‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 7 sur 114 · DES ENNEMIS DE LA FOI · texte numérisé non relu

DES ENNEMIS DE LA FOI

D. Comment appelle' t- on les ennemis de la foi ei de la rêvé- Uiihn divine ? — R. On les appelle incrédules.

Explication. — Incrédule veut dire : qui ne croit pas, qui De veut pas croire \ ainsi on pourrait donner ce titre à tous ceux qui refusent leur assenliment à un point quelconque de la doctrine chrétienne. Mais on entend ordinairemeni par tttcréchi/e^ ceux qui refeiteet loule vérité rêvé* lée , toute vérité qui n'est pas fondée unlquenaent sur Ya raison. — La raison est cette facutté fnteflectuene par laquelle t'homnie eonnatt et juge.

D. Quel nom Us incrédules se dtmneml-iU à eux-mémesf -^ R. lU sa donnent le nom de pbUoso|»hea.

ExPLicATtoH; -^ Les ificrédtiles se doonenl , ou pluiftfr s'arrogent te (Hro de pbllosopbes , ce qoi signifie : amiB de la sagesu; • comme si la phîiosopliie, dont l'essence est la « recherdie des vérités natareltes , devait rejeter ce que le « Dieu très élément , souverain aofeor de toute la nature , f a daigné manifester loî-méme aoie hommes , pour leur c procurer la vraie féltcité et le salut étemel ; comme s'If ff n'était pas , au contraire, tout à fait conforme à la raison « et à la sagesse d'admettre et de croire fermement une t doctrine dont la révélation est certaine et incontestable , « Diea ne pouvant se tromper ni nous tromper. (4). »

D. Les incrédules^ les ennemis de la foi et de la révélation ne se divisent-ils pas en plusieurs classes ? — R. Oui, il y a les athées^ les matérialistes, les panthéistes purs, les paothéistes spiritualistes et les déistes*

Explication. -— Les athées, les matérialistes et les panthéistes purs, c'est-à-dire ceux qui disent : Dieu est toiUr et tout est DieUj tiennent le premier rang parmi les ennemis de la révélation. Comment pourraient-ils admettre une ré^ vélalion divine, ceux qui n'admettent pas même Texistence de Dieu, ou dont l'affreux système n'est autre chose qu'un athéisme déguisé ?

Les panthéistes spiritualistes croient en Dieu , mais ils exagèrent tellement la raison de l'homme, quHIs élèvent celui-ci jusqu*à Dieu, et Tidenlifient avec la substance divine même. La raison humaine, disent-ils, est une émanation du grand Tout, de celui qui est, par essence, lumière infinie. Donc entre Fesprit de l'homme et l'esprit de Dieu il y a union intime et consubstanlielle ; donc, pour trouver la vérité religieuse ou la conformité de nos idées avec lés idées divines touchant la religion, il suffît d'interroger se» rieusement notre raison, et d'écouter ses réponses aveè attention et docilité ; donc aucun enseignement extérieur,

(1) Encyclique de notre Saint Père le ?ape Viel%,ea dete ds 0 m>membre i9Hé

— ÎO —

divin ou social (4), B*esi némasêira ni mèiiie olile poor oonfnaltre la vraie religion. — Ce syslème, péchant par sa base, s*écroule de lui-même. En effet, l'esprit de rbomme n'est point une émanation^ an écoulement, une partie de Tesprit de Dieu ; mais c'est un être créé, un être non fait de la substance de Dieu , mais fiait à son image, oomme dit TEcriture (2), or rtmo^e exclut positivement Videntité. D'aiUeurs. la parole positive et extérieure de Dieu qu'ont entondue le premier homme, les patriarches, les prophètes et les apôtres, est un fait historiquement certain, un fatt roiUe fois mieux constaté que la parole des philosophes de l'Inde, de la Perse, de la Grèce et de Rome. Que faut-il de plus pour réduire à néant tout ce que les panthéistes peuvent dire contre la possibilité ou l'utilité de la révélation ?

