DU PREMIER COMMANDEMENT DE DIEU
= D. Quel est le premier commandement? — R. Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.
= D. Qu'est-ce que Dieu nous ordonne par ce premier comman* démenti— R. Par ce premier commandement. Dieu nous ordonne de l'adorer humblement et de l'aimer de tout notre cœur.
Explication. —Vous savez, Does enfants, en quoi consiste l'amour que nous devons à Dieu, et je ne répéterai point ici ce que je vous ai déjà dit à ce siqet. Ainsi, quoique Dieu
(i) III. Reg., XII.
par le prt mier eommandetnenl, nous ordonne deux choses : 4*de Fadorer, 2'' de Tairoef ; je ne vous parlerai que de la première de ces obl^tions. — Le mot odoirer (en hébreu scahah), pris dans sa 'signification littérale, signifie porter la main à la bouche, baiser sa main par un sentiment de véoératlen ; dans tout TOrient ce geste est une des plus grandes marques de resypect el de soumission. « Ceux qui adorent , dit saint Jérôme, ont coutume de baiser la main (4 ). » Il est dit dans le troisième livre des Rois : « Je me f réserverai sept mille hommes qui n*ont pas fléchi le genou « devant Baal, et toutes les bouches qui n'ont pas baisé la « main pour Tadorer (2). 0 Pharaon, parlant à Joseph, lui « dit : (c Tout mon peuple baisera la main à votre comman^ i dément, il recevra vosordres comme ceux du roi (3). » — Adorer signifie aussi se prosterner devant quelqu'un, lui foire une profonde révérence, soit pour le saluer, soit pour lui demander quelque grâce, soit pour le remercier d'un bienfait reçu. Cette manière de saluer, en se prosternant devant quelqu'un, était pratiquée par les orientaux à l'égard de ceux à qui ils voulaient témoigner un grand respect ; et c'est dans ce sens que se prend le mol adorer Tcpotncuvico, dans tous les endroits où l'Ecriture dit qu'on a adoré des hommes ou des anges (4). — Lorsque le mot adorer est employé à regard de Dieu, il signifie le culte suprême qui n'est dû qu'à Dieu seul ; on l'appelle Latrie , du mot grec XaTpeia, lequel signifie service, et désignait, dans l'origine, le respect, les services et tous les devoirs qu^un esclave rend à son noaitre; de là on s'est servi de ce terme pour désigner le culte que nous rendons à Dieu.
— D. Qu'estrce qu^adorer Dieu? — R. Adorer Dieu, c'est le reconnaître comme le créateur et le souverain Seigneur de toutes choses.
(4) S. Hyeroniiik contra Blufin. lib. i. ^) Reg., chap.tO.
(8) Gen., xli, 40.
(4) Dict. de Philologie sacrée, an mol Adorare.
^KPUGAxioK. — L'aderalioa oonsialeà reooiiaatiM lesw* veraio domiriDe (4] qoe Dieu a aor (oulet choses, » oaafefi^ aer i eatiére d^>eiidaDoe où noiis^soiiHDes à son ég»rd, et è rérérer sa suprême ouyesté. C'esi là l'hammage -que nous M deroBS; poarrioos-Dftus le lui reftiser? 11 esi le seul èirù exilant par luî-Hiéiiie; le seul puissant, deranlquiftaottt qui tôt créé n'est que faiblesse ; qui, par sa seule volonié^ a leât que toutes ks créatures oui ooBunaooé à exister, el, par cette môme volooté, les empôebe de rentrer dans le néant d*oii il lésa tirées. Il est le seul grand , le seul salai, le seul parfak , devant qui tout te qui est créé est vil et abject. Reconnaissons donc le souverain domaine de Dteu, et, pénétrés pour lui du plus profond respect, anéantissonsnous en sa présence et confessons que tout bonoeur et toute gloire appartiennent à lui seuL
Tout ce qui constitue notre être, le corps et l'âme , dépend de Dieu ; nous devons donc lui xendre bommags par Tune et Tauire partie de nous-mêmes* et joindre, par^coaséquent , aux sentiments intérieurs d'adoration « des actes extérieurs , tels que les génuflexions, les prostrations,, ks cbants sacrés , etc. ^ qui assocknt la corps à la reU^oe de Vàme.
L'obligation de rendfe à Dieu un culte extérieur .« été reconnue dans tous les ten^s et dans tous les pays : ee ne trouve point de peuple qui n'Mt eu ses sacrifices, ises céré^ monies et ses fêtes de religion, liais le oulte extérieur doit être accompagné du culte intérieur ; autr^ooeni, il est CmuL et menteur, car ilexprimexlessentiaienls qu'on n'a pais. En effet, n'est-ce pas tromper et mentir, vouloir même, pour ainsi dire , en imposer à la divinité, que de faire des aciions qui marquent qu'on est pénétré envers elle des sentiments d'adoration , de soumission et d'amour , et n'avoir aucun de ces sentiments? Mensonge horrible I odieuse hy* pocrisie! <k Dieu est esprit, dit 9éstts4!bns|, ei illatlt que
(1) Domaine, dn ni#t latin DmUmu^ «attrcw lelgnaar.