‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 25 sur 139 · DES ACTES AVANT LA COMMUNION · texte numérisé non relu

DES ACTES AVANT LA COMMUNION

Avant de vous expliquer, mes enfants, ce qu'il faut faire quand an est près de communier, nous croyons devoir examiner un point important. La communion à laquelle vous vous préparez sera pour vous la première : dans quelle église devez-vous la faire?

D. Dans quelle église doit avoir lieu la première communion des enfants?— R. Les enfants doivent faire la première communion dans leur église paroissiale.

Explication. — Un enfant ne peut faire sa première communion dans une église dont il n'est pas paroissien, à moins d'une permission spéciale de son propre curé; voilà ce qui se pratique partout, et ce que tous les évêques ont statué dans leurs diocèses. « Ceux qui communient pour la « première fois, dit saint Charles Borromée, doivent cornctfmunier de la main de leur curé ; c'est pourquoi les curés « ne doivent donner à qui que ce soit, sans un motif légi- « time, la permission de recevoir la première communion

(i) L'Ami de la religion, n<> du 29 mars 1850.

a de la main d'un autre prêtre (1). » La congrégation de Gand, de 1843, déclare « qu'il n'est pas permis à un curé d'admettre à la première communion ou à la communion pascale une personne d'une autre paroisse, sans la permission du propre curé (2). » Le Rituel de Boulogne, publié en 1780, statue que « cette communion se fera dans l'église paroissiale, et ne pourra se faire ailleurs, même hors le temps pascal, sans l'agrément du curé. On ne doit exempter de cette règle que les communautés qui sont en possession de faire communier, dans leurs églises, les jeunes pensionnaires qu'on leur confie pour les y disposer pendant un temps suffisant (3). » Parmi les statuts du diocèse de Cambrai, publiés en 1834, on lit celui-ci: a Nous défendons, sous peine de suspense , aux curés , d'admettre à la première communion un enfant qui n'est pas de leur paroisse, sans le consentement par écrit du propre curé de cet enfant (4). » Mgr Hirn , évêque de Tournay , dans une circulaire du 3 avril 1816, s'exprime ainsi : « Nous avons appris que des parents, pour soustraire leurs enfants à leur obéissance et à la direction de leur pasteur, les plaçaient momentanément dans une autre paroisse, pour les faire admettre à la première communion. Nous avons la confiance que MM. les curés, dont l'intérêt est commun, ne se prêteront jamais à un abus propre à introduire la division entre le pasteur et les ouailles^ et qu'ils se concerteront toujours, pour cet objet, selon les principes d'une juste réciprocité et les égards qu'ils se doivent mutuellement, pour le maintien de leur juridiction et la soumission de leur troupeau (5). — Il en est peut-être mi vous, mes enfants, qui n'habitent cette paroisse que uis peu de temps; mais d'après l'enseignement des meilleurs théologiens, et en particulier de Benoit XIV, il

(1) S. Carolus Borromaeus. Voir les Mélanges théologiques, publiés à

3e cahier, p. 17.

(2) Ibidi 3e cahier, p. 13.

(3) Mb.

(4) Ihid.

(5) Ibid.

suffit qu'on habite une paroisse pendant deux mois pour qu'on y ait acquis le droit aux sacrements (I) ; ce droit serait même acquis dès le premier jour, si Ton y était venu dans l'intention d'y rester pendant la plus grande partie de Tannée (2).

D. Dans quel temps doit se faire la première communion ? — R. Dans la quinzaine de Pâques; mais révoque a le droit de fixer une autre époque.