Les déistes ne nient pas Texistence de Dieu, comme les athées; ils ne confondent pas, ils n'identifient pas, comme les panthéistes, l'esprit de Phomme avec l'esprit divin; mais ils attribuent à celui-là une force, une puissance qu*il n'a pas, comme nous Texpliquerons bientôt, ils nient toute révélation de la part de Dieu, toute communication du créateur avec la créature, parce que, disent-ils, ils ne sauraient comprendre que l'être infini, spirituel et immatériel par sa nature, se soit rendu accessible aux sens. Uais est- il donc si étrange que Celui qui a fait la langue humaine, et qui lui fait former des sons articulés, puisse parler lui-même, et expliquer clairement et distinctement ses volontés? Est-il donc si étrange que Celui qui a eu assez de puissance pour créer l'homme, en ait également assez pour se manifester à lui ? Enfin l'établissement du christianisme, sans parler de la révélation primitive et de la loi donnée à Moïse, n'estil pas un fait incontestable, qui prouve, jusqu'à l'évidence, que Dieu a parlé aux hommes, et s'est, par conséquent, rendu accessible aux sens. ?

0) Social, c'ôst-à^iire, répété ptr rhomjBe.

(2) Greavit Deus hominem ad imagincm suam. Geo., i, §7.

— îl —

D. Quel est le nmn que Con donne pimê eoummnémcnt^ de nos jomrs, aux ennemû de la révéUtUon ? — R* Go l«s appelle ratio^ oali&les.

Explication* — On les appelle ainsi, parce que leur système, le rationalisme t a pour but de fonder toutes les croyances religieuses sur la raison, h Texclusion de toute révélation divine (4).

Parmi les rationnalistes, les uns croient pouvoir puiser dans leur propre fonds tous les éléments d'une croyance nouvelle ; ce sont les rationalistes purs.

Les autres, un peu moins confiants en eux-mêmes, choi* nssent, parmi les idées philosophiques et religieuses émises jusqu'à ce jour, ce que la raison leur dit être meilleur et plus vrai. Ils cherchent à former, du tout, un nouveau systàme. Ce choix fait parmi les idées des autres s^appeUe écleclîsme, du mot latin digère, qui signifie choisir.

Les éclectiques, aussi bien que les rationalistes purs, prétendent que Tâme humaine a reçu de Dieu, en même teonps que Texistence, le don de toutes les vérités à l'état de germe, d'instinct, d*idée innée, de lumière naturelle. Ce doQ de Dieu se développe spontanément, c'est-à-dire par une énergie organique, latente, individuelle ou déposée en chaque homme ; en sorte que Thomme invente ou découvre, eo soi et par soi» les vérités de Tordre spirituel et moral, sans qu'il ait besoin d'une révélation extérieure^ soit divine, soit soaiale. — Ce sont là autant d'assertions purement gratuites, et rien n*est plus chimérique que ce développement spontané de la raison. L'homme qui vivrait isolé complètement de toute société, et privé d'éducation, resterait sans notion de Dieu et de sa loi ; l'expérience est là qui le dé-

Ci) « Le rationalisme, dit M. Tabbé Gerbet, proclame, dans Tordre m ioteUectuely la souTeraineté de Tindividu, puisqn*!! prétend affranchir « riatelligence de chaque homme des règles et des entraves que lui « impose la société religieuse fondée sur renseignement traditionnel des «dogmes. »

moDire (I). Gréie avae la faculté dm reoevoir Jaa vérités dogmatiqiiaa eC morales, mais na les possédaai pas, ràma humaioe ne peut ni les inventer, ni les trouver elle-même et en elle-même. Elle est, comme le dit saint Thomas, à Tétat d*uoe table rase sur laquelle il n*y a rien d'éeril. Cas véri* tés, elle les reçoit par une révélation extérieure et posHi ve, révélation qui s*est faite par la parole divine au commencemeutt sans préjudice des compléments que Dieu a voulu y ajouter dans la suite des temps, transmise par le premier homme à sa postérité et conservée par la tradition (2).

