DES FIKS DU SACRIFICE DE LA MESSE
= D. Quelle a été l'intention de Jésus-Christ en instituant le saint sacrifice de la messe? — R. Jésus-Christ, en instituant le saint sacrifice de la messe, a voulu continuer, dans tous les temps et dans tous les lieux, le sacrifice qu'il a offert une fois sur la croix pour le salut de tous les hommes.
Explication. — Jésus-Christ s'est immolé sur la croix pour le salut de tous les hommes, mais son sacrifice ne devait-il être que passager, ou bien fallait-il que cette grande victime renouvelât sans cesse ses humiliations et ses souffrances? Adorez ici, mes enfants, un des plus grands et des plus profonds mystères de la religion : le sacrifice devait être perpétuel, il devait durer autant que la religion de Jésus-Christ, qui ne peut subsister sans sacrifice ; et, cependant, la victime ne devait mourir qu'une fois. Mais à une immolation sanglante devait succéder une immolation mystique qui eût, par rapport à Dieu et par rapport à nous, tout l'effet d'un véritable sacrifice ; une mort figurée qui nous appliquât tous les mérites d'une mort réelle soufferte une fois pour le péché. C'est ce qui a lieu dans le saint sacrifice de la messe, que Jesus-Christ a institué pour continuer parmi nous, dans tous les temps et dans tous J.as lieux, le sacrifice de la croix.
(1) S. Gjril., Catech. mystag./dZ.
= D. Pourquoi Jêsus-Christ s'offre-t-il à Dieu son père dans le saint sacrifice de la messe ? — R. Jésus-Christ s'offre à Dieu son père dans le saint sacrifice de la messe, comme il s'offrit à lui sur la croix, pour l'adorer en notre nom, le remercier des grâces qu'il nous accorde, lui demander pardon de nos péchés, et obtenir les grâces dont nous avons besoin.
Explication. — D'après ce qui a été dit précédemment, tous les sacrifices de la loi mosaïque se rapportaient plus particulièrement à quatre fins. La première et la principale était de rendre à Dieu l'hommage d'adoration qui lui est dû ; c'est ce qu'on appelait Y holocauste, sacrifice qui était regardé comme le plus parfait et le plus excellent de tous, et où la victime était entièrement consumée par le feu (1). La première fin du sacrifice est aussi appelée latreutique (2) par les théologiens. La seconde fin était de rendre grâce à Dieu des biens reçus de lui, en les lui offrant ; cette sorte de sacrifice, que l'Ecriture appelle d'action de grâces, a reçu des Grecs la dénomination de sacrifice eucharistique (3). La troisième fin était de demander à Dieu ses bienfaits et ses grâces * cette sorte de sacrifice s'appelait impétratoire (4). Enfin la quatrième était de satisfaire à !a justice divine, et d'obtenir la rémission des péchés ; on donnait à cette espèce de sacrifice le nom de propitiatoire (5). Tous ces différents sacrifices n'étaient, comme le dit saint Paul, que les figures et les ombres du grand sacrifice de la loi nouvelle, que
(1) Venu du grec, holocauste, oXo'xauaToç, justifie bien, en effet, pa* son étymologie (oXov, tout entier, complet, et icaûo>, brûler), le sens propre qu'on lui attribue ici.
(2) Latreutique, qui concerne le service, le culte de Dieu. Ce mot a été fait du verbe grec Xarpsûw, adorer, dérivé deXarptç, serviteur, adorateur.
(3) Sacrifice eucharistique, Xarpei'a eùxapiarixoç, culte d'actions de grâces. L'adjectif eû£api<m>co$ vient du substantif eùxapiorîa, reconnaissance, qui a pour racine eu, bien, et x,*Pl?» grâce.
(4) lmpétraloire, du verbe latin impetrare, impétrer, obtenir à l'aida de la prière, de l'intercession; d'où l'adjectif impetratorius, qui sert à obtenir.
(5) Propitiatoire, du verbe latin propitiare, rendre propice ou favorable; d'où l'adjectif propitiatorius, qui sert à rendre propice.
