IM
« 8aiot3t l'hoDii^r et la véDératîoa qui leur est due ; dob « que Ton croie qu'il y ait en elles quelque divinité ou quel- < que vertu pour laquelle on leur doive rendre ce culte, ou f qu'il faille leur demander quelque chose, ou mettre co « elles sa confiance, comme faisaient autrefois les païens qui «plaçaient leur espérance dans les idoles; mais parce que 4 l'hoDoeur qu'on leur rend est référé aux originaux qu'elles « représentent ; de manière que , par le moyen des images «que nous baisons, et devant lesquelles nous nous pro* «slemons, nous adorons Jésus-Christ et nous rendons nos f Fespectsaux saints dont elles portentla ressemblance(l). » Cependant, lorsque Dieu a déjà fait éclater devant quelque image les effets de sa miséricorde, il est tout naturel de prier devant cette image avec plus de confiance. Le souvenir des bienfaits que d'autres ont reçus est bien propre, par lui-même, à ranimer la foi et h exciter la piété ; or» plus te foi est vive, plus la piété est grande, et plus le Seigneur est disposé à exaucer les vœux qui lui sont adressés.
D. Dans quelle intenlion doit-on réciter Coraison dominicale ie^imt les images des saints ? — R. Dans riateotion de demander aux saints qu'ils daignent unir leurs prières aux nôtres.
Explication. -^Dans les prières que nous faisons à Dieu^ dans celles que nous adressons aux saints , nous nous servons de deux manières de parler bien différentes. Lorsque nous nous adressons à Dieu nous disons absolument : Sei^ !/weur, ayez pitié de nous; Seigneur, exaucez-nous; tandis que nous disons seulement aux saints: Priez pournous. Ce D'est pas néanmoins que nous ne puissions, en un autre sens» les prier d'avoir pitié de nous, eu égard à la charité dont ils sont tous remplis. Car nous pouvons les prier d'être sensibles à nos misères et à l'état déplorable où nous sommes réduits, et de nous secourir par leurs prières et par Taceès que leurs mérites leur ont acquis auprès de Dieu. Mais nous devons bien prendre garde de rien leur attribuer qui soit
(t) ConcTrid.,8C88.xxv.
propre et particulier à Diea. C'est pourquoi, brsqae nous récitons Toraison dômîDioale detaut Timage d'un saiol, filtre intention doit être de prier ce sainf de joindre ses prîèreB avx nôtres, afin qu*il demande ponr nous leschosesqvi soHt renfermées da»s ies demandes de cette pnère , et qu'il 9oit noire interprète auprès de Dieu. Saint Jean marque expre»sémenit, dans son» Apocalypse [\y, que c'est là \a manière éoiA les saisis nous peuvent servir dans te del (1). b
TRAIT HISTORIQUE
COMBIER EST LÉGITUffi LB OULTB DBS IMâGBS.
Uan 725 parut un édit par lequel Léon ordonnait d'ôter toutes les Images des égfises. Saint Germain, patriarche de Constant hno^le^ osa se présenter en hce devant cet empereur, luirapeltant les f^romesses faites à sea tTèoement à l'empire de ne point rhanger ks traditions de l'D^ise. Sa résistance fut eonrageuse, et en même temps pleine de respect pour la majesté impériale. Voici les paroles qi^ece grand évêque fît entendre dans ces débats: c Quand nous adorons Tiraage de Jésus-Christ, nous n'adorons ni le bois, ni les couleurs, mais cVst le Dieu invisible qui est dans le sein du Père que nous adorons en esprit et en vérité. La foi chrétienne, son calte et son adoration se rapportent k Dieu seul. Noos n'adorons aucune créalare, et nous ne readoes point k des serviteurs comme nous l'honneur qui n'est dû qu'^à TÉtre souverais. En permettant de fjiiredes images, nous sommes infiniment éloignés de diminuer la perfection du culte divin, car nous n'en faisonsaucune pour représenter la divinité invisible que les anges mêmes ne peuvent comprendre. Mais, puisque le fils de Dieu a bien voulu se faire homme pour notre salut, nous représentons l'image de son humanité poiu" fortifier nptre foi, pour montrer qu'il a pris notre nature, non par imagination, mais en réalité, et pour nous rappeler le souvenir de son incarnation. Nous faisons de même de Fhnage de sa sainte Mère, qui, étantlemme et de la même nature que nous, a conçu et ftfifanté le Dk» lout-puiasanL Nous peignons aussi tes tUMtges des
(t) Apocalyp., viii, pag. 8.