D. L'état éa monde, tofont Jétut-Christ, prowoe-t'Uque la raison kwmame ne saurait, aAanthnnée à eHe*méme, déc0uvrir les vérités de l'ordre spirituel et moral? — R* Oui, e( de la BiaaièiFe la plus évidenle*

ExpLiCATioif. **-8i, comme le prétendent les rationalistes, la raison suffit pour éclairer l'homme et lut faire découvrir les vérités de l'ordre spirttuel et moral, pourquoi les premiers principes de la morale ont-ils été oniversellemenl méconnus, tant que le monde, perdant de vue la rérélalîon primitive, n a en ponr guide que la raison, et jusqu'au moment où le soleil de justice, Jésus- Christ, est venu répandre ses rayons sur la terre ? L'histoire de la raison humaine, avant que ie christianisme vint à son aide, est-elle autre chose que le récit déplorable de ses monstrueuses absur-^

(1) Vers le milieu du tvfii* siècle , on trouva par Tiasard, près de Ghàlons-eB-Champagne , une fille qui, dès sa plus tendre enfance, atait été abandonnée dans les bois. Elle n'avait aucune idée tnorale:

« Ce n'étaient point des cris qu'articulait sa bouche ; « Il n'en sortait qu'on son, cri perçant et farouche. »

(L. Racine , EpUre H 8ur l'Homme.) Triste exemple de ce que nous serions sans réducation et la société.

(2) c La raison, voie intellectuelle de Thomme, dit le Docteur Phillips, « a la faculté de percevoir et d'ordonner ce qu*eUe a perçu ; mais créer^ « c'est ce qu'il ne lui est pas donné de faire, pas plus qu'il n'est donné « à l'oreiUe de produire des sons. Elle peut bien réconnaître la vé9*ké,

dilés ? Las passioes las pias honteuses formeHemeot autorisées; les aotioDS les plus criminelles, npn senlement devemiesconimaQes dans la pratique, mais consacrées par les lois ; les excès les plus monstrueux justifiés par lexemple des diTÎmtés <)ue Ion adorait : voilà quelle était la morale des peuples, avant que Jésus-Christ vînt la réformer. Où ne rougissait d'aucun vice ; chaque crime avait son autel. Aussi un podte (4) nous représente un grand coupable trouvant sur Tautel même l'excuse du forfoit qu'il allait axmnettre III

« elle peut bien pénétrer dans sa sulrataoce et en tirer Taliment de Tes*- « prit; mais dans le christianisme seul eUe trouve la vérité, elle trouve « la véritable alliance qui , par V acceptation de la révélation divine, t associe , unit rame avec IKeu. » (Du droit ecclésiaftique, t, i, p. 3.)

« Le monde et Thomme , dit up éloquent écrivain , qui est en même « temps un grand homme d'Etat, ne s'expliquent point naturellement « et d'eox^-mêmes, par la seule vertu des lois permanentes qui y présic deat et des volontés passagères qui s'y déploient. Ni la nature et ses « forces, ni rhomme et ses actes ne suffisent à rendre raison duspecta«> « de que contemple ou entrevoit l'esprit humain. Ainsi comme la nature « et l'homme ne suffisent point à s'expliquer eux-mêmes, de même ils «ne suffisent point à se gouverner. Le gouveuiement de l'univers et du « genre humain est autre chose que l'ensemble des lois et des faits na- « tareis qu'y observe la raison humaine, et des lois et des faits acciden- « tels que la liberté humaine y introduit. G'est-àr-dire qu'au delà et c au dessus de Tordre naturel et humain, qui tombe sous notre connaist8ance,est Tordre surnaturel et surhumain que Dieu règle et déve-

• loppe hors de la portée de nos regards... L'ordre naiurdl est le champ « ouvert à la science de Thomme; Tordre surnaturel est entr'ouvert à sa c foi et à son espérance ; mais sa science n'y pénètre point. Dans Tordre

• naturel, Thomme exerce une part d'action et de pouvoir; dans Tordre t surnaturel, il n'a qu'à se soumettre. On a dit, dans un esprit de con- « ciliation et de paix : La religion et la philosophie sont detix sosurs 1 (pii se doivent mutuellement respect et protection. Paroles encore «empreintes des chimères de Torgueil humain : la philosophie vient de « l'homme , elle est Tœuvre de son esprit ; la religion vient de Dieu, «Thomme la reçoit et souvent Taltère après Tavoir reçue; mais il ne la t crée point. La religion et la philosophie ne sont point deux sœurs; ce « sont deux filles. Tune de notre Père qui est aux deux, Tautre du sim- « pie génie humain. «(Guizot, méditations et études morales; préface.)

