‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 103 sur 114 · PARAGRAPHE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE QUATRIÈME

DB hk LUJLUKE.

s^D^ QH^est'ce ifuéla luxure^ — R. La lutnreest le vice honteux de Pimpureié.

Explication. — Rappelez- vous, me» enfaDts, ce que i)ous avons dit de Timpureté, en vous expliquant le sixième pomœaodemeDt de Dieu, et vous aurez que idée de i eoolrnilté du péché de la luxure (4 ) ; car Id luxure et le vice hooteux de rîmpurelé sont absolument la même chose. « Celui, dit le « 6^e, qui 8*y abaudonne, rassemble sur sa t^te lalurpitude « et rignominie (2) ; ii ndérite d'être foulé nux pieds comme

(I) Luxure, du mot latin luxuria^ qui si^iiè diesolution, débauche. iMxuriu vient de iuxus, excès.

(«) ProY., VI, 33.

« Tordure qu'on rencontre dans le chemin (4 ).• L'Esprit-Sdînt pouvdit'il exprimfer, d'une manière plus, énergique, tônfe l*bôrreur que dbil nous inspirer ce vice abominable?— Les filles de la luxure, les péchés dont elle est la source, sont Toubli de Dieu, Taveuglement de Fesprit, Tendurcissenlent du cœur, le désespoir et Timpénilence ; il est inutile, mes eufants, de vous répéter ici ce que nous avons déjà dit sar ce sujet (2).

= D. Quelle est la vertu opposée à la luxure^ — R. C'est hi chaôleté^ qui nous éloigoe des plaisirs déshoDoêtes, et oous apprend à bien régler ceux qui dous sont permis.

Explication. — Nous avons dit quelques mots, mes enfants, de lexcellencexie cette vertu, dans laquelle saint Gyprien dislingue trois degrés: a le premier est la virginité, « la plus belle fleur que puisse produire le champ de TEglise, « temple de Dieu, asile sacré où TEsprit-Saint se platt à « habiter ! » Le second est Tétat des veuves qui vivent dans Téloignement de tout plaisir illicite, et ne pensent plus à plaire qu*à Dieu seul ; le troisième est la vie chaste entre tes époux, qui vivent de telle manière qu'ils ne se permettent rien qui ne soit conforme à la loi de Dieu. — Chacun dans son état doit pratiquer cette vertu, et quiconque ne la pratique pas, ne verra jamais Dieu (3).

TRAIT HISTORIQUE

TEERIBLBS BFFEfS DB LA LUXORE.

Le P. Lacordalre a prédié , à ta lin de l'année 1844, dans la cathédrale de Paris , un sermon admirable sur la chasteté. Voici en quels termes Torateur dépeint les suites affrètes du sens dépraver c II use sans fruit nos plus précieux organes , il dévore sans but « nos plu^ ailmirables facultés. N'avez-vous pas cenconiré de tm « hommes qui, à la fleur de Tàge, à peine honorés des sij^nes de la

(1) Eccl., ix,iO.

(2) Voir la leçon xtv de la seconde partie'.

(S) Sequimini... sanctimoniam sine qua nemo videbitDeam. (Hdl».» 111,14.)

« virUilé, portent dffiï les fiélr'rssures an temps; qni ^ dégénérés c avaoi d'avoir aUemi la naUsaoce lotale de rêtre^ le front c4iargét € de rides précoces, les yeux vagues et caves, les lèvres iinpiiissaa* c tes à peiodre la bonté, Iratoem sous uQ,soleil tout jeune une e\i»* c lence caduque? Qui a fail jces cadavres? Qui « touché ceieo- « faot ? Qui lui a ôlé la fraîcheur de ses années ! Qui a mis sur sa face . c des sièclfs honteux? N'est-ce pas ce sens ennemi de la vie (\es € hommes? Victime de sa dépravation, \e malheureux a vécûsoli- « taire, il n'a aspiré qu'à des secousses égoïstes, qu'à ces effroyables € pulsations qqe l'homme et le ciel se détouraeat pour ne pas'voir; € et le voilà ! il s'en va, pris du vin delà mort, et, d'Un pied mépri<^f « porter son corps au tombeau où ses vices dormiront avec Jui tt^ € déshonoreront sa cendre jusqu'aux derniers des jours. >

PARAGRAPHE GINQUIEMI.

DE L*ENV1E.

=D. Qu^eat^ce que l'^envie^ — R. L'envie est une trislesse que nous ressentons volontairement des avantagea du pcochato, et uœ. joie que nous éprouvons du mal qui lui arrive.

Explication. ~L*e^ie(4)e8t une tristessedu bien de notre^ prochain, et un cbagr^adele voir prospérer, de lentendre louer; chagrin qui nous conduit à désirer, qu'il 6oit privé de celte fortune, de cette dignité, de cette beauté, de cet esprit qui lui attire des louanges; chagrin qui fait place à la joie la plus yive, si leiproebdifi vientà éproover^^uelque peine^ quelque malhfuiri De paneils senlimcots .sooi.dîreoteaieot opposés. à la charité, qui nous porle 'à nous réjt>dîr avec'^ ceux <|ui sont, dan» la joie et à pleurer dvec ceux qui pleurent.— Les filles <le Tenvfe, les péchés dont elle est la source, sont : la médfsance, la calornnîe, la haine, et quelquefois même Thomicide. Ce fut par envie que Gain tua son frère Abel ; ce fut aussi par envie que les princes de& prèn très firent crucifier Jésu&tCbriutK.

(1) Du mot latin invidia, qui signifie haine, jalousie.

= D. Quelle est la vertu opposée à H^envie^ — - R. C'est l'amour véritable du prochain, qui nous porte'à nous réjouir de son bien comme du nôtre , et à ne lui vouloir pas pltis de mal qu'à nous.

Explication. — Aimons le prochain comme nous-mêmes, el nous ne lui porterons jamais envie. Que si ce vice odieux était entré dans notre cœur, employons pour Ten chiafsser les remèdes que nous fournit la religion. Est*ce aux biens terrestres, que possèdent les a utiles, que nous portons envie? détachot^s-lAous deTamour des richesses de la terre : dès que nous les mépriserons, nous ne «serons plus jaloux decenx qui les possèdent. Si ce sont les biens spirituels du prochain qui excitent notre jalousie, corrigeons- la en imitant nous-mêmes le bien que nous voyons dans les au- 1res. « Soyez juste, dit saint Augustin, et vous ne porterez plus envie à celui que vous étiez fâché de voir juste, parce qu'étant vous même ce que vous étiez fâché qu'il fût, vous' faimerez en vous et en lui. » Un autre remède contre Tenvife, cest dédire tout le bien possible de lé personne quî est l'objet de notre jalousie, de la louer en toute occasion, de prendre même sa défense toutes les fois qu'elle est attàquée. En agissant ainsi , nous guérirons en peu de temps le mal de lenvie, et nous verrons se fermer pour jamais les plaies de Taversion que nous avions dans le cœur.

TRAIT HISTORIQUE

EFFETS DE l'eNVIE.

0«Hrequ*«lle ron^ celui qui s'y livre, l'envie le rend capable de toutes sortes de criroes; témoins les enfants de iacobii Tégard de leur frère Joseph, et tous les jours une foule de personnes à qui l'envie inspire une malice (épouvantable. Il n'est pas étonnant, après cela, de la voir au nombre des péchés tjui, d'après l'apôtre, excluent du royaume des cieox (1).

(1) Galat.,v, 21.

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