(2) Catéchisme du concile de Trente, De la iirière^ §. vu.
~ IftS —
i^dtres, des manyrs, des prophètes et de tous le» autres saints , irais serrtoin de Dieu, qui se sotti distiDgaés par leurs t>oooes œuvres, par le témoignage ^^iJs oui reoda à la Térité , par lear patience dans les souffrances, qui sont ses amis, et qui ont acquis un grand crédit auprès de fui , pour nous sonveoir de leur courage et de leur Terto. Au reste, nous ne leisr rendons pas Tadora^ tion qui n'est due q\fk Dieu, einous ne nous proposons pas de confirmer, à Taide de cea figures, la foi des vérité que nous avons apprises (1). »
OU CULTE DB Lk CROIX.
D. Qu^étaîl-ce que ta croix avant ta mort de Jésus-Christ ? — R. C'était un signe de malédiction et d'ignominie.
BXPUGA.TI0K.— An temps où Jésus-Christ vivait sur la terre, la croix était ce que sont aujourd'hui, par exemple , la potence et la guillotine, Tinstrumeot du plus honteux supplice. Ecoutons sur ce sujet saint Jean Chrysoslôme (2) : « Qu'était-K» donc que cette croix par laquelle se termina la € vie de rHomme- Dieu ? Le signe de la malédiction, le genre ■ de mort le plus infâme de tous, le seul auquel fût attaché t le sceau de la naalédiction. Dans les andennes législa- «tiens, les criminels condamnés à la mort mouraient soit e par le Jeu, soit sous les pierres dont ils étaient accablés , «soit de tout autre manière ; on se contentait de la mort « pour leur supplice ; le crucifiement, outre la mort, entrât- « nait de plus Tignominie et la malédiction. Maudit soit , « dit l'Ecriture, celui qui est suspendu au bois (3). » Aussi ne condamnait-on à mourir sur la croix que les plus vils màswe^ el les dénuées des soétérats.
(1) Vie de saint Germain^ archevêque de Constantinople, 12 mai. (4) Bibliothèque des Pères^ par Guillon, tom XIII, pag 304. (3) Haledictus a Dec est q}xï pendet ialigno. Deut. xxi, 23.
D. Pourquoi Jésus-Christ a-t-il choisi de préférence la croix comme instrument de son supplice ? — R. AGn de manifester à tout le genre humain Pardeur et l^excès de son amour.
Explication. — « Pourquoi, se demande Tertullien, le 0 supplice et rigoominie de la croix? Pourquoi Jésus*Gbrist « s'est-il abaissé , humilié jusqu'à n'être plus qu'un ver de « terre , sans forme humaine, le rebut des hommes et Vopcr propre du peuple (4 ) ? Ainsi l'a-l-il voulu, pour nous guérir « par ses plaies, nous sauver par ses abaissements et ses con- « fusions. Il fallait bien qu'il se dépouillât pour ainsi dire de « sa divine nature, qu'il se sacrifiât de la sorte pour l'homme « qui lui était si cher, pour l'homme qu'il avait créé à H* d mage, non d'un autre, mais de lui-même ; afin que, puis- « que l'homme avait dégradé cette image jusqu'à ne pas « rougir d'adorer le bois et la pierre, il apprit à ne pas « rougir d'un Dieu humilié , et à porter lui-même la sainte a confusion de la croix , pour expier l'idolâtrie dont il s*é- « tait rendu coupable (2). » ^ « J'expliquerai, dit Lactance, a pourquoi notre Dieu a choisi de préférence la croix comme « instrument de son supplice. C'était par elle qu'il devait o être exalté , par elle qu'il devait être manifesté à tous les « peuples. En se faisant élever sur la croix, il se mettait en a vue à tous les regards ; ausdi n'y a-t-il aucun peuple da « monde qui ne connaisse la puissance du Sauveur. Du « haut de cette croix, il étend les bras et mesure toute la « terre , pour faire voir que d'un bout à l'autre du monde « un grand peuple, formé de toutes langues, de toutes tribus»
(1) Ps. M., 7. — Isaie, lui, 10.
