II. B
tenl ira miroir sons leur Chevet , afin de voir en dormant celui qu'elles auront pour époux. La Coscinomancie, ou Tart de faire ioumer le sas^ afin de savoir si telle personne qui est absente doit bîantôt revenir, si elle est morte ou si elle vit encore. On tient un sas suspendu sur le doigt, s'il tourue à droite, c'est bon signe ; mais s*il tourne à gauche, c'est signe de malheur I La Xilomancie^ ou lart de tirer des présages de la disposition de certains morceaux de bois sec qu on rencontre par hasard dans son chemin. VOomandet qui consiste à interroger la forme extérieure de Tœuf, ou mêmes les nuages que forment les blancs jetés dans un verre d'eau. Ce genre de divination est fort en usage chez nos sibylles modernes, de même que celle qui s'opère par le marc de café. La Cléidomancie, ou divination par le moyen d'unç clé. On entortille autour d'une clé un morceau de papier contenant le nom de celui qu'on soupçonne d'un crime; cette clé est ensuite attachée à une Bible qu'on remet entre les maios d'une jeune personne, et si celui que l'on soupçonne est réellement coupable, la clé doit tourner d'elle même au moment où l'on récite le commencement de Pévangile selon saint Jean. ^— 11 est de la dernière évidence que tous ces différents moyens de lire dans l'avenir sont complètement illusoires : Dieu seul connaît les secrets des cœurs ; Pieu seul connait les choses futures qui dépendent de la volonté libre des hommes. 11 n'est pas moins évident qu'on ne saurait y avoir recours et y mettre sa confiance sans se rendre grièvement coupable, à moins que la simplicité et l'ignorance n'excusent jusqu'à un certain point; parce que ces moyens, comme nous l'avons déjà dit, n'ayant aucun rapport, aucune proportion avec l'effet qu'on en attend, cet effet, s'il avait lieu , ne pourait être produit que par l'intervention du démon. Ce serait donc recourir au déau>Q au moins implicitement , et faire avec lui une espèce de pactQ. Aussi toutes ces superstitions ont-elles été expressément condamnées par les conciles et les souverains pan-tifes.
— 9^ — D. Qu'esicê que la Chiromancie, la MéioposcBjAe et la CarHH mêncie?'-n. Ce sont irois autres branches de difination, noo moins absurdes ni moins criraineJIes que celJes dont \\ vient d'être parlé.
Explication. — La ChiroTmnck est Tari de prédire l'avenir par l'inspection des lignes de la roaio. Ce ^mte de divination est encore exercé tous les jours, dans les foires et sur les places publiques,, par des coureurs et des vagabonds dont tout le talent et toute la science consiste à attraper de i argent et à faire des dupes, et ils n'en font que trop. Une foule de paysans grossiers et stupides accueillent leurs oracles avec avidité ! comme si le créateur avait écrit dans nos mains ses volontés éternelles ; comme s'il pouvait y avoir quelque rapport entre les lignes et les sillons de la main, et nos destinées futures I — La Métoposcopie est lart de deviner par les rides du front ; celte branche de larl divinaloire a beaucoup de rapport avec la chiromancie, et elle n est ni moins absurde ni moins ridicule. — La Cartomancie est Tart de prédire lavenîr par le moyen des caries. C'est de toutes les espèces de divination celle qu'on pratique le plus de nos jours. Non seulement dans les campagnes, mais dans les villes, on a confiance en la cartomancie. Non seulement ce qu'on appelle le peuple, mais des hommes d'esprit, des dames du haut parage vont visiter en secret les tiremes de cartes, et ne rcmgissent pas d afouter foi à toutes les extravagances qu'elles leur débitent Le bon »ns et la raison ne feront-ils pas enfin justice d'une aussi poénle superstition? Peut-on croire que le secret de l'avemr réside dans un jeu de cartes ? L'ouvrier qui les a fabriquées leur a- l-il infuêé une vertu prophétique ? LWleur de la nature a-t-il écrit, sur des cartons peints de rouge et de noir, la suite et la chaîne des événements de la vie? ¥ Mil quelque rapport entre un jeu de cartes et les évè- Déments futurs qui concernent telle et telle personne *> Non évidemment non. Ainri, de deux choses Tune : ou îl y a fourl berie et tmpostare de la part des tireuses de cartes, et aters
c'est folie d*y avoir recours; ou bien le démon serait de la partie, et alors de quel péché ne se rendrait-on pas cou* pable ? HAloQS-nous cependant d'ajouter que la simplicité, h bêtise, Tignorance, peuvent souvent excuser de faute grave ceux qui ont recours aux cartomanes. Nous pensons aussi que celui qui, n'ajoutant aucune foi aux cartes» et re» gardant la cartomancie comme une superstition ridicule, tirerait les cartes uniquement pour rire, s'amuser ou amuser les autres, ne pécherait en aucune manière ; mais il y aurait du danger à s'amuser de la sorte devant des personnes superstitieuses.
D. Qu'est-ce que t^ Astrologie? — R. L'astrologie est la science des astres.
D. Combien di^tingue-t'On de sortes d^Astrotogies?—R. Ou en distingue de deux sortes: rastrologie naturelle et Fastrologie judiciaire.
