‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 64 sur 114 · ARTICLE DIXIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE DIXIÈME

DES XXCÂS DU B01R9 ET DU MANGEE.

D. Quelle eut la dixième cause du péché contraire à la purelét — R. Ce sont les excès du boire et du manger.

Explication. — Roire ou manger aveoexcès, c*es( fortifier le corps et lui fournir tous les moyens de se révolter contre Tâme. L'intempérance est lalimenl de Timpurelé ; l'homme intempérant ne sera pas longtemps un homme chaste. C'est pour cela que saint Paul disait aux Ephésiens : c Ne vous livrez poiut aux excès du vin, d'où naissent les c dissolutions: Noliie inebriari vino, in quo est ltÂXuria{i). »

= D. Que faut-il faire pour éviter le vice de l*impureié7 — R. Il faut fuir avec ioin loul ce qui p^l y porter, n'oourir à Dieu, iovoquer la sainte Vierge, fréquenter les sacrements, et se rappeler souvent la présence de Dieu, qui voit tout.

Explication. — Pour éviter le vice impur, ce vice si honteux et dont les suites sont si funestes, nous devons, 4* fuir avec spin tout ce qui peut y porter : les danses, les spectacles, la lecture des mauvais livres, etc. 2® Recourir a Dieu, implorer avec ardeur» avec instance , avec constance , le don de la pureté, la grâce d'être délivrés des tentations im* mondes, ou du moins la force de les vaincre et d'en triompher. 3* Invoquer la sainte Vierge : nous obtiendrons, par sa puissante médiation , tous les secours dont nous avons besoin pour nous conserver purs et sans tache devant Dieu,

(t) Voit, Tkeol. motaiis^ tom. I.

(i) Eptef., y, iS.

et mettre Taeiiemeni en ruit&ledétnead»l'itiiporelè. ^Rré-^ cfoeDler les sacrements : en les reoevavt dlgneonent, not»devIendroDS forls et invincibles dans les combats que Dou6lîfvnera Tesprit impur, et ruHis n*miroo3 poiol le malheur de souiller notre âme et notre corps, fi'' Nom rappeler son wbI la présence de Dieu qui voit tout ; rien n*est plus capable de nous retenir dans le devoir, e4 de nous empêcher de commettre aucune faute, que cette pensée : a Dieu est ici : il est au dedans de moi, il me volt, il me pénétre, il considère toutes mes actions, toutes mes démarches ; et si je suis assez téméraire, assez audacieux pour offenser ee grand Di<eu en sa présence, il peut , à Tiostant même , m'écraser du poids de sa colère et de sa justice , et me précipiter au fond des epfers. » '

TEAITS HISTORiQUESL

IMAGE DtJ VICE IMPUB.

. Ub bon père de famille, voyant l'inclioatioa de son fik pour le, vice conlraire h la saJDle vertu de pureté, s'avisa, pour le guérir, de le conduire dans un hôpital destiné au trattemenl des maladies' honfeuses. Là, une foule de libertins expiaient leur désordre par d^cifiroyables tortures. A ce hideux aspect qui révoltait toos ses sens, le jeune homme faillit se trouver mat. « Va, misérable, fui dit alors le père» suis le vil pendiaslqui t'eoiratoe^ bieotôt tu seras trop heureux d'être admis dans celle salle où, victime des pUiS* infâmes douleurs, tu forceras ton père à remercier Dieu de ta mort.» Ces paroles firent sur le jeune hoinnie, témoin de tant d'horreurs, une impression qui le guérit pour jamais de ses penchants bon* teux. Devenu militaire, il aima mieux essuyer lés railleries de ses camarades que d'imiter leur lihertinage.