Jésus-Christ a offert sur le calvaire, et qu'il renouvelle tous les jours sur nos autels. Ainsi le saint sacrifice delà messe, en succédant à tous ceux de Faneienne loi, réunit leurs différents caractères, remplit toutes les fins pour lesquelles ils étaient offerts, et produit, à lui seul, tous leurs effets divers. 11 est tout à la fois un holocauste ou sacrifice d'adoration, un sacrifice eucharistique ou d'action de grâces, un sacrifice propitiatoire ou d'expiation, un sacrifice impétratoire ou de prières. 1° La messe est un holocauste ou sacrifice d'adoration, puisque Jésus-Christ s'y offre tout entier à Dieu son père, paraissant sur l'autel dans un état humiliant de victime, pour rendre hommage à sa majesté suprême et reconnaître son souverain domaine, sa souveraine autorité sur toutes choses. 2° La messe est un sacrifice eucharistique ou d'action de grâces, puisque Jésus-Christ y remercie son père des bienfaits qu'il répand continuellement et avec profusion sur toutes les créatures, et répète sans cesse sur nos autels ce qu'il disait dans les jours de sa vie mortelle : « Mon père, je vous rends grâces. » 3° La messe est un sacrifice propitiatoire ou d'expiation, puisque Jésus-Christ s'y offre à son père pour obtenir le pardon de nos péchés et nous réconcilier avec lui. 4° La messe est un sacrifice impétratoire ou de prières, puisque Jésus-Christ s'y offre à son père pour attirer sur nous toutes les grâces et tous les secours dont nous avons besoin. Voilà, mes enfants, ce que fait Jésus-Christ dans le sacrifice de la messe ; telles sont les fins pour lesquelles il s'offre à Dieu son père sur nos autels.
= D. Que devons-nous faire quand nous assistons à la messe ? — R. Quand nous assistons à la messe, nous devons adorer Dieu, le remercier de ses bienfaits, lui demander pardon de nos péchés et solliciter les grâces qui nous sont nécessaires.
Explication. — Pendant que Jésus-Christ s'offre sur l'autel, nous devons faire avec lui ce qu'il fait lui-même: 1° adorer Dieu par Jésus-Christ et rendre hommage à sa grandeur infinie en nous abaissant profondément devant
lui. 2° Remercier Dieu par Jésus-Christ de tous les bienfaits dont il nous a comblés. Quoi de plus juste que de témoigner notre reconnaissance à celui de qui nous tenons tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons? 3° Lui demander, par les mérites de Jésus-Christ , le pardon de nos péchés et le conjurer de nous traiter non pas selon sa justice, mais selon son infinie miséricorde. 4° Solliciter par Jésus-Christ les grâces qui nous sont nécessaires pour mener ici-bas une vie chrétienne et parvenir un jour au bonheur du ciel.
= D. Comment doivent assister à la messe ceux qui ne peuvent pas s'occuper de la sorte? — R. Ils doivent, en s'unissant au prêtre, lire dans un livre de prières, réciter le chapelet, ou au moins considérer cette sainte action avec un religieux respect et dans un grand recueillement.
Extlication. — Il y a différentes méthodes que Ton peut suivre pour entendre la messe. 1° La moins parfaite, mais qui suffit à la rigueur, si l'on -est dans Fimpossibilité de faire davantage, consiste à se tenir à Féglise, pendant qu'on célébrera messe, avec gravité, modestie et recueillement, de manière à faire voir qu'on est pénétré d'un respect sincère et profond pour l'acte le plus auguste de la religion. Il faut, de plus, être attentif à ce qui se passe à l'autel, et bannir avec soin de son esprit les pensées mauvaises ou étrangères qui pourraient s'y présenter. Les distractions involontaires ne font point perdre le fruit de la messe; mais les distractions volontaires, et qui subsistent pendant quelque temps, sont des péchés plus ou moins graves, selon leur nature ou leur durée, et peuvent même faire qu'on n'entende pas du tout la messe. Ainsi, celui qui est volontairement distrait pendant une partie de la messe, assez considérable pour que, s'il fût sorti de l'église pendant le même temps , il ne fût pas censé avoir entendu la messe , doit de même être regardé comme n'ayant pas satisfait au précepte. 2° Les personnes qui ne savent pas lire et qui sont peu instruites peuvent, pendant la messe , réciter les prières qu'elles savent par cœur, comme
