MORT ÉDIFIANTE D'UNE JEUNE DAME
Une jeune dame, attaquée d'une maladie de langueur, ne se fit point illusion sur son état. Elle possédait tout ce qui peut attacher à la vie : un mari digne de sa tendresse, deux charmants enfants, une famille qu'elle aimait autant qu'elle en était aimée. Combien il lui était pénible de se séparer d'objets si chers à son cœur! Cependant elle se soumit aux volontés du Seigneur avec résignation. Elle reçut les secours que l'Église accorde aux mourants, avec cette foi vive, cette piété ardente, qui l'avaient toujours caractérisée ; et, loin que le sacrement de l'extrême-onction lui causât de l'effroi, elle demanda à le recevoir en même temps que le saint viatique ; elle ordonna ellemême sa sépulture selon les règles de la charité et de l'humilité chrétienne. Voulant laisser à ceux qu'elle avait le plus aimés un dernier gage de son affection, elle pria son mari d'écrire ses divers legs sous ses yeux, et lui remit à lui-même l'anneau symbole de l'alliance dont elle avait si bien rempli tous les devoirs, et que la mort allait briser. Cependant le mal fait de nouveaux progrès, le moment fatal approche, et la faiblesse de la malade est si grande, qu'elle ne peut plus articuler une seule parole. Sa mère, sa sœur, son mari, abîmés dans la douleur, entouraient son lit et pressaient dans leurs mains ses mains, que la mort avait déjà glacées. A chaque instant ils croyaient lui voir exhaler le dernier soupir. Tout à coup son confesseur arrive, elle sort de son assoupissement et recouvre as^ez de force pour l'entretenir encore du salut de son âme; elle reçoit une dernière absolution, et, quelques minutes après, elle termine une vie chrétienne par une sainte mort.
DIVERS USAGES TOUCHANT l' EXTREME-ONCTION.
Chez les Grecs, on fait les onctions au front, au menton et aux deux joues, pour former comme une espèce de croix; ensuite à l'estomac, puis aux mains, dedans et dehors, et enfin aux pieds. D'après le Manuel de Metz, on les fait à la tête, à la
(1) Biographie des croyants célèbres, art. Bretons,
joue droite, aux yeux, aux oreilles, au nez, à la bouche, au milieu des épaules, à la poitrine, aux mains et aux pieds. D'après celui de Besançon, on la fait aussi sur les épaules et la gorge; d'après celui de Lausanne, sur le front et à la gorge (1). Ces divers modes d'administrer le sacrement de l'extrèmeonction ne nuisent point à sa validité, puisque saint Jacques dit d'une manière générale : « Quelqu'un parmi vous est-il malade? qu'il appelle les prêtres de l'Église, et qu'ils prient pour lui en V oignant d'huile, » sans spécifier sur quelle partie du corps doit se faire l'onction. Mais qui ne formerait des vœux pour quo cette variété de rites disparaisse, et que partout, du moins dans l'Église occidentale, on suive ce qui est prescrit dans le Rituel romain (2)?