' LB HEUX ifitlKE HOMIE*

Un jeune homme, élevé très chréliennement, fut accusé pendant là révolution d'un délit politique. Incarcéré avec plusieurs autres jeunes gens , ils furent conduits à Paris. Le procès fut jugé, et ils eurent le bonheur d'être acquittés. Ils voukwêsi célébrer leur délivrance en allant au spectacle. Le jeune homme éof^SManiMMis

dtffHleF im teoiiiwèt de se laisier entrakier par rex««ip<« de ses aiis^Miiâ ^wà ! se dit-il à lui^émev je Tais aHer ofitnser Dieu l £at-eeaia&i<|tieie veux lui léMiigaer ma reoMnaissance de m'avoif anifé. ia vie2 Celte réâœcion ûl une vive impressioa sur iui. Au lieu d'aifer au ^eetade, il.se read à la diUgeoce, ei part le soir nèflie pour Rouen , où demeurait sa fîimiMe. Les autres jeunes geoft, s* mcKpuant de. ses semputos, aH^rent au spectacle, comme ik i'avaieat projeté ; nais «(ù'atriva-lHl ? Oéoaneéa aou» un nuire, piélexte, ils finrtnt arrôtésdt ooiiveaa, et quelciues nos d'e»tre eux pcodireiaie vie. S'ils^«Yiiieiit suivi ftxMn|de de leur camarade, ils^ auMeat pfoiiaMcaicnt,^(»m«M Kn, éeliappé à ee naltieur. AussL ne se fappelaitHii jaMais cet érèneaKiit «ans l»énir la Pvofidf nee,^ et saaa se félitita d« secrUUe qu'if aTait foit à saa devoir.

hkSGBti J»ES ROUANS.

Une jeufsepefsonife se aurait dans un éiai de santé si dépk)-' nWe, qtt'rl lai était impossifcfe <te sortir à pibd. On lui conseilla," pour se distraire, de Rre qtietques rbmads; on hiî indiqua les meilleurs, ou , pour mieux dire, tes moins mauvais. On Kn demanda un jour ce qu'elle en pensait; voici sa répon» : « Ceux que fai € lus ne sont pas précisément mauvais ; mais ils sont loin d'être* « de bons ouvrages; ils agissent sur le cœur et Pimagioaliop, sans «^presque q«^ s^en apereoive, et Hs laissefit à l'âme un vide qui, «lorsqu'on rentre en soi-même, fait bien sentir que, faits pour « la vérité, nous ne pouvons» aini^c la m^soogp, de quelques cou- < leurs qu'on le pare; aussi, je m'en suis prompiemeot dégoûtée. « je sentais ma ^étés^affnbHr de }<rar en jour.

irÉf^>?lSE no R. p. LACORDAmE.

Uw femme du monde denanëait devmèfemeai au R. P. Laoordaire s'il y avait do mal à lire des tome^ et à aller au spectacle. --C'est à voustkjiit Je dire^ répondit finenraot le spirituel émi'-'

uicaio (1).

- ««nOfet^fiLLe yieTORlUE MS «ILAM-TERRA^fi.

Mademoiselle Vîctnrine de Galard Terrnnbe venait de terminer «a seizième année. Vive , aimable , pTefne d'espril et de connais*

sftnces, et joigoant k ces qualités de« agréments ett^ériaors i quableSfil était naturel qu'elle commeoçàt à attirer les regards. Si mère reçut un billet par lequel , pour la première fois» eUe éuùi nomioativemeot invitée à une soirée dansante. Madame de Galsrd savait ce qu'elle avait à faire; mais, fidèle au plan qu>lle s'était tracé, elle voulut que sa Olle en eût tout le mérite ; elle lui montre le billet et lui demande ce qu'il faut répondre. Cette question parait étonner mademoiselle Yiclorioe : « Il n'y a pas à balancer, dit-elle < ea souriant, il faut refuser. » •— Il restait encore uu embarras, celui de savoir dans quelle forme on ferait ce refus ; madame Galard consulte de nouveau sa Glle sur ce point : < Puisque vous me per- « mettez, ma chère maman, de vous dire mon avis, il me senUe « qu'à votre place je ne chercherais aucun prétexte; si vonsea « alléguez un aujourd'hui, il faudra en trouver un autre à lapro- « chaîne invitation, et ce sera toujours k recommencer. Voici U « première fois que l'on m*invite, ne laissons pas échapper celte « occasion; veuillez répondre que DK>n intention est de ne pas aller c au bal, et tout sera fini. » ^ Elle avait raison; une réponse aoisl ferme de la part d'une jeune personne de seize ans étonna; oo oe put s'empêcher de Tadmirer, et, dès lors, elle ne reçut plus d'iavitation de ce genre (1).

