III
sacrement de pénitence, la grâce de la réconciliation, pourvu, toutefois, qu'elle soit accompagnée: 1° de l'espérance du pardon, c'est-à-dire d'une ferme confiance que Dieu nous pardonnera nos péchés si nous en avons un repentir sincère; & d'un commencement d'amour de Dieu, parce que sans amour de Lieu il n'est point de vraie conversion. Qu'est-ce, m effet, que se convertir? Ce n'est pas seulement détester ché, mais encore retourner à Dieu ei s'attacher à lui: or, est-il possible de retourner à Dieu et de s'y attacher sans l'aimer? D'ailleurs, s'il est une occasion où le cœur doive ressentir cet amour, n'est-ce pas celle où Dieu daigne nous recevoir en grâce et nous pardonner les offenses dont nous nous étions rendus coupables envers lui?
= D. La contrition imparfaite suffirait-elle pour nous justifier, si nous ne pouvions recevoir le sacrement de pénitence? — R. Non, hors le sacrement de pénitence, il n'y a que la contrition parfaite qui puisse nous justifier, avec le vœu du sacrement, c'est-à-dire avec un vrai désir de le recevoir.
Explication. — La contrition imparfaite suffit, avec le sacrement de pénitence, comme nous venons de le dire, pour obtenir la rémission des péchés. Mais, hors le sacrement, il n'y a que la contrition parfaite, accompagnée d'un désir sincère de recevoir l'absolution, qui justifie par ellemême le pécheur ; et celui qui, après avoir commis un péché mortel, viendrait à mourir dans Yattrition sans avoir reçu le sacrement de pénitence, serait perdu sans ressource et tomberait infailliblement dans l'enfer.
= D. Que faut-il faire pour avoir la contrition ? — R. Il faut la demander à Dieu, et s'y exciter soi-même par les motifs que la foi nous fournit.
Explication. — La contrition est une grâce infuse dans nos âmes; elle est un don de Dieu, et nous ne pouvons l'obtenir que de lui; il faut donc la lui demander avec humilité, avec ferveur, avec instance. Faisons comme David après son péché: adressons-nous au Seigneur; comme lui, nous
sommes tombés dans un précipice affreux ; comme lui, nous avons été submergés par la tempête; comme lui, ne cessons de crier vers Dieu ; que nos yeux s'épuisent à force de regarder le ciel, dans l'espérance que le Seigneur viendra à notre secours, qu'il touchera notre cœur et nous délivrera de la multitude de nos péchés. Non-seulement nous devons demander à Dieu la grâce de la contrition, mais nous devons encore nous y exciter nous-mêmes par les motifs que la foi nous fournit. Considérons ce qu'est Dieu et ce que nous sommes ; quel père il a été pour nous, et quels fils nous avons été envers lui ; contemplons sa sainteté, que nous avons offensée, sa majesté, que nous avons outragée, sa miséricorde, que nous avons méprisée, sa justice, que nous avons bravée ; pensons aux maux affreux et éternels que nous avons mérités; élevons nos pensées vers les biens sans mesure et sans terme qui nous étaient promis et que nous avons perdus : il est impossible que toutes ces réflexions ne nous aident pas à avoir une véritable contrition.
= D. Faites un acte de contrition ? — R. Mon Dieu, j'ai une extrême douleur de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et que le péché vous déplaît ; je prends une ferme résolution, moyennant votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
Explication. — Cet acte renferme les motifs de la contrition la plus parfaite, lesquels sont la bonté et les amabilités infinies de Dieu, et l'horreur souveraine qu'il a pour le péché; il exprime, par rapport au passé, le regret amer, la douleur extrême, c'est-à-dire très-grande, au plus haut degré, des péchés commis; et, par rapport à l'avenir, la ferme résolution, moyennant la grâce de Dieu, de n'y plus retomber. Ces expressions, moyennant la grâce de Dieu, signifient au moyen de la grâce, avec le secours de la grâce, sans laquelle nous ne pouvons ni éviter le péché ni faire une pénitence telle que Dieu l'exige de nous.
TRAITS HISTORIQUES