Explication. — V Astrologie naturelle, qui est Tastronomie proprement dite, est la science qui apprend à déterminer les positions relatives des astres, à constater les lois de leurs mouvements, etc.; de manière à pouvoir prédire» d*une manière positive, certains résultats, certains événements, par exemple les éclipses du soleil et de la lune. Cette science est sans contredit très noble et bien propre à nous Caire admirer les grandeurs et les perfections de Dieu. L'astronomie s'occupe aussi de Tinfluence des astres et surtout de la lune sur la température de Tair, les pluies, les vents^ la sécheresse ; elle est, sous ce rapport, assez conjecturale et fort incertaine ; mais il n'y a en cela rien de superstitieux. Quant aux prédictions qui se trouvent dans les AlmchnachSf elles ne sont fondées que sur le hasard, et sont presque toujours rédigées dans l'atelier de l'imprimeur, et par l'imprimeur lui-même. Elles ne sauraient tromper, par conséquent, que ceux qui veulent bien l'être, et qui^ sont assez simples, assez crédules pour ajouter foi à des asser«> lions évidemment aventurées, pour ne rien dire de plus.
V Astrologie judiciaire est Turt de prédire JjSTéli^jdQK hommes, de leur aoDoncer leurs destinées, par riospeciion des astres. G*est là la science de ceux quon appelle Astro^ loques, Bohémiens, Diseurs de bonne aventure, etc., lesquels, d*après les cours et les différents aspects des astres, prédisent les mariages heureux ou malheureux, les bons oa mauvais succès, les chutes, les maladies, les honneurs^ la prospérité, Tadversité, le genre de mort. L'astrologie judi* claire est une science fausse, absurde, réprouvée par rEcrtture, par les saints Pères, par les conciles, par le bon sens^ et qui cependant a régné chez tous les peuples, et a fait, dans tous les siècles, un grand nombre de dupes ; tant Tesprit de Thomme est faible quand il n est pas soutenu et éclairé par la foi ; tant est grand le nombre de ceux qui se montrent sourds à la voix de la raison I « Si un homme, « dit le Seigneur au livre de TExode, se détourne de moi c pour aller chercher les magiciens et les devins..., il attl- « rera sur lui Tœil de ma colère, et je lexterminerai du mi- « lieu de mon peuple (4). » — a Vous croyez à riniluence c des astres, à la fatalité, disait saint Jean Chrysostômeaux «fidèles de son temps; si vous étiez bien persuadé de « l'existence de Dieu, de la justice, de la Providence, de la « vérité de nos saintes Ecritures, vous abjureriez ces fu- « nestes erreurs. Ou renoncez au christianisme, ou renoDa cez à cette doctrine impie. Vous croyez à Tinfluence des «astres, à une aveugle fatalité; cessez de planter, de « semer ... ; condamnez- vous à une inaction totale, puisque, « bon gré mal gré, tout ce qui fut arrêté dès votre nais- « saoce, ne peut manquer d'arriver (2). » Le saint docteur, par les dernières paroles que nous venons de citer, fait allusion à ceux qui observaient l'état du ciel à la naissance d'im enfant (ce que font encore aujourd'hui les Bohémiens)» et qui croyaient que les astres avaient quelque influence sur
(1) Levtt., XIX, M.
(S) Bibliothèque ckoiiie des Pères de VBglise^ tom. XII, pag. ISO.
ififftf}iâr^ii^t^^cel6nflamt,surse9tndiiidH sa santé, son caractère, son bonheiN* ou son malheur; observation sans fondement et chaque jour démentie par Texpérience, puisque deux enfants qui naissent dans le même mon>eKit, deux jumeaux, par exemple, ont souvent des qualités toutes contraires, des destinées tout à fait opposées ; Tuji devient riche, tandis que l'autre vit dans la pauvreté et \a misère: i*ttn parvient à une extrême vieillesse, tandis que Tautre est moissonné lorsqu*il est encore a la fleur de ses années. — L'astrologie judiciaire ne mérite donc aucune créance, et les misérables qui exercent la profession d'astrologues pè* chent mortellement, puisque, en supposant même qu'ils n aient pas fait de pacte avec le démon , ils sont évidemment des escrocs. Ceux qui les consultent sérieusement se rendent également coupables d*une faute grave: mais il ne pèchent que véniellement, si c'est par pure curiosité e! par manière de plaisanterie (4) et supposé que les Bohémiens eiix-mân)es n'agissent pas sérieusement.
Il y avait autrefois à Alexandrie une coutume par laquelle les astrologues étaient obligés de payer un cei;fain impdt qu'on appelait k tribtit des fous , parce que le produit en était assuré sur le gain que les astrologues et les diseurs de bonne aventure faisaient à la faveur de la folle crédulité de tours sectateurs (2). Si cet impêt était établi parmi nous, ceux qui y seraient assujettis ne seraient pas en petit nombre.
