‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 45 sur 139 · CONTRITION DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

CONTRITION DE SAINT PIERRE

Nous voyons dans saint Pierre un exemple bien frappant de contrition surnaturelle dans son principe. Il renie son bon maître jusqu'à trois fois, sans rentrer en lui-même, sans détester son péché. Il lui fallait pour cela une grâce surnaturelle, il lui fallait un regard de Jésus pour lui percer le cœur, et c'est ce qui arriva. Ce divin maître, conduit par ses gardes, passe dans la salle où son trop faible disciple venait de le renier indignement : Jésus jette sur Pierre un tendre regard, aussitôt le coupable est converti. Pénétré d'une douleur surnaturelle, il s'arrache à cette funeste société, cause de sa chute, il sort et verse des torrents de larmes amères, dont la source ne tarira qu'avec sa vie.

FAUSSE CONTRITION d' ASTIOCHUS.

Antiochus avait persécuté le peuple de Dieu, profané son temple, et se rendait à Jérusalem pour le détruire, lorsque tout à coup le Seigneur le frappe dans le chemin ; il appesantit sur lui sa main d'une manière terrible, pour lui montrer qu'il avait un maître. Alors il prie le Seigneur ; et cependant, dit l'Éciiture, ce scélérat ne devait pas en obtenir son pardon. Pourquoi? Parce qu'il ne gémissait qu'humainement sur son déplorable état. Rongé de vers et de pourriture, sa chair tombait en lambeaux. Dieu le punissait ainsi de ses profanations sacrilèges et de ses cruautés. Antiochus promettait de réparer tout ; mais celui qui sonde les cœurs et les reins ne voyait en lui qu'un repentir d'hypocrisie et de désespoir. Il ne demandait que la délivrance de ses douleurs corporelles, et voilà pourquoi le Dieu des miséricordes refusa de les exercer envers lui. — David, au contraire, par une douleur sincère et parfaite,

obtint le pardon de son double crime. Voilà la différence entre a contrition naturelle et la contrition surnaturelle.

SAIIST SÉBASTIEN.

Nous lisons, dans la Vie de saint Sébastien, que ce grand serviteur de Dieu promit à un préfet de Rome qu'il le guérirait de la goutte, s'il brisait toutes ses idoles. Le préfet les brisa toutes, à l'exception d'une seule. La goutte continua, le malade s'en plaignit. Le Saint lui répondit qu'il fallait encore briser cette petite idole d'or qu'il tenait soigneusement cachée parce qu'elle avait été religieusement conservée et adorée par ses ancêtres. — Hélas ! parmi les pécheurs, il en est un grand nombre qui ont aussi leur petite idole de péché qu'ils veulent retenir, même en détruisant toutes les autres, et, comme le préfet romain, ils ne guérissent point, ils ne rentrent point en grâce avec Dieu, parce que leur contrition manque d'une qualité essentielle : elle n'est point universelle.

lEÇOET XVI.

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