‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 19 sur 139 · UN CALVINISTE CONFONDU PAR UN ENFANT DE CINQ ANS · texte numérisé non relu

UN CALVINISTE CONFONDU PAR UN ENFANT DE CINQ ANS

Mme de Chantai n'avait encore que cinq ans, lorsqu'un sei-

(1) Encratite vient de l'adjectif grec è^pank, qui veut dire conti- Dent, chaste. Ces sectaires furent ainsi appelés , parce qu'ils enseignaient, entre autres erreurs, que le mariage était une invention du démon.

(2) Voir Pluquet, articles : Encratites, Wiclef, Sacramentaires, Adessènieas et Impanateurs*

gneur, attaché à la secte de Calvin, ayant attaqué devant elle le dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, elle lui adressa la parole avec vivacité, et fit respecter les droits ie la foi catholique : « Vous ne croyez pas, lui dit-elle, que Jésus-Christ soit dans l'eucharistie? cependant il a dit qu'il 5 Était', vous croyez donc qu'il est un menteur? Si vous aviez donné un démenti au roi, mon père vous ferait mourir. Que devez-vous donc attendre de Dieu, vous qui donnez un démenti à son fils? » Le calviniste, déconcerté, voulut éviter le combat en offrant à sa jeune antagoniste quelques petits présents. Animée d'un saint zèle, l'enfant les prend, et les jetant au feu : a Voilà, dit-elle, comme les hérétiques brûleront dans l'enfer. parce qu'ils ne croient pas ce que Notre-Seigneur a dit (i). \>

SAINT PASCHASE RADBERT.

Saint Paschase Radbert, abbé de Corbie, composa, en 831, un Traité du sacrement de l'autel, dont il fit présent au roi Charles le Chauve. C'était la coutume de celte époque que les abbés, les abbesses et les seigneurs envoyassent au roi des dons en chevaux ou en argent, aux fêtes principales. Saint Paschase, en faisant remettre son livre à Charles le Chauve, lui écrivit : 1 J'ai résolu de ne pas envoyer, aux fêtes prochaines, un présent en or ou en argent, mais un livre sur l'eucharistie; bien que petit par le volume, il est grand par le sujet qu'il traite. » En effet, il y expose, dans un style simple et précis, la doctrine de l'Église universelle sur ce divin sacrement, a II faut croire, dit-il, qu'après la consécration, ce qui paraît encore du pain et dn v;n n'est autre chose que la chair et le sang de :3-CiirisL .La Vérité môme en a assuré ses disciples par ces paroles : Le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde... Le goût et l'apparence du pain et du vin ne demeurent, après la consécration, que pour faire l'exercice et le mérite de notre foi. Ce changement s'opère par la vertu de cette parole : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, parce que c'est une parole divine et toute-puissante. Si vous me demandez la raison de ce mystère, je n'en ai d'autre que la puissance et la volonté de Jésus-Christ, et ma foi est là-dessus toute ma science (2). »

(1) Vie de Ste Chantai.

(2) Vie de S. Paschase, 26 avril.

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