Explication. — D'après le quatrième concile de Latran , tout fidèle de l'un et l'autre sexe, dès qu'il est parvenu à l'âge de discrétion, doit recevoir, à Pâques, le sacrement de l'eucharistie; et, suivant la déclaration d'Eugène IV, il faut entendre par là les quinze jours qui s'écoulent depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au dimanche de Quasirnodo. Ce précepte regarde aussi bien les enfants que les adultes. Mais l'évêque a droit d'établir, si les besoins du diocèse ou de quelques paroisses l'exigent, que le temps pascal y durera plusieurs semaines de plus; il peut, par conséquent, fixer la première communion à telle époque qu'il lui plaît de désigner ; ordinairement il laisse aux curés toute liberté à cet égard. Ce que nous venons de dire est fondé sur une déclaration de la congrégation du concile, rapportée par Fagnan. Un évêque ayant demandé à cette congrégation le pouvoir de prolonger le temps de la communion depuis le mercredi des cendres jusqu'au dimanche in albis, à cause du grand nombre des fidèles et du petit nombre de confesseurs, il lui fut répondu qu'il n'y avait rien de nouveau à statuer sur ce point, puisqu'il avait le droit de donner une durée plus ou moins longue au temps pascal (3). — Dans quelques diocèses,

(1) Benedict. XIV, const. Paucis abhinc. — Il ne peut y avoir de difficulté que relativement au mariage.

(2) Voir Barbosa, lib. c. n° 64. — S. Liguori, lib, I, tract. 2, no 156.

(3) Cum episcopus pctiisset a S. Cong. concilii ut tempus communicandi intra dominicain palmarum et in albis, prorogaretur a die cinerum ad dominicam in albis, ob populi frequentiam, exiguum sacerdo-

le temps pascal commence avec le carême et se termine quinze jours après Pâques (1).

D. A quel âge doit-on faire la première communion? — H. Vers Tàge de neuf à onze ans.

Explication. — Les enfants doivent faire lapremière communion et se soumettre au précepte dp l'Église touchant la communion pascale, vers l'âge de neuf, dix ou onze ans ; cela dépend de leur première éducation et du développement île leur intelligence. Toutefois, comme le remarque saint Alphonse de Liguori, après le commun des théologiens, les enfants peuvent être obligés à la communion, même avant cet âge, lorsqu'ils sont très-précoces (2). C'est pour cela, mes nts, que vous ne devez pas être étonnés si. parmi vous, si en est plusieurs qui, ayant moins de dix ans, auront le bonheur de communier bientôt , parce qu'ils ont constamment bien répondu au catéchisme et donné des marques non équivoques de sagesse et de piété. — Dans le diocèse de Paris , l'âge fixé pour la première communion est la douzième année ; cet âge peut varier selon l'état des contrées où vivent les enfants. Un enfant est-il dans une ville très-religieuse , appartenant à de pieux parents , donnant une. garantie certaine de persévérance aux instructions de l'Église, il peut être admis pius tôt et plus facilement. Mais il est, à Paris, entouré d'impiété, de périls; et ces périls, cette impiété, il les trouve jusque dans la maison paternelle; son pasteur est moralement sûr de ne point le revoir ou de ne le revoir que rarement après la communion ; un métier va absorber tous ses moments, et le torrent du libertinage

tum numerumet necessitatera sacerdotura post pascha; S. Congr. cenîuit nihil novi decernendum, cum ipse possit ad tempus, ex causa prorogare. (Fagnanus, in cap. Ornais, De pœnit. et remis. 3 no 46.)

(}) Henriquez. Barbosa, Lavman, etc., cités dans les Mélanges théologiques, 3e cahier, p. 39. — Benoît XIV ne reconnaît pas à l'évêque le pouvoir de proroger le temps pascal. (De syn. cliœc, lib. XII, c. Vl# n» 10.)

(2) Mélanges tlUologiques. 3e cachier, p. 7.

le poussera vers l'abîme. La première communion ne peut plus être regardée, pour lui, comme un acte religieux ordinaire., c'est une action décisive pour toute la vie, c'est un cas de salut ou de perdition; il faut une instruction solide, une foi raisonnée, qui puisse donner au moins quelque espérance pour l'avenir. Voilà sans doute pourquoi, à Paris et dans d'autres villes, il faut avoir douze an s pour être admis à la première communion, et avoir suivi pendant deux ans le catéchisme de sa paroisse (4).

