BEL EXEMPLE DIS RESPECT POUR LES MAITRES
L'histoire nous a conservé un trait qui prouve combien Tempercur Théodose-Ie-Grand était jaloux de voir rendre à Arsène, pré- Ci) Hist. de la Vie des Saints, publiée par Tabbé Caillau, à la fin de la Vie de sainte Anne, 26 juillet.
cepleur de ses ûls» riionneur qui lui était dû. Etant allé un jour les visiter au moment où lîs recevaient les leçons de leur maître, il les trouva assis, tandis qu'Arsène élait debout en lenr parlant. Leraeaarque, témoignant aussîKit son mécontentement , dépouffia qoetque temps ses enfants des marques de leur dignité ; et tl ordonna qu'à Taveoir ifs seraient toujours délMHit durant les leçons, tandis qu'Arsène demeurerait assis, (i).
BEI. BXniPUI DE RISPICT POVR LBt MtÊTlKS.
Parmi tes catéchistes de Pévèque de Chan-sf (Glfne) se trouve un prince tartare de la famille impériale, qut a mieux aimé perdre son ranfr, ses dignités, sa fortune, que de renoncer au christîa* nisme. G^est un plaisir pour lui de servir un prêtre. « Je ne puis dire, écrivait en i834 le père Bmguière, ce que fépreuve quand je vois un prince , un petit-fifs de l'empereur Kan-bi, servir à table un pauvre missionnaire te! que moi. Toutefois je le lai»e faire, pour ne point le priver du mérite d'une bonne œuvre. (Test ainsi que celui qui aurait pu aspirer à l'un des premiers trônes du monde, s*il n^avait pas préféré rbumitiation de la croix au sceptre impérial, tient à honneur de servir un pauvre i^tre. La foi lut fait découvrir Jésus-Christ dans ses ministres (2). »
ou CINQUIÈME GOMMANOEMENT DE DIEU.
"= D. Qtul est le cinqmème ommandemeHt de J^eu? — R. Homicide point ne seras, de fait ni volontairement. = D. Qu^ est-ce que Dieu mms défend par ce comnuindementf' — R. Dieu nous défend, par ce commandement : 1* de tuer» blesser ou frapper le prochain ; â* de lui souhaiter la mortou quelqt^ autre mal ; 3* de Toffenser par des paroles injurieuses; i* de lui donner du scandale.
Explication. — Le cinquième conamaDdement de Dieu nous défeiid : r de tuer le procbain, c'est-à-dire de répandre son sang, de lui ôter la vie. Oler la vie à son prochaio,
(1) Vie de saint Arsène, 19 juillet.
(2) Biographie des Croyants célèbres, art. Brugmère.
c'est un attentai sur le souverain pouvoir de Dieu, qui seul est te œattre absolu de te vie des hommes , à qui seul il app«1iml de la leor Mer» comme lui seul a pu fa leur donner. C'est, eo aeeoDd Keu, un crime de lése-majesté divine (4) , eCe'est Dieu luf-méme qui nous Ta enseigné quand il a dit : < Le sai^ de tout homicide sera répandu , parce que Thomme c a été créé à Tiinage de Dieu (2). » Quiconque porte sur son firèreoM niam Dfieurtriére attaque Dieu lui-même, puisque, ai^nt quil esl en lui, il détruit Timage de Dieu. C'est en6n la glus grande injustice que l'on puisse commettre contre BB tioiBfiBe , parce qu*on lui ravit le bien le plus cher et le plus préeleux qui soit au monde, et qu'on lui fait éprouver me perte que ne sauraient réparer toutes les richesses et toute la puissance des hommes. — Dîrez-vous que Toutrage (jœ vous avez reçu est trop sanglant? N'importe; vous n'avez pas le droit de vous venger : ce droit n'appartient qu'a la puissance publique; la passion vous porterait au-delà des bornes. — Direz- vous que votre honneur blessé exige one réparation , que sans cela vous passerez pour un lâche ? Et quel est donc cet boimeur auquel il faut sacrifier en ftirieux? Quel honneur y a-t-il à se révolter contre la nature et la raison, contre les lois divines et humaines (3) ? — Vcucortement f c'est-à-dire, la délivrance prématurée du frfât que porte une femme dans son sein, lorsque, dans rinlentioB de la provoquer, on a recours à certaine médecine, à certain breuvage... est un véritable homicide et un cas réservé. Il n'est jamais permis de recourir à de pareils moy^os, quand bien méfne il serait impossible d'éviter autrem^it la mort ou l'infamie (i).
(1) Lèse, mot emprunté d^un participe latin, et signifiant blessé, \iolé. {%) Qnicmnque effaderit humanmn sanguinem , fundetur sanguis fl&u; ad imaginem qnippe Dei fkctm est homo. Gen., n, S.
(3) Le comte de Valnumt,
(4) La proposition contraire a été condamnée par Innocent II, en 1679 : Licet procurare abortum, ante animationem fœtus^ ne puella deprehensa gravida occidatur, aut infametur, Prop. 31.
Le cinquième commandement de Dieu nous défend, 2«de blesser ou de frapper le prochain , à plus forte raison de le priver d*un de ses membres, ce quon appelle fmUiktUon. La faute est plus ou moins considérable, selon la gravité de Feutrage ou de la blessure, et selon la qualité de la personne qui en a été (objet ; celui qui blesse son père ou sa mère est bien plus coupable que celui qui blesse son frère ou son égal ; celui qui frappe une personne consacrée à Dieu, un prêtre , une religieuse , commet un plus grand péché que celui qui frappe un simple laïque.
Le cinquième commandement de Dieu nous défend, 3* de souhaiter au prochain la mort ou quelque autre mal. Souhaiter au prochain la mort , c*est être homicide aux yeux de Dieu qui voit le fond du cœur , et qui sait que si on ne met pas à exécution ce qu on désire, c est qu'on est arrêté non pas par la crainte de lui déplaire et d'encourir sa disgrâce, mais uniquement par la crainte des châtiments qu'inflige la justice humaine à ceux qui trempent leurs mains dans le sang de leurs frères.
