DE LA CONFIRMATION
— D. Qu'est-ce que la confirmation ? — R. La confirmation est un sacrement qui donne, à ceux qui sont baptisés, le Saint- Esprit pour les fortifier dans la foi et les rendre parfaits chrétiens.
Explication. — Confirmation veut dire affermissement. On appelle ainsi le second sacrement de la loi nouvelle, parce qu'il nous affermit et nous fortifie dans toutes les grâces que nous avons reçues de Jésus-Christ, soit dans le baptême, soit dans les autres sacrements. — On appelle aussi la confirmation : le chrême, X onction, Vimposition des mains. Ces divers noms sont tirés de la matière de ce sacrement et du rite qu'on observe en l'administrant. — Ce sacrement ne peut être conféré validement qu'à ceux qui ont reçu le baptême; parce que c'est par le baptême qu'on devient enfant de l'Église et qu'on a droit aux autres sacrements dont Jésus- Christ lui a confié l'administration.
D. Quand Notre-Seicjneur Jésus-Christ institua-t-il le sacrement de confirmation? — R. Selon le sentiment le plus probable, Jésus-Christ institua le sacrement de confirmation clans ^espace de temps qui s'écoula depuis sa résurrection jusqu'à son ascension.
Explication. — Que Jésus-Christ ait institué immédiatement et par lui-même le sacrement de confirmation, c'est ce
(1) Voyages liturgiques, p. 460.
qu'il est impossible de révoquer en doute. Mais quand l'a-t-il institué? Plusieurs auteurs pensent que ce fut dans la deri are cène; ils s'appuient sur une lettre du pape Fabien aux Orientaux, dans laquelle il est dit, en termes formels, que ce fut dans cette circonstance, à jamais mémorable, que le Sauveur apprit aux apôtres à consacrer le chrême, dont ils devaient se servir dans l'administration du sacrement de confirmation, et que c'est pour cela qu'il est consacré, chaque année, le même jour, par l'évèque (1). Selon d'autres, qui émettent des doutes sur Fauthenticité de la lettre dont nous venons de parler, Jésus-Christ institua le sacrement 3e confirmation et enseigna à ses apôtres quelles devaient en être la forme et la matière, après sa résurrection, et avant de quitter la terre pour retournera son Père. C'est ce qu'insinue saintLéon, lorsqu'il dit: «Les jours qui s'écoulèrent a depuis la résurrection du Sauveur jusqu'à son ascension « ne furent point employés à des conversations oiseuses; « mais de grands sacrements y furent établis, de grands 8 mystères y furent révélés (2). » Ce qui, d'ailleurs, se concilie très-bien avec ces paroles que nous lisons dans les Actes des apôtres: a Jésus-Christ s'était montré à eux dea puis sa passion , et leur avait fait voir, par beaucoup de prouves, qu'il était vivant, leur apparaissant pendant « quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu (3), » c'est-à-dire de l'Kglise (4).
(1) In ilia die (id est die proxime praecedenie passionem), Dominus JëSiïs, pdsiqiiâm cœnàvit eum discipulis suis, et lavit eorum pedes. sicul a sanctis apostolis pra decessores nostri acccperunt, nobisque reîiqucruntj chrisma conficere tiocuit... Sicut ipsius diei solemnitasper singtitoS annos est cek-branda, ita ipsius saucti cbrismatis confeetio per fiii.ulos annos est agenda. [SefgttiS, ISpist. ad Orientales, apud Troni* b Blilj De cortfinnatio.'ie, t. i, p. 12.]
(2) li dies, qui intor resurrectionem et ascensionem fluxerunt, non otioso Lransiere decnrsnj sed magna in eis confirmata saoramenta, magna sunt revêlata mysteria. (S. Léo, serm. i, De a-scensione ; apud Trombelli. De cotifltmtiUone, t. i, p. J2.
nr dies quadraginta appareils eis. et loquensde re?no Dei. (4ct 1,3.) (4) Ntffnine regni Dei. significari in Script-iris Erclcslam. docet Grc?
D, Que devenons-nous par ta confirmation ? — R. Par la confirmation, nous devenons parfaits chrétiens, et ce sacrement nous donne la force de confesser la foi de Jésus-Christ, même au péril de notre vie.
