‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 32 sur 114 · USAGES DES PREIIIEBS SIÈCLES · texte numérisé non relu

USAGES DES PREIIIEBS SIÈCLES

Dans les premiers siècles de TEglise, les fidèles représentaient la croix du Sauveur de diverses maQîères. — -Tant que le supplice de la croix fut assez fréquent chez les païens, ils avaient grand soin de oe pas exposer en public PImage de PHomme-Dleu attaché àee

(1) Daniel Adalbert» Thesaurui hytnnologieus^ tom. II, pag. 80. (3) Vie de Mgr de Cheverui.

Imms infâme, mais ils oraaieot la croix de pierres précieuses, afio que ce signe de malédiction devint peu k peu, aux yeux des nouveaux convertis, un signe de gloire et de triomphe. Quelquefois ils plaçaient au bout de la croix une colombe, symbole du Saint-Esprit, du bec de laquelle sortait de Peau en abondance, symbole de la grâce; à droite et à gauche la sainte Vierge et le disciple bien* aimé, saint Jean-FEvangéliste, et aux pieds de la croix un agneau, de la poitrine et des quatre pieds duquel coulait du sang : c'était le symbole de Jésus crucifié. Et, pour qu'on ne pût pas s'y méprendre, la tête de Tagneau était ordinairement surmontée d'une croix. Le sang qui sortait de la poitrine était reçu dans un calice. F^*usage de représenter ainsi Jésus-Christ fut conservé jusqu'en 680; à celte époque, le sixième concile de Gonstantlnople, tenu par le pape Agathon, ordonna qu'à l'avenir on représentât Jésus -Christ attaché èla croix, sous la figure d'un homme. — Quelquefois aossi, on plaçait au pied de la croix des cerfs et des agneaux qui buvaient avec avidité Teau qui jaillissait de toutes parts. Les cerfs représentaient les Gentils qui, par la vertu de la croix, ont été délivrés des ténèbres de ridolàtrie et purifiés de leurs péchés : les agneaux représentaient les fidèles qui viennent puiser au pied de la croix les grâces dont ils ont besohi pour se conserver dans la pureté et l'innocence. ^11 Datait pas rare non plus que Ton peigati sur la croix douze coloiDfeea, symbole des douze apôtres à qui Jésus-Christ avait re^ eommanéé itêtre prudents comme des serpents et simples comme des colombes (i), et qui, prêchant un Dieu crucifié, ont renouvelé la face de la terre. — Enfin il y avait des croix â chaque extrémité desquelles étnient suspendues des couronnes, et qu'on appelait pour cela croix couronnées. Ces couronnes signifiaient que, pour être couronné un jour dans le ciel, il faut porter la croix sur La terre à la suite du divin maître. La couronne placée au sommet de la eroix était soutenue par une main ; c'était. le symbole de la glorieuse victoh'e que Jésus-Christ a remportée par la croix et du iHooipbe de ce divin Sauveur, et une allusion à ce qui se pratiquait chez les Romains : le triomphateur portait une couronne qu'une main étrangère soutenait au dessus de sa tète ; ce qui était nécessaire à cause de sa pesanteur. — • Sur la plupart des aDciennes CToïx OÙ se trouve l'image de Jésus-Christ sous la forme d'un

(i) Matth., X.

homme, et qui sont presque Kmtes postérievres an vii« nècte, cette image n'est pas en reïïef, mais en peinture. Sur qudques unes Jésus-Christ est dans Pattitude, non pas d'un homme sooflraBtet mourant, mais d*an rainqueur et d*an triomphateur (I).

Page 1