DU SIXIÈME COMMANDEMENT DE DIEU
= D. Quel est le sixième commandement de Dttfu?-»R. Luxurieux point ne seras, de corps ni de consentement. = I>. Qu'est-ce que Dieu nous défend par ce commandement? -- R. Uieu nous défend, par le sixième commandement, les actions et les paroles déshonnètes, et tout ce qui peut blesser la sainte vertu de pureté.
Explication. — • La pureté, disent les saints docteurs, est un trésor au-dessus de tous les trésors ; c est la reine des vertus, la clef du royaume des cieux ; elle change l'homme en ange ; elle le rend semblable à la divinité même (2). — Dieu nous défend , par le sixième commandement , tout ce qui peut blesser celle admirable vertu, et spécialement les actions et les paroles déshonnètes. 4*" Les actions: il ne conviendrait pas d en faire l*énumération ; si vous aviez le malheur d'en commetlre quelqu'une, votre conscience ne manquerait pas de vous la reprocher vivement ; et si vous
(1) Journal de$ Débais, n<> du 80 avril 1836.
(2) Pudicitia hominem simillimum Deo facit. S. Bernard.
craigoiez, mes enfants, de vous Mre rendus cotipablasà cet ^ard, sans en être bien sûrs, vous devriez exposer humblement et en termes honnêtes à votre eonfesseur tout ce qui vous est arrivé , afin qu'il pût vous dire si telle action est permise ou si elle ne Test pas. Gardez-vous bien aussi de celte iUusioQ trop commune» qu'on ne saurait pécher contre la sainte vertu de pureté quand on est seul. Hélas 1 mes enfants, combien de malheureux brûleront a jamais dans l*enfer pour expier des péchés qu'ils ont commis en par« liculier : les uns, parce qu'ils n'ont jamais eu le courage de les déclarer en confession, les autres, parce qu'ils ont per* sévéréjusqualamortdans leurs habitudes criminelles! — ^'ies paroles: « Que les paroles impures soient bannies de votre bouche, » écrivait saint Paul aux Colossions (4) ; et dans un autre endroit de ses épttres : « Que nul mauvais « discours ne sorte de votre bouche, mais n'en proférez que «de bons et de propres à nourrrr la foi (2). » L'apêtre, parlant au nom de Jésus- Christ, ne pouvait se déclarer plus positivement contre les paroles déshonnéles ; d*où il suit que ces sortes de paroles sont criminelles et ne peuvent jamais être excusées -— « Mais, direz- vous peut^tre, je n'y « pense point de mal.» Et, quand cela serait vrai, êtes- vous bien sûr qu'il en est de même de ceux qui vous entendent? Et, s'ils y pensent du mal , s'ils en commettent à l'occasion de vos mauvais propos, qui en est la cause et à qui doit-il être imputé? — « Vous n'y pensez point de mal; » mais, vous répond Jésus-Christ, la bouche parle de l'abondanoRdu cœur (3). Un chrétien chaste profère des paroles chastes, un impudique en profère d'impudiques ; si donc on n'entend sortir de votre bouche que des paroles sales, que des discours obscènes, n'est-ce pas une preuve que votre cœur est corrompu ?
(î) Deponite... turpem sermonem de ore vestro. Goloss., m, 8. (S) Omnis sermo malus de ore vestro non procédât, sed si quis bonus ad aedificationem lidei. Eph., iv, 29.
(3) Ex abundantia enim cordis os loquitur. Luc, vi, 45.
^B. Em quoi oonmle ^énûrmUé du péché coHire la êomte veHn 4e pureté? -* R. Elle coasiste eo ce qm ce pécbé, «sservUsaiA f âme au corps, la dégrade plus que tout aulre péché* et profaie k corps lui-oiênoe, qui est deveou, par le baptême, le temple du SaiolEsprit.