Explication. — Par le baptême, nous sommes devenus chrétiens, et, par la confirmation, nous devenons parfaits chrétiens. Il y a, par conséquent, une différence essentielle entre celui qui n'est que baptisé et celui qui est confirmé. Celui qui n'est que baptisé est comme un enfant faible et timide ; celui qui est confirmé est comme un homme fort et courageux, comme un soldat vaillant et intrépide, toujours prêt à combattre pour la cause du Père céleste, pour le triomphe de la vérité contre Terreur, pour celui de la vertu contre le vice.
Le principal effet de la confirmation, outre la grâce sanctifiante et le- caractère qui fait qu'on ne peut la réitérer, est une force toute divine que le Saint-Esprit nous communique pour confesser la foi de Jésus-Christ, même au péril de notre vie; c'est-à-dire, pour ne pas rougir de paraître chrétiens et de pratiquer les maximes de l'Évangile, nonobstant les mépris, les railleries, les menaces, la violence et 1» m persécutions de ceux qui voudraient nous en détourner.
= D. Pourquoi dites-vous que ce sacrement nous donne le Saint- Esprit? — R. Parce que, au moment où nous recevons ce sacrement, le Saint-Esprit descend invisiblement en nous.
Explication. — Oui, mes enfants, au moment où nous recevons la confirmation, le Saint-Esprit, la troisième personne de la très-sainte Trinité, qui procède, de toute éternité, du Père et du Fils comme d'un seul principe ; le Saint- Esprit, consubstantiel au Père et au Fils, Dieu comme le Père et le Fils, descend dans nos âmes. Il n'y descend pas sous une forme sensible, comme autrefois sur les apôtres, mais il y vient d'une manière invisible, pour nous combler
gorius Magnus hom. xxi, in Evang, (Trombelli, De confirmatione, 1. 1, p. 13.)
de ses dons, nous éclairer de ses lumières et nous embraser de ses feux. —Les apôtres, qui étaient à Jérusalem , ayant appris , nous dit saint Lue , que les habitants de Samarie avaient reçu la parole de Dieu et qu'ils avaient été baptisés par le diacre Philippe, leur envoyèrent Pierre et Jean pour leur donner le Saint-Esprit. Pierre et Jean vinrent donc; ils prièrent pour les nouveaux chrétiens, leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit (i)/La même merveille se renouvelle lorsque nous recevons le sacrement de confirmation , et il est vrai de dire que dès ce moment le Saint-Esprit habite en nous et que nous sommes ses temples (2).
= D. N'avions-nous pas déjà reçu le Saint-Esprit dans le baptême? — R. Nous avions déjà reçu le Saint-Esprit dans le baptême, mais dans la confirmation nous le recevons avec une plus grande abondance de grâces.
Explication. -—Dans le baptême, nous avons reçu le Saint-Esprit, nous sommes devenus ses temples; c'est par cet Esprit adorable que nous avons été justifiés et que nous avons été faits enfants de Dieu, pour être héritiers de la vie éternelle, selon l'espérance que nous en avons. Mais, dans la confirmation, il se donne à nous avec une plus grande abondance de grâces ; il nous apporte des dons particuliers, des faveurs spéciales. Cette plus grande abondance de grâces, ces faveurs spéciales que nous recevons dans la confirmation, consistent principalement dans ce qu'on appelle les dons du Saint-Esprit.
= D. Quels sont les dons du Saint-Esprit ? — R. Les dons du Saint-Esprit sont au nombre de sept : les dons de sagesse et d'intelligence, de prudence et de force, de science et de pieté, et enfin le don de crainte du Seigneur.
Explication. —La confirmation communique à tous ceux qui reçoivent ce sacrement avec les dispositions requises, les sept dons qui sont particulièrement attribués au Saint-
(i) Act., vin.
(2) Spiritus Dei habitat in vobis. (I Cor., ni, 16.)
