INDULGENCE ACCORDÉE PAR LE PAPE ALEXANDRE VI
Le pape Alexandre VI, qui succéda à Innocent VIII le il août 1492, voulant augmenter la vénération des fidèles pour la basilique de Saint Pierre, attacha sept ans d'indulgence à chacun des de'grés qu'il faut monter avant d'y entrer (2).
Instruction du cardinal Caprara sur la fête de saint Napoléon, la procession, l'action de grâces et la bénédiction papale.
§ I. Le premier dimanche d'août de chaque année, les révérendissimes évoques, soit par des lettres circulaires, soit par tout autre moyen convenable qu'ils jugeront à propos de prendre,
4° Annonceront publiquement, conformément à notre décret qui commence ainsi : Eximium catholicœ religionis, la fête de saint Napoléon, martyr, qui est en même temps celle du rétablissement de la religion catholique, et qui concourt avec 1«( solennité de l'Assomption de la bienheureuse vierge Marie.
2° Ils indiqueront de même la procession ou supplication, et
(1) Vie de Mgr de La Motte, par l'abbé Proyart.
(2) Ut eorumdem graduum apostolicae aulœ venerationcm, ac populi pietatem augeret, Alexander VI, pro cujuslibct gradus ascensu septem annorum indulgentiam conccssit. (Ciampini, De sacris œdificiis a Constantino magno constructis, p. 40.)
l'action de grâces qui doivent avoir lieu su." van t le rite fisitc l'Ëglïse.
3 5 Ils publieront aussi l'indulgence plénière attachée, suiv ;. une grâce très-spéciale du siégé apostolique, à la bénédi< papale qui doit être donnée après la inesse pontificale, coi: il est dit ci-dessous,. laquelle indulgence est accordée, sui\ la teneur du décret cité, aux fidèles qui assisteront dévoten:c:.t à la procession et à l'action de grâces.
§ II. 1° L'éloge ou la leçon de saint Napoléon sera comme il suit :
« Sous la persécution horrible de Bioclétien et de Maximien, qui fut ia plus sanglante de toutes, les cruautés exercées dans tout l'empire romain firent que des fidèles, effrayés ou vaincus par la violence des supplices, abandonnèrent la foi, ou que tous ayant été mis à mort, le nom chrétien parut près d'être détruit.
« Mais tandis que la férocité impie des persécuteurs était vaincue par ses propres excès, et que les bourreaux barbares étaient fatigués de leurs affreux travaux, les soldats de Jésus- Christ, fortifiés du secours du ciel, couraient au combat avec tant de force, et déployaient un si grand courage, que les téméraires espérances de leurs ennemis furent trompées, et que le sang des martyrs, coulant en abondance, devint une semence de chrétiens.
« Combien sont dignes d'être cités parmi les confesseurs de la foi, ceux qui soutinrent alors à Alexandrie, en Egypte, avec un courage ex*ruOrdinaire, un combat sanglant pour la foi en Jésus-Christ! Quelques-uns d'eux périrent glorieusement lu milieu des supplices; d'autres, après avoir été cruellement tourmentés, étaient enfermés dans la prison, ayant les pieds tellement écartés par la violence des tourments, qu'ils étaient forcés de se tenir couchés sur le dos; ceux-ci étaient étendus par terre, tout couverts de blessures, et portant sur leur des trades de tortures multipliées; ceux-là enfin étaient jetés à demi morts dans la prison.
« Parmi ces derniers qui achevèrent leur course dans leur prison, les martyrologes et les anciens écrivains citent avec éloge Néopolis ou Néopole, qui, d'après la manière de prononcer les noms introduite en Italie dans le moyen âge, et suivant la langue alors usitée, fut appelé Napoléon) et est nommé communément en italien tfapoleonei
«Napoléon, donc, célèbre par sa naissance ou par ses emplois, mais plus illustre encore par la constance inébranlable avec
laquelle il confessa la foi dans Alexandrie, et pan le cou qu'il montra dans les tourments sur la fin de la persécution v Dioclétien et de Maximien, ayant été jeté à demi mort dam une prison, après d'horribles tortures, y périt des suites de ses blessures, et s'endormit en paix pour Jésus-Christ, m
2° En conséquence, les oraisons de saint Napoléon, qui doivent être ajoutées à la messe de l'Assomption sous une seule conclusion : Per Dominum nostrum... seront d'un fnaftyr non pontife, et pour conserver la conformité, elles seront prises do la messe Lœlabitur, dont la première est :
« Oraison. Accordéz-nous, nous vous en conjurons, Dieu tout-puissant, par l'intercession de saint Napoléon, martyr, ; d'être délivrés de toute adversité pour notre corps, et purifiés pour notre esprit de mauvaises pensées; par Jésus-Christ... *
§ III, La bénédiction papale sera donnée dans la forme et de la manière suivantes .
1° La messe pontificale étant finie, révoque, la mitre en tête, et revêtu, suivant l'usage, des autres ornements sacrés, se placera sur son trône, entouré de ses ministres.
2° Ensuite le diacre ou un autre ministre, revêtu dû surplis, lira d'abord en latin et ensuite en langue vulgaire, pour le faire comprendre au peuple, l'article de notre décret déjà cité, qui accorde, par l'autorité apostolique, la faculté de conférer la bénédiction papale.
3° Il publiera de même la concession de l'indulgence plénière, par la formule suivante :
« Yu les pouvoirs conférés au nom de S. S. le pape Pie VII, par le décret apostolique de l'éminentissime cardinal archevêque de Milan et légat a latere, au révérendissime... par la grâce de Dieu et du siège apostolique, évêque de cette église de..., Son Éminence révérendissime, au nom du souverain pontife, donile et accorde à tous ceux qui sont ici présents, qui sont vraiment pénitents, et qui se sont confessés et ont communié, l'indulgence plénière dans la forme accoutumée dans l'Église; priez donc Dieu pour le bonheur de notre S. P. le pape, de Son Eminence révérendissime, et de l'Église notre mère. »
4° L'évêque se lèvera ensuite, et, ayant ôté sa mitre, il dira à haute voix, comme en chantant :
« Par les prières et les mérites de la bienheureuse Mario, toujours vierge, du bienheureux Michel archange, du bienheureux Jean-Baptiste et des saints apôtres Pierre et Paul, et de tous les saints,
« Que le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, et que, vous ayant remis tous vos péchés, Jésus-Christ vous conduise à la vie éternelle.
« Que le Dieu tout-puissant et miséricordieux vous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de tous vos péchés, le temps de faire une pénitence véritable et utile, un cœur pénitent et une vie meilleure.
« r). Amen. »
5° Là, l'évêque s'approchera du peuple, on sonnera les cloches, on touchera l'orgue et autres instruments, s'il y en a, et il bénira ainsi avec le plus de pompe possible :
« Et que la bénédiction du Dieu tout-puissant, du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, descende et demeure toujours sur vous.
« E), Amen. »
Afin que l'on conserve toujours la mémoire de cette solennité, des prières qui doivent être dites tous les ans, et des grâces apostoliques, les révérendissimes évèques feront inscrire, suivant l'usage, sur les registres publics de leur cour respective, tant le décret Eximium que cette instruction, comme nous le leur recommandons instamment.
Donné à Paris, dans notre résidence, ce jour 21 mai 1806.
J. B., cardinal légat.
Yi>'ce!st Ducci, secrétaire pour les affaires ecclésiastiques»