Explication. — En onissafii à notre âme ud corps fonné âe booe et de poussière, nDteation de EKeu a été de bous donner un serviteur qui exécutât toutes nos vokmtés : e^esl l'âme qui doit commander^ et c^est au corps d'obéir. Le péché contre la sainte vertu de pureté intervertit eei <mlre divio: il asservit Tâme au corps ; il lui arraclie l empire qu'eiie tenait de son créateur ; il la rend l'esolave de celui qui étati le sien ; assujettie désormais à la matière, elle reçoit d eUe la loi qu'elle devait lui donner. Quelle dégradation t quel bonteux avilissement I — Non seulement 9e péché eoDtre ia sainte vertu de pureté dégrade Fâme :^n souiltant le corps il le profane. Par le baplâme, nos corps sont devenus lès membres de Jésus-Christ, et les temples du Saint-Esprit : c Ne savez- vous pas, écrivait saint l^ul aux Corinthiens^ « que vous êtes le temple de Dieu, et que rËsprft-SaîQt « habite en vous (4)? Ne savez-vous pas que vos corps c sont les membres de Jésus-ChrisI (2) ? j» Et que fart œiui qui emploie son corps à un usage aossî vit, aussi honteux que llmpureté? il prend les membres de lésos-Gbrtst poor en faire des membres de prostitution (a) ; U profone le temple du Seigneur; il place rabomînaHon de là désolafîoQ dans le lieu saint. Quel sacrilège ! quef crime I Voilé, Bies enfants, ce qui rend si énorme le péché contre la saîio^ vertu de pureté.
(1) Nescitis quia templum Dei estis, et spiritus Del habitat in Tobis ? I. Cor., m, 16.
(2) Nescitis quûmam corpora ^estra membra âuui Ghristi ? L Cor.,
(3) ToUensergo membra Ghristi, faciam membra meretricis? absit. ï. Cor., VI, 15,
t^du^kéeMUceJA saii^^ vect» de ^ureti, «al U boote qu'il ùa&^ef ei le déshoifl^r (yjû ea e^ io&é^able.
Ms^LKUtwon, -^ Le pécfa^ oostre Id sriale verta cba poretf 6St ^apaiè, fMurlas mettras da la \m spîrh^le» le péolé hmlewap, jM^ret qii« ooNii cfois'cf^ ffettd om^ble ne poiC stenqpêciMr d^éfNtMi^i* uq settHinrat pénbfoei faoœîlîaal, par b «oDiciaDee d^éw feula qui; l*»vlHt et le dégrada. La hmli el \e dès^ooseiir aattt inséparables de cet infâme péebé ,« et , quand mèfse rimptKHqm réossîratC à dérober atxyeox du pirirfie le mystère dTiieNqi^, e8i*il pôqrlui rien daplos henleaXt deplw désbenatml que d*étra dev^oo' aeflftMable aux amStnaux dépoiirvya ê& raison» et de s'être réduift à leur étal, e»s'8baiidoaiiaolh»ix Saies désirs de la ebair? « L'amUtion, dil saint Bemawd, est \9 pécbé éss t smges ; TataHce est le pécfaé des ^omm^ ; Pimpur^é est « k pè^hé de la bMe ; • Yoi^ sa nitare, voilà ^qui le dis*^ ^gae de touà les aatrès pécfaés.
= D. Quelles en sont tes suites ordinaires J — R. Les suites ordioaires de ce péché sont Poubti de Dreu, ^aveuglement de PSesprit, retrdnrcfssemealdu eœur, lîa désesp^r et PhnpéDÎtefiee.