(9) TertullicD, apud Guillon, tom. II, pag. 322. — > Le P. Senault développe ainsi cette pensée de Tertullien : « Parce que nous avions insoa lemmcnt adoré des dieux de marbre et de pierre, qui avdent des y^ix « et ne voyaient pas leurs adorateurs, des oreilles, et n^entendaient pas « leurs prières, des mains, et ne pouvaient pas les secourir dans leurs « besoins. Dieu a voulu que nous adorassions son fils en croix, et que « nous missions notre espérance en un homme à qui la mort avait 6té « Pusage de tous les sens. » Panégyr., tom. II.
« viendrait se rassembler sous ses ailes, et que tous ses ado- « râleurs imprimeraient sur leur frout le signe auguste de c la croix (4).»
D. QtCest devenue la croix ^ depuis la mort de Jésus-Christ ? — R. Elle est devenue uo titre de gloire et Tobjet de la véoératioD de tous les peuples.
Explication. — « La croix, dit saint Jean Cbrysostôme, c cet objet de malédiction et d'infamie, ce signe odieux du « dernier supplice, le voilà proposé à tous les hommages 0 comme à tous les vœux. La couronne des monarques est a pour leur tète un ornement moins illustre que cette 0 croix, plus précieuse que le monde entier. Et ce que nac guères on n'envisageait qu'avec horreur, on en fait au*
f jourd'hui sa plus riche parure Après cela, que les
« Gentils me répondent comment un signe d'opprobre et de « malédiction est devenu quelque chose de si honorable, c autrement que par la vertu du crucifié ? Parmi les instru- « ments de supplice dont la justice humaine déploie à nos c yeux le formidable appareil» vous comptez les chevalets, « les fouets, les ongles de fer...., je demande qui voudrait « les avoir en sa maison, y porter seulement la main ? Quel « effroi en leur présence I La peur qu'ils inspirent va jus- « qu'a attacher à leur simple aspect de sinistres pressenti- « ments. La croix, au contraire, bien loin de la repousser a de ses regards, on la fixe, on la contemple, on la recher- « che, on s'en dispute la moindre parcelle, on l'enchâsse « dans les plus riches métaux, on ^'en fait une parure, on « se met à couvert sous son égide. Un si merveilleux chana gement, de qui peut-il être l'ouvrage, sinon de celui qui « di^se de tout à son gré, de celui qui a purifié le monde « et transporté le ciel sur la terre (2] I »
(1) Lactance; apud GuUlon, tom. RI, pag. 419.
(2) S. Jean Ghrysostôme, Bibliothèque choisie des Pères j tom. XIII, pag. 806.
D» Le culte de la creix esiril bien ancim dons lfE§Use f — R. Le cuUe de laci'oix est aussi ancien que TEglise.
