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D. T a^t'il dés causes qui dispensent ée robUgatiûn de resiî" ruer? — 0«ii, i) y «b a pfostewrs.
Ex^ticATio!!. — Les princfpaïes causes qui <fispenseiit de robngdtion de restituer/ ou(re celtes dont nous avofls déjè parlé sont : «^ V impossibilité plrysique et ûbsolue de rendre ce que Ton doit, nul n'étant tenu à rîmpossfbte ; qui ne peut rien, ne doit rien* 2* fimpossibilë morale, laquelle a Iteu, par exemple, lorsqu'on ne peut réparer un dommage qu^anic dépens des biens d*un ordre supérieur, comme la réputatîott, la Hberlé, la santé ^ il suffit alors qu'on ait I« volonté de le réparer, dès qu'on le pourra, sans se porter à soi-même un pr^udice aussi considérable. 8* La remise volontaire de la delk tèWe par le créancier ; c'est ce qu'on appelle condonaiion. 11 est bien clair qtxc'Si votre créancier vous reniet volontaireihent et librement ce qae vous lui devez, vous Mes quitte à sori égard, t^ La compenscUion Ufoàt ; oq eitiend par le un acquittement réciproque entre deux personnes qui se trouvent débitrices l'une envers l'atftre. Je vous dois 400 francs que vous m'avez prêté» ; il arrive qu'après ceUi par suite d'une sentence du juge on de tout aulre manière, vous me deves il 00 francs de'To|re-o6lé : d^s lors il y a oompen^tioo entre nous, et nctfs te pouvons phis rien nous réclamer mutuellement. 5^ La cêmpemmtion acuité ; liquelle consiste à frendre fortivement che» le débiteur^ ou ce qui est dû, xra l'équivalent de ce qui est dû. On ne doit y avoir recours, que'IoraqQ'il n'y a pas d'autre moyen d'obtenir la restitution. Presque toiôoturs cetle espèce de compensation est illicite et pleine d^ dangetîs ; il est si diffîcile de ne contenir dans de justes bornes, quand op veut se rendre Justice à soi-naême.
«D. Le septième ^nmuttuiem^ni regm^éert-U les pmtvres. aussi bien que les riches î — R. Oui, il rtgâfde ks pattvre» aussi bien que les riches.
Explication. — G*est à tous les bommes, sans exception, que le Seigneur a diLt t Vous ne déroberez point ; rendez
€. à César ce qui appartient à Gé^r, et à Oieii ee qui
« appartient à Dieu. x> Le sepiième commaiMleineDt re^rde dpDc< les pauvres aussi bien que les riches. Oaexcuse) toutefois, les pauvres qui, pressés par la nécessité, ramassent dans \e& cbamps et dans ieâ haies du bois sec et de nulle valeur, ou coupent dans les taillis et dans les forêts des genêts^ de la bourdaim, de la bruyère, etc. Ils ne font presque aucun tort aux propriétaires; ceux*cl sont chaque jour témoins de ce qui se passe, et gardent le silence ; ce qui prouveut qu'ils n'y sont pas réellenient opposés. On peut aussi sans pécher contre la justice , s'approprier les fruiu qu'on trouve à terre, sur une vole publique, et qui sont tombés des arbres riverains, pourvu cependant qu'ils ne soient pas en grande quantité. Chaque jour la chose se fait ainsi ; tout le monde le sait, et personne ne réclame. M^is ils se rendent bien coupables ceux qui volent du bois vert, qui coupent des bran^ches de chêne, arrachent des arbres fruitiers, etc. . ,;
11 y avait autrefois, dans presque tout^ les provinces, des bois et des terrains où les pauvres allaient chercher le bois nécessaire à leur ménage et faisaient pattre leurs anîmaux ; IFs ne commettaient en cela aucun péché, parce que les propriétaires de ces terrains le voyaient sans peine. — Atyourd'hui encore, il est des communes qui ont conservé sur les biens communaux ou particuliers, . leur droit de chauffage, ou pour employer le mot usité, leur droit daffoua^ey c'est'à-dire le droit d)entretenir le^r foyer pour les besoins du ménage. Qe droit est rèooniHi et protégé par la loi (4) ; il en serait de même du djroit c|e pacage (2).
=D. Les pauvres qui ont des besoins^ ne peuvent donc ni prendre, ni retenir le bien des riches? — R. Non, ils peuvent demaoder raumêoe» mais il oe leur eût pas periyiîs de Yoler ni de retenir injustement le biéo des riches.
