‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 55 sur 114 · SUICIDE COMMIS AVSC UN ÉPOUVANTABLE SANGFROID · texte numérisé non relu

SUICIDE COMMIS AVSC UN ÉPOUVANTABLE SANGFROID

Il y a quelque chose qui fait frissonner dans le récit qu'on va lire ; <f«st le suicidé ktiméme qui parle, et qui rend compte de l'expérience du charbon que le malheureux a voulu faire sur lui-même..: < rallume mes fourneaux; je placé sur mt table ma lampe et ma chandelle, ainsi que ma n^ontre, et je commence aussitôt la cérémonie. II est 10 h. 10\ Les charbons s'allumenl difficilement ; j'ai cependant mis sur chacun des deux fourneaux un tuyau qui doit aider Paciion du feu. — 10 h. 20'. Les tuyaux tombent. Je les relève ; cela ne va pas k mon idée, fis relombeal encore. Je les replace de nouveau ; cela vu mieux. Le pouls est calme et ne bat pas plus vite quli fordinaire. — 10 h. 30'. Une vapeur épaisse se répand peu à peu dans ma chambre. Ma chandelle paraît prêle h s'éteindre ; la Un^ va mieux. Je eommence à avoir un violent mal de têle ; mes yeux sa remplissent de larmes. Je ressens un malaise général ; j'éprouve quelque soulagement k me boucher le nez avec un mouchoir; le pouls est agité. — 10 h. 40'. Ma çhaadeile est éteinte ; la lampe brûle, les tempes me battent comme si les veines voulaient se rompre. J'ai envie de dormir. Je souffre horriblement de Pestomac. Le pouls donne 80 pulsations à la minute. — 10 h. 50\ J'étouffe. Des idées étranges se présentent à mon esprit. Je puis à peine respirer. Je u'irai pas loin. J'ai des symplôoRs de folie \m il eo^ond les heures avec les minutes). iO h. 60'. Je ne puis plus écrire; ma vue se trouble ; ma lampe s'éteint. Je ne croyais pas qu'on dût autant souffrir pour mourir.

(i) VAmi de la Religion^ vfi du Si septembre ISS?.

— tu —

10 h. GS*. c ki sont quelques caractères illisiblef que Déel avait essayé de tracer, et il est probable qu^au momeot où disparaissait la dernière lueur qu'a jeté la lampe, la vie de cet infortuné s'est également éteinte. — Il était âgé de vingt-deux ans. Il appartenait à une famille d'honorables artisans. Lïiducation lui faisait dédaigner cette profession ; puis s'étant livré à toutes sortes d*excès, il avait fini par se dégoûter de la vie et avait pris la funeste résolution qu'il a exécutée (30 avril 1836}. — Déol a été trouvé assis sur une chaise, dans Pattitude d'une personne endormie, la télé inclinée sur une table placée devant lui et où se trouvait une montre, un encrier, une lampe et une chandelle éteintes^ une plume était k ses pieds et paraissait s'être échappée de ses mains. Deux énormes fourneaux étaient dans l'appartement. Son front relevé, on a trouvé le journal ci-dessus (1).

liBÇOK XVIII.

Page 1