Le cinquième commandement nous défend, 4*^ de dire au prochain des paroles injurieuses. 11 est impossible de douter que ce ne soit un grand péché, d'après ces paroles de Jésus- Christ dans TEvangile : « Celui qui dira à son frère, Raca (4 ), a méritera d'être condamné par le conseil (2) ; et celui qui a le traitera de fou, méritera d'être condamné aux feux de « Tenfer (3). »
Le cinquième commandement de Dieu nous défend, 5* de donner du scandale au prochain ; nous expliquerons bien** tôt, mes enfants, ce qu'il faut entendre par le scandale.
=D. I^ est-il jamais permis de tuer ou de blesser le prochain? — R. Non, il n'est jamais permis de tuer ou de bksser le procbaio
(1) Raca, terme syriaque, signifiant gueux, homme de néant, et reafermant une grande idée de mépris.
(2) Cest-à-dire par le Sanhédrin, conseil suprême des Juifs où on jugeait en dernier ressort les causes importantes.
(3) Matth., V, 22-23.
« ce if est dans iioe guerre juste, oa pour se défendre oootre cehiî qui oous attaque injustement, ou pour exécuter les arrêts de la
justice.
Explication. — Il n'y a que trois oireonstances où il est pennis de tuer ou de bieiaser le procfaaÎD : 4« dans une guerre juste. Lorsqu'un Etat» soit pour défendre des droits légitimes, soit pour obtenir la réparation d'un dommage ou d'un outrage qui lui a été fait, ou afin de pourvoir a sa sûreté, a recours aux armes, les. officiers et soldats qui combattent ne commettent aucun péché en tuant ou blessant leurs epnemis, parce qu ils n'agissent pas comme particuliers, mais au nom du prince et de la patrie dont il9 sont les soutiens et les vengeurs, â"" Pour se défendre contre^ celui qui nous attaque injustement. Attaque- t-on injustement notre vie ? il nous est permis de faire tout ce qui* dépend de nous pour rendre inutiles les efforts de notre^ agresseur; et,s*il arrive qu'en nous défendant nous lui donnions la mort, nous ne sommes point coupables de son sang;nous ne cherchions qu*à nous conserver, et nous étions en^ droit d'employer pour cela tous les moyens nécessaires. Z^ Pour exécuter les arrêts de la justice. La société a le droit de retrancher de son sein ceux de ses membres qui compromettent sa tranquillité et sa sûreté , et de les condamner à mort ; le bourreau, qui exécute Tarrèt porté par les magistrats, ne pèche en aucune manière, parce qitii agit en vertu d'une autorité légitime. Hors les trois cii^constances dont nous venons de parler, c'est toujours un grand crime que d'ôler la vie à son prochain.
Le bourreau qui exécute l'arrêt de mort porté contre un criminel, ne commet, comme nous venons de le dire, aucun péché. Mais conçoit- on qu'o&e foule de personnes courront avec empressement à un pareil spectacle, et trouvent un barbare plaisir à voir couler le sang? Depuis que nous exerçons les fonctions du saint mystère, nous avons accompagné neuf malheureux à l'écbafaud, et, à chaque fois, nous avons vu la place sur laquelle se faisait l'exécution couverte II. lî
— tes —
d'au peiiT>l6 ifomende tll II paraît qu'il y a, dans tous les pays , roème curiosité , même insensibilité. Quelquefois aussi, il se trouve des personnes qui ont assez de bon sens peur c&inpreiuire oombieD leur présence est déplacée en pftreill« cireonslaoce ; le Irait qu'on va lire en tei lapreute. M. de Cheverus reçut un j(M3r (il n*étatt pas encore évèque], des prtsonsdeNorthaixipton, une lettre qui lappeiaitèia pios pénible déboutes les fonctions ecclésiastiques. Deux jeunet Irlandais catholiques qui y étaient renfemiés, venateot d'être/ quoique innocents, condamnés à mort, victimes de Ja faiblesse humaine, sujette à eiTer daas ses jugements, mais surtout de rimpà*itie de leur avocat et d'un concours malheureux de circonstances qui semblait indii^er leur culpabilité. Ré»gnés à Tarrét qui les frappait, et ue soih géant phis qu*à préparer leur âme au grand passage de réternité , ils écrivirent a M. de Cheverus pour récbmer dans cette conjoncture le secours de son ministère. M. de Cheverus se rendit avec empressement aux désirs de ces infortunés. C est la coutume aux Btats-Unis de conduire le coupable au temple pour qu'il y eelende un discours immé* diatement avant Texécution. Lors éMic que le jour fatal fat arrivé, fil. de Cheverus se rendit au temple aveo les deax jeunes gens et tout le cortège fimébre. Il OK^ate avssitât m chaire, et, jetant des regards sur la foule iaimense qui l'entoure, apercevant cette multitude de femmes accourues de toutes parts pour assister à rexéculion, lise seut animé d'une sainte colère contre la curiosité qui attire à oeHe lugubre scène tant de spectateurs. « Les orateurs, e'éoriet-il, d'une voix forte et sévère, sont ordinairemeat flattés d'avoir un auditoire nombreux, et moi j'ai honte de celui que j ai sous les yeux... Il est donc des hommes pour qui la mort de leurs semblables est un spectacle de plaisir , un objet de curiosité.. . Mais vous surtout, femmes, que veneavous faire ici? est-ce pour essuyer les sueurs fr^des de la mort qui découlent du visage de ces infortunés ? est-«e pour prouver les émotions douloureuses que cette i
(toit inspirer à tonle Atae seosible? Non, sai» dmite : e*est donc pour "voir ienrs angoisses , et les Toir d'un oail sec, avide el empressé. Ah ! j'ai honte pour Yoas ; vos yeux sooi pteins d'boinîetde... Vous vous vantes d'être seosibtes, et vous dites que c'est la prenaière vertu de la femme ; mm si le supplice d*auli*ui est pour vous un plaisir, et la mort d'un homme un amusement de curiosité qui vous attire, je ne dois plus croire à votre vertu, vous oubliez donc votre sexe, vous en faites le déshonneur et l'opprobre... » L*exé* ealioA smvit de près ce discours ; pas une femme nosa y paraître ; toutes se retirèrent du temple honteuses d ellesmêmes, rougissant de la curiosité barbare qui les y avait amenées (I).
= D. Comttient s'appelle le crime de celui qui tue un homme injustement^ — R. Il s'appelle homreide.