D. Les enfants qui doivent faire la première communion n'ont-ils pas quelques devoirs particuliers à remplir à regard de leurs parents ? — R. Oui, ils doivent prier pour eux avec toute la ferveur dont ils sont capables.

Explication. — Voici , mes enfants, les sentiments dont vous devez être animés à l'égard de vos parents, et la conduite que vous devez tenir dans la maison paternelle avant de vous approcher de la table sainte. Si vos parents ont le bonheur de respecter et de pratiquer la religion , bénissezen le Seigneur et conjurez-le de les faire persévérer dans les pieux sentiments qui les animent. Mais s'ils avaient le malheur de vivre éloignés de Dieu, vous ne devriez pas manquer d'adresser pour eux, au Seigneur, des prières pleines de ferveur et de confiance. Je vais vous raconter à ce sujet deux traits qui me paraissent de nature à faire sur vous une vive impression.

Un jeune homme, en se préparant à sa première communion, laissait apercevoir à son père un mélange de joie et de tristesse qui paraissait inexplicable. Le père voulut en connaître la cause ; les larmes de l'enfant redoublèrent , et , après de nouvelles instances, il lui dit enfin : « Mon ami Francisque est plus heureux que moi : son père et sa mère l'accompagneront à la sainte table, au lieu que j'y serai seul. » Le père, touché de cette manière naïve de le rappe-

(1) Bibliographie catholique, 8e année, p. 82.

1er à son devoir, promit de l'y accompagner, et, à dater de ce moment, se conduisit en bon chrétien.

Une jeune personne qui devait faire sa première communion, l'annonça à son père avec empressement, après quelle fut examinée et reçue. Elle lui dit toute radieuse : « Mou père, le bon Dieu va me faire une grande grâce, et j'es que vous m'en accorderez une également? — Je veux bici:, répondit le père; que demandes-tu? — Je ne veux pas voi: ? le dire sans que vous m'ayez fait la promesse de me l'accorder. — Gela ne se peut pas , dit le père ; il faut que je sache si c'est en mon pouvoir. — Oui, oui, vous le pouvez cela ne dépend que de vous. — Dis-moi d'abord ce que c'est? — Non, je ne vous le dirai pas que vous ne me promettiez ; » et alors caresses et sollicitations de redoubler. — Le père, attendri, fait la promesse demandée. — « Eh bien ! répond sa fille, il faut que vous mettiez le comble à mon bonheur, en le partageant avec moi; il y a longtemps que vous n'avez fait vos pàques : vous pouvez mourir d'un moment à l'autre sans être prêt à paraître devant Dieu ; profitez donc de l'occasion. — Je verrai , dit le père, cela demande du temps et de la réflexion. — Vous m'avez promis; un honnête homme n'a que sa parole. Je suis déterminée à vous tourmenter jusqu'à ce que vous vous soyez rendu. » Quelques jours après, en vit, avec édification, le père participer au banquet sacré à côté de sa chère enfant.

Ainsi, un enfant chrétien peut beaucoup pour la conversion de ses y -arents, mais une extrême prudence est nécessaire, et il ne faut rien faire avant d'avoir consulté son confesseur.

La veille de la communion, il est d'usage que les enfant3 se jettent aux pieds de leurs parents pour les prier de les bénir et les conjurer d'oublier les peines qu'ils leur ont causées ; c'est à quoi nous vous recommandons de ne point manquer. Le jour même de la communion, il faut, au premier moment de son réveil, penser au bonheur que l'on va bientôt avoir de s'unir à Jésus-Christ, et dire avec l'épouse

du Cantique des cantiques : « Je me lèverai, et j'irai chercher « celui qui est le bien-aimé de mon âme; » faire ensuite sa prière avec plus de ferveur, s'il est possible, que les autres jours, puis se rendre à l'église avec gravité et modestie, ]>our y entendre la messe à laquelle on doit communier.