(l) Térence.

Si la raison suffit pour édaîrer rbomme «i lui aftpreodre les devoirs qu'il a k remplir envers Dieu» envers le pro» chain et envers lui-même, pourquoi les gi^ves erreurs sur les fondements de la religion et des mœurs oà sont tombés les plus beaux génies de Tantiquité ? Pourquoi les honteux préjugés dont ils ont été imbus, les nwximes infâmes qu'ils ont débitées ? Un grand homme, Gicéroo, le plus illustre des orateurs romains, n*a-t-il pas dit, il y a plus de deux mille ans, « qu'on ne pourrait pas citer une seule opinion absurde qui n*eût quelque philosophe pour auteur ou pour patron ? » Que faut-il de plus pour nous convaincre que la raison ne saurait, abandonnée i elle-même, découvrir les vérités de Tordre spirituel et moral ?

D. Les philosophes les plus célèbres n''otU4l pas fait, à ce sujets des aveux bien remarquables? — R« Oui*

Explication. — Gomment oser soutenir que la raison suffit pour faire connaître à Thomme ce qu'il lui importe le plus de sfeivoir, c'est-à-dire les devoirs qu'il a à remplir ici-bas et la fin vers laquelle il dofl tendre, après les aveux si formels et si positifs des philosophes païens les plus éclairés, sur l'insuffisance de la raison? Ecoutons d'abord Socrate : a r^n, n espérez jamais de réussir dans le dessein « de réformer les mœurs des hommes, à moins qu'il ne a plaise à Dieu de vous envoyer quelqu'un qui vous ina struise de sa part. » — « Il est clair, disait Pythagore, « que l'homme doit faire ce qui est agréable à Dieu ; mais il « ne lui est pas possibip de le connaître, à moins qu'il ne a l'ait appris de Dieu même ou des génies, ou qu'il n'ait été « éclairé d*une lumière divine (1). » — « Attendons patiem* « ment, » disait Platon, frappé de ses propres ténèbres et de l'aveuglement universel , « attendons que quelqu'un « vienne du ciel nous instruire sur la manière dont nous « devons nous comporter envers les dieux et envers les

(1) Jambliqae, Vie de Pythagore.

< hommes. Mais quel est celui qui nous renseignera ? Quand a parattra-t-il ? Qu'il vienne, ce divin législateur, nous «sommes prêts à Técouter (4). »

Les philosophes modernes n*ont pas insisté avec moins de force sur la nécessité des communications divines. Nous iMms bornerons à citer le célèbre Bacon ; voici comment s'exprime ce personnage universellement admiré pour la grandeur extraordinaire de son génie, et qu'on appela le terme de Tenlendement humain : « La révélation est le port tel le lieu de repos de toutes les contemplations humaines ; c sans elle Thomme n'aurait pas même pu inventer un cuite « qui fût digne de la divinité. »

D. La raison est-elle donc frappée d^une impuissance absoluCf. demanière qupl ne faille découler en rien^ quand il s'agit des vérités de Corare spirituel et morat7 — R. No&||; mais il ne faut pas, comme les ratioDalistes, accorder à la raison la supérioritéswriarévélatioD.

Explication. — Notre saint père le Pape Pie IX, ds^^ rencyclique déjà citée, s'élève tout à la fois et contre cm^i qui, exagérant la puissance de TinteHigence humaine, ne veulent reconnaître pour règle de la vérité que la raison bumaine, livrée à ses propres forces, et ceux qui, anéantissant rintelligence humaine, ne font de la raison que Imstrument passif d*une puissance supérieure* Dans une matière aussi importante et aussi grave, nous ne saurions iBieux faire que de citer ses paroles : « Ils (les incrédules) « ne cessent d*en appeler à la force et à rexcellence de la «raisoji humaine, de lexalter aux dépens de la très sainte <foi du Christ, soutenant audacieusement que celle-ci est

* opposée à cette même raison. Or, bien certainement, on <oe saurait rien imaginer de plus insensé, de plus impie,