DU SEPTIÈME COMMANDBMEIfT DE DIEU.

= D. Quel est le septième commandement de Dieu^ — R.Bieo d'autrui tu ne prendras ni retiendras à ton escient. » D. Qu'est'Ce que Dieu dé/end par ce commandement^ — R. Dieu, par le septième commandement, nous défend deux choses : i*àt prendre le bien d'autrui injustement; 2* de le retenir à notre escient, c'est-à-dire, avec connaissance.

Explication. — Dieu nous défend,, par le septième commandement, 4* de prendre injustement le bien d autrui, c*est-àdire de nous approprier ce qui n*est point à nous :

(i) Vie de Victorine, pai; M. Vakbé Detgenettes, pag. M.

f Vous De déroberez paiol, » esMI dit au livre deTExode (4); et Tapôtre saiot Paul déclare que « les voleurs et ravisseurs « du bien d*autrui ne seront point héritiers du royaume des < cieux (2). » Dieu défend de prendre le bien d*aulrui m* justement; or» il n'y a pas d'injuslice à l'égard de celui qui consent librement à la perte qu'il éprouve, puisque par làmême il renonce à son droit ; par conséquent, ce n'est point pécber contre le septième commandement que de prendre ou d*emporler un oft)fet quelconque, du consentement pleinement volontaire de celui à qui cet objet appartient (3), ou lorsqu'on a raisonnablement lieu de croire qu'il ne s'y oppose pas. Par exemple, vous vous promenez dans le jardJQ d*uii de vos amis; ce jardin est rempli d'arbres chargés de fruits, et vous cueillez un de ces fruits, non pas par gourmandise et sans aucun besoin, mais pour étancher votre soif. Vous prenez, il est vrai, le bien d'autrui; mais vous ne le prenez pas injustement, parce que vous savez fort bien que le propriétaire n'y est pas raisonnablement opposé, et que vous vous permettriez sans difficulté la même chose en sa présence.

Dieu nous défend, par le septième commandement, 2<^ de retenir le bien d'autrui à notre escient, c'est-à-dire avec connaissance, sachant bien qu'il ne nous appartient pas ; car si nous ignorions que ce fût le bien d'autrui, il D'y aurait pas de péché à le retenir, et la bonne foi nous excuserait devant Dieu. C'est donc uniquement à ceux qui retiennent ce qu'ils savent bien n'être point à eux que 8*adressent les paroles suivantes : « Pour avoir part à la vie, « il faut faire pénitence, et rendre au prochain ce qu'on lui < a injustement pris (4); » et ces autres paroles de saint

(1) Non fnirtiim faciès, ^xod., xx.

(i) Neque fores... neque rapaces regnum Dei possidebunt. I. Cor., VI, W.

(t) Scienti et volenti non fit injuria. (Droit canon. Règle S7.)

(M Vita Tivet , si egerit poBnttentiain..>, rapinamquc reddiderit. Ciech., xxxiu, il.