D. Le jour de la première communion est-il un beau jour? — U. C'est, pour l'enfant bien disposé, le plus beau jour de la vie.

Explication. — «Première communion!... à ce nom seul que toute chair et tout esprit tressaillent! Première communion ! c'est-à-dire initiation mystique et réelle tout à la fois à la vie divine; consécration nouvelle, par le corps ft l'âme de Jésus-Christ, du corps et de Fâme de l'enfant, tîojà consacrés par l'huile du baptême. Première communion! ton souvenir embaume l'adolescence, éteint les feux de la jeunesse, arrête les débordements de l'âge mûr, réjouit le vieillard, console et fortifie le moribond au seuil de l'éternité ! Première communion ! spectacle émouvant s'il en fut jamais, puisqu'il fait pleurer l'impie lui-même et convertit le pécheur !

« Qui d'entre vous, au milieu des orages de l'esprit et du cœur, ne se reporte pas encore avec bonheur à ce jour, qui peut-être fut jusqu'ici le seul sans nuage de tous les jours de ce long et douloureux pèlerinage de la vie? Combien nous aimons ces vêtements blancs, ces couronnes virginales, ces cierges ardents, ce front si pur, ce visage angélique, ces chants harmonieux, ces paroles du pasteur attendri, ces larmes de la mère et de l'enfant, qui se répondent comme les battements de leur cœur, au moment solennel!... En vérité, les couleurs et les pinceaux de la terre sont impuissants pour peindre de tels tableaux (1). »

— D. Que faut-il faire quand on est prêt à communier? — R. Il faut d'abord entendre la messe avec toute la dévotion et toute la piété dont on est capable.

(1) Mandement de Mgr de Périgucux pour le carême 1850»

= D. Il est donc à propos d'entendre la messe avant de communier? — R. Oui, si on le peut; c'est l'esprit de l'Église.

Explication. — C'est par la communion que Jésus-Christ nous applique les effets du sacrifice qu'il renouvelle chaque jour au "milieu de nous ; c'est aussi par la communion que nous sommes incorporés à la victime immolée sur l'autel en signe de notre réconciliation avec Dieu. Ainsi la communion est la conclusion et le fruit du sacrifice ; ce serait, par conséquent, renverser l'ordre, que de communier avant d'y avoir assisté. Aussi l'esprit de l'Église, c'est-à-dire son intention, son désir, est-il que l'on entende la messe avant de communier, et il n'y faut point manquer, à moins qu'on n'en soit empêché par infirmité ou par quelque autre bonne raison. Supposons, par exemple, que dans une paroisse il n'y ait qu'une seule messe que l'on célèbre vers neuf ou dix heures : une personne d'un tempérament faible, qui ne saurait attendre aussi tard sans prendre de nourriture , pourrait communier quelques heures plus tôt. C'est ce qui se pratique généralement, et nosseigneurs les évêques, qui ne l'ignorent pas, sont loin de condamner un pareil usage.

= D. A quel moment de la messe doit-on communier ? — R. Immédiatement après la communion du prêtre, s'il est possible, afin de s'unir davantage à l'action du saint sacrifice.

Explication. — Les fidèles offrent, avec le prêtre, le saint sacrifice ; il est donc dans l'ordre qu'ils y participent, s'il est possible, en même temps que lui. Telle était la pratique des premiers chrétiens, et l'Église désire que cet usage soit conservé. Saint Charles, dans le cinquième concile'de Milan, ordonne aux curés de garder avec soin l'antien usage de donner la communion au peuple immédiatement après avoir pris le précieux sang. Le Rituel romain, publié par Paul V et Urbain VIII, ordonne la même chose, ■fondé sur ce motif que les oraisons qu'on dit après la communion ne sont pas pour le prêtre seul , mais encore pour