Explication. — Les suites ordio aires du péché contrôla sainte vertu de la pureté, sont : i^^V oubli de Dieu. L'homme animal, Thomme esclave des sens , non seulement n^aîme pas, maïs ne conçoit pas même îes choses qui sont de PEsprit de Dieu (4); il est, pour aînsî dire, sans Dieu en ce monde ; il n'y a point de Dieu , dit-il au fond de son cœur, et il cherche à se le persuader ; il s'efforce d'arracher de son «sprit ridée de. la divinité » afin da pouvoir se livrer, sans craÎQie et smis remords, à ses pendia&ta déréglés. %' Vaiom* gkment de Vesprit : puisque Fimpureté est le péebé de k bêta, et que l'homme qui s'y abandonne pèche en béie, il n'a donc plus ces lumières de l'intetîigence qui le distinguent
(t) Animalis autent homo non percipit ea qase $unt spirltas Dei. I. Cor. ;
de la bète. En effet, ce matbeureux yioe rdgne-MI dans ime âme? aassitât d'épaisses ténèbres s'y répandent : on ne voit plus rien, on ne comprend plus rien ; uniquement occupé de loiijet de sa passion , on devient sur tout le reste d'one effrayante insensibtiitél... 3"" Lendurcissement du cœur: Dieu, qui a Tiinpureté tn horreur, relire à Timpudique ces grâces particulières el spéci«tos qu'ilseplâtUà verser dans les coeurs purs; il l'abandonne, il le délaisse; le cœur de œ malheureux sendureii, et bientâl tous les conseils qo'oo petit lui donner, toutes les exhortations qu'on lui adresse,* même les plus éloquentes et les plus pathétiques, ne produisent sur lui aucune impression; il ne fait que s^enfoooer chaque jour de plitô en plus dans le bourbier de l'iniquité, el d'accrâiuler crimes sur orimes, abomiftations sur abominations, i*" Le désespoir et Vimpénitmce : l'hnpudique, ao lit de la mort, sent quelquefois se réveiller en lui les principes de ta foi : il pense au jugement qu'il va subir, à iWer qu'il n'a que trop mérité; il éprouve quelques velléités de conversions ; mais comment briser ses chaînes? Le péchéest devenu chez lui une seconde nature : comment se séparer de lui-même et de ce qui est devenu en quelque sorte son être? Le démon ne réussit que trop à lui persuader que tout ce qu'il ferait serait inutile ; qu'il a trop offensé Dieu pour pouvoir espérer son pardon ; le désespoir s'empare de son âme ; il meurt impénitent, et parait, tout couvert de crimes, au tribunal de Dieu. Telles sont les suites ordinaires de rimpurelé ; tel est l'abîme de malheur dans lequel se précipile l'homme qui cède à l'entrainement de ses passions.
D. iV*y a*t'ii pas certaifis péchés contre la pureté qui sont pl&s énormes que tous Us autres^ — R. Oui, telssoot, entre auires, radulièreet rioeeste.
Explication. *- Le commerce criminel d'un homme libre (c'est-à-dire qui n'est lié ni par le mariage, ni par le voeu de chasteté, ni par aucun ordre sacré, ni par la parenté, ni per alliance) avec une personne qui est libre aussi, s'appelle
farmoaUon (l). Quiàiid l*Qn des deux, ou tous les deux, stint fnariés*» leur crime s'appelie aduUère, Quand ils sont liés TuD ou lautre par le vœu de oba^eté ou engagés dans on ordre sacré, c'est un sacrilège. Si, enfin, ils sont parents ou alliés, c'est un inceste (4). Il est évident que tous ces crimes renferoQent des circonstances qui les fendent bien plus énormes que la mmple fornication et les autres péehés que Ton peut commettre contre la ^nte vertu de pureté. — Nous ne dirons rien d*t^n autre crime mille fois plus honteux encore, et qui cependant n'est pas satis exemple. Pendant longtemps, celui qui était convaincu d avoir ainsi commis, à la lettre, le péché de la bête, était condamné à périr au milieu des flaounes (3).
D. Quelque énorme queseil le péoké dHmpureié. ne g'est^il pas trouvé de» êtres assez dépravés pour en faire publiquement pr»» ftision ? — R. Oui, la terre a porté de pareils monstres.
Explication. — Ces monstres sont les Cyniques et les Turlupins. — X)n donnait le nom de Cyniques à une secte de philosophes , qui foulaient aux pieds toute espèce de règle, de bienséance et de pudeur. Le fondateur de cette secte fut Anthisthènes, philosophe athénien, qui vivait au commencement du iv« siècle avant Jésus^hrist. — Pendatîl le 3cnr et le xiv» siècles, des sectes dTiérétiques ou plutôt de libertins, connus sous le nom de Turlupins, se répandirent en France, en Allemagne et dans les Pays- Bas. Us faisaient profession ouverte d^impudence , et se livraient dans les rues et sur les places publiques à toutes sortes d'abominations. Ils furent excommuniés par (Grégoire XI. Les princes chrétiens les punirent sévèrement ; Van 1 373, sous le règne de Charles Y, plusieurs furent brûlés
(i) Selon plusienra antears, fornication vient de ce que, en plusieurs iieax, les femmes qui mù livraient au déiordr« se tenaient ordinairement dans des lieux Yfûtés {fomix).