l'oraison dominicale, la salutation angélique; mais elles doivent éviter de les réciter par routine et par habitude, sans faire attention à ce qu'elles disent, et se livrer de temps en temps aux sentiments de contrition , d'adoration et d'amour, qu'exige le saint sacrifice. Si l'on récite la chapelet pendant la messe, il est bon, pour se conformer aux fins du sacrifice, d'offrir à Dieu la première dizaine en vue de l'adorer par Jésus-Christ; la seconde dizaine en vue de le remercier par Jésus-Christ ; la troisième dizaine en vue d'obtenir, par Jésus-Christ, la rémission des péchés que l'on a commis; la quatrième et la cinquième dizaines en vue d'obtenir, par Jésus-Christ, pour soi et pour les personnes auxquelles on s'intéresse, les bénédictions du ciel, et pour lésâmes du purgatoire, du soulagement dans les peines qu'elles endurent. Il ne faut pas négliger non plus, lorsque le prêtre élève le corps et le sang de Jésus-Christ, de faire des actes de foi, d'adoration et d'humilité, et, lorsque le prêtre communie, de témoigner à Jésus-Christ un ardent désir de le recevoir. Telle est la méthode que doivent suivre, pour bien entendre la messe, les personnes qui ne savent pas lire. 3° La méthode que doivent suivre, pour bien entendre la messe, les personnes qui savent lire, mais à qui la prière mentale est peu familière, consiste à suivre le prêtre en lisant, dans quelque bon livre, des prières qui les mettent en rapport avec les actions qu'il fait et les paroles qu'il prononce. Il faut, pour cela, que ces prières soient relatives au saint sacrifice , autrement on ne serait pas suffisamment uni d'intention avec le prêtre. D'où il faut conclure que ce serait mal assister à la messe que de se permettre, pendant qu'elle se célèbre, des lecture'* bonnes en elles-mêmes, mais qui n'ont aucune relation avec ce qui se passe à l'autel : comme si l'on faisait un lecture sur l'avarice, sur le baptême, sur le scandale 4° La meilleure
manière d'entendre la messe est, sans contredit, de suivre en esprit le prêtre dans les prières qu'il récite et dans les cérémonies qu'il exerce. — Les cérémonies de la messe se
divisent en six parties : la première est la préparation qui se fait au bas de l'autel; la seconde contient les instructions et les prières qui se font à l'autel jusqu'au Credo; la troisième est Foblation , la quatrième est le Canon ou la règle de la consécration; la cinquième, qui commence au Pater, renferme la préparation à la communion même ; la sixième est l'action de grâces après le sacrifice. — Au Commencement de la messe, le prêtre, incliné au pied de l'autel, fait humblement à Dieu et à ses saints la confession de ses péchés, se frappe la poitrine en signe de contrition, et implore la di* vine miséricorde tant pour lui que pour les assistants. Faites de même : présentez-vous à l'autel, les genoux en terre et les yeux baissés, avec une humble conviction de votre indignité, avec un sincère aveu de votre iniquité, en la présence de Dieu, avec ce cri intérieur du repentir et de l'amour qui demande pardon et l'obtient. Au Kyrie, eleison, prière que le prêtre répète neuf fois, pour imiter les neuf chœurs des anges qui bénissent sans cesse la grandeur et la miséricorde, de l'Éternel, faites entendre avec lui ce cri du cœur, et, à la vue de votre misère, conjurez le Seigneur, conjurez Jésus-Christ d'abaisser sur vous des regards de pitié. Au Gloria in excelsis, le prêtre unit sa voix à celle des anges et répète le beau cantique qu'ils firent entendre à la naissance du Sauveur : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux , et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. » Soyez vous-même un de ces hommes de bonne volonté; que votre cœur soit droit et fidèle; demandez pour l'Église et pour vous eette paix précieuse; soyez animé, comme elle, d'un saint zèle pour la gloire de ce Dieu de paix et de miséricorde; louez, bénissez, adorez avec elle le Roi du ciel, le Père toutpuissant, avec son fils unique Jésus-Christ, l'agneau de Dieu, qui vit avec lui et le Saint-Esprit en unité de nature et d'essence, en égalité do grandeur, de puissance et de majesté dans les splendeurs de la gloire. Aux Oraisons, le prêtre invite les assistants à prier avec lui ; et élevant vers Dieu sa voix, ses mains et son cœur, il excite, par son exemple, les III. 13