tous ceux qui communient (1). C'est donc immédiatement après la communion du prêtre qu'il faut se présenter à la table sainte, et Ton ne doit pas attendre, sans raison, que la messe soit terminée. Mais il est souvent difficile de faire autrement, parce qu'il n'est pas rare, surtout dans les grandes églises, que le prêtre célèbre la messe à un autel où l'on ne conserve pas la sainte eucharistie. Il peut arriver aussi, et il arrive souvent, qu'une personne ayant assisté à une messe et s'étant confessée ensuite, ne puisse pas rester plus longtemps à l'église ; elle peut, dans ce cas, demander et recevoir la communion, bien qu'aucune messe ne se célèbre dans le moment; c'est encore ce qui se pratique partout. Lorsque la communion doit durer longtemps, c'est une raison suffisante pour ne la donner qu'après la messe, afin de ne pas exposer ceux qui ne communient pas à la tentation de sortir de l'église avant que le saint sacrifice soit terminé (2). — ■ Ici se présente assez naturellement cette question : « Un prêtre qui, à raison de ses infirmités, n'est pas en état de distribuer l'eucharistie à un grand nombre de personnes, pourrait-il se faire remplacer par un diacre? ou bien encore, pourrait-il se faire aider par un diacre, afin que la communion des fidèles fût terminée plus tôt? Il ne le pourrait sans y être dûment autorisé par qui de droit, et la sacrée congrégation des rites a décidé que, hors le cas de nécessité, un simple diacre ne peut pas distribuer la communion aux fidèles (3).

= D. Quels sont les actes qu'on doit faire avant d'aller à la sainte table? — R. On doit faire avec dévotion des actes de foi, d'humilité, de contrition, d'amour et de désir.

(1) Comrnunio populi intra missam statim post communionem sacerdotis celebrantis fieri débet cum orationcs qusG in missa post communionem dicuntur, non ad solum sacerdotem, sed etiam ad alios communicantes spectent. (Hit. rom.y tit. De eucharistia.)

(2) Ne scilicet frequens populus diutius finem missa? expectore cogerelur, aut missa noudum imita, omnino abiret. (Kraser, p. 208.)

(3^ An diaconus in ordine tantum diaconatus constitutif extra casum necessitatis possit distribuera ndelibus Communionem? — R, Négative, 3. R. G., die 25 febr, 1777.,)

= D. Faîtes ces actes. — R. Acte de foi. Mon Seigneur Jésus- Christ, je crois fermement que je vais recevoir, cî^ns la communion, votre corps, votre sang, votre âme et votre divinité; je le crois, parce que vous l'avez dit, et je suis prêt à donner ma vie pour soutenir cette vérité.

Acte d'humilité. Mon Seigneur Jésus-Christ, comment puis-je approcher de vous., après vous avoir tant offensé! Pson, je ne mérite pas que vous entriez dans mon cœur; mais dites seulement une parole et mon àme sera guérie.

Acte de contrition . Mon Dieu, j'ai une extrême douleur de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et que le péché vous déplaît; je prends une ferme résolution, moyennant votre sainte grâce, de ne plus vous offenser, et de faire pénitence.

Acte d'amour. 0 mon divin Jésus ! non content de vous être sacrifié pour moi sur la croix, vous allez me nourrir de votre chair adorable ! Je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses, je veux vivre et mourir dans votre amour.

Acte de désir. Venez, ô mon divin Jésus, venez prendre possession de mon cœur; je souhaite ardemment de m'unir à vous.

Explication. — Dans ces précieux moments, destinés à la plus grande action de votre vie , vous ne sauriez trop vous exciter aux sentiments qu'exige la participation au plus auguste de nos mystères. — Sentiments d'une foi vive dans la présence réelle de Jésus-Christ : vous devez la croire avec autant et même plus de certitude que s'il apparaissait visiblement à vos yeux, parce que le témoignage de vos yeux peut vous induire en erreur, au lieu que la parole infaillible du Sauveur, qui a dit : Ceci est mon corps, ne peut vous tromper. — Sentiments d'une profonde humilité, d'un profond anéantissement de vous-même, vous étonnant qu'un Dieu d'ure si haute majesté , dont les anges n'approchent qu'en tremblant, daigne bien descendre du ciel pour vous visiter, et vous écriant avec bien plus de sujet que la mère de saint Jean-Baptiste, lorsqu'elle reçut la visite de la sainte Vierge : D'où me vient cet excès de bonheur que mon Seigneur et mon Dieu veuille venir à moi?