Explication. — Longtemps avant le règne dn grand Constantin, qui plaça la «roix sur ses étendards et la fit graver sur les pièces de monnaie, les fidèles attachaient une haute importance à avoir, peinte ou sculptée, rimaga de la croix du Sauveur. Ils en décoraient leurs maisons et les lieux où ils se réunissaient poar prier ; ils y mettaient leur confiance, et Ils la regardaient comme une sauve-gardé contre tous led dangers de Tennemi du salut (f ). Or, tout cela est-Il autre chose qu'une sorte de eulte rendu à la croix ? Le culte de la croix est donc aussi ancien que FEglise. — Âlcuin, qui vivait au vni« siècle, nous apprend en quoi consistaient les hommages que les fidèles rendaient i la croix : a Ils Tadoraient, dit-il, puis Ils la baisaient avec « confiance et avec amour (2). » — Âmalalre, prêtre de l'Eglise de Metz, dans son livre des Of^ces ecdésiastiques, s'exprime ainsi : or Le vendredi-saint, après la lecture de « la passion, on fait l'adoration de la croix, placée à cet « effet devant l'autel ; tous les assistants se prosternent de- « vant elle et la baisent (3) . 9 — Longtemps auparavant, saint Jean Chrysoslôme avait dît : c Je Fadore, ô mon Dieu ! « cette précieuse croix, source de vie ; fadoreles souffrances a que vous-même y avez souffertes ; je baise avec tendresse a et les clous qui vous ont percé, et les plaies Imprimées sur « votre corps, et ce roseau placé dans vos mains, et cette <K lance qui porta à votre bouche le fiei dont vous fûtes « abreuvé (4). » Il serait facile de multiplier les témoignages; car il est peu de Pères qui n'aient parlé des hommages dus à la croix, et de la vénération dont elle a été l'objet dès les premiers siècles de l'Eglise, vénération qnl n'a fait que
(1) Molanos ; Hist. SS. Imaginum, pag. 77*
(2) Alcuinus, de fesUi; aipnd BfolABvm, pig. If. (t) Amalaire, apad Guillon, ton. XXIV» pag. 237.
(4) S. Jean Chrysostôme, apud Guillon, tom. XIV, pag. 429.
8*aecroltre dans l» sièdes posIérieQrs, ei qui a^eal perpé* tuée jusqu'à nos jours.
D. QtCest-ce que la vraie croix ? — R. La traie crohr, c'est la croix même sar laquelle Jésus-Christ est mort.
Explication. — U y a une grande différence, par conséqueoty entre une croix ordinaire et la vraie croix. Celle-ci est le bois même auquel fut attaché Jésus-Christ» tandis qu'une croix ordinaire n*est que la représentation de celle sur laquelle ce divin Sauveur rendit le dernier soupir. La vraie croix, comme nous le dirons bientôt, a été divisée en un grand nombre de parties plus ou moins considérables* Les vraies croix^ qui se trouvent dans une infinité d'églises^ ne sont autre chose que des parcelles de ce bois précieux enchâssées dans des croix d'or, d argent ou de bronze. Il en existe qui sont d'une richesse incroyable, et spécialement celle que Ton conserve dans la basilique du Vatican, laquelle remonte au vi* siècle, et fut envoyée à Rome par Tempereur Justin ; et celle que Ton conserve dans le trésor de TEgltte de Velléiri. L'une et l'autre sont toutes resplendissantes d*or et de pierreries. Cette dernière est un don du Pape Alexandre IV, qui monta sur la chaire de Saint-Pierre l'an 4252. Au centre de la croix du Vatican se trouve une portion assez notable de la vraie croix (4).
D. VEgRse rend-elte plus (Photmeurs à ta vraie croix qu'aux reliques des saints? — R. L'Eglise rend plus d'honneurs à la vraie croix qu'aux reliques des saints, mais moins qu'au Saloi-Sacrement.
