W5 BOIS DB LA CBOIX
Nous venons de raconter i'hisUHre de t^invention de la croix par sainte Hélène, desonenlèrement par les Peraes» et de ta restitutioD qu'ils en fire&t k Héracliu». Déjà, cepeodaat, des morceaux considérables du bols sacré avaient été distraits du corps de la croix; Hâèoe en avait envoyé à Constantinople et à Reme ; cette demièce ville en avait reçu un Dragmenl qui dit placé dans Pégase Sainte: Croix de Jérosalero, où on la voit encore aujourd'hui : sa longueur 6ft d'environ un mètre. Lji partie la plus considérable du bois de la jchnx fut enfermée, par les soins desaîAte Hâène, daas une ebàsse d'argent qui demeura à Jérusalem^ tk c'est celle4à que les Perses enlevèrent pour la restitua ensuite dans sonintégrité. liai?, tesque la in^ fiit tombée sous la domination des Arabes^eeux-ci» ayant mam'festé riateation de détmlce cet ofaiet de la vésératioa dies chrétiens, on jugea à proys, pour la Muatraire plus sùremeal aux tentatives des infidèles» de. la diviser en plusieurs Biorceaux, qu'mi dirigea sur plusieurs lieux différents* Ccet ainsi qu'on possédait, dans diverses ^ses, des croix formées au moyen du bois de Jérusalem. Dans cette dernière ville» en en avait gardé quatre. Enfin, parmi les persoanesqui en posaédaîest des fragmenta ooosi*
(1) Touscesdétaibflont tirésderouvrage ayant pour titre : /. B. Casaiii deprofanis et sacria veterUms n'tibus; 1 vol. in-4<». Franco furti et Earmoverm, 1681.— On trouve dans cet ouvrage, devenu extrêmement rare, un grand nombre de gravures représentant les diverses espèces de croix dont nous venons de parler; plusieurs de ces croix que Ton cou* serve encore sont en mosaïque.
déraUesyje in»wl ma toi des Géorgiens, du nom de David, à peu près coD^nponi]! do la premiôre «xoisade.
En Tan ilOd, dix ans après la prise de Jérusalem par les Latins* la croix du roi de Géoi^e vint en la possession d'Ânseau , anden danoine de Paris el grand chantre de l'église du Saint*Sépulcre; il la tenait de la veuve du roi des Géorgiens, qui était venue s*éUiblir à Jérusalem après la mort de son époux. Anseau envoya celte croix à Galon, évèque de Paris, pour éu>e remise au chapitre de la cathédrale, à qui il en faisait don. La croix d'Ânseau fut conservée dans La trésor de Notre-Dame jusqu^en 1793. Â celle époque, le trésor de Notre-Dame fut pillé , et la croix d'Ânseau tomba entre les mains de M. Guyot de Sainle-Uéiène, commissaire de la section de la Cité, lequel, ajfaot obtenu du comité révolutionnaire, sous un prétexte quelconque, la permission de garder c cette vieillerie, » la partagea avec le trésorier de NoUe-Dame, et de la portion quMI se réserva fît quatre croix , dont trois furent rendues par lui à la cathédrale en 1803. On possède donc aujourd'hui ces trois déhris de la croix d'Anseau.
Cent trente ans après Tenvoi fait^ par Aoseau, à la cathédrale de Paris, le roi saint Louis reçut de Beaudoin II , empereur de Constantinople, plusieurs portions considérables du bois sacré, dont la principale fut déposée dans la grande châsse de la Sainle-Chapelle. A répoque de la révolution^ la relique fut transportée à Saint-Denis, d'où elle passa à la commissiom des aru^ et de là dans les mains d'un de ses membres, M. Bonvoisin, qui s'empressa de la porter à sa mère, dame d'une haute piété. Cdie-ci se fit un devoir de rendre au chapitre, en 180i, l'objet précieux dont elle s'était trouvée pendant six ans la dépositaire. Ai^ourd'hui on voit celte croix de la Sainte-Chapelle enchâssée dans un tube de cristal ; elle a ââ centimètres de long sur 41 millimètres de large, et 25 millimètres d'épaisseur. Elle est d'un bois brun à nuances rougeâtres.
Enfin, la cathédrale possède une cinquième croix, dite la croix palatine, qui offre des particularités remarquables. Son nom vient de la princesse Anne de Clèves, princesse palatioe, qui la tenait de Jean Casimir, roi de Pologne, et qui, en mourant, la légua à l'abbaye de Saint-Germaia-des-Prés. Elle a la forme d'une croix grecque à deux traverses, et est eqchâssée dans une lame d'or sur laquelle se ht une inscription grecque qui fait connailre qu'elle vient de l'empereur Manuel Comnène, ce qui en fait remonter le travail vers l'an 1160.
La croix de lésus-Ghrist élait faite de quatre iiioro6aiiz,8tToir. la lige, la trarerse» le Ulre et la plancbelte qui servaità appuyer les pieds. Selon Bède et plusieurs autres auteurs* quatre espèces de bois y avaient été employées : le cyprès, le cèdre, le pio et le buis ; mais il parait plus certain qu'elle élait toute en cbène » parce que c'était le bois dont on se servait le plus communément dans Ja Judée. Le Ulre élait placé immédiatement au-dessus de la tête du Sauveur, et, par conséquent, le baut de la croix n'avait point la dimension que les sculpteurs et les peintres lui donnent ordinairement. D*après un grand nombre de monuments très anciens, voici la forme exacte de la croix :
(1) On peut voir dans Rocca, tom. I, pag. 152 et 157, plusieurs gravures représentant des croix très anciennes.
MJ TITEI DE LA CEOIX.