(4) Code forestier, art. M-^fi,
(8) Conf, du Pvy, sur la Ju«tic«, pa^. 15«.
ExPLiG4TK>i9. — Un père de famille qui n'a pas de qnm nourrir sod épouse et ses enfants ; un infirme qui ne peu! gagner sa vie ; tous ceux , en un mot , qui sont dans le besoin, peuvent demander Taumône et implorer Tassisti^nc^ des riches ; mais il ne leur est pas permis de voler ; et un pauvre qui dérobe quelque chose au prochain, quelque riche que soit celui-ci , pèche contre la justice et se rend par conséquent coupable devant Dieu.
=J>. Les riches sont-ils obligés de faire f^aufnône? — R. Oui, selon leurs moyens et selon les besoins dès pauvres.
Explication. — Il faut entendre par aumône ce qu'on donne aux pauvres par inotif de charité et pour les soulager. L*auipô'ne n'est pas un simple .conseil, c'est un devoir rigoureux et indispensable : « N'attristez point le cœur du « pauvre , et ne différez point de donner à celui qui souf- « fre... Prêtez Toreille au pauvre sans chagrin , acquittez- M vous dé ce que vous devez, et répondez-lui favorablement « et avec douceur (4]... jSoyéz charit£(ble en la manière que « vous le pourrez : si vous avez beaucoup de biens , donc nez beaucoup ; si vous en avez peu , ayez soin de donner « de bon cœur de ce peu que vous aurez (2)..., vous souvôr « nant que celui qui donne, au pauvre prête au Seigneur , « et que le Seigneur lui rendra la récompense qu'il mé- « rite (3). » Ainsi s e?cprimè le Seigneur dans les divines Ecritures ; il y a donc obligation pour les riches de faire Taumône selon leurs moyens ; et pigs les besoins des pauvres sont grands , plus ils doivent donner ; et plus ils donnent, plus sont abondantes les grâces que Dieu leur accorde ; car « Taumône fait trouver la miséricoi*de et la vie « étemelle (i). j) — « Donnez l'aumône, a dit Jésus-Christ,
(i) Eccl., IV, 3-8.
(2) Tob., IV,. 8-9.
(3) Prov., xu, 17.
(4) Tob., XII, 9.
« seloD oeque vous avez de biens, et vi>u8 serez purifiés de m tous vos péchés (4 ]. »
D. Nedonne-t'Onpûs à raumôné un autre nomT — R. On hii donne aussi le nom de miséricorde.
Explication. — La miséricorde est uoe vertu qui porleà avoir coBipassion des misères d'aulrui et à les soulager. Cette vertu , il est facile de le comprendre, a beaucoup de rapports avec l'aumône , ou plutôt elle en est le principe. C'est, en effet, parce qu*il est miséricordieux, parce q^'U compatit, au fond de son cœur, aux misères de ses semblables , que le chrétien vient à leur secours et les soulage autant qu'il dépend de lui (2).
Mais le prochain peut éprouver dès besoins, non seut^ ment quant au corps , mais aussi quant à Pâme. C^estpoor cela qu'on dislingue deux sortes d'œuvres de miséricorde : les œuvres corporelles , et les œuvres spirituelles, —les "œuvres coi'poreïles de miséricorde sont au nombre de sept: 4° Donner à manger à ceux qui ont faim ; 2" donner à boire à ceux qui ont soif; 3* donner des vêtements à ceux qui n*en ont pas; 4^ racheter les captifs; 5* visiter lesmabdes ; 6* donner rhospifatité aux étrangers ; 7* ensevelir les morlè(3). — Les oeuvres spirituelles de miséricorde sont également au nombi^é de sept i <• Rappeler à Ipur devoir ceux qui s'en écartent ; 2* enseigner les ignorants ; 3* donner de bons conseils à ceux qui en ont besoin ; 4* prier Kea pour le salut du prochain ; S*» cpnsoler les aflÛi^és ; 6* souffrir avec patience les injures ; 7<> pardonner à ceux de qui
(1) Luc, XI, M.
(ty MiseHcordia est aUense miseriœ qtuedftin ia nôstro corde conipn* sfo, quauUqpe, sipossimus, fubTeoire câmpeUimar (S. Aagmtiaot, lib. Il de Civitate Dei, apud Canisium, summa doctrinœ Christian^ pag. 199.)