Explication. — Le crime que Ton commet en ôtanl injustement la vie au prochain s appelle homicide , ce qui veut dire littéralement : meurtre d*un homme, action qui cause la mort d'un homme. Celui qui s'est rendu coupable d'un tel crime est aussi appelé Jiomicide. Le meurtre d'un père ou d'une mère, d*un aïeul ou d'une aïeule, s appelle pamcide ; celui d'un roi prend le nom de régicide. Le régicide, plus encore que les autres meurtres, est un forfait digne de toute horreur ; un noir parricide qui arrache la vie au père de l'Etal ; une impiété contre la patrie, dont il renverse l'ordre et qu'il tend à anéantir ; un sacrilège audacieux, qui attaque et détruit l'autorité que la Providence a établie et reDdi» sacrée.
Solon, célèbre législateur , ne statua rien contre le parricide, parce qu'il crut qu'on tel crime ne serait jamais commis. Au xix' siècle, il n'y a pas d'année qu'il ne se comtdette plusieurs parricides ; quant aux meurtres et assassinats ordinaires, op ne peut bientôt plus les compter; el combien encore qui échappent aux yeux des hommes ;
(1) Vie de Mgr de Cbeverus.
€XNiibieD qui ne sont connus que de Dieu ! 0 temps!... ô niQDursl Cependant on parle d abolir la peine de mort ! La philanthropie du siècle lend k la faire disparatire entièrement de notre code , et Tapplication de la loi devient chaque jour plus rare. Une mère coupe son enfant par morceaux ; un fils, ou plutôt un monstre enfonce, de sang-froid, un poignard dans le sein de son père !... le crime est prouvé, il est évident ; mais on sait y découvrir des circonstances atiémiantes, et le coupable en est quitte pour aller aux galères. Il y a du danger, dit-on, à donner des spectacles sanglants au peuple ; et Ton ne comprend pas que le vrai moyen de le familiariser avec le sang. et le meurtre, c'est de lut montrer que le meurtrier peut le répandre impunément, c'est d'épargner le sang de celui qui n'épargne pas le sans^ de son frère. La peine de mort est, sans doute, quelque chose de bien terrible ; mais enfin c'est la seule qui soit capable d effrayer les hommes criminels, et de prévenir les forfaits. On parle de régime cellulaire, de détention perpéluelie : mais, de bonne foi, la crainte de pareils châtiments sera-l-elle assez efficace pour arrêter celui que n'arrête pas même la crainte du dernier supplice? Qu'on abolisse la peine de mort, et les meurtres , les assassinats, les forfaits de toute espèce, deviendront plus multipliés que jamais. Mais, d'un autre côté, qu'on s'efforce d'améliorer les mœurs, en protégeant et en faisant fleurir partout la religion, et bientôt la peine de mort sera, de fait, abolie et anéantie.
= D. Est'U permis de se venger de ceux qui nous ont offensés injustement?— R. Noo, Qous devons leur pardonner, comme nous voulons que Dieu nous pardonne nos offenses envers lui.
Explication. — « Ne rendez poiut le mal pour le maF, « dit saint Paul, ne vous vengez point (4) ; » et, dans l'Evangile, Jésus«-Christ nous adresse ces paroles : « Pardonnez «à votre prochain le mal qu'il vous a fait, et vos péchés vous
(1) NuUi malum pro malo reddenies... non vosmetipsos dcfendentes, charissimi, sed date locum irae. Rom., xu, 13-18.
«seront remis, quand vous en demanderez le pardon (I). » Comprenons par là combien nous sommes intéressés à pardonner à nos frères. Quand nous agissons ainsi, nous y gagnons bien plus qu'eux : qu'est-ce que Tavanlage qu'ils peuvent retirer de leur conduite à notre égard, en comp»raison de la rémission de nos péchés, et de la bienveillance de Dieu qu*elle nous fait obtenir ? Si , au contraire , nous nous vengeons ; si même, en renonçant à tout acte de vengeance, nous nous répandons en reproches ; ou si, encore, en nous abstenant de tout reproche , nous conservons du ressenliment dans nos cœurs, nous nous punissons cruellement nous-mêmes des injures que le prochain nous a faites^ puisque nous nous fermons laccès à la miséricorde de Dieu : « Si vous ne pardonnez |>as aux hommes, nous dit ce grand « Dieu, je ne vous pardonnerai pas non plus vos péchés(2].» Ainsi parle la religion ; écoutons maintenant la raison. Elle nous dit qu'il y a plus de noblesse et de vraie grandeur d'âme à pardonner qu'à s'abandonner à la haine , au ressentiment et à la vengeance. Une âme généreuse ne se laisse point dominer par ces passions. Ce n'est point en elle une marque de lâcheté et de faiblesse ; c'est, au contraire, la preuve du plus grand courage. Se vaincre soi-même, c'est la plus belle de toutes les victoires ; car, comme il n'en est point de plus difficile, il n'en est point aussi de plus glorieuse.
Nous allons vous raconter à ce sujet, mes enfants, un Irait bien frappant de la vie de sainte Adélaïde, impératrice d'Allemagne. Lorsque Déranger, meurtrier de son époux, et vaincu par Olhon, vint avec son fils se mettre aux pieds d'Adélaïde, elle leur adressa ces mots magnanimes: « Je suis d'une religion qui m'enseigne non seulement à vous pardonner, mais encore à vous faire tout le bien qui dépendra
(1) Si enim dimiseritU hominîbus peccata eomm, dimittet et tobk pater Tester peccata Testra. Matth., iv, 14.
(i) Si autem non dimiseritis hominibos, née pater Tester dimittiC ▼obis peccata festra* Mattli., ti, IS.
de moi. « Elle soUktCa en efTel, el elle obtiol d^Othon qura leur rendu une partie de leurs ÉlaU (i).
Le trait suivàoi ne produira peut-être pas moins d*iah pressioD sur vous. M. Le président Hiaiâbourg (mort le 4 6 avril 4 836)* étant encore enfaol, un condisciple le harcelait jusqu a le Crapperd'un bâton. Un homme âgé l'exhortait à se venger et à châtier lauteur de cette insulte, a Mais... je suis plus fort que Lui. « Ce fut toute la réponse de 1 insulté (2).
= D. Celui qui blesserait ou qui tuerait quelqu'un en dtiet pècke^ rait'H ? — R. Oui il pécherait grièvement, parce que nous n'afois droit ni sur la vie de oolre prochain ni sur la nMre.