Cette inscriptioD : Jésus de Nazareth^ roi des /f»y>, tracée, soi* Tant Tusage, en lettres rouges sur fond blanc, était appliquée à une planchette (|ui fut trouvée par sainte Hélène, avec le reste du bois de fa croix, mais séparée de celle-ci. Sainte Hélène l'envoya à Rome pour y être déposée, avec les autres reliques, dans l'église de Sainte-Croix de Jérusalem, qui fut construite h cet effet, comme le fut la Sainte-Cbapelle. En 1492, lorsqu'on ouvrit la caisse de plomb qui contenait le titre de la croix, on trouva que la planche sacrée, rongée par le temps, avait perdu les deux dernières lettres de Judœarum; elle avait alors une longueur correspondant à 36 centimètres. En 1564, on visita de nouveau le précieux monument, qui avait perdu quelque chose de plus du même côté ; en 1648, le mot Jésus avait disparu; enfin, en 1828, les ravages du temps étaient encore plus sensibles. 11 ne reste plus de Finscriplion hé* braîque, qui surmontait les deux antres, que quelques queues de lettres indéchiffrables. De Pinscription grecque, située immédiate*^^ ment au dessous, il reste le mol Na^copaToc ; la ligne inférieure montre le mot latin Nasarenus^ et les deux premières lettres du mol Bex. Une particularité remarquable consiste en ce que les deux inscriptions grecque et latine sont écrites de droite k gauche, ou comme on dit vulgairement, à rebours; mais ]*explication de ce fait est facile. Cela vieni de ce qu'en hébreu telle est la manière d'écrire, et telle devait être naturellement là première inscription. Or, on aura voulu faire corresponc^e les inscriptions inférieures, mot pour mot, k celle qui les surmontait.
DE LA SAINTE COUEONNE D'ÉMNES.
Il est certain que cette couronne ne fut pas trouvée par sainte Hélène avec la croix el les clous; cal* aucun auteur ne fait mention d'une telle découverte, et le silence général sur un fait de celle importance serait inexplicable. Ceci est d'ailleurs facile k concevoir. D*abord il n'est nullement certain que la couronne d'épines soit restée sur la tête de Jésus-Christ pendant le crucifiement, ni pen-' dant la marche au Calvaire ;et, en supposant que cela ait eu lieu, il n'est pas douteux que ceux qui descendirent de la croix le corps II. 8 . , ,
du Sauveur pour le mcltre au tombeau, n^eusseot pris possessioo de cet objet sacré, pour le conserrer et le traosmietlre aux adorateurs de Jésus-Christ. Cette traisaiissiao desain en main est telleméat daas la aaluce des chosea qu'elle ne sauraitiuie le moioëfe éoute; et il est férUableB»eiil impossible qt» la saînle ^^niM-M^iyt a'aii pas élé cooser? ée ainsi par use sueccasioa de déposttatrei impwrtaatoy joaqu^à Tépoque oô ie trésor impérial de GooslaolifiOfte absorlNi leuleslessaiaies reliques. £a 4i9« saint Paulia parie de la couroBoe d^épiaas comme d^ua é^ cea précieux objets que possédaient les chrétiens ; et, à partir de celte époque^ tous leaté- BMignages la supposent uoaoimemeot daos les urésors des sauveratos de BjzaDoe. Or c'eside là qu'elle est venue dans les mains 4e saiat Louis, k qui elle ftit donnée par Tempereur latia Baudooia II. L'aatbeaticjté de la relique» depuis eelte époque, n'a élé eonteslôe par persouoe. Mais oa soutiiodra peut-être que Tobjet deanéà saiol Louis par Tempereur latin a'était pas U vraie caoraimeâ*épiaes, que cette-ct aura pu être soustraite et cachée par les Grecs lors de la prise de Goasiantinople par les Croisés, et qu'ils auroat aubstilué k la saiate relique quelque fausse eourooae doat se seront contentés les Laliiis, qui ne connaissaient pas Tautre. Cetle supposition était soutenable dans Torigioe de la conquête; suis, dans ce cas, les empereurs grecs qui avaient établi leur séjour k Nicée, et ceux surtout qui reconquirent Constant ioople sur les Latins, a'auraient pas manqué de proclamer Terreur des chrétiens occidentaux, a de se prévaloir de la possession de fat saâiM couronne. Orj riea de pareil n^a eu lieu ; aucun d'eux n*a contesté la présence de la vénérable relique à Paris ; et postérieurement, aucune réclamation tfa été faite par les Grecs» si jaloux des Latins, et qui, grâce à Tiotrigueet à la violence, ont Gni par se rendre maîtres de TEglise du Sainf-Sépulcre. Donc , rautbeoUdté de la couronne de la Saiole-Chapeile oe saurait souffrir de doute. En i7d3« la sainte couronne ^ tirée de sou reliquaire. Ou la rompit, par un motif quelconque, eu trois parties à peu près égales, qai fureat portées, avec les autres reliques de la Sainte-Chapelle, à la commissien des arts, puis à la Bibliothèque nationale, où eQe resta jusqu'en 1804. Alors, sur la demaude du cardinal de Belioj, archevêque de Paria, die lut restituée à U cathédrale, après qoe ses débris eurent été reconnus par plusieurs ecclésiastiques qui i'avaieat tua autrefois et eu avaient conservé des souvenirs très précis. On ne remarque à la sainte couronne, telle qu*e|le existe
Mi^sw^km^mèem% épim. Celte akscioe iTéiMaee •*expln|«e per ii4i8tnbatm aoubreuse qui ea a éié ftôte à dhrerteB ép(M]ijes; mù et véfièse4r#Q daas ftiiaieurt éflisaB.