Esprit, savoir : le don de sagesse, qui nous détache du monde et nous fait goûter et aimer uniquement les choses de Dieu. Le don d'intelligence, qui nous aide à connaître les vérités de la religion et à nous en pénétrer. Le don de prudence ou de conseil, qui nous fait connaître et choisir à propos ce qui contribue davantage à la gloire de Dieu et à notre salut. Le don de force, qui nous donne le courage de surmonter tour les obstacles et toutes les difficultés qui s'opposent à notre sanctification. Le don de science, qui nous fait voir le chemin qu'il faut suivre et les dangers qu'il faut éviter pour arriver au ciel. Le don de piété, qui nous fait embrasser avec plaisir tout ce qui regarde le service de Dieu. Le don de crainte, qui nous pénètre d'un profond respect pour Dieu et nous fait appréhender sur toutes choses de lui déplaire.
D. Le Saint-Esprit, en nous communiquant ses grâces, nu produit-il pas des fruits précieux dans nos âmes? — R. Il en produit douze, qui sont les suites de sa présence en nous et de la communication de ses dons.
Explication. — Le premier fruit, c'est la charité; car le Saint-Esprit étant tout amour, il pénètre nos cœurs du même amour pour Dieu et le prochain. Le second fruit, c'est une joie sainte qui résulte de cette disposition d'un cœur qui aime Dieu; cette joie est supérieure à toutes celles du monde. Le troisième fruit, c'est la paix de l'âme, paix qui surpasse toutes les pensées, et que le monde ne peut donner, le souverain bien que possède l'âme étant parfait et assuré. Le quatrième fruit, c'est la patience, qui nous fait supporter sans murmure toutes les épreuves par lesquelles Dieu nous fait passer pour notre bien. Le cinquième fruit, c'est la bénignité, qui nous fait regarder notre prochain dans les vues de Dieu, et nous incline à lui vouloir toutes sortes de biens par rapport à Dieu, fût-il même notre ennemi. Le sixième fruit, c'est la bonté, qui, dans les occasions, nous fait donner au prochain des marques de notre bienveillance. Le septième fruit, ; " ?t la longanimité, qui est une patience poisévérante confie ions les torts du prochain, et nous connu 5.
serve la volonté de l'obliger, quel que soit le mal qu'il nous ait fait ou qu'il cherche à nous faire. Le huitième fruit, C'est la douceur, qui nous rend condescendants envers les faiblesses du prochain et modère en nous la colère que sa conduite pourrait nous causer. Le neuvième fruit, c'est la bùnM foi t qui consiste dans une fidélité candide, sans défiance, sans subterfuge, sans artifice, à tout engagement contracté. Le dixième fruit, c'est la modestie, qui compose notre extérieur, en règle tous les mouvements et contribue puissamment à l'édification de nos frères. Le onzième finit, c'est la continence, qui tempère notre ardeur pour les plaisirs, même pour ceux qui sont permis, et coudent nos sens extérieurs et intérieurs dans les bornes légitimes. Le douzième fruit, c'est la chasteté, qui réprime nos penchants vc;s les plaisirs défendus et nous attache uniquement aux plaisirs purs que procure le service de Dieu. — Tout ce qui vient d'être dit est fondé sur ces paroles de saint Paul : « Les fruits de l'Es- « prit sont la charité, la joie, la paix, la patience, la bé- « nignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la « modestie, la continence, la chasteté (1). »
= D. Est-il nécessaire de recevoir le sacrement de confirmation pour être sauvé? — R. Non, le sacrement de confirmation n'est pas nécessaire au salut, mais il est très-utile de le recevoir; ceux qui le négligent se privent de grâces abondantes., et, si c'est par mépris, ils pèchent grièvement.
Explication. — La confirmation n'est pas , comme le baptême, nécessaire du nécessité de moyen, c'est-à-dire qu'on peut être sauvé sans l'avoir reçue, au lieu que sans le baptême il n'y a point de salut. Mais celui qui, ayant la facilité de la recevoir, néglige de le faire, se rend coupable (2), parce qu'il ne répond pas à l'intention de Jésus-
(l) Gai., v, 22-23.