(3) Septem opéra misericordise corporaUa. 1« Esurientet pasccrc. 20 Potum dare sitientibus. 3» Operire nudos. 4» Captivos rediflure. 50 ^grotos invisere. 6<» Hospitio peregrinantes soscipere. 7«Morl«i« sepeUre. {Ibid,, pag. 200.)
on a reçu quelque offense (<).— Lesœtivrcfts spirituelles de miséricorde / procurant au'^rochain un plus grand bien , sont par là-même plus méritoires devant Dieu: Mais/si le prochain avait plus besoin des œuvres de misérfcorde corporelles, celles-ci deviendraient plus obligatoires (2}.
TRAITS HISTORIQUES
HISTOIRE DE SAINT COmUAfi*
Conrad, issu d'une noble famille de Plaisance, ^tail tout occupé de ses plaisirs, lorsqu'il hii arriva un acddenl qui procura sa conversion. Il cbassaitun sanglier qiii se irétûgia dans des broussailles fori épaisses, lly fit meltte le feu. Un vent impétueux occasionna UD embrasement qui fit de grands ravages. On arrêta un homme qu'on trouva daffs lesbots^ on le mit à to question, et, lout innoceîit qu'il élait, il 8*avoua coupabfe, et fut condamné h être pendu. Conrad , auteur du mal, voyant qu'oto allaîi exécuter cet homme itinocçot, fut touché des remords de sa cunscieoce. Il va troltver le juge, et lui déclare que c'est son imprudence qui a occasionné l'incendie, et qu'il est prêt à réparer les dommages qu'il a causés. Pour cela, il vendit ses meuMes , ses maisons et ses tei^res, et se îiéduisil à la mendicité. Peu après, il Se retira du monde et-pri^t l'habit chez les religieux du tiers-ordre dé Saroi-Françoii$.
lARIT tLOfv
Lorsque sëint Eloi eût achevé les bâtiments de son nioiiasière h Pripis, il s^aperçot qu*on avait pris un pied de terrain de plt^ que le roi n'en avait accordé. Pénétré de dotilebr et de rOmord», ii vint se prosterner devant le prince, elhti demanda pardoû afvec beau* eoup de larmes, comme s'il eât été coupat>le d'un grand crime* I>agol»ert, surpris et édifié , récompensai sa vertu en doublant sa première donation. Après qu'Eioi se fât retiré ^ i! dit : t Voy^s
(1) Septem opéra misericorâise spiritualia. l» Peccantes corrigeré. if> Ignorantes docere. 8« Dubitantibus recte consulere. 4» Pro salute proximi Deum orare. 5^ Cooso&ari mœatof * ^ Ferre patienter injurias. 70 Offensam remittere. (Canisius, Summa doctrinœchristiatwSf pag. 200.) ' . ' •
(2) Catéchisme dn ?. Ripalda, de la Compagnie de Jésus, pag. 60.
80Qt exacts ci fidèles ceux qui suiveiil lésus-Cbrist. « Iles officiers et mes gouverneurs m'enlèvent sans scrupule des « terres enlières, tandis qu'Eloi tremble d^avoir un pouce de lerre « qui m'appartienne. »
l'usurier REPmiTANT.
Nous avons été témoin, il y a quelques années, d*un trait bien édifiant. Un vieillard qui avait acquis, par des prêts usuraires, une fortune d'environ quinze cents francs de rente, se voyant sur le point de paraître devant Dieu, se sentit touché de là grâce et vou» lut mettre ordre à sa conscience. Il fît venir ses deux fils et leur dit : « Vous le savez, mes enfants, le bien que je possède ne m'ap- « partktit pas, puisque je Tai acquis par des moyens que -la reli- « gion et riiumanité condamnent; que de familles, hélas ! j'ai mi- « liées. Mon intention bien formelle, je vpus le déclare, est que tout « le toh qtie j'ai fait soit réparé, el j'attends d6 votre loyauté et de « voire religion que vous respecterez mes dernières volontés, b — « 0 mon père ! s'écrièrent tes deux fils en fondant en larmes, truelle « joie vous nous causez ! il sera reqdu, n'en doutez pas, ce bien c qui pèse tant sur votre conscience ! » Quelques semaines après, une foule de familles recevaient, les unes 500 francs, les autres i,OpO francs, etc. Tous les intérêts illégitimement perçus furent rendus jusqu'au dernier centime.