Qukanqm a dessein de friper le monde, dit Tauteor de lâ logique de Port-Royal, est assuré de trouver des personnes qui seront bien aises d'être pipées ; et les plus ridicules sottises rencontreront tatgours des esprits auxquels elles sont propor^ Honnées, Il y a une constellation dans le eiel, qu'il a plu à quelques persûnnes d'^appeler balance, et qui ressemble à une bdanee conmeà tm vmUn à vent. La balance est le signe de
(i) Conférences du Diocèse du Puy, année ISSS^ pt^r* Itli» n ^"hxfBm\»kilùs&pkkdyibfms«n9^iA\^f^ïÊ%.
lafiêstice; donc ceux fut naUronl iotàs cette ootuteUation, semuL justes et é^itaUes... Quel^pie extrcwaganis qw soient ces raisonnements^ il se trouve des personnes qui les dAitent^ et loutres qfiÀ s'en laissent persuader (4 ).
D. Est-ee une superstition (F ajouter foi aux songes , et de les regarder comme les signes de certains événements bons ou mau^ vnsf-^Bi. Oui, c'est une snperstiUoi fonnellemeDl condamnée ptr les llyres saints.
D. Quet est le nom que Con donne à cette branche de divinor (ton?— R. On l'appelle Onéiromancie, c'esl-à-dire, divination par lessooges.
EuucATioii. — Vonéiromaneie est Tart d'expliquer les songes, et de préToir par eux les évèoeBieiits heurenx ou malheureux. Celte branche de dWination , colportée dans les villages et dans les canaipagDes par des coureurs et des vagabonds , D*est pas moins absurde que toutes celles dont nous venons de parler. 11 peut se faire quun rêve s'accomplisse, noais il en est mille autres qui sont sans efTei ; tool homme qui n'a pas abfuré la raison et le sens commun ne saurait donc y avoir confiance* Et qui ne sait que les songes sont le résultat on d'une mauvaise digestion on des tour- Mnts d'une Ame agitée par la crainte, le désir ou les re» iDords? ce qui lait dire au Sage que a les grands soins sont «Mivisde songes (3).» Quel rapport peuvent-ils avoir, dès lors, avec nos destinées ftitures, et comment pourraient-ib en être le pronostic? — Le seigneur avait défendu aux bcaélites d'observer les songes: a Vous n'observerez point « les songes (3). » — « Qu'il ne se trouve personne parmi « vous qal observe les song^s (i). » —L'impie Manassâs doQMit dans cette superstition . et elle lui est reprochée WMne un crime (6). *— Enfin, on grand nombre de conciles
(1) Logique f on Art de penser; premier discours.
(2) Multas curas sequentur somnia. Eccl.» v, S. (!) Unît., m, m.
(4) Deut, XVIII, iO.
(5) Obserrabat somnia. II. Fati lOJMt 0.
ont condamné la foi aux songes, et an concile de Paris, tenu l'an 820, dit que la confiance aux songes est un reste dejMh ganisme. — Ce n*est point toutefois une superstition d'ajouter foi aux songes, quand on a des raisons sufBsantes pour croire qu*ils viennent de Dieu. L'Ecriture sainte parle de plusieurs songes prophétiques qui, sans aucun doute, venaient de Dieu ; tels furent ceux de Satomon et de saint Joseph. Les historiens parlent de plusieurs conversions opé« rées par des songes ou visions surnaturelles. Arnobe(4), par exemple, au rapport d'Eusèbë, fut pressé par plusieurs songes d examiner de prés la religion chrétienne pour laquelle il n'avait eu jusque-là que du mépris et de la haine. Toutes les préventions de ce célèbre docteur cédèrent à l'évidence, et il abjura le paganisme pour embrasser la religion de Jésus-Christ. Hais ces faits sont loin d'autoriser la confiance aux songes en général, et c'est .une superstition d'y ajouter foi, quand ils ne sont pas accompagnés de circonstances propres à prouver l'action de Dieu. Saint Augustin, parlant dans ses confessions de quelques songes qu'avait eus sa mère, s'exprime ainsi: «Gomme elle était fort « occupée d'un projet qui me concernait, le mouvement des «t esprits et l'effet de l'imagination lui causaient quelquefois « sur ce sujet certaines fausses visions qu'elle me racontait ; « elle n'en faisait aucun cas, et ne pouvait y ajouter foi, «comme à ce qui venait de vous, ô mon E>ieul car elle « disait qu'un certain sentiment inexplicable lui faisait fort « bien faire la différence des songes par lesquels il vous « plaisait de lui manifester quelque chose , et de ceux qui <c ne venaient que de son iRiagtnation (2). » Ces paroles de l'illustre docteur nous font connaître quelle est la cause la plus ordinaire des songes, et la règlequ'il faut suivre en oH%d matière: ajouter foi aux songes qui, vu les circonstances
(i) Arnobe était professeur de rhétorique à Sicqne, tft Aftiquê, vers ^an 297, lorsqu^il se contertit au christianisme. (S) Cofi/l de S. Aug,, Ur, n, «hap. il.
qui les aecoixipi^gnent, viennent évidemment de Dieu, et lie faire anciin cas de ious les autres. Qu*on n'ait pas surtout la simplicité de croire qu'il arrive toujours le contraire de œ qu'on a rêvé : que l*or et l'argent, par exemple, annon^ cent misère et pauvreté ; que si on a rêvé des choses doilees et agréables , on doit s'attendre à des peines amères, etc. ; assurément de pareilles idées ne reposent absolument sur rien. Que Ton comprenne enfin que ce sérail une véri^ table folie d'aller mettre à la loterie, d'après un rêve, une somme plus ou moins considérable , et d'exposer ainsi éa fortune et celle de ses entants. Qui ne sait qu'agir de la sorte, c'est le moyen le plus expéditif pour se ruiner?