ExpLicATiOïf . - !• La vraie croix étant, dans un sens, one relique de Jésus-Christ, il n'est pas étonnant que l'Eglise lui rende plus d'honoeurs qu'aux reliques des saints, et elle
(1) Ces deux croix ont été décrites par le savant Etienne Borgia, Mh> erétaire de la Propagande : ïk eruee Vétieàna eommmtarnts, i vol. iii-4». De Cruce Veliterina eommemtarius^ ♦ voL in-*». Ces deux euvrft* ges sont dédiés à Pie YI et sortent des pressa de la Propagande ;,ils sont extrêmement remarqnables.
ne permet pas que Ton ceafonde celles-ci avec h vraie croix, eo les plaçant dans le même reliquaire (4). Ainsi, oo encense la vraie croix lorsqu'on Texpose à Tadoratiott des fidèles, ce qui ne se pratique pas lorsqu'on expose les reliques des saints (2). On fl^it les deux genoux devant le Saint-Sacrement, tandis qu'on n'en fléchit qu'un devant la vraie croix (3). II est défendu de porter sous le dais les reliques des saints, et cette défense n'existe pas à regard de la vraie croix et des autres reliques de la passion (I).
8* L'Eglise rend moins d'honneurs à la vraie croix qu'au Saint-Sacrement, parce que, quel que soit son prix et son excellence, elle cède évidemment à Jésus-Christ lui-même. Ainsi, elle ne permet pas d'exposer la vraie croix sur le tabernacle dans lequel réside le Saint-Sacrement (5) ; le
(1) Sacra Gongregatio, indulgentils sacrisqne retiquiis pneposita ad dubium Cenomanensis episcopi , an praxis separandi reliquias sancUssimae crucis D. N. J. G. a reliquiis sanctoram sit accurata et sequenda,... respondendnm esse statoit, affirmative. Hoc decrerit. die SS feb. 1847.
(2) Mgr Bomrier, Instruction et ordonnance, en date du 3 août 1S4S.
(3) S. R. G. die 27 Augusti 1836, apud Gardellini, tom. YIII, pag. 866» no 4636.
(4) Eminentissimi Patres fuerunt in Toto dandum esse decretnm générale qoo per modnm regnlse nbiqne serrandae prsefiniatur, ne in posterom alicubi per quoscumque, quolibet subprstextu solemnitatis... liceat unqnam sanctorum reliquias processionaliter sub baldachino cir* cumferre; tolerari tamen posse et pérmitti quod lignum sanctissinue crucis, aliaque instrumenta Dominicae passionis (contactu immediato sanctissimi corporis D. N. J. G. sanctificata) peculiari borum attenta teneratione, babitaqne ratione fere unitersalis consuetudînis, defertn» tur sub baldachino, dnmmodo tamen id fiât seorsim, ac disjunctim a sanctorum reliquiis, quibus distinctivum boc honoris omnino non convenit. — Décret de la S. Congrégation des Rites, en date du 17 mai 1 826, et approuvé par Sa Sainteté le Pape Léon XII. Apud Gardellini, tom. VU» pag. 248-244.
(M Quum juxta decretum S. R. Gongregationis pridie caleodas aprilis 1821, eliminenda sit consuetudo apponendi sanctoram reliquias, pictasque imagines, super allare in quo SS. eucharistiœ sacramentom asservatur, adeo ut ipsum tabemaculum insenriat pro basi, quœritur an
prêtre est à genoux lorsqu'il encense le Saint-Sacrement, tandis qu'il doit être debout pour encenser la vraie croix, même le vendredi-saint (4).