Ou comme le centenier : Ah! Seigneur! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison! Ou comme le saint homme Job : Qu'est-ce que V homme, Seigneur , pour être élevé à une telle gloire ? et qui suis-je, moi pécheur , moi ver de terre, pour être assis à votre table, pour y manger le pain des anges et y être nourri de votre chair divine? — Sentiments d'un vif et amer repentir, en vous rappelant tant de fautes que vous avez commises, et vous écriant avec Fenfant prodigue : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous ; je suis indigne d'être appelé votre fils , plus indigne encore d'être admis à votre table. Mais que dis-je ! vous avez bien voulu oublier mes infidélités et ratifier la sentence de pardon que votre ministre, hier, prononça sur moi ! 0 bon et miséricordieux Jésus! je n'oublierai jamais une telle faveur; je prends ici à vos pieds la résolution ferme et inébranlable de ne plus jamais vous offenser, et d'expier, par la pénitence, les péchés que j'ai eu le malheur de commettre jusqu'à ce jour. — Sentiments enfin d'un fervent désir, mais surtout d'une charité ardente envers un Dieu si bienfaisant, un père si tendre, un sauveur si libéral. Puisqu'en vous admettant à sa table il se donne tout entier à vous, vous devez vous donner aussi tout entier à lui, sans réserve et sans partage. Dites-lui donc : « Seigneur, vous me demandez mon cœur, ce cœur vous appartient déjà par bien des titres. Ah! que je souhaiterais qu'il fût plus digne de vous être offert! Tel qu'il est, ô mon aimable Sauveur! il ne veut pîus vivre ni respirer que pour vous. Purifiez-le vous-même de toutes ses souillures par une seule de vos paroles; suppléez à ce qui lui manque, recevez ses hommages d'adoration, agréez ses protestations de foi, d'humilité, de repentir et d'amour, et remplisses au plus tôt ses désirs, en prenant possession de lui, en y jaisant à jamais votre demeure. »

= D. Est-il nécessaire de prononcer ces actes ? — R. Non, il suffît de les bien faire de cœur.

Explication. —Il n'es', pas nécessaire, mes enfants, de

prononcer de bouche ces actes avant la communion, il suffit de les bien faire de cœur ; c'est-à-dire qu'il suffit que vous ayez, au fond du cœur, les sentiments d'une foi ferme qui vous montre Jésus-Christ dans la sainte eucharistie d'une manière plus certaine que si vous le voyiez de vos propres yeux; à' une profonde humilité, en considérant la majesté infinie de celui qui va se donner à vous, et votre infinie bassesse ; d'un vif repentir, au souvenir de vos péchés, qui vous rendent si indignes de vous unir au Saint des saints ; d'un ardent amour pour un Dieu qui se prépare à vous donner une preuve si touchante de son amour et de sa tendresse, et d'un extrême désir de vous unir à ce divin époux de vos âmes, et de ne plus vivre que par lui et pour lui.

a D. Convient-il de faire des prières vocales au moment de la communion? — R. Non, au moment de la communion, l'àme seule doit être occupée de cette grande action.

Explication. — Il n'est pas rare de voir des personnes qui , au moment de la communion, et en se rendant de leur place à la sainte table, ne cessent de réciter des prières vocales; leurs lèvres s'agitent avec une rapidité extrême... Ne les imitez pas, mes enfants ; il faut, au moment de communier, que la bouche se taise; le cœur seul doit parler, et, sur les ailes d'une sainte liberté , prendre un noble essor pour aller se reposer en Jésus-Christ et goûter combien il est doux à ceux qui l'aiment.

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