D. Qu^ est-ce que la Rhabdpmancie? — R. La Rhabdomancieesi Part de deviner au moyen de la baguette divinatoire.
Explication. — Cette baguette doit être de coudrier et
fourchue, et à peu près de cette forme : """'^ ^-i^-'^^'*^
Eo la tenant des deux mains par les deux extrémiti^s de la fourche, elle tourne d'elle-même, si l'on en croit les RhabdO" fnancims, sur une source, sur les métaux, les minéraux, ete» Od s'en sert également pour trouver les choses perdues» découvrir les bornes d'un champ, et même pour suivre les traces des voleurs et des meurtriers. — Un paysan du Dauphiné, nommé Jacques Aymar, rendit célèbre, à la fin du xvu* siècle, Tusagede la baguette divinatoire. En 4692, un marchand de vin de Lyon et sa femme furent assassinés dans leur cave. Toutes les recherches de la justice pour découvrir les coupables ayant été infructueuses , on eut recours à Jacques Aymar, dont les talents merveilleux faittient beaucoup de bruit. Armé d'une baguette de coudrier, bien et dûment conditionnée, il se rend au lieu ou l'on avait trouvé les cadavres ; la baguette tourne avec Rapidité. Se entant suf6samment électrisé, il se met aussitôt en chemin et suit les traces des meurtriers jusqu'à Beaucaire. Sa k>agnette le conduit h la porte de la prison : on la lui ouvre, et * le geôlier lui présente douze prisoniiiers. H essaie sur chacun
é'enêx son redoiitftbte iMlrmneiii : la hag^A» d» todrir ^pie sur tiB petK bossu qu'on venàik d^arréter pour ub délH €OBiints à la foire, Jaeques Aymar le sigMie oeoMBe étenl un des auteur» du meurlre eoninris à Lj!on. Le procès s'ia^ slniit; le pelil bossu confesse lut-mèrae son crime, et est condaBEiné au dernier supplice (4). Cette af^iire fit ^nd bruit dans toute la France : le nom de Jacques Aynciar volait de bouche en bouche : mais celle inmecise réputation devait bientôt s*évanoiBr comme un songe. Le prince de Coudé fit venir lacc|ues Aymar à Paris, et voulut mettre sa science è répreuTe. Oa fit , par son ordre ^ cinq à six. trous dans un jardin, et Ton y hiR de Tor, de Target, du cuivre^ «les pierres et autres matières. On proposa ensuite au rhabdomancien d'en faire fa découverte; mais la baj^uette ne put rien distinguer : elle prît des pierres pour de l'argent, elle indiqua de Targent dans un lieu où il n'y en avait pas, et opéra avec une telle maladresse et une telle confu&ioo, que sa perspicacité commença à devenir fort suspecte. On voulot voir si Jacques Aymar serait plus faaUle à découvrir les sources et les fontaines. On le fit passer plusieurs fois sor une petite rivière couverte d'une voûte de pierres chargée de terre et d arbres : la baguette resta immobile. Un grand nombre d autres épreuves ne furent pas plus heureuses, et Ton se convainquit qu*Aymar n'était qu'un JmposteiO* adroit qui avait trompé la IxHine foi des juges de Lyon. On «'assura qu'il avait dans sa province de nombreux gcoh pères qui le servateat avee beaucoup de zèle et d'intelli- ^nce; on l^ chassa, et il ne fut plus question de lui (î). — Od ne peut toutefois se refuser à l'évidence des faits; or, il en est de vraiment singuliers et étonnants proddits par la boffueik divinatoire^, l^lusieur» auteurs ont essayé de les expliquer, •tout soutenu qu'on peut natureMement , au moyen de h baguette^ découvrir les sources ei les fi^élaux ; qu'il sort de
(•) IWW. critique des Prûtiqves êyperetitiemee^ par le F. Lebmn, 1 1. . £^ Mpteê;£mBrmr$(U^^k*Wr^wgéif u^BoffmfiÊÊ (Mnmttoife,
il terre oedaiDes émanalioiis qui ont la propriété et la verlu àt filtre tourner la bajgoelte.... Le savent P. Lebrun pense, aa cottrakre, avec la plupaK des théologiens, que Tosage de ta bagoelfee est entaché de superstition et renferme un pacte troplieite avec l'écrit des ténèbres. Des raisons graves Difitenl en faveur de ce dernier sentiment. En effet, que rapport peut-il y aroir entre une source d'eau, une pièce de mitai et tm bâton de coudrier? Comment les vapeurs d*un Sietd'eau, enseveli à trente pieds sous un rocher» auraientils la vertu de feire tourner une^ baguette? En second lieu» del avcades rbabdkHnaoeiena, Tintention de leur par-t est nécessaire pour que la baguette tourne dans leurs mains ; il faut de plu» qu'il se proposent une fin particulière ; en sorte qta, s'iîacbefobentde l'argent, labeguetle restera immobile aa-deasQS des sources, et, si Ion cherche une source, elle sera immobile sur Targent : or, les causes naturelles sont abaohnaent indépendantes de telles circonstances. Quant à h déeooverte des bornes d'un champ, nous dirons qu'il n'y aasomie distinction physique entre deux, pierres cachées dans b terre et absolument semblables ; comment donc la bagustle pourrail-elle distinguer Tune de l'autre? Enfin, il ttt pins difficile encore qu'elle distingue un coupable d'un ÎBiOQe&l, le vol étant un acte moral qui ne change rien à la owlilutîofi physique de celui qui Ta commis. Les émana* ^d'un homme ne sont* elles pas les mêmes, soit qu'il 3iK volé, soit qu'il n'ait pas volé ? — Ainsi il noos parait déiDoiitré que les efiete de la baguette, en supposant qu'ils soient réete, ne sauraient être attribués à une cause natu- >^Qn me peut pas dire non plus qu'ils s'opèrent par voie dâmimele; il ne peuvent donc venir que du dénM>n. L'usage ^b baguette est donc superstitieux en lui-même , et par conséquent un péché.