fidèles à joindre leurs demandes aux siennes. Répondez à cette religieuse invitation, unissez vos sentiments et vos vœux à ceux de l'Église ; méritez par votre ferveur d'être exaucé, en demandant avec elle au nom de Jésus-Christ et par ses «élites. VEpître, ainsi appelée parce qu'elle est presque toujours tirée des lettres ou épitres que les apôtres écrivaient aux fidèles, renferme quelque trait particulier de l'Ecriture sainte, ou quelque instruction transmise à la posi.' -Ité par ceux à qui il a été dit : « Allez, enseignez toutes les nations. » Prêtez-y une oreille attentive et docile; que cette divine parole germe et fructifie dans votre âme, comme la bonne semence qui tombe dans une terre féconde et bien préparée. A V Évangile, le prêtre récite quelque fragment de la vie de Jésus-Christ, qui nous parle encore comme à ses disciples, qui nous instruit des mystères de son royaume et des vérités du salut. Soyez alors debout, pour témoigner votre respect pour les oracles de notre divin ne. Faites le signe de la croix sur votre front, sur vos lèvres et sur votre poitrine, pour protester que vous ne rougissez point de son Évangile, que vous êtes toujours prêt à le confesser de bouche, et que vous le portez dans votre cœur. Soyez attentif à ce qu'il vous annonce , et gravez les paroles sacrées dans votre esprit, pour les méditer ensuite et les mettre en pratique. Au Credo, l'Église fait une profession publique de sa foi, en récitant le symbole de Nicée, qui contient le sommaire et tous les éléments de la foi catholique. Prononcez-le avec le prêtre, non -seulement de bouche , mais d'esprit et de cœur, et avec un sentiment intime d'adoration et de reconnaissance pour chacun des mystères par lesquels Jésus-Christ a opéré notre salut. A l'Offertoire commence le sacrifice par Foblation que fait le prêtre du çain et du vin , qui, par la consécration, vont être changés au corps et au sang de Jésus- Christ. Joignezvous à lui pour offrir au Seigneur cette hostie sans tache, afin qu'elle soit immolée de nouveau sur l'autel, pour tous vos péchés et toutes vos négligences, pour votre salut et
pour celui de tous les fidèles vivants et trépassés. A la Préface, le prêtre rend grâces à Dieu des bienfaits innombrables que nous recevons chaque jour de sa bonté paternelle. Remerciez-le avec lui de tant de biens qu'il a répandus sur vous, afin qu'il vous continue ses faveurs; il aime et récompense volontiers les cœurs reconnaissants. Au Canon (1) d la messe, qui n'est autre chose que la règle fixe, l'ordre invariable des prières et des cérémonies qui précèdent, accompagnent et suivent la consécration, le prêtre prie d'abord pour toute l'Église catholique, et nommément pour le souverain pontife, l'évêque du diocèse et l'État. Il recommande ensuite à Dieu les personnes vivantes auxquelles il s'intéresse spécialement, et tous les fidèles qui sont présents. Puis il entre en société et en communication avec l'Église du ciel ; il invoque la très-sainte Vierge, les saints apôtres, les saints mystères, et implore leur protection, afin que Dieu accorde à leur§ prières et à leurs mérites les grâces qu'il é sire obtenir. Il faut donc que ces grands objets fixent pour iors votre attention et soutiennent votre piété. A la Consécration, en vertu des paroles que prononce le prêtre, ou plutôt que Jésus-Christ lui-même prononce par l'organe de son ministre, le pain est changé au corps et le vin au sang de ce divin Sauveur. C'est ici le moment de la messe le plus saint et le plus redoutable. Occupez-vous, avec un saint tremblement, de cet ineffable mystère, et lorsque le prêtre élève l'hostie et le calice, prosternez-vous de corps et d'esprit devant l'adorable victime qui renouvelle sur l'autel le grand sacrifice du calvaire. Au Mémento des morts, le prêtre prie pour les âmes du purgatoire, en disant : « Souvenezvous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes, qui , marqués du sceau de la foi , ont fini leur vie mortelle avant nous, pour s'endormir du sommeil de la paix. » Priez aussi pour ces âmes infortunées, et demandez pour elles, au Père des miséricordes, un lieu de rafraîchissement contre
(1) Canon, motemprunté au grec (xavwv), signifie règle. Voir au tomel» l'explication détuillée des causes de la messe.
