‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 105 sur 114 · DE LA COLÈRE · texte numérisé non relu

DE LA COLÈRE

— D. Qu'est-ce que la colère ? — R. La colère est an mouvement déréglé qui oous porte à repousser avec violence ce qui nous nuit ou nous déplaii. ,

Explication. — Il y a une colère juste et raîsoDDable, ane colère excitée par le zèle, et qui n'a pour fin que de s'opposer au mal et de procurer le bien. Telle fut la colère de Jésus-Christ, lorsque, aylaint fait un fouet avec des cordes, il ehassa du temple ceux qui le profanaient par un trafic illicite et scandaleux ; telle est aussi la colère d'un prédicateur qui sélève avec force et énergie contre certains abus ; d^ua père, d*un supérieur, a la vue de certains désordres qu'ils sont obligés de punir. C'est de cette colère que parle le Pro* pbète-Roi, quand il dit : t Fâchez- vous et ne péchez point, i» — Lacolère(l|, qui est un péché capital, est bien différente: c'est un mouvement iospétueux et déréglé de l'âme, qui nous porte à repousser avec violence et avec fureur ce qui nous nuit ou nous déjdaît ; a c'est l'effet d'qne passion qui « régne dans le cœur et qui rencontre quelque obstacle ; tt elle fait naître le trouble dans l'âme, et le désordre qu'elle « y cause se peint sur le visage et dans tout rextérieur de a l'homm&qui s'y livre ; ses yeux s'enflamment, sa voix est « entrecoupée, tout son corps tremble, il ne se connaît plus, <( ne respecte rien, et sa boucha répand à grands flots les « médisances les plus atroces, les plus noires calomnies, les « injures les plus grossières, les blasphèmes les plus horri- « blés (2), » Voilà, mes enfants, la colère que la religion condamne ; voilà les excès auxquels elle porte. Eyitez avec soin un péché dont les suites sont si terribles , et, quelque contrariété que vous éprouviez, quelques torts qu'on puisse

(1) Colère, du grec XpMtM^ signifie bile, ^, parce que les anciens attribuaient la cause de la colère à l'agitation de la bile. \%) M. rabbé Thirat.

avoir envers vous , fatles en sorte de ue vous emporter jamais, et de vous renfermer toujours dans les borues d'une sage modération.

=1). Quelle est h vertu apposée à la colère î — R. G*est la douceur, qui Dous fait consenrer le calme ei supporter avec patience ce qui nous coDtrarie.

Explication. — La vertu qu'il faut opposer à la colère, c'est la douceur et la patience, qui nous font supporter les contradictions avec calme et dignité, et qui nous apprennent à ne vouloir surmonter les obslacies qui s'opposent à nos désirs que par des moyens sages, doux, persuasifs, tels que les dictent la raison et la religion.

thâits historiques.

DOUGBtl JkI>MllUBLE M MONSBICmUB K CHEVSaiTS.

Uo jour UD homme, emporté par un zèle plus ardent que ebaritable, se permit d'adresser à Monseigneur de Cheverus, archevêque de Bordeaux, des reproches acerbes, des paroles mortifiantes. Monseigneur le laissa dire sans interruptîen tout ce qu'il voulut, et ajouta seulement k la fin ce peu de mots, avec une douceur parfaite : «Je remercié Dieu, Monsieur, de ce qu'il me fait ta grâce de ne pas vous répondre sur le ton dont vous m'avez parlé (i). »

COLÈBE ET DOUCEUR.

La douceur fut la vertu favorite de saint François de Sales , qui l'acquit par sa persévérance à combaUre I9 colère à laquelle il était enclin. Un jeune gentilhomme, qui le haïssait, vint faire un bruit horrible sous ses fenêtres; il était accompagné de plusietirs chiens , dont les aboiements insupportables se joignaient aux injures atroces de quelques valets insolents. Non content de cela, il eut l'effronterie de monter lui-même à la chaml>re du saint évéque, et y vomit contre lui tout de^quesa fureur put lui suggérer de plus offensant. Le préljjtt regarda cet emporté d*uo œil tranquille, et ne lui répondit pas une seule parole. Le gentilhomme prenant cette modération pour du mépris, redoubla de rage» et poussa son inso* lence jusqu'aux derniers outrages. Saint François de Sales conserva toute sa patience* Lorsqua le^Auieux se fut efifin retiré^ on xle-

(1) Vie de Mgr de Chevente, pag . tS7.

niMKlaAii Mi'rrt évéque oomamit il af aii pu se laire 4li|i»<iiiie telle rencontre. « Nous avons , r^pondiuil, fait un p^de ioviolable^ mi langue et moi, et nous sommes convenus que pendant que mon cœur serait dans Témotioa , ma langue ne dirait mot ; poufais-je mieux apprendre à ce pauvre ignorant la maaière de se posséder qu'en me taisant, et sa colère pouvait-elle plutôt s'apaiser que par mon silence? Ne faut-il pas avoir pitié d'un malheureux qoi est emporté par sa passion ? )»

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