!)• If y a^t'il que le peuple ^ soii iuperwtkteuHBf — R. Les Snnds du inonde et les incrédules en-mêmes sont souvent plus wpewtilieox que te peuple.
— fOS —
T Explication. — II y a sans doute un grand nombre de superstitions répandues dans les classes inférieures de h société ; mais y en a-t-il moins dans les hautes classes? Les grands seigneurs sont-ils moins crédules que le peuple? les grandes dames sont celles nh>ins superstitieuses que les paysannes et les filles de service? Nous sommes persuadé et intimement convaincu que c'est tout le contraire. En effet, ce n*est pas le peuple qui enrichit les tireuses de carteSy et dans ]a plupart dés villes, on les compte par douzaines ; les nombreuses voitures que naguéres Ton voyait à Paris, è la porte de M*^* Lenormand, célèbre sibylle dont nous avons d^ parlé, n'appartenaient pas, bien certainement, à des misérables, mais à des personnes distinguées par leurs dignités et leur fortune, à des députés, à des pairs de France, à des académiciens peut-être.... Au reste, ce qui se passe de nos jours a eu lieu dans tous les temps, et toujours et partout oq a remarqué que les prétendus esprits-forts étaient mHIe fois plus superstitieux que le vulgaire. Citons quelques faits à l'appui de ce que nous venons d'avancer. — Maro-Âurèle, tout philosophe qu'il était, croyait aux songes. Sylla, savaat et poli, croyait également aux songes, et, dans le péni d'une bataille, il adorait une petite divinité dont II portail sur lui rimage (t). Gatilina, préteur romain (il mourut 6t ans avant rère chrétienne), avait élevé dans sa maison un autel à une Aigle, à laquelle il sacrifiait avec beaucoup de respect, toutes les fois qu'il se préparait à commettre quelque crime (t). L'empereur Néron avait une grande dévotion à une image d'un petit enfant, à laquelle trois fols par jour il offrait des sacrifices (3). Diderot et d'Alembert croyaient aux sorti* lèges. Hobbes avait une peur effroyable des revenants. Le marquis d'Argens ne supportait pas d'être treize à table.
(i) Du Polythéisme^ par ViU^main, ptg. «.
(2) Cicer.; Omt. I in CaUlinam.
(3) D'Argens; Philosophie du bon sens^ tom* II, pag. 99*
Fré^éric-le- Grand, roi de Prusse, déptoçaii kjHmème le$ couteaux et les fourchettes qu'il voyait eu croix sur la tabiOt les regardant coniiDe uo signe de malheur. — Ces exemples, et mille autres que nous pourrions citer, prouvent qu*il n'y a rien de plus superstitieux qu'un incrédule, et qu'il ^ed bien mal aux ennemis de la religion de crier à Tignorance et à la superstition.
D. Est-ce aussi une superstition de magnétiser ou de se faire magnétisera -^R. Il D'est Dolieoient démontré, jusqu'à ce jour, <|ueoe soit une superstition de magnétiser ou de se faire magnétiser.
BxpLicATioH. — Le magnétisme animal, ou simplement le magnétisme, est une science nouvelle, si on peut lui donner le nom de science, ce qui est pour le moins fort contestable, qui a, dit-on, pour inventeur , Mesmer, médecin allemand; c'est pour cela qu'on lui donne aussi le nom de Mesmérisme. Ses partisans croient que Ton peut produire sur le corps humain, par certains attouchements ou certains mouvements, des impression^ propres à guérir les maladies, et opérer un grand nombre d'effets plus ou moins extraordinaires. — Ce qui est indubitable, c'est qu'on peut parvenir, au moyen de procédés sensibles (4], à donner à quelqu'un un mode d'existence, lequel présente une combinaison mystérieuse de l'état de veille et de l'état de sommeil, et qu'on appelle somnambulisme artificiel ou magnétique. Celui qui a été ainsi magnétisés les yeux fermés, il est profondément endormi et il continue de parler et d'agir ; il répond aux questions qu'on hi! adre'sse et donne des preuves d'intelli-
(1) Si Ton en croit plusieurs saTants, l*homroe agit sur son semblable et le magnétise^ au moyen d*un fluide qu'il porte en lut et qu*on appeUe thiide nerreni. Ce fluide , dont le cerveau est le foyer, est, disent-Us, Me véritable éWetrické que Ton peut comparer à celle qui se trouve manifestement en certains animaux , tels que la torpille et la gymnote, qui s'en servent pour agir à distance, et l'envoient aux corps environnants à Tolonté. L'existence de ce fluide est niée par d'autres nvantt.
gen<^et de 8avo4r qu'il ne donnait pa& auparavant, ett{ti*il cessera de dooner dès que ta crise sera passée.
