FERMETÉ DE SAINT TARAISE
Vers l'an 782, l'empereur Constantin V conçut une passion criminelle pour Théodote, dame d'honneur de l'impératrice Marie, qu'il n'avait jamais aimée ; aussitôt il oublia que les liens du mariage sont indissolubles, et il résolut de les rompre pour épouser Théodote. Il eût bien voulu que Taraise, patriarche de Constantinople. approuvât son divorce, mais il comprit qu'il ne serait pas facile de le gagner ; il lui envoya cependant un de ses principaux officiers, qui tâcha, mais inutilement, de prouver que Marie avait employé le poison pour se défaire de l'empereur. Taraise, au lieu de faire un long discours, ne répondit que ce peu de mots, en soupirant : a Je ne sais comment l'empereur pourra supporter l'infamie dont ce divorce scandaleux
▼a îe couvrir à la face de l'univers : je ne sais non plus comment il pourra punir les adultères et les autres débauches, après a^oir donné un tel exemple. Allez lui dire de ma part que je souffrirai plutôt ia mort et tous les supplices imaginables, que de consentir à son dessein. » Le peu de succès de l'officier n'ôta point encore à l'empereur toute espérance de gagner le patriarche; il l'envoya chercher et lui montra un vase qu'il prétendait rempli du poison que l'impératrice, disait-il, avait préparé pour lui ôter la vie. Taraise ne donna point dans le piège, et répondit généreusement à l'empereur qu'il connaissait le motif de ses plaintes. « Elles viennent, s'écria-t-il, de votre passion pour Théodote; mais, quand elles seraient fondées, je ne consentirais pas pour cela à la célébration d'un mariage qui sera toujours illégitime et contraire à la loi de Dieu, tant que l'impératrice Marie vivra. » — Les plus terribles menaces furent sans effet, et le saint demeura inébranlable dans sa résolution (1). •