(>) Négligera lioc sacramentum, sccluso scandalo el contemptu, non est mortale. F.lsi omissio ex contemptu, verbi gratlàj si quis idnihilifaciat, aut puérile, aut vile babeal, sit mortalis; taiis lumen non censetur es*e, cum quis ejus oblatam occasionem, quam postea non facile ba-
Christ, qui a institué ce sacrement pour tous les chrétiens; et si c'est par mépris qu'on ne le reçoit pas, on commet un péché mortel, parce que ce mépris retombe sur Jésus-Christ lui-même.
Si la confirmation n'est pas, par elle-même, absolument nécessaire au salut, les grâces qu'elle confère sont bien précieuses aux yeux de la foi ; s'en priver par sa faute, n'est-ce pas s'exposer évidemment au danger de se perdre? Gomment, en effet, sans des grâces fortes et puissantes, éviter tous les pièges que ne cesse de nous tendre l'ennemi du salut, et surmonter les obstacles sans nombre qui s'opposent ici-bas à notre sanctification? Hâtons-nous d'ajouter que la réception de ce sacrement devient nécessaire au salut, quand on est exposé à des persécutions ou à des tentations violentes contre la foi, parce qu'alors on a besoin d'une force, d'un courage, plus qu'ordinaires pour les soutenir et en triompher. D'ailleurs , ne pas recourir au sacrement qui donne cette force, qui inspire ce courage, ne serait-ce pas manquer à l'amour qu'on se doit à soi-même? ne serait-ce pas aussi manquer à l'amour que l'on doit au prochain, si l'on négligeait de se faire confirmer, au risque de lui donner du scandale (1)? » Enfin, il faut avoir été confirmé avant de recevoir la tonsure : « On ne recevra point à la tonsure, « dit le concile de Trente, ceux qui n'ont point reçu le sa- « crement de confirmation (2). » — « 11 faut avoir été cona firme, dit Giraldi, avant de recevoir la tonsure et les or- « dres mineurs (3). »
biturus est, negligit. (Busembaum, Medulla theologiœ moralis, 1. 1, p. 457.)
(1) Confirma lio non est neccssaria ad salutem necessitate medii, neque per se prœcepti... Dixi per se : quia per accidens aliquando potest esse necessaria ad salutem ex praîcepto charitatis sui, vel proximi, vel alio, v. gi\, ad cavendum scandalum, vel ratione conscientiae, qua quis valdc metuit ne in tormentis doficiat sine hoc sacramento. (Busembaum, t. I, p. 456.)
(2) Prima tonsura non initientur, qid sacramentum confirmationis non freceperiut, (Cône. Trid., S'jss, xxni, can. 4.)
(3) Giraldi, p. 93 S.
— D. Qui a le pouvoir de donner la confirmation? — R. Les évoques seuls, comme successeurs des apôtres.
Explication. — 1° Les évèques seuls sont les ministres ordinaires du sacrement de confirmation. Il n'y avait que les apôtres qui donnassent le Saint-Esprit aux nouveaux bap= tL- 's en leur imposant les mains (1), et l'Église a toujours cru que les évèques seuls , qui sont leurs successeurs légitimes, avaient le même pouvoir. Cette vérité a été solennellement définie par le saint concile de Trente, dont voici les paroles : « Si quelqu'un ose avancer que l'évêque n'est « pas le seul ministre ordinaire de la confirmation , mais i que tout prêtre en est également le ministre ordinaire, « qu'il soit anathème (2). » — Pour que l'évêque puisse donner validement la confirmation, il ne suffit pas qu'il soit nommé ou même institué par le Souverain-Pontife , mais il est nécessaire qu'il ait reçu la consécration épiscopale.
2° Un simple prêtre peut être le ministre extraordinaire de la confirmation (3) ; mais il faut, dans ce cas, qu'il ait reçu une délégation spéciale du souverain pontife, et qu'il se serve d'huile bénite par un évêque, autrement le sacrement serait nul (A). D"où il s'ensuit que, dans ce qu'on appelle la Petite-Eglise, on ne peut recevoir validement la confirmation, puisque, dans cette secte, il n'y a point d'évéques, et que les quelques prêtres qui y demeurent opiniâtrement attachés ne peuvent pas dire qu'ils ont été députés pour administrer ce sacrement par le souverain pontife, avec lequel ils ne sont point en communion. — En Orient, le ministre de
(t) Act., vin.