D. Par qui la vraie croix a^t-eUe été trouvée? -— R. Par sainte Hélène.
ExpLicATioif. — C'est ici, mes enfants, le lieu de vous raconter comment et en quelle année fut découverte la vraie croix , c'est-è-dire la croix même qui fut l'instrument du supplice de l'Homme-Dieu. Constantin, plein du désir d'honorer le Sauveur du monde, résolut de bâtir une église à Jérusalem, pour rappeler le souvenir des mystères douloureux de sa mort. Hélène, mère de l'empereur, avait comme lui une grande dévotion pour les saints lieux ; elle passa en Palestine, Tan 326, quoiqu'elle fût âgée de près de quatrevingts ans. Â son arrivée à Jérusalem, elle se sentit animée d'un désir ardent de trouver la croix sur laquelle Jésus avait r^du le dernier soupir. La recherche n'en était pas aisée ; les païens, pour tâcher d'abolir la mémoire de la résurrection de Jésus-Christ , avaient amassé beaucoup de terre à l'endroit du sépulcre, et, après avoir construit une grande plate* forme, ils y avalent élevé un temple à Vénus ; mais rien ne put arrêter la pieuse princesse. Elle consulta les vieillards de Jérusalem ; on lui répondit que si elle pouvait découvrir le sépulcre du Sauveur, elle ne manquerait pas de trouver les instruments de son supplice. En effet,
hoc decretum taleat etiam pro reliqoiit SS. crucis, vel alterius instrumenti DominicaB passionis publics venerationi expositi ? <— Resp. affirmative. (S. R. G. die 12 mart. 18S6; apud Gardellini, tom.VIII, pag. «31.)
(1) Quod spectal ad incensationem reliquiœ SS. crucis sancitum fuit banc fieri debere a sacerdoto non genu flexo sed stante, etiam feria sexta in parasceve. (S. R. G. die 18 feb. 184S.) <— Fere in omnibus Ecclesiis apponi solet feria sexta in parascere reliquia SS. crucis , et benedici populo cum Ipsa. Qnœritur an saltem dicta ferla incensari debeat eadem r^quia a sacerdote genu flexo? — Resp. négative juxta décréta alias édita. (S. R. G. die 28 sept. 1887; apud GardeUini, tom. Yn,pag. 296.)
c'était la coatume ctez les Juifs d'eal^rer, auprès du corp», toal ce qui avait servi à l*exécutioD d*UDe personne coodam* née à mort. L'impératrice fit aussitôt démolir le temple profane ; on nettoya la place» et Ton se mit à creuser. ËniSo l'on trouva la grotte du saint sépulcre. Près du tombeau étaient trois croix, avec Tlnscription qui avait été attachée à celle de Jésus-Christ, mais séparément des croix, et les clous qui avaient percé son corps sacré. Il ne s^agfssait plus que de distinguer parmi ces croix ceHe dn Sauveur. Une foi vive peut tout obtenir. Sainte Hélène, par le conseil de Macaire, évëqne de Jérusalem, fît porter les croix chez une pauvre femme affligée depuis longtemps d'une maladie incurable ; on lui applique successivement chacune de ces trois croix, en priant Jésus-Christ de faire connaître celle qu'il avait arrosée de son sang. L'impératrice était présente et toute la ville dans l'attente de Tévènement. Deux croix n'opérèrent rien ; mais dés qu^on eut approché la troisième, delà malade, elle se trouva parfaitement gdérie et se levaâ rinstant.— - La fête de l'Invention de la vraie croix se célèbre le 3 mai. — Vers l'an 64 4, Chosroës, roi de Perse, après avoir vaincu les Romains, s'empara de Jérusalem ; H emporta dans la Perse la sainte croix, qui était renfermée d^ns une châsse d'argent. Mais l'an 628, Chosroës fut vaincu à sod tour par l'empereur Héraclios, et obligé de recevoir les conditions de la paix. L'an des premiers articles du traité fut la restitution de cette précieuse rdrque. Elle fut rap* portée par Zacharie, patriarche de Jérusalem, qui avait été feitprisonniery et fut replacée par HéraeiKis lui-même dma l'Eglise du Calvaire. C'est en mémoire de cet événement que l'Eglise célèbre, le 4 i septembre, la f&te connue sous le nom de VEocaltcUion de la Sainte Croios^
— D. Quand nous nous prostemms devant une croix, est-ce ta croix que nous adorons ? -^ R. Non, quand nous nous prosterooos devant une croix, une portion de la vraie croix, et tout ce quia servi à la passion du Sauveur, e^est Jésuft-Chrl&t mart ea croix que nqusadoroDS.