()) Inceste, en latin incestum^ est formé de m, particule négative» et tle cattui, chaste^
P) Levit., XX, IS.
— ff I —
è-Piris, tntrt atil»M im cenatn hmn d'Âtmlstamy qm«taA leur chaf . Celle sévérité et riiorre«irqa*eacaH»t tour ufraîe aoéamircot Uestèc oMb saole.
TRAIT HISTORIQUE
LOIS poaxÉes contre l\diiltI:re.
La loi deMMWiwiai&àU9MrtdBllàrti,f«el^pael4tsoiifleae. Qi€z les iiiatMNDéttM, la fe«MiP, eotenée Jusqa^à iâ oeiDUuie» éiatt Japûlée. La loi de Lycurgue ^uaissait l'adultère de la peine des |mu^ riddes. A Rome, dans les premiers lemps, la femme, accusée par le mari et jugée par la famille, subissait une peine arbitraire^ et c'était quelquefois la mort Constantin porta la peine capitale tant contre la femme que contre son complice. Justinien envoya la femme adultère pleurer dans un eti^ttre^ d son compffce sur récba^ Cmd. Cbez les Amg^às, la faMM eéellàce étik Irappée de verbes, et fille en viOe, jusqu'à ee que k «ort s^eesiiiTft, Les anoteas Saxons brâlMol fa isnoM «didièpc^ et suc sa eeodre élevueat nm gibet à son compHce, AujourdUmi, en France et dans presque tante l'Europe, l'adultère est descendu au rang des simples délits; mais îl n'a pas laissé pour cela d^èlre aux yeux de Dieu un crime énorme. La peine que Part. 337 du code Pénal prononœ contre la femasft adultère, c*estla détention, dont le minmum est fixé à trois mois, et le mûximnm à trois atrs.
B«3 GÂUSfiS DE LiX^URSTÛ,
*-«D« QuMes mm le» cmmeg ie$ pln& cêmmumss iU riwfuretéf
— |t. tes<rauses les plus ooinm4Uies de Timpureté sumt : roisirel^ les fréqucntatiuns dangereuses, lèses iretieus et les regards déshon^ nétes, les parures immodestes, la lecture des mauvais livres, les cbansons ol>scèfles, les xhnses, les spectacles, les excès dans le boire et le mander.
AETiCLB PafiilieR.
DE L*0JS1VETÉ.
D. Quelle est la première cimse du péché contrak^é lapÊoreUt
— R. L'oisiveté.
ExFuciTWN. ^ L'onivelé est la mèrô de tOBS \és vkts^ c il nesi point de- malice qu'elle n'eneetgue, » nous dit ie SaifiC- Esprit (I). — «Ce qui prodait le plus souvenl VivOf» ff pureté, dit saint lean Cbrysoslâme, c'est roi8iveté(2).i»««» « O oisiveté! s'écrie le même saint, que lu es dangereuse A c la vertu même la plus affermie (3) ! » C'est aussi la pensée de saint Ambroise. ^ Ne restez donc jamais à rien faire; ou bien le démon, qui ne s'endort jaiHais , comme nous lavons défà dit, et qui ne laisse jamais sa n>alioe oisive, ne tardera pas à exciter dans votre cœur des mauvaises pensées et des désirs coupables. Si, au contraire, U vous Irouve^teii* jours occupé à quekjue chose de boa et de raisoonable, dSficilemait il exercera sur vous son empire. Ayez tant de cboses à faire , que vous n'ayez pas le loisir de mal faire« Un chrétien occupé n'a qu'un démon à combattre ; un homnae oisif en trouve cent aeharoésè sa perte; il en est attaquée! toi9<>uns vaincu. — David, ce prinœ si rel^ieux, reste une année à Jérusalem, au lieu de se mettre en campagne, comnie il avait coutume de le faire. Le démon, qui le voit dans l'oisiveté, ne manque pas d'en profiter ; et bientôt David se rend coupable d'homicide et d'adultère (4).
AanCLB SECOND.