(2) Conc Trid., sess. vu. can. 6.
(3j Quod ex sedis apostolicce indulto possit simples sacerdos hoc sacranieutumconferre,cumchrismate tamen ab episcopo benedicto, constat ex pluribus concessionum sive iudultorum exemplis, quorum séries relata est a Benedict. XIV, Le syn. diœc, lib. vin, c. vu, 8. — Gîrakli, p. 73. — Reiflenstuel, Eugel, etc.
(4) Benoit XIV, De syn. diœc, lib. vil, cap. Vin. — StacUler-j Théol. moral. , t. îv, p. 82.
la confirmation est l'évêque ou le prêtre (1); et, en vertu d'une concession du saint-siége, ils peuvent administrer ce sacrement aux enfants aussitôt après le baptême (2).
= D. Quelles dispositions faut-il apporter à ce sacrement pour le recevoir dignement ? — R. Pour recevoir dignement la confirmation, il faut être instruit des principaux mystères de la foi, avoir un véritable désir de recevoir le Saint-Esprit, et être exempt au moins de tout péché mortel.
Explication. — Pour recevoir dignement la confirmation, plusieurs dispositions sont nécessaires :
-1 ° Il faut être instruit des principaux mystères de la foi, de ce qui regarde les sacrements, et spécialement celui auquel on va participer; savoir l'oraison dominicale, la salutation angélique, le symbole des apôtres, les commandements de Dieu et de l'Église ; on ne peut être admis à la confirmation si l'on ne possède au moins ces choses. « A « l'exception des enfants dangereusement malades, disent « les Pères du dernier concile de la province de Reims, on c< ne doit admettre à la confirmation que ceux qui con- « naissent les éléments de la religion et qui ont quelques « notions de ce sacrement (3). »
2° Il faut avoir un véritable désir de recevoir le Saint- Esprit, c'est-à-dire sentir vivement le besoin qu'on a de son secours, et éprouver une sainte impatience de posséder bientôt celui qui peut seul dissiper nos ténèbres et nous donner la force et le courage de résister au démon et de supporter les .misères de la vie.
3° Il faut être exempt de tout péché au moins mortel. La confirmation étant un sacrement des vivants, il est nécessaire, pour le recevoir dignement, d'avoir la vie de la grâce ;
(1) Voyages liturgiques; p. 462.
(2) Bcnediclus XIV, Instruct. ad missionarios in universo /Egypto, apud Giraldi, p. 73.
(2) Si excipiantur infantes periculose aegrotantes, non admittantur ad confirmationem nisi ii qui edocti sunt rudimenta fidei, de hoc sacramento aliuuam notionem habentes. (Decr. concil. provinc. Rimcnsis, p. 65.)
elle doit trouver déjà établie dans le cœur la grâd sanctifiante, qu'elle vient augmenter et perfectionner (1). C'est pourquoi celui qui désire être confirmé doit, s'il sent sa conscience chargée de quelque péché mortel, se purifier parle sacrement de pénitence, quelque douleur qu'il éprouve du péché qu'il a commis ; c'est du moins le parti le plus eûr. En effet, plusieurs conciles (2) prescrivent la confession à ceux qui veulent recevoir la confirmation. « La réception I de la confirmation exigeant l'état de grâce habituelle, « disent les Pères du concile dont nous venons de parier, « quiconque se sent coupable de péché mortel doit se con- B iesser avant de se présenter pour recevoir l'onction « sainte (3). » Il est bien vrai que la contrition parfaite, jointe au vœu du sacrement de pénitence, a la vertu de réconcilier le pécheur avec Dieu; mais quand on est parfaitement sûr d'avoir la contrition parfaite? N'est-il pas facile de se faire illusion sur ce point? Que faudrait-il penser surtout d'un pécheur qui, n'ayant pu être absous par son confesseur, parce que celui-ci n aurait pas reconnu en lui les dispositions nécessaires, aurait cependant la témérité de se présenter pour recevoir l'onction du saint chrême, sous prétexte qu'il a la contrition parfaite? Ne serait-ce pas s'exposer évidemment au danger de profaner le sacrement?