Le magnétisme est-fl quelque chose de naturel oq t^eo doîl-on n'y voir qu'une intervention diaboKque? Nous pensons qu'on ne saurait, sans prévention, admettre ee dernier sentiment. Il y a sans doute bien des faits magnétiques qui tombent dans le domaine de la jonglerie et du compérage ; mais il en est d'autres qui sont attestés par desbonHoes dont on ne peut mettre en doule ni les lumières, ai la prudei^ev ni la probité, et qui, quoique inexplicables, ne paraœeitf pas sortir de la classe des faits physiques et péychologiques. Qui pourrait prouver que, dans Tétât du «omnaoïbulisne, le cerveau ne devient pas un meUieur serviteur de l'âme» et que l'âme ne puisse pas avoir alor&des Jumièrea plus vives et plus étendues?
D. Le Saint-Siège n'a-l-t/ pas été consulté plusieurs fuis sur tusage du magnéttsm^y et n^a-i-it pas donné plusteurs réponses à Cê sujet? ^ R. Cela est trai.
ExpucATioN. — Depuis quelques années, le Saînt-Siége a souvent été consulté sur l'usage du magnétisme animal, et plusieurs réponses ont été données.
En 4 840, la demande qui suit fut adressée au souveraia Pontife : « Très saint Père, N. N. supplie Votre Sainteté^ « autant pour l'instruction et la directioa de sa conscience «que pour la direction des âmes, de daigner lui apprendre (( s'il est licite que des pénitents puissent être participants <( aux opérations du magnétisme, d Le 23 juin de la même année, la Congrégation générale de l'Inquisition donna la réponse suivante : a Qu'il consulte les auteurs approuvés, « ne perdant point de vue que toute erreur» sortilège, îa- « vocation implicite ou explicite du démon étant repoussée» c le simple acte d*employtr des remèdei phtfSiqHes d'ailleurs « permis, nest pas moralement défendu potmtm qu'ail ne ttmk « point à une fin illicite ou mauvaise enq'udque mamère qua « ce soit. Quant à l'application des principes et des nojoyeoyB
« purement physique», aux eboses et «dit efMs Traknem « soraaturetft, pour les expfîqoer physiquement, ce n*est « autre chose qu'une déceptîoo (oui k fait illioîle et béré* « tfque (4).» Cette réponse semble recoMiaHrerexisfeDce du magnétisme humain, et les effets salutaires de son influence pour combattre les meladîesqut af&igent t*boroafMté.
Unedeuiciéme réponse, émaDéeduSaînt-Stége, tefi avril 4SI4, âiiqwrexereieeàutnagt^Hsme, aiimqH*ihstécôposéi est illicite (2). Of, Texposant avait dit, dans la question pro-^ posée, quon obiervait dans les opéi^'eiiUms magnétêques um occasion prochaine à Vincréâuliié et aux mauvaises irèosurs^
Le 19 mat4S44, la demaudesaivaDle fût «dressée au oar^ dmal -préfet de la sacrée PéiiHencerîe , au nom de Ifonse*»goeur TETèquede Lausanne: € Eminentissîme Seigneur, vu « l'insuffisanee des réponses données jusqu'à ce jour sur le « magnétisnM animal, et comme il est grandement à désirer « que Pon puisse décider plus sûrement et plus unifomoément « les cas qui se présentent assez souvent, le soussigné expose
< ce qui suit à Votre Bmfnence : une personne magnétisée, « laquelle est ordinairement du sexe féminin, entre dans un « tel état de sommeil ou d'assoupissement appelé somnam^ « Misme magnétique^ que ni le pitis grand bruit fM à ses « oreilles, ni la vîoleDee du fer oo du feu, ne sauraient Yem
• tirer. Le magnétiseur seul, qui a obtenu son consentement « (car le consentement est nécessaire) , la fait tomber dans « celte espèce d*extase^ soit par des attouchements et des
< gesticulations en divers sens, s'H est auprès d'elle, soit par
< un simple commandemeof intérieur, s*i1 est éloigné, même «de plusieurs lieues. Alors, interrogée de r\^e voix on « mentalement sur sa maladie et sur celles de personnes t absentes, qui hii sont at>soIunient inconnues, cette megné*^
• tisée, uoloi^emeDt ignorante,^ se trouve, à i*fiistanty douée
(1) Journal de Liège, tom. VIII, pag. 150.
(2) Usuin magnétiani proot eTpônitiir, non Iicere. Journal de JUégé, tom. Vfl, ptg. ffo.