* de plus contraire à Ta raison elle-même ; car, quoique la « foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister

(1) Voir les Discours sur l'Jncrédulitéy par Mgr Tréf cm, pag. 97. * II. S

« entre elles aucune opposition, aucune contradiction réelle, « parce que toutes deux viffinent de Dieu même, soorce a immuable de réternelle vérité ; et ainsi elles se prêtent un « mutuel secours, de cette manière que la droite raison dé- « monire, protège et défend ia vérité de b foi, et la foi « à son tour affranchit la raison de toutes les erreurs « « l'éclairé parla connaissance des choses divines, raffermit « et la perfectionne. »

Ainsi rbommc , impuissant à trouver par lui-même les grandes vérités de Tordre moral et spirituel , peut, quand il les a reçues, en quelque sorte passivement, du simple enseignement traditionnel, les reconnaître, les approfondir, ]es développer par la réflexion dans un autre ordre, dans celui de la science. — Les vérités traditionnelles ont entre elles des rapports nécessaires, des points de Gontacl par lâ&quels elles s enchaînent mulueilemenli et se déduisent ks unes des autres. L^bomme qui a reçu de la traditîoB ceiake chaîne de vérités peut, s*y tenant loi^ours attaché comme au fil conducteur nécessaire à sa faiblesse , en remonter tous les anneaux par fétude et la réflexion, les approprier davantage à son intelligence par la méditation et le raisonnement , démontrer par le raisonnement ce que celui-ci n^aurait pu découvrir, ou, s*il s'agit des vérités supérieures à la raison, voir encore dans ces vérités, dans leur enchaînement, leurs rapports, leur harmenîe, des points de contact avec les vérités accessibles à rentendement ; faire , en un root, que la foi devienne science : Quœrens fides mie^ectum, V5ilà tout ce que peut la raison dans Tordre spi- . rituel (i).

D. La raison qui protège et défend la foi ne peut-etle pas oiust la perfectionnera — R. Non, et la doctrine du progrès» en matière de religiotfj est aussi absurde que sacrilège.

Explication. — Nous citerons encore sur ce sujet Tea-

(1) Annales de Philosophie ehrétienne^v9 d'avril 1S47. — Voir aussi le m* d« ééotmbra Itte.

cycHque du souverain Pootîfe Pie IX : a C'est avec la mêmt « perfidie que les ennemis de la r^vélalioa divine, vsmIaDi c saas eesse le progrès de ThumaDilé^ voudraient rioiro» c dtâre jusque dans la reUgion catholique* Ëolreprise aussi € téméraire que sacrilège, puisqu'elle fait supposer que la « religtOD. au lieu d*ètre Touvrage de Dieu, est au contraire c celui deThomme, ou quelque système philosophique sus* c cepiible de perfectionnement par des moyens humains... • Puisqu'il est certain que noire sainte religion u a pas été t inventée par kt raison humaine, mais que c*est Dieu même « qui Ta fait connaître aux hommes dans son infinie clé* i mence, il n*est personne qui ne comprenne facilement € que c^te religion tire toute sa force de celui qui Ta rêvé- « lée, et qu elle ne peut être ni diminuée, ni perfectionnée c par la raison de Thomme» La raison de Thomme, il est c vrai , pour n^être pas tron^>^ dans une affaire de si 9 grande importance, doit examiner avec soin le foit de « la révélation, afin d'être assurée que Dieu a parlé, et afin c que sa soumission à sa parole soit raisonnable, comme « Venseigne Tapôtre avec une grande sag^se (4)... Goa- « vaincue par une foule de preuves évidentes que Dieu est « l'auteur de la foi, te raison humaine ne noit pas s'élever « plus haut ; mais, méprisant toute difficulté, et déposant t toute eapéce de doute, elle doit se soumettre complètement « à cette foi, persuadée que tout ce qu'eUe propose aux c hoaimes de croire et de faire, elle le tient de Dieu. »

D. D''oùvietUqû'iLya, de npsjours^ tant de rationalistes, tant ifennemis de la foi et de ta révélation f — R. Cela vient de ce que, dauà le iDonJe, il y a bien des .ignorants en malière de religion^ Inen des coeurs corrompus, bien des esprits vains et orgueