencontre, Mgr Dupuch, évêque d'Alger, arrivait dans la ville; la pauvre fille le voit, elle se jetteà ses pieds, en s'écriant : Sois mon père, et je serai ta fille! L'évèque l'emmène et la confie aux soins des religieuses, qui se chargent de l'instruire, au bout de quelques mois elle demande le baptême et veut devenir chrétienne. L'évèque, cependant, désire s'assurer si sa conversion est bien sincère. Alors elle prend un crucifix, et, le serrant dans ses bras, elle répète qu'eue ne veut pas d'autre maitre que Jésus-Christ. Puis elle touche l'anneau de l'évèque et dit avec un accent de profonde émotion : « De même que vous portez toujours votre anneau, de même que vous le prenez et le tournez en tout sens, et que jamais cet anneau ne vous échappe, de même, lorsque je serai régénérée, je serai toujours comme une bague au doigt de Dieu. » — Et vous aussi, enfants chrétiens, soyez toujours comme une bague au doigt de votre Dieu; ne l'abandonnez jamais, ne vous en séparez jamais (i).

USAGES DE L'ÉGLISE d'oïUEST.

Dans l'Église d'Orient, le baptême s'administre en tout temps aux petits enfants; mais, hors le cas de nécessité, on ne baptise l'enfant mâle que le quarantième jour, et la fille le quatrevingtième jour. C'est la mère qui apporte elle-même son enfant, et on les purifie tous deux, à la porte de l'église, par quelques prières.

La forme du baptême est celle dont on se sert dans l'Église d'Occident, excepté qu'on dit : « Que N, soit baptisé au nom du Père, etc. ; au lieu de : « JVT., je te baptise, au nom, etc. »

Pendant les exorcismes, le prêtre est tourné vers l'occident, et après il se tourne vers l'orient.

Il y a un parrain et une marraine pour les garçons; mais pour les filles il n'y a que la marraine seule.

L'eau baptismale est dans une cuve ou grand bassin de pierre, au milieu de l'église, et quelquefois vers la porte. On y plonge l'enfant trois fois, même lorsqu'il est dans un péril

(1) Extrait de l'ouvrage intitulé : Le livre de la première communion, ou V enfant chrétien conduit au tribunal de la pénitence et à la table eucharistique sur les traces de saint Louis de Gonzague; ouvrage imité de l'italien de M. Marconi, et publié par l'abbé A. Guillois, ancien curé au Mans, 1 voL in-18, 28 édition.

extrême de mort; maïs on a soin de chaufïci l'eau en hiver, soil à l'église, soit à la maison, en cas de nécessité, ce qui se pratique également dans l'Église d'Occident.

On revêt les nouveaux baptisés d'une aube ou habit blanc qu'ils portent pendant huit jours.

Ils quittent ensuite cet habit blanc, et cela est l'objet d'une cérémonie qui a lieu à l'église et qui es-f suivie d'un festin entre parents, amis et voisins (1).

KEÇOXa1 IV.

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