Explication. — On entend par duel , le combat de denî personnes , d'après une convention faite entre elles. Quelqu'un se croit offensé , il propose un rendez-vous pour se battre; le rendez- vous est accepté, le combat a lieu : voîfè le duel. La religion a condamné, dans tous les temps, cette coutume barbare de décider par les armes les querelles pe^ sonnelles, et on ne saurait trop déplorer l'aveugle préjugé qui porte Thomme à s'armer d'un poignard et à le plonger dans le sein d'un de ses semblables, et cela pour se venger d'un prétendu affront, d'une raillerie , de quelque trait de malice ! Une pareille conduite ne blesse-t-elle pas évidemment la justice et rhumanilé?
« Mais, dit-on, si je n accepte pas un défi qui m'est offert, je vais passer pour un lâche el perdre mon honneur, t — « Gardez-vous, dit Jean- Jacques Rousseau, de confondre le nom sacré de l'honneur avec ce préjugé féroce qui met toutes les vertus à la pointe d'une épée, et n'est propre qui faire de braves scélérats. En quoi consiste cepréjngéfdans l'opinion la plus extravagante et la plus barbare qui entra jamais dans l'esprit humain, savoir, que tous les devoirs de ia société sont suppléés par la bravoure, qu'un homme n'est
i%) Vie de s^itUe AdéMde.
{%) Biographie de M. Riambourg^ par M. Tk. Foisset.
|das foarbe, fripon, caiomnialeur ; qu*t] est civil , humain, poli, quand il sait se battre... ; qu'un affront est toujours bien réparé par un coup d'épée , et qu'on n*a jamais tort avec un homme, pourvu qu'on le tue... Les plus vaillants hommes de Tantiquilé songèrent- ils jamais à venger leurs injures pei^onneîles par des combats singuliers? César enyoya-l-il un carte) à Calon^ ou Pompée à César, pour tant d'affronts réciproques?... Si les peuples les plus éclairés, les plus braves , les plus vertueux de la terre n'ont point connu le duel, s*ils n'ont jamais imaginé que le sang des citoyens dût couler que pour la défère de la patrie, j&dis que le duel n*est point une institution de l'honneur, mais une mode affreuse et barbare.. Reste à savoir, si, quand il $*agit de sa vie ou de celle d'aulrui , rbonnèle homme se règle sur la mode , ou s il n'y a pas alors plus de vrai courage à la braver qu'a la suivre... L'homme droit, dont toute la vie est sans tache, et qui ne donna jamais aucun signe de lâcheté, refusera de souiller sa main d'un homicide , et n'en sera que plus honoré. On verra aisément qu'il craint moins de mourrir que de mal faire, et qu'il redoute le crime» et non le péril. »
« Mais, dit-on encore, l'affront que j'ai reçu est trop sangjbat, l'injure commise à mon égard e9t trop criante; elle De peut être lavée que dans le sang de mon ennemi. » -^ Quoi I laver une injure dans le sang ! est-ce la raison ou la ûireur qui parle ? Vous en voulez à la vie de votre semblable I noais vous appartient-elle pour la lui ravir? appar* lienl-elle à lui-même, pour vous en faire le sacrifice? Dieu seul la lui a doni^e ; seul donc il peut en disposer.
« L'affront que vous avez reçu est trop sanglant, et l'iniûficommise à votre éjard est trop crianle I » — Mais, parce <iae votre semblable a violé les lois sacrées, faudra- t-il que vous les transgressiez voua-mâme? parce qu'il est coupable, faudra-t-il que vous cessiez d'être innocent? faudra-t-il que vous cessiez d^étre généreux et courageux à supporter un affront ou uue ii;y ustiçe ¥
— in —
Vous le voyez, mes enfaDts , les objections que l'on fait en faveur du duel ne sauraient soutenir Texamen de la raison, et il vous est facile de comprendre que c'est pécher grièvement que de tuer ou blesser quelqu'un en duel, oa de s'exposer au même danger, en acceptant un duel : parce que c'est usurper les droits de Dieu à qui seul appartient essentiellement notre santé, notre vie et celle du prochain.
D'après ce qui vient d'être dit, quels reproches n'ont-ils pas à se faire, ceux qui se battent en duel, et mettent ainsi leur vie è la discrétion d'un ennemi ? Et ceux qui autorisent, par leur présence, ces sortes de combats, ne se rendent-ils pas aussi grièvement coupables ?
Serge, père dé saint Romuald, avait eu une dispute avec un de ses proches, et rappela en duel ; il réclama de son fils sa présence à cet instant de péril, le menaçant de le déshériter s'il refusait. Le jeune homme se soumit et fut présent au combat. L'issue fut sanglante : Serge tua son parenL Bomuaid, saisi d'horreur à la vue de ce sang versé pour un misérable intérêt pécuniaire, dans lequel il se reprochait aussi d'avoir trempé ses mains, s'éloigna de sa famille, de ses amis, et voulut expier, dans un monastère, sa participation à l'homicide , par une pénitence de quarante jours. Quelque temps après, il quitta entièrement le siècle et prit l'habit religieux (I],
Dans la plupart des diocèses, ceux qui se battent en duel et ceux qui assistent comme témoins à ces sortes de cooh bats sont frappés d'excommunication; celui qui succombe est privé de la sépulture ecclésiastique , è moins qu'avant de rendre le dernier soupir, il n'ait donné des marques noo équivoques de repentir.
= D. Est-il permis de se tuer volontairement soi-même ? — R . Non il nVst jamais permis de se tuer, et cette action, qu'on appelle suicide, a toujours été en exécration.
Explication. — L'action de celui qui se tue volontaîre-
(1) Vie de saint Homtsaid^ 7 février.
— tn —
ment se nomme suicide, c*es(-A-dire meurtre de soi-même. Od appelle aussi suicide celui qui se rend coupable de ce crime.