4° L'exemption de tout péché mortel suffit pour recevoir avec fruit la confirmation ; on doit cependant s'efforcer d'être
(1) Sauf les cas dont nous parlons page 22.
(2) Concile de Reims, de 1583; de Rouen, de 1581; de Tours, de 1583; de Bourges, de 15S4; d'Aix, de 1585. — Adulti (confirmandi) prius peccala eoiiliteantnr. (Conc. piovinc. Med. Vj apud OéhAttt, p. 327.)
(3) Cum status gratife habitualis ad confiimationem suscipiencîam sit necessarius, eos tpli sibi conscii sunt peccati mortalis, montât parochus, ut ad sacram unetir nom non accédant, nisi prîemissa confessionc sacra • mentali. Conc. prov. Remensis, an. 1849.) — Le concile provincial tenu à Bordeaux en 1851 n'est pas moins formel : Parorhi non omittant, per plures hebdotnadâs Atkté confirmaiioni? a iminis'rationem, iteralis catéchisions, confirmandos cdocere, movere ad pktaiem, et persacramc-ntalem confessionem disponere. (Cap. m, De confirmations)
exempt de tout péché, môme véniel, parce que plus les dispositions qu'on y apporte sont excellentes, plus sont abondants les fruits qu'on en retire.
5° Quant aux dispositions du corps, elles consistent à être vêtu proprement et modestement, et à être â jeun. Cette iernière disposition est recommandée par plusieurs conciles, à raison du respect dû au sacrement (1); mais ce n'est pas une chose nécessaire, et on ne commet aucun péché en prenant de la nourriture avant d'être confirmé (2), lors même que le sacrement est administré le matin. — Ceci nous conduit naturellement à dire que l'ôvêque peut donner la confirmation à toute heure de la journée, de même qu'il n'y a point de jour ni de lieu, pourvu qu'il soit décent, où il ne puisse conférer ce sacrement (3).
6° La confirmation suppose nécessairement le baptême, dont elle est la perfection et le complément. On la donnait autrefois aux enfants nouvellement baptisés, et les Grecs le pratiquent encore de la sorte. Saint Augustin parle, dans un de ses sermons, d'un enfant qui, ayant été ressuscité par les mérites de saint Etienne, fut aussitôt apporté à l'église par sa mère; il fut baptisé, reçut l'onction sainte et l'imposition des mains. Après avoir été sanctifié par tous ces sacrements, il rendit le dernier soupir. — Suivant l'usage actuel de l'Église latine, il faut avoir l'usage de raison, environ sept à huit ans, pour recevoir la confirmation; dans plusieurs diocèses, il faut avoir fait sa première communion. On la diffère à ce temps, parce qu'alors les tentations commençant à. se faire sentir, on a besoin d'être fortifié pour y résister, et qu'on peut en retirer plus de fruit lorsqu'on la reçoit avec une connaissance plus parfaite de ses effets et de sa vertu.
(1) Jejuni, si marte ministretur (sacrarnentum), confirmentur. (Co-nc, M éd. v.)
(2) Confirmandi, de honestate, non de necessitate, debent esse jej uni. Saccrd. rouu, apud Corsetti, p. 32G.
(3) iloc sacrarnentum polest conferri... quoeumque die, hora, et loco, ex causa adarbitrium èpiscopi. (Pontifie, rom., lit. Ùe confit maudis.)
<— D. Quelle faute commettrait celui qui, sciemment, rec&?rait la confirmation en état de péché mortel ? — R. Ii commettrait un sacrilège.
Explication. — La confirmation donnant le complément de la grâce, il est nécessaire, comme nous venons de le dire, qu'elle trouve cette grâce déjà établie dans le cœur. Ainsi celui qui recevrait la confirmation avec un péché mortel sur la conscience, non-seulement se priverait des grâces qui y sont attachées, mais encore il commettrait un sacrilège. Qu'est-ce, en effet, qu'un sacrilège ? Nous vous l'avons déjà dit plusieurs fois, mes enfants, c'est la profanation d'une chose sainte ; or, est-il rien de plus saint qu'un sacrement qui a Jésus-Christ pour auteur, et qui tire toute sa vertu et toute son efficacité des mérites de cet Homme-Dieu ?
TRAIT HISTORIQUE