‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 85 sur 139 · RECUEIL D'OBSEP.VATIONS SUR LES SYMPTÔMES D'USE MORT PROCHAINE · texte numérisé non relu

RECUEIL D'OBSEP.VATIONS SUR LES SYMPTÔMES D'USE MORT PROCHAINE

Nous croyons devoir mettre ici ce recueil d'observations, qui sera, nous le pensons, d'une grande utilité à ceux qui se trou >ent auprès des malades, et les empêchera peut-être de différer trop à les faire administrer. — On peut reconnaître que la mort d'un malade n'est pas éloignée : 1° si les yeux sont enfoncés, s'ils sont fixes ou s'élèvent et se meuvent irrégulièrement, annoncent l'effroi et l'inspirent aux autres, s'ils se remplissent de larmes, s'ils sont hagards ; si le malade croit voir des objets qui n'existent pas. 2° Si la peau du front est dure, sèche, ridée, terreuse ou couverte d'une sueur froide. 3° Si le nez s'allonge, s'il est froid, si les narines s'ouvrent, se retirent, éprouvent de légers mouvements convulsifs, si l'eau qui en découle est limpide, sans consistance. 4° Si les tempes et les joues se creusent, si les pommettes (3) deviennent noirâtres, plus éminentes et plus fortement dessinées. 5° Si les lèvres sont pendantes, décolorées ou noirâtres, agitées de mouvements convulsifs, ne se prêtant pas à l'articulation des mots, ou le faisant plus difficilement. 6° Si la langue est épaisse, raboteuse, tremblante, noire, sèche, froide; si le malade la présente difficilement et la retire de même avec peine. 7° Si le visage est livide, plombé, terreux, tremblant, couvert d'une sueur froide et visqueuse; si les traits, en géné-

(1) Dictionnaire des Rites, t. i, p. 1359.

(2) Voir au t. iv, p. 13, la bulle de Pie IX sur les rites de l'Église orientale.

(3) Pommette, la partie la plus saillante de la joue au-dessous de l'œil.

raî, sont fort altérés. 8° Si le malade tâtonne les couvertures, les draps, les rideaux et autres objets qu'il prend, laisse et reprend avec anxiété; s'il se découvre à tout moment; s'il tient les genoux élevés, la tête et les mains jetées au hasard ; s'il veul sortir du lit sans raison. 9° S'il parle difficilement, faiblement», s'il prononce des paroles entrecoupées ou peu liées les unes aux autres, s'il délire longtemps, s'il parle avec excès. 10° Si les cra-| chats sont abondants, visqueux, noirâtres; s'ils cessent tout à coup ou ne sortent que péniblement, quoique la toux soit toujours fréquente et annonce que les poumons sont pleins d'humeurs. H° Si la respiration devient plus rare, plus pénible; si elle ne met en mouvement que le haut de la poitrine; s'il y a suffocation qui augmente graduellement. 12° S'il y a vomissement de tout ce que l'on prend, ou de matières noirâtres, fétides, s'il y a hoquet fatigant. 13° S'il y a vomissement de sang, accompagné de douleurs à la poitrine et vers le dos. 14° S'il y a dejectiones alvinœ très-abondantes, involontaires, inaperçues. 45° S'il y a hémorrhagies (1) fréquentes et abondantes, accompagnées d'une fièvre ardente. 16° Si la fièvre est forte, violente, sou tenues si un accès est à peine fini que l'autre recommence; s'il recommence surtout avant que l'autre soit fini. 17° Si le pouls est faible, presque insensible; s'il frappe durement, sèchement; s'il glisse sous le doigt comme un fil tendu; s'il est inégal, sautillant, intermittent; s'il s'affaiblit chaque jour et remonte vers le coude... 48° S'il y a assoupissement prolongé, accompagné de délire, de réveil subit et en sursaut, qui laisse apercevoir du mal-être, de l'effroi. 19° S'il y a insomnie prolongée, quoique sans douleur. 20° Si une plaie ancienne ou un cautère se ferme tout à coup et se dessèche; si les vésicatoires n'ont aucune action sur la peau ou ne font éprouver aucune douleur; si les sangsues refusent de prendre, si la gangrène se monifeste. 21° Si le malade ne prend plus intérêt à rien; s'il refuse toute nourriture, tout breuvage, s'il éprouve une grande difficulté d'avaler. 22° Si le malade, après avoir éprouvé de violentes douleurs, est tout à coup soulagé, éprouve du contentement, fait des projets, sans qu'il y ait cause connue du bienêtre qu'il éprouve. 23° Si le malade perd la vue, l'ouïe, la parole, s'il devient comme insensible; s'il répand une odeur cadavéreuse; si les mains et les extrémités sont froides; si les membres se roidissent, restent sans mouvement; si une sueur