Le suicide est, 4* un attentat envers Dieu dont il viole les lois saintes et dont il usurpe audacieusement les droits. Il n*est pas moins défendu , en vertu de la loi de Dieu , de se donner la mort que de commettre le blasphème. Tadultère et le vol , car celui qui nous a dit : a Tu ne prendras point « en vain le nom du Seigneur ton Dieu ', tu ne commettras « point d*adullére, tu ne déroberas point, » nous a dit aussi : « Tu ne tueras point (t). » Celui qui se rend coupable de suicide foule donc aux pieds les lois divines. ^- « La vie de a rhomme sur la terre, nous dit la sainte Ecriture» est une « milice (i) ; » TEglise est une armée rangée en bataille, chaque chrétien un combattant enrôlé au service de Dieu ; à chacun donc est assigné son poste, et, s*il le quitte sans les ordres de son chef, avant qu*on Tait relevé, ce D*est pas un bon soldat du Christ . mais un lâche qui fuit avant d avoir combattu ; un vil transfuge qui abandonne son drape<iu au mépris des règles de la sainte discipline ; un audacieux qui s^arroge à lui-même les droits imprescriptibles du Très- Haut. En effet, Dieu nous ayant donné la vie, ce n'est pas à nous^ mais à lui qu'elle appartient en propre, comme tout notre èlre ; c'est un dépôt qu'il a mis entre nos mains ; par conséquent, il ne nous est pas plus permis d'en disposer, qu*il n est permis à un dépositaire de disposer du dépôt qui lui a été confié, qu'il n'est permis à un homme de disposer d'un bien dont il n'a pas la propriété.
Le suicide est, 2* un crime contre la société. La société, en effet , est pour nous comme une seconde mère qui s'as» socie à la tendresse et aux soins de la première pour conserver et développer son œuvre. Si c'est dans les entrailles de l'une que nous puisons la vie corporelle, c'est au sein de
(l) Non occides. Exod., xx, 13.
(fj Militia eèt vita hominis super terram. Job., vu, 1.
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— tw —
Vautre que ncHis trouvons rexistenee intellectuelle et morale ; sens elle notre esprit resterait sans culture, notre fatr blesse sans appui, nos besoins sans soulagement, nos aptitudes sans applkatiao et sans exercice ; en un mot, c'est à la société, après Dieu, que nous sommes redevables de presh que tous nos avantages. En retour de ce qu'elle a fait pour nous, la société na-t-elle pas le droit de demander que nous lui soyons utiles, à plus forte raison que nous ne lui devenions pas nuisibles? Mais celui qui met fin à ses jours frustre la société de tous, les services qu'elle devait en attendre. — Le suicide, si préjudiciable à la société civile, a, pour la société domestique, des conséquences plus immédiates et plus inévitables encore. Qu'un jeune homme cède aux conseils du désespoir, il plonge dans la plus affreuse douleur une famiye tout entière, une mère chérie, un vieux père, dont il devait embellir ou consoler les derniers j^oui'S. Fils ingrat et dénaturé, que de larmes il coûtera à lasensî* bilité de ses infortunés parents I II y a pour leur tendresse chrétienne quelque chose de plus désolant qu'une sépara^ tion corporelle , c'est la pensée déchirante de sa destinée éternelle I Un père, une mère de famille se donnent la mort, et voilà qu'ils laissent dans un veuvage préo^aturé la moitié d'eux-mêmes, au mépris des plus saints engagemaais ; voilà qu'ils abandonnent orphelins avant le temps de malheuEeux enfants qui ont à peine goûté peut-être les douGeur&de le piété filiale II] Âh I si l'on flétrit la femme coupable qui, pour conserver son honneur devant les hommes, délaisse le fruit de ses entrailles, que dire de ceux qui, par un crime comme le suicide, dérobent à leur jeune famille l'appui des conseils et des secours pMternds ?
Le suicide est, 3^ une cruAUté envers soi-rméiBe, perce que se rendre coupable de ce crime, c'est conpcomeUre son honneur en ce raoodet el^ dans rautre, son salut éCemei. Se tuer soi-même, c'est lâcheté, et toute lâcheté est un opprobre. Vainement on a appelé le suicide fermeté de cou* rage et grandenr d*âme^ fSi v^ue oocMMlioa pbis. ^Utotive-
— fis —
ment la raison, vous y verrez urm ia^hme d'esprit et un manque de cœar. Pourquoi, en effet, l'homme se donne* t*il (a mort? c'est pour sesoosfraireau cbagrînque lui cause une passion déçue, une entreprise avortée, le délabrement de sa fortune., le dépérissement de sa< santé. Mais céder ainsi an malheur, n'e»t-ee pas proclamer qu'on ne se sent niasses grand ni assez fort pour le supporter ? Terminer sa vie par uncrrmequi n'est au fond qu'un acte de faiblesse, c'est donc livrer sa mémoire à la honte ; e(, ce qui est une barbarie mille fois phisatroce, c'est vouer son âmeauxhorreursd'un nippKce sans fin. En mourant en flagrant délit d'impénitenee, le suicidé met lui-même le sceau a sa réprobation, et le même coup qui termine sa vie le précipite sans retour dans ces gouffres brûlants oti le feu ne s'éieînt pas et où le v«r rongear du remords ne meurt jamais. Ces meurtriers d'eux-mêmes, la foi nous les montre, bien mieux que Tantiquflé païenne, jetés au fond des enfers, abtmés dans la tristesse, en proie aux plus amers regrets. Ob ! combien ils Tondraient, rendus aux lieux qulls ont quittés, souffrir naintenant les angoisses de la pauvreté et les travaux les plus pénibles de la vie 1 Eclairés par une désespérante et trop tardive expérience, ils comprennent enfin que les tribotations de l'homme sur la terre pouvaient être adoucies ï»rla patience, l'amitié, la religion, et qu'après tout, dix, vingt, trente ans de souffrances étaient pçu de chose pour un être immortel. •« Mais ces pensées qui auraient été autrefois leur plus douce consolation, ne font désormais qu'aggraver leur malheur : juste punition de leur attentat envers Diai, de leur inju&lice à l'égard de la soeiété et de leur «mauté coBlre eux - mêmes.
D. l^est'it pas parlé, dans CEeriture et dans C histoire ecclé^ nastiqve de pinsiewrs grands personnages , (fui se sont donné la «MFt ? — R. Ouï, mftis en peut dire qu'ils n'eat agit de la sorte qifes vertu^'uoe in^aiioo divine.