les ardeurs du feu qui les dévore ; un lieu de lumière contre les ténèbres qui les environnent, un lieu de paix contre les agitations et les angoisses que leur font éprouver l'éloignement et la privation du souverain bien. Au Pater, le piètre adresse au Père céleste la prière que Jésus-Christ lui-même nous a enseignée, et il la prononce à haute voix, afin que vous puissiez vous joindre à lui, et la réciter en même temps vous-même, cette divine et admirable prière qui renferme, dans sa brièveté, tout ce qu'un chrétien peut désirer et demander légitimement à Dieu. A Y Agiras Dei, le prêtre, incliné vers la sainte hostie , dit d'une voix intelligible : « Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous. » Comme lui, répétez les mêmes paroles par trois fois, pour montrer, par l'instance de votre prière, le besoin infini que vous avez de la divine miséricorde, et frappez-vous la poitrine en disant : a Ayez pitié de nous, » pour montrer, par ce signe, la componction dont votre cœur est pénétré. Au Domine, non sum dignus, le prêtre se frappe par trois fois la poitrine en prononçant ces paroles, qui obtinrent au centenier le miracle qu'il sollicitait : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans mon cœur, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie. » Prononcez-les en même temps que lui, et pénétrez-vous bien des sentiments d'humilité qu'elles expriment. A la Communion, le prêtre, tenant la sainte hostie avec la main droite, dit : « Que le corps de Noti e-Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle ; » et aussitôt il reçoit ce corps sacré. Prenant ensuite le calice, il dit: « Que le sang de Notre -Seigneur Jésus -Christ garde mon âme pour la vie éternelle; » et aussitôt il reçoit ce sang précieux. Ranimez , dans ce moment , votre foi en la présence réelle et substantielle de Jésus-Christ dans l'eucharistie; excitez-vous à un vif désir de vous unir à ce divin Sauveur; et si vous avez le bonheur de communier sacramentellement , que votre cœur soit tout embrasé, tout consumé d'amour pour un Dieu qui, prodigue de lui-même,
vous nourrit de sa propre substance. Aux Ablutions, le prêtre fait, et vous devez faire avec lui, la prière suivante : « Que votre corps que j'ai reçu, Seigneur, et que votie sang que j'ai bu, s'attachent à mes entrailles ; faites qu'après avoir été nourri par un sacrement si pur et si saint, il ne demeure en moi aucune souillure du péché. A la Post-Communion, le prêtre adresse des prières à Dieu pour le remercier du bonheur ineffable d'avoir participé aux divins mystères, et pour lui demander la grâce d'en conserver les fruits. Exprimez-lui aussi votre reconnaissance, et conjurez-le de ne pas permettre que vous vous sépariez jamais de lui par le péché. Le prêtre donne ensuite la Bénédiction au peuple fidèle ; recevez-la avec piété et confiance comme celle de l'Église , et comme la bénédiction de Dieu même. Enfin il récite le dernier évangile, qui est le commencement de l'Évangile selon saint Jean, où cet apôtre raconte la génération ineffable du Verbe éternel dans le sein de son père. En disant : Et verbum caro factum est, il fléchit le genou. Imitez son exemple et adorez avec lui le Verbe de Dieu, qui, pressé par son amour pour les hommes, s'est fait homme lui-même et a bien voulu habiter parmi nous. — Nous venons, mes enfants , de parcourir sommairement les différentes parties de la messe; les suivre ainsi en esprit, c'est, nous le répétons, la meilleure manière d'assister au saint sacrifice.
— D. Quelles sont les fautes que Von commet le plus ordinairement en assistant à lamesse? — R. Les fautes que l'on commet le plus ordinairement en assistant à la messe, sont de causer ou de regarder de côté et d'autre, et eie s'occuper plutôt de ce qui se passe autour de soi que de ce qui se passe sur l'autel.
Explication. — Combien de chrétiens qui semblent ne venir à la messe que pour rire et causer, qui ne cessent de tourner les yeux de côté et d'autre, qui s'occupent plutôt de ceux qui entrent ou qui sortent, de la manière dont est vêtue telle ou telle personne, que de ce qui se passe à l'autel ! Ce n'est point là, mes enfants, entendre la messe, c'est au contraire piofaner le saint sacrifice. — Nous n'ajouterons pas
que ce serait également une faute de n'avoir qu'un genou en terre, car on peut l'entendre debout, comme cela se pratiquait dans la primitive Église, à l'exemple de la sainte Vierge et de saint Jean, qui étaient debout au pied de la croix, et cette pratique s'est conservée dans plusieurs parties de la chrétienté. Mais l'usage s'est établi, depuis longtemps, parmi nous, de se mettre à genoux à certaines parties de la messe, particulièrement a l'élévation, et l'on doit s'y conformer, ou, du moins, s'incliner profondément à l'élévation de l'hostie et du calice.
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