~ lit -*
« d'une science bieo supérieure à c^le des médeciDS : elle a doQoe des descriptions anatomiques d'une parfaite exac- « (ilude ; die indique le siège, la cause, la nature des ma- « ladies internes du corps humain , les plus difficiles à « connaître et à caractériser; elle en détaille les progrès, « les variations et les complications, le tout dans les termes « propres ; souvent elle en prédit la durée précise et en prèsa crit les remèdes les plus simples et les plus efficaces. Si la « personne pour laquelle on consulte la magnétisée est pré- « sente, le magnétiseur la met en rapport avec celle-ci par « le contact. Est-elle absente ? une boucle de ses cheveux « la remplace et suffît. Aussitôt que cette boucle de cheveux « est seulement approchée contre la main de la magnétisée, «( celle-ci dit ce que c'est, sans y regarder, de qui sont ces « cheveux, où est actuellement la personne de qui ils vien- « nent, ce qu'elle fait^ et, sur sa maladie , elle donne tous « les renseignements énoncés ci-dessus, et cela avec autant « d'exactitude que si elle faisait l'autopsie du corps. EnfiUf « la magnétisée ne voit pas par les yeux. On peut les « lui bander, et elle lira quoi que ce soit, même sans savoir « lire , un livre ou un manuscrit qu'on aura placé, ouvert « ou fermé, soit sur sa tète, soit sur son ventre. C'est aussi « de cette région que semblent sortir ses paroles. Tirée de « cet état , soit par un commandement même intérieur du « magnétiseur, soit comme spontanément à l'instant annoncé « par elle, elle parait complètement ignorer tout ce qui lui « est arrivé pendant l'accès, quelque long qu'il ait été, ni ce « qu'elle a souffert : rien de tout cela n*a laissé aucune idée « dans son intelligence, ni dans sa mémoire la moindre trace. « — Ifonseigneur Févèque de Lausanne etde Genève, ayant « de fortes raisons de (k>uter que de tels effets, produits « par une cause oeoasiqnQelle , manifestement si peu pro^ « portionnée, soient purement naturels, demande si, sup- « posé la vérité des faits énoncés, un confesseur ou un curé « peut, sans danger, permettre à ses pénitents ou à ses « paroissiens : 4® D'exercer le magnétisme animal ainsi
« caradériaé^ ooaime s'il était un art auxiliaire et supplé- « meutaire de la médecine ; V De consentir à èlre plongé « dans cet état de somnambulisme magnétique ; 3* De m consulter, soit par eux-mêmes, soit par d'autres, lesper- « sonnes ainsi magnétisées ; i^ De faire Tuue de ces trois a choses, avec la précaution préalable de renoncer formel- « lement dans leur cœur à tout pacte diabolique, explicite € ou implicite, et même à toute interventiou satanique , vu « que, nonobstant cela « quelques personnes ont obtenu du « magnétisme ou les ;nâmes effets y ou du moins quelques « uns. » — La sacrée Pénitencerie répondit, le 4 5juillet 4 841 , que l'usage du magnétisme, tel qu'il vient d'être exposé,
est illicite (4 )'
Cette réponse, pleine de sagesse et de prudence, et absolument semblable à la deuxième que nous avons citée, ne résout point définitivement la question. Le sens de cette réponse est simplement que, si les choses se passent commo r expirant le croit ou le dit , ces manœuvres ne sont pas permises. Mais les faits rapportés par l'exposant dans sa demande sont -ils bien vrais ? sont-ils bien certains ? II est permis d'en douter, et les plus chauds partisans du magnétisme eux-mêmes, au moins pour la plupart, les regardent comme chimériques et illusoires; or, si l'exposé est faux, s'il n*est qu'une déception, la décision tombe d'elle-même, et on n'en saurait rien conclure contre le magnétisme.
Un an plus tard , en juillet 4 842 , Monseigneur Gousset, archevêque de Reims, ayant consulté le Saint-Siège sur la question de savoir si^ tout abus mis de côté, le magnétisme animal ou vilal était permis, et ayant envoyé toutes les pièces qui pouvaient éclairer sur cette affaire , le Grand- Pénitencier écrivit « qu'il faudrait beaucoup de temps pour « répondre à cette question, et que la réponse serait peut-
(i) Sacra Pœnitentiaria , mature perpensis jexpositis, respondendum censée, proiil respon^ nsinn nagnetismi^ pront in caio «xponhnr, non licere. — Datiim Romœ, die 15 juUi 1841. G. Gabd. Gastbacjeiik»
« être sans résultat, parce que cette que^mi a*» pas eneor» « été suffisamment examinée et que le Saint-Siège ne veut a pas se compromettre. » — Cette réponse fat eomsnuDK quée par ce prélat au clergé de son diocèse, alors réuoi pour la retraite pastorale.