KcFtfCATieiv. «-^Bamil le» grands pcrseqnages qoi se sont d0né la flmttv el dont M esl parlé dans les divines Eerl*
tures, on peut oHer, entre autres, Samson et Razias. Juge et défenseur d'Israël, guerrier intrépide, magistrat chargé des intérêts de tous, voilà ce qu'est Samson. Outragé par les dérisions des Philistins et par leurs blasphèmes, réduit au droit de la défense naturelle, il n*a sous la main d'autres armes que les colonnes de l'édifice où ses ennemis sont rassemblés ; c'est Dieu lui-même qui les ébranle par les mains du héros ; Samson meurt écrasé sous les ruines ; il a rempli sa dette. — Razias. un des principaux d'entre les Juifs, est sollicité en vain par Nicanor d'adorer les idoles. Pour ne point tomber entre les mains des idolâtres qui, au nombre de cinq cents, entourent sa maison, et ne point être l'occasion de leurs blasphèmes contre le Seigneur, il se donne un coup d epée. Mais, parce qu'il n'est point blessé à mort, il se précipite du haut d'une muraille et tombe la tête la première. Il se relève, monte sur un rocher escarpé, prend ses entrailles à pleines mains de son corps entr'ouvert et les jette sur le peuple, priant Dieu de le venger et de le ressusciter un jour. Condamnée par quelques Pères , cette action est regardée par plusieurs autres comme inspirée par le Mattre de la vie et de la mort, pour qui toutes les manières de disposer de nos jours sont légitimes et saintes. — Ceci peut s'appliquer à ce que l'histoire ecclésiastique nous rapporte de sainte Apolline. Ayant été arrêtée avec plusieurs autres fidèles, on la menaça de la jeter dans un grand feu qu*on avait allumé hors des murs de Rome, si elle refusait de proférer quelques paroles impies. La sainte demanda quelque temps comme pour délibérer sur le parti qu'elle avait à prendre, ce qui lui fut accordé ; mais on ne Teûl pas plutôt laissée en liberté, que, pour convaincre ses persécuteurs que son sacrifice était pleinement volontaire, elle sejetta elle-même au milieu des flammes où elle rendit son âme à Dieu. Ceci arriva vers 249. L'Eglise honore Apolline comme martyre ; elle suppose, par conséquent, qu elle avait agi par une inspiration particulière du ciel, on que, du moias^oo action était l'effet d'une pieuse simpli-
cité, qui avait pour principe la ferveur du zèle el de la charité. *
^ D. Comment l'Eglise punit-elle le crime du suicide ? — R. Elle prive ceux qui s^eo sont rendus coupables des honneurs de la sépulture.
Explication. — Eu envisageant le crime du suicide sous les traits si odieux qui lui sont propres, on ne s*étonnera plus qu'il ait toujours été en exécration, el que la législation soit civile, soit religieuse, lait flétri par des peines infamantes. On ne s'étonnera plus que les lois d'Athènes et de Tbèbes aient imprimé le sceau de Tignominie sur le cadavre du suicidé ; que Rome païenne le privât de la sépulture sacrée et religieuse, et que, parmi nous, autrefois, on le traînât honteusement sur la claie (4). On ne s étonnera plus de lire dans le droit-canon ces paroles si précises : a Si « quelqu'un volontairement, par le feu, par le poison, en se c précipitant, en se pendant, ou de toute autre manière, se a donne la mort, nous voulons qu'on ne fasse absolument <K aucune mémoire pour lui dans Toblation du saint sacria 6ce, et qu'on ne conduise point son cadavre, au chant des a psaumes, au lieu de la sépulture; » à moins qu'il ne soit constaté qu'il était en délire au moment où il s'est tué, ou qu^il n'ait donné, avant de rendre le dernier soupir, des marques d'un sincère repentir (2).
« Est-il nécessaire, dit un pieux prélat, d'exposer les motifs d'une loi si respectable qui se justifie elle-même (à) ? Comment l'Eglise, gardienne de la morale, pourrait-elle décerner à l'homme qui déserte le poste que la Providence lui avait assigné dans oe monde, laissant peut-être après
(1) Ouvragé à claire-Toie, fait de brins d*08ier ou de branches d^arbres entrelacées. La claie, sur laquelle on déposait le cadavre du suicidé, était trdnée par un cheval que conduisait le bourreau.
(2) Gb que nous venons de dire du suicide est tiré en partie d*un mandement de Mgr Tévêque d'Arras sur cet important siget.
(3) Justificata in semetipsa. Psal. ox.
lui ilaos le désespoir et la déiresse une épouse ei desenfants désolés, les mêmes honneurs dont elle entoure le cbréiiea fidèle qui a porté jusqu'à la fin, avec courage, les peines et les tribulations de notre pèlerinage sur la terre? D'ailleurs, celui qui se porte à cet excès de s'arracher la vie de ses propres mains, ne s*excommunie-t-il pas lui-même, par son crime, de la société des chrétiens ; et dès fors que? droit peut-il avoir aux prières que l'Eglise réserve à ses fidèles enfants (4)?» — Au mois de mars < 850, une pauvre marchande de volailles du marché Saint-Honoré, à Paris, se pendit de désespoir Elle était presque oëtogénaire, et toutes les femmes du marché firent une quête pour subvenir aux frais de sa sépulture! Le clergé de Saîn!-Roch refusa de recevoir le corps de la suicidée. Des murmures commençaient déjà à se faire entendre, lorsqu'un prêtre s'avançant seul au milieu de la foule, expliqua en peu de mots dans quel but de haute moralité et d'intérêt social autant que religieux, FEglise refuse ses prières à celui qui a disposé d'une vie qui n'appartient qu'à Dieu et à la grande famille chrétienne, a Notre devoir, dit-il, est d'attendre avec patience et résigna- « lion rheure fixée par la Providence pour sortir de cette « vallée de larmes. » La foule se retira silencieusement, et toutes les marchandes de drre : « Le prêtre a raison (2). »
D. A quoi faut-il attribuer tant de suicides qui se commeUent tous les jours ? — R. Au renversement des principes religieux.
Explication. — Le soioide, ce crime st exécrable, est devenu de Dosjours une sorte d'éfÂdémie, etoo oepeut bientôt frios oompter ceux qui pénssent victimes d'une m<N*t volonifflre. QueUe est la oause de odte déplorable frénésie, dt cette calamité nouvelle ajoutée à tant d'autres? Il ne faut point la chercher aiUeturs que dans le renversement des pmeîpes religieux. • Qtn poorcaii ici naécoimaltre le fur
(f) Lettre pntorate de Mffr l^éffêqne de Viviers. Voir le Moniteur catholique^ n^ tl« S mars I9S0.