(1) Éconlcmcnt du sang hors des vaisseaux qui doivent le contenu.

glacée se re'pand sur la figure ou même sur tout le corps, si le gosier fait une espèce de ràclement occasionné par la respiration, et appelé râle, la mort est proche. 24° Dans presque toutes les maladies il y a intermittence, c'est-à-dire un jour où le tde est plus souffrant et plus fatigué, et un jour où il l'est moins : on peut choisir de préférence le dernier pour le faire administrer. Mais on se fait parfois illusion à cet égard, et il arrive souvent que les renvois multipliés conduisent jusqu'à ce moment décisif où le malade n'est plus capable de rien. 2oJ Tous les médecins, depuis trois mille ans, ont distingué des jouis critiques où le malade court le plus de danger, te sont le 7e, le IIe, le 20e et le 21e à dater du moment où le malade, ayant perdu ses forces, a été obligé de se mettre au lit. 26° Outre les jours critiques, on croit avoir observé que vers midi, vers le soir, avant minuit, et le malin, quand le soleil se lève, il meurt beaucoup plus de malades; il esta propos de prévenir ces heures pour l'administration des sacrements. 27° La chute des feuilles ou la fin de l'automne est dangereuse pour les poitrinaires et les maladies longues appelées chroniques; l'hiver pour les vieillards, l'été et surtout le printemps pour les jeunes gens et les tempéraments fort robustes. 28° Il y a toujours plus à craindre pour la vie des personnes qui n'ont jamais été malades, et qui éprouvent une maladie grave. 29° Plus les signes de mort prochaine que nous venons d'indiquer sont multipliés, plus ils ont d'intensité, plus aussi ils doivent faire craindre la fin prochaine du malade. 30° Comme on a vu plusieurs personnes qui, longtemps après qu'elles avaient paru expirer, ont donné des signes de vie et sont même revenues en santé, il faut différer d'ensevelir le corps, et, après lui avoir fermé les yeux et plié les bras en croix, le laisser dans cet état environ vingtquatre heures avant de le revêtir de son suaire, à moins qu'une putréfaction anticipée n'oblige à le faire plus tôt (j).

DES MOYENS DE SUSPENDRE L'AGONIE ET DE RENDRE, PENDANT QUELQUE TEMPS, L'INTELLIGENCE AUX MORIBONDS.

A l'hôpital de la Charité, M. Rayer, se livrant à quelques études sur les signes de la mort, avait recherché quels pouvaient être les effets du marteau de Mayor sur les malades agonisants. Cette opération bien simple consiste à plonger un marteau ordinaire dans l'eau bouillante, puis à en appliquer Aa tète, une

(1) Extrait du Rituel deBelley.

on plusieurs fois, sur différentes parties du corps, pour déterminer une irritation, une brûlure plus active et plus profonde que par les sinapismes les plus énergiques. M. Rayer fui éto*" ad de voir, sous l'influence de ce moyen douloureux, des m . privés de connaissance recouvrer l'usage de leurs sent'. Ainsi, des individus qui avaient déjà le râle précurseur de la mort, les extrémités froides, les yeux convulsés en haut, la bouche béante, sortaient de cet état de léthargie lorsqu'ils ressentaient l'impression du marteau retiré de l'eau bouillante. On voyait la douleur se peindre sur leurs traits à demi morts; leurs mains cherchaient à s'opposer à de nouvelles applications. Peu à peu leur regard s'animait et témoignait de leur rentrée dans la vie de relation; ils écoulaient les questions, y répondaient, se mettaient même sur leur séant. Malheureusement, le marteau de Mayor ne saurait produire un effet durable. Les agonisants, au bout d'un temps variant entre quelques quarts d'heure ou quelques heures, retombent dans leur état léthargique et succombent. Mais n'est-ce pas un résultat tout à fait heureux, et dans beaucoup de cas extrêmement désirable, de rappeler la connaissance d'un malade à un degré assez élevé et assez long pour qu'il puisse, s'il le veut, mettre ordre à ses affaires spirituelles et temporelles (1)?

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