^jCHJoâTmM. — La représeoldlîoQ de la croii à laquelle Jésus-Christ a été atiacbé» une portion de la vraie croix, les clouiqui percèrent sesnaains et ses pieds, et tous les autres instruments de sa passion, sont des obyels bien dignes, assaréoDM&i, de notre vénération et de nos respects. Toute- UÀ8y t3ûes enCants, quand nous honorons ces objets, que nous les baisons, que nous nous découvrons devant eux, c'est à Jésus-Christ que ces hommages se rapportent» Quand, par exemple, nous nous prosternons devant la croix, que nous fadorcms, nous adorons Jésus-Christ lui-même qui est mort sur la croix pour notre saiut«
Lttdécus, auteur prolestant d'un recueil d'hymnes intitulé : Vesperde et JÛcdiutinale, eta, après avoir rapporté la prose d'Adam- de-Saint- Victor en Thonneur de Îbi croix , a soin d'avertir les fidèles c de ne point rapporter à la croix «eUe-mèoiecequi ne doit être attribué qu à la personne t du Christ. M IbiSj ajoute im autre auteur protestant (4 }, cet avertissement ne peut s'adresser qu'à des hommes en qui toute étincelle de sens poétique, ou plutôt toute kimiôre de bon sens serait éteinte. L'ancienne Eglise ne connut jmnais de tels scrupules. Nous n'en citons qu'un seul témdgnage, celui de saint Augustin, qui^ méprisant les vaines précautions de Ludécus, parle ainsi de la croix: « La croix du Christ est la cause de toute notre béatii tude ; c'est eHe qui nous a guéris de notre aveuglement» « qui nous a fait passer des ténèbres à la lumière» qi(ii a rap» c proche de Dieu ceux qui en étaient éloignés ; c'est elle qui, • d'étrangers et de voyageurs, fait de véritables citoyens ; ff elle met fin à toutes les discordes, eUe est le fondement de c la paix et la source abondante de tous les dons. » — Oh ! combien l'ancienne Eglise, avec cette sainte et naïve piété^ diffère sur ce point de nos auteurs modernes qui ne voieol dans la croix qu'un objet de dégoût I »
Le même auteur croit devoir remarquer en outre que
(1) Daniel AdaU>6rt, Thésaurus hymmohgiàay^waLUffài^kS^
Luther, et ceux qui ont suivi ses traces , D*0Dt jamais fait de la croix le sujet d'une impie dérision ou d'un coupable mépris (4), et, dans plus d'une circonstance, on les a vusse mêler aux catholiques pour saluer et adorer la croix.
Monseigneur de Cheverus, prêchant un jour sur Tadoration de la croix, en présence d'un grand nombre de protes* tants, commença par bien établir que, dans ce culte, Jésus- Christ, rHomme*Dieu, est le seul qu'on adore, et qu'on ne fait qu'honorer sa croix comme l'image qui nous le représente ; puis il continua en ces termes : « Supposons, dit-i! à ses auditeurs, qu'un tomme généreux vous voyant près de succomber sous le fer d'un ennemi se jette entre vous et l'assassin , et par sa mort vous sauve la vie. Un peintre, frappé de ce trait d'héroïsme, tire le portrait de cet homme généreux et vous le présente baigné dans son saiig, couvert de plaies. Que faites-vous alors? vous vous jetez dessus avec amour et reconnaissance ; vous y collez vos lèvres, vous l'arrosez de vos larmes, et votre cœur n'a pas à votre gré de sentiments assez vifs. Mes frères, voili tout le dogiae catholique de l'adoration de la croix. Ce n'est pas ici è l'esprit de discuter, c'est au cœur à sentir tout ce que loi doit inspirer l'image de son Dieu mort pour lui sauver la vie. » A ces mots tout l'auditoire est saisi, le prédicateur prend le crucifix . et les protestants , oubliant leur sèche controverse, vont baiser avec larmes et amour la croix du Sauveur ^].
TRAITS HISTORIQUES