LA FEMME PÉCHERESSE
Aimer Dieu par-dessus toutes choses et se repentir de l'avoir offensé parce qu'on l'aime, voilà, avons-noas dit, la contrition parfaite. — Nous en voyons un admirable exemple dans la femme pécheresse dont parle saint Luc (3). Lorsque Jésus- Christ était à table chez un pharisien nommé Simon, une femme de mauvaise vie vint se jeter à ses pieds, et s'élevant au-dessus de toutes les considérations humaines, elle com-
(1) Moloch, une des idoles des Ammonites et des Moabites. On le représentait sous la forme d'un homme ayant une tête et des pieds de veau. Des victimes humaines, et surtout des enfants, lui étaient immolées : on les plaçait entre les bras de sa statue rougie au feu. Moloch signifie roi.
(2) Assaraden, roi d'Assyrie.
(3) Luc, vu, 37.
mença à les arroser de ses larmes, et elle les essuyait avec ses cheveux ; elle les baisait humblement et y répandait des parfums précieux. — Le pharisien qui avait invité Jésus, voyant ce qui se passait, dit en lui-même : Si cet homme était un prophète, il saurait qui est celle qui est à ses pieds. — Alors Jésus, prenant la parole, lui dit : Simon, j'ai quelque chose à vous dire. — Il répondit : Maître, dites. — Un créancier avait deux débiteurs ; l'un lui devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante; mais comme ils n'avaient point de quoi les lui rendre, il leur remit à tous deux leur dette : lequel des deux l'aimera donc davantage ? — Simon répondit : Je crois que ce sera celui auquel il aura le plus remis. — Jésus lui dit : Vous avez fort bien jugé. Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Voyezvous cette femme ? je suis entré dans votre maison, vous ne m'avez point donné d'eau pour me laver les pieds ; et elle, au contraire, a arrosé mes pieds de ses larmes, et elle les a essuyés de ses cheveux. Vous ne m'avez point donné de baiser ; mais elle, depuis qu'elle est entrée, n'a cessé de baiser mes pieds... C'est pourquoi je vous déclare que beaucoup de péchés lui seront remis, parce qu'elle a beaucoup aimé.