Dix- huit mois plus tard, Monseigneur Tarche^cie ayant toujours insisté pour avoir une réponse, reçut la lettre su»* yante de son Eminence le cardinal Castracane, Grand-Péi)^ tencier : « Monseigneur, j'ai appris par M. de B. que votre « Grandeur attend de mol une lettre qui lui fasse comaattre <c si la sainte Inquisition a décidé la question du magné- « tisme. — Je vous prie, Monseigneur, d'observer que la (( question est de nature a n'être pas décidée si tôt, li jamais <r elte Fest , parce qu'on ne court auiam risque à en différer « la décision, et qu'une décision prématurée poorrait>coni* «( promettre l'honneur du Saint-Siège ; que, tant qu'il a «t été question du magnétisme et de son a^ication à qnet^ ff ques cas particuliers^ le Saint-Siège n'a pas hésité h pro- « noncer, comme on la vu par celles de ses repenses qat « ont été rendues publiques dans les journaux. — Ikiis à «r présent, il ne s'agit pas de savoir si, dans tel et td cas^ <c le magnétisme peut être permis ; c'est en général qu'on cr examine si l'usage du magnétisme peut s'accorder avec la <c foi et les bonnes mœurs. L'importance de cette question a ne peut échapper ni à votre sagacité, ni à refendue de ff vos connaissances. »
Il résulte de tout ceci que le magnétisme n'ayant pas été condamné sous le rapport de la science, on doit le tolérer. Parmi les effets qu'il produit, il en est,, sans douté, de bien étonnants et de bien extraordinaires ; mais il n'est poiîA démontré qu'on doive les attribuer à Hntervenlioit da démon ; on ne saurait, il est vraf, en donner une explicattoA scientifique, mais la nature entière n'est-elle pas pleine de mystàres qui écbappaal i tautes les investigations de rhonumt
D. lenmffuHismêpeutM être toléré âttotumentêttum Mmftf cmditimif — Le magoélisme ne |>ettl être loléré que mojreDDant œruioes coidilioM et eertaines pr^uliooft.
Explication. — - « Ec disant qu on doit tolérer Tasage du magnétisme, nous supposons, premièrement, que le magnétiseur et le magnétisé sont de bonne foi ; qu'ils regardent le magnétisme animal comme un remède naturel et utile; secondement, qu'ils ne se permettent rien, ni Tun ni Fautre, qui puisse blesser ta modestie cbrétieniie; qu'ils renoncent à toute intervention delà p»rt do démon. S'il CD était autrement, on ne pourrait absoudre ceux qui oi^ recours au magnétisme. » Ainsi s*exprime Monseigneuf Gousset (f).
« Que le magnétisme, dit M. Tabbé Maupied, entraîne après lui de plus graves dangers pour la morale humaine que la plupart desautres rapports mutuels, e'est une consé» qaence facile à déduire de la fiiiblesse de notre pauvre Bature, de la délicatesse des phénomènes et des opérations magnétiques, de la nature de ce fluide intime et de son action, mêine involontaire, dans les grandes réunions mondaines. Tous ces motifs font aux magnétiseurs une haute obligation de prudence, et aux directeurs des âmes une plos haute encore, afin que si, d'un cété, ils doivent de* mearer sur b réserve, de Tautre ils songent h lobligation de prémunir par de sages avis les personnes qui voudraient user du magnétisme comme moyen curatif. » -^ » Du reste, ajoute le même auteur, le magnétisme est peut-être plus Doisible et plus dangereux qu*utito à la santé. En efTet, il agit d*une manière violente sur le systèoie «erveux, et par loi, sur tous les organes ; 'A ks fotîgoe et ies use par une surexcitation (2] qui ne peut manquer de produire, dans un grand nombre de cas, des accidents graves, et qui a toujours des inconvénients. La pratique du magnétisme offre
(1) Tkéêi. nmmUjkmuh V^ T»-
(S) Surexcitation 9 augmentation de Téseq^it létale»
plusieurs faits malheureux, et presque toi^ours des seetés misérables dans les sujets soumis è aoo action. Nous ne voulons pas nier pour cela qu*il ne puisse être utile dans bien des cas (4). »
D. Le magnétisme ne favotise-t-il pas directement Cimmora' /t/é? — R. Quelques auteurs le prétendeat, mais beaucoup d*autres sool (f un sentiment opposé.
Explication. — Le magnétisme ne saurait être même toléré, s'il était vrai, comme Tatiestent de graves auteurs, qu'il favorisât l'immoralité. — « La peraonne magnétisée, dit le Docteur Bostan, est dans la dépendance absolue du magnétiseur ; elle n*a, en général, de volonté que la sienne... Quelles conséquences terribles ne peut pas avoir cette toute^uissance 1..... Le magnétisme, il faut le dire hautement, compromet au plus haut degré l'honneur des tamilles, j» — « Il est constant et formellement avoué, dit un autre auteur (2), que le magnétisme animal excile et fomente habituellement des passions désordonnées, provoque à la licence des mœurs, déprave les consciences. » — « Si les infamies et les horreurs qui m'ont été dernièrement révélées sont vraies (ainsi s'exprime le P. Debreyne dans son Essai de Théologie morale)^ et malheureusement il m'est impossible d'en douter, dès lors j'acquiers la triste et douloureuse conviction que le magnétisme animal peut devenir le moyen de corruption le plus exécrable qui soit jamais sorti de renier. »
D'un autre côté, plusieurs auteurs prétendent que le magnétisme, à part les abus qu'on en peut faire, car dequoi n*abuse-t^n pas? est favorable aux moeurs et a la religion.
(1] Article de M. Tabbé Maupied, inséré dans la Revue dTanthropO' logie catholique^ numéro du 16 juin 1S47. —Cette revue, qui a cessé de paraître, était tout à fait favorable au magnétisme.
(2) Le comte de Robiano, cité par le P. Debrejna, dans son Essai sur la Théologie motmie^ pap* M'*