(2) Moniteur catholique^ n» dtt 14 mtr» iW#4^
— Sît —
oesie pouvoir' ôb ceHa eCferveseeoce d'impiéié, de œtie dtotrme abjecte du matémtisme, qui nous ravale au rang des brutes, et nous apprend <}iiel'hotnrae n'étant plus qu*une pbate ou une mackioe, sa vie u*e»t plus qu'un jeu dont il peut disposer au g^ô de ses caprices ; etenGn de celle philosophie meurtrière, qui se vanle d'affranchir Tboracne, parce qu'elle brise touLce qui le relient^ et qui, ne pouvant plus le rendre heureux après Tavoîr égaré, ne sait plus que le pousser au désespoir, et lui dire^en lui mettant le poignard à la main : <c Tue-toi I » On a voulu expliquer la manie du suicide par une sorte de maladie menlale, appelée spl^m^ qui consiste dans le dégoût de la vie ; mais le dégoût de la vie n'estjamais insurmontable pour celui qui a des principes religieux, et c'est avec raison qu'un savant a dit que le splem n'est autre dtose que l'athéisme. — Les feuilles pu* hliques parlaient, il n'y a pas longtemps, d'un enflant de douze ans et demi» qui s'est vaillamment brûlé la cervelle III Quoi I se dégoûter de son existence» lorsqu'à peine on Ta essayée, et se débarrasser de la vie sans savoir presque ce que c'est I Qui donc a pu armer cette débile main, et corn* ment concevoir, dans un âge aussi tendre, un si furieux dessein? Ce n'est pasone passion malheureuse, on n'en est pas 8U9cq;>tihle à cet âge ; ce n'est pas le désespoir, il ne peut pas entrer non plus dans un cœur à demi-formé... Mais ceux qui ont eu oocasioii de connaître cet enfant nous l'ont appris : a U avait été plusieurs fois à portée d'entendre de ces discoivs imjnoraux qui peuvent corrompre tout à fait la jeunesse et l'inexpérience, en lui persuadant qu'il n*y a pas d'autre vie, elqu'ilest glorieux de sortir de celle-ci, quand oa s'y trouve oialheureux. » Ainsi^ mes enfants, c'est Tinccédulilé qiM conduit, au suicide, et qui donne raison de celte horrible épidémie qui porte ses ravages dans tous les raiig/i de U société, et mutliidle chaque jour ses ^tiiDe&(.4)..
0) M. de Boulogne, Mélanges, tonl. lli^^^; Str
«s D. Qu'ett'Ce que donner du scmndule f — R; DfMiMr du i date, c'est faire une action ou dire uoe parole qui porte le prochaio à faire le mal, ou l*empècbe de faire le bieo.
Explication. — Il y a deux sortes d'homicides : l*bomi* cide corporel, dont nous avons parlé jusqu'ici, et l'hoinicide spirituel, autrement appelé scandale.
Le mot scandale^ dans son accqHion primiliTe, signiBe une pierre, ou tout autre obstacle qui, placé dans le chemin, fiait tomber les passants.
Dans le langage actuel, ce mot exprime ce qui, dans la roule du salut, est un obstacle è ceux qui la parcourent ; c'est une parole ou une action qui porte le prochain è faire le mal, ou l'empêche de faire le bien.
11 y a des scandales de parole et des scandales d'action. Un discours contre la religion, une raillerie sur la piété ou sur ceux qui la pratiquent, un mauvais conseil donné, an propos obscène ou équivoque Iflché, une calomnie ou une médisance répandue, sont des scandales de parole. Un livre impie ou immoral prêté, ime estampe indécente, un tableau lascif exposés, une parure immodeste étalée, une occasion de péché présentée, une violence exercée pour foire commettre le mal, voilà des scandales d'action.
Le scandale est ou direct ou indirect. Le scandale direct est celui qui se commet avec l'intention formelle de porter les autres au péché. Le scandale indirect se donne, lorsque, sans y penser, sans le vouloir, même en voulant le contraire, on fait ou on dit une chose qui devient pour les autres une occasion de péché.
Le scandale se divise aussi en scandale dxmné et en scandale reçu. Le scandale donné consiste i dire ou à faire une chose scandaleuse de sa nature, ou qui, sans l'être en ellemême, le devient par les circonstances qui l'accompagnent. Le scandale reçu est celui que l'on prend mal à propos et injustement, à l'occasion d'une action ou d'une parole qui n'est mauvaise ni en elle-même, ni à raison des circonstances qui l'accompagnent.
D'où il s*en8tiiiqu*il peut y avoir scandale reçu sans qa*il y ait scandale donné. De même, il peat y avoir scandale donné, sans qQ*il y ait scandale reçu : ce n*est pas être scan* dalisié que d'entendre avec indignation des propos impies, ou de voir avec horreur telle ou telle action criminelle ; mais celui qui a proféré les discours ou fait les actions dont il s'agit n'en est pas moins un pécheur scandaleux ; il suffît, pour mériter ce titre, de dire ou de faire une chose qui peut devenir pour le prochain une cause de ruine spirituelle.
La crainte de scandaliser ne doit jamais empêcher de remplir un devoir ; le soin de notre âme est le principal, le seul qui doit nous occuper, et il serait ridicule de dire qu'il fout pécher soi-même, pour ne pas donner aux autres un prétexte mal fondé de pécher.
On ne doit pas non plus être arrêté par la crainte de don* Der aux impies un scandale. Cette sorte d'hommes se scandalisent de tout, même des vertus les plus admirables. Ou plutôt ils ne se scandalisent réellement de rien ; mais ils affectent de tout prendre en mauvaise part, pour se donner le droit odieux de tout critiquer, de tout censurer. De tels hommes ne valent pas la peine qu'on s'embarrasse de leurs jugements et de leurs discours. Ce n'est pas la dépravation, c'est la faiblesse que nous devons respecter et ménager.
S'il s'agit d'œu vres de surérogalion, d'oeuvres qui ne sont que de conseil, dont il est à craindre que le prochain ne se formalise mal à propoSi la règle qu'il faut suivre, dans cette circonstance, c'est de balancer le bien et le mal que doit opérer l'action faite ou omise. Produira4-elle un plus grand bien que ne le serait le mal résultant du scandale? dans ce cas, il ne faut pas y manquer. Le mal du scandale excèdera-t*il le bien de l'action? dans cet autre cas il faut s'abstenir.