Augustin: « Le péché ne sarurait èt^rmtfs, i moim quW a ne rende ce qu'on a pris (4). » ^

Cette double défense de prendre el de retenir le bien d*autrui est fondée sur Id loi naturelle, qui nous enesaos cesse : « Ne faîtes point aux autres ce que vous ne voudriez « pas que Ton vous fit (^). »

D<. emttreqweUe vertu pèoke-4-om enpremnu ou eu retenaaie Ineu d*ûutruit — R. Oa pèdiecwtr» la v«bIii ëe josti».

Explication. — La justice est une vertu morale qui nous donne la volonté ferme et constante de rendre à chacun ce qui lui est dû. Elle se divise en légale, distributive, vindicative et commutalive. La justice légale est celle qui consiste dans Tobservation des lois el des ordonnances du pays que nous habitons ; elle nous porte à rendre à l'Etat ce qni lui est dû par les citoyens. La justice distributive est celle qui fait rendre aux citoyens ce qui leur est dû par FEtat, en les faisant participer aux biens et aux avantages communs de la société, et en leur distribuant les charges, les emplois, les dignités, proportionnellement aux moyens, aux facultés, au mérite d'un chacun. La justice vindicative est celle qui porte le supérieur à procurer le bien de la société, et à la venger, pour ainsi dire, en infligeant aux coupables des peines proportionnées à la grandeur et à Ténormtlédes crimes qu'ils ont commis. La justice commutaim est celle par laquelle on rend à chacun ce qui lui est dû en rigueur, ce qui est à lui, ce qui est sien (3). On Tappelle comnsutative y parce qu'elle règle les échanges^ les convenrîons, les contrats. C'est contre la justice commutalive que pèche celai qui prend ou retient injustement le bien dautruL

(1) Non dimittitur peccatum , nisi restituatur ablatum. S. ing*- Epist.» 15J.

|S) JUtdri ne foeevi^quod tibi fiesijMo vit^^ (8) Quod suum est.

^. LAcacactèce propre de la justice commuiaiive est de respecter. !e drtU et ia. propriété d'aulrui.

Explication. — On entend par droU^ la facullé légitime^ de iim UM chose) ou d^ea jouira ou d en dis{K)86r selon sa volonté.

Le droil te dtvîae «n dreîi sur une chose ou droit réel , jusinrefelea droit à utte chost ou droii personnel, jus ad ftau Le dimi s«r une chose esi oekii en vertu duquel nou& pou^MHis rsveadi(|iier um chos0 qaî nous esl aequisc. Le droit à wm chose est oelnt en vertu duquel nous pouvons revendiquer uae ebose qui ne neue est pas encore acquise. Par exemple^ vous Bi*aves pvomis tel objet, et j*ai accepté votre proniesse : j ai droit de réclamer cet objet et de demaQder à en devenir propriétaire : voilà le droit personnel, le droit à la chose, jm ad rem*^ La chose promise m'est donnée ; j'en deviens propriétaire, dès ce moment j*ai droit sur la«hoee« j*ai sur eHe ua droH réet^ jiàs m re. Les choses que l'on poisàde , doni on est réeUemei^ propriétaire , s'a(^-

Oa peut avoir sur une chose ou un droit de propriété , ^ tm simple droit de jouissance, qu*on appelle, selon sa. oakire etson étendue, tantôt usufruit, tantôt usage.

La propriété est le droit de jouir et de disposer d^^me. chose de la manière la plus absolue, d'en dianger la forme,, de la donner, de la prêter, de la veliilre, de la détruire loèine, pourvu qu'on n'en fiasse fias un usage prohibé par te lois ou par les règletheiûs (4), — La propriété est ou parfaite, ou imparfaite. Elle est parfaite, lorsque le proprié-, ^re peui jouir et disposer de la manière la plus absolue ^e ce qui est à lui » sans être gêné eo rien dans i exercice de son droit ; elle est imparfaite, lorsque le propriétaire est , ffioé daos l'exercice de soa droit : le mineur, par exemple, ^gi de moins de sei^e^toSy. Tie peut aucunement disposer de

(l) Code cmV, art. 544. ;

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