Quant aux actes indifférents en eux-mêmes, nous devons absolument nous les interdire, quelque agrément que nous y trouvions, dès que nous avons raisooda croire qu'ils pourront devenir la matière d'un scandale, même mal fondé.
C'est ce qaeoseîgne mni Paul, quand il dît : «Tootce qui « m'est permis, a'est pas pour oela eooveaable ; toui ce qiâ « m est permis ne leod pas à rédiGcatîon (l). »
— D. Le scandale est-il une grande faute? — R. Oai, lescanéate ëonBé, sori directenent, soit indireeleneiil , est une grandi faste, puisqu^ii fait |>ef lire ao prochala la vie de la grâce, qui est bien plas précieuse que la vie du corps.
Explication. — Le jtcandale est un péché énorme : il est impossible d*en douter... c Malheur au monde, dit Jésostt Christ, à cause de ses scandales ; malheur à celui par qui « le scandale arrive, il vaudrait mieux pour lui être préd- « pilé dans la mer, avec une meule suspendue au cou (2). » Ce qui rend extrêmement grave le péché de scandale, cesl qu'il est un outrage sanglant fait à Jésus-Christ dont il anéantît en quelque sorte les travaux et les souffrances. Ce dit in Sauveur est Tenu sur la terre pour chercher ce qui éfail perdu, et sauver ce qui avait péri : par le scandale on perd ce qu'il a cherché, on immole ce qu'il a sauvé. — Le scaiH dale f^it perdre au prochain la vie de la grâce , ta vie de Fâme, qui est bien pluy précieuse que la vie du corps ; celte considération seule ne doit-elte pas suffire pour vous porter, mes enfants, à éviter avec le plus grand soin un péché aussi affreux? Vous avez horreur d*un meurtrier; vous sérias honteux, indignés, qu'on vous soupçonnât d'un crime sem- Mable ; le crime dont vous vous rendriez coupables par te scandale serait bien plus énorme ; c'est l'âme de votre frère que vous fueriez ; c'est la mort spirituelle et étemeflepealêfre, que vous lui donneriez.
D. A quoi faut-il attribuer les désordres qui régnent aujourd'hui parmi le peuple, dans les villes et dans tes campagnes?'-' R. It faut les aitribuer, an moins en grande partie, aux scandales qui lui sont donnés par les classes élevées de la société.
Explication. — Ici nous laisserons parler les Pères du
(ly l. Cor., Vf, îî, ï, «.
<|^ WatHi»,»vin,t,7,
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eondie proviseiat, temn à Avignon en I&49. Votcl comment ils s expriment «tans leur Lettre pastorale an dergé et mx% fi(Ules de fa previnoe : t Si les popalations dessilles, et en c grande parde eetlevdes eampagnes» ont ooblié 1» sévérité f des rnoBinrs antiques et se perverlissent de p)t»s en plus « chaque jour, à qui en est la faute? N'est-H^epasaux classes « élevées qu» leurent donné l'exemple de Tin^éligion etda t l'amnur efiSréné des joaissaoces? Le peuple a vu et voil c «nownr œnx qni lut sont supérieurs par les lumières et la • rîebessa s'életgner de nos égHses et des pratiques saintes « de kl religîea, et il s'éloigne à son tour de ces mêmes égliff ses et de œs mêmes pratiques, au point de devenir près» t qne étranger à tout culte public. 11 voit les sacrements «abandonnés par les heureux du siècle, la Table sainte a devenue déserte: c^est assez pour que bientôt il décline i liii-màme le joug le plus salitfaire de la religion, en ne se ff montrant plus aux tribunaux de la pénitence où il porifiait « son âme, ni au banquet sacré oà il recevait le pain qui ft donne la vie. La sanctification du dimanche ne lui parait» « grâce à des exemples continuellement présents sous ses cyeux, qu*un usagesuranné, incompatible avec Tesprit de « son temps, et il ne se souvient plus^dn précepte que le Sel- € gneur a particulièrement recommandé à sa fidélité. En ce f jour, où il est ordonné à Tbomme d'interrompre ses trait vaux pour offrir à Dieu l'hommage de son adoratioa, un c grand scandale, auquel l'hérésie elle-même se refuse dans « les pays où elle domine, éclate à la face du ciel au milieu « de notre nation catholique, ûans plusieurs de nos grandes « cités , on voil les affaires suivre leur cours ordinaire ; c c'est la même activité dans tes ateliers de l'industrie , le « même mouvement sur le chantier des travailleurs, et, dans « certaines contrées, le travail même des champs n'est pas «f suspendu. B'ya dans la vîdîalîou devenue^ efdm'munede « celte grande loi', respectée jusqu'ici dans tout le monde « chrélien,.une sorte d'apostasie publique, capable d'attirer «sur nous les châtiments les plus terribles, de la justice
« divine. Cette journée néfaste, commencée par la rébellioD « ouverte contre Dieu , 8*achève ordinairement dans les « désordres et les excès les plus coupables. On n*a pas para c le matin dans nos églises , on se précipite le soir dans les « lieux de débauche ; on a pris à dégoût les saintes solen- « nités de la religion , on se plonge avec fureur dans des « mystères d'iniquité et d*abomination ; et , par un étrange « renversement de Tordre, le jour du Seigneur est devenu « réellement le jour de Satan. Voilà comment s'accomplit, a avec des progrès de plus en plus menaçants , TcBuvre de <t la démoralisation du peuple, depuis qu'il a eu le malhear « de s éloigner de la lumière de Dieu, de sa grâce , de ses ce bénédictions , et de se soustraire à Faction bienfaisante « de son .Eglise. »
=D. Suffit-il de ne point donner de scandale^ — R. Non, il (aol encore édiûer le prochain, en le portant au bien par de bons coaseib et de bons exemples.
Explication. — Porter le prochain à faire le bien et à pratiquer la vertu , c*est ce qu'on appelle V édifier, et c'est aussi un des deivoirs que nous avons à remplir envers lui. LeSeigneur nous a chargés d'avoir soin de notre prochain (l ), et de travailler à son bonheur; or, nous ne saurions y travailler plus efficacement qu'en l'excitant et en Tencourageant à se conduire d'une manière chrétienne et irréprochable , et en lui donnant l'exemple de toutes les vertus et de toufes les bonnes œuvres, « Que votre lumière, dit Jésus-Christ, luise a devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, « ils glorifient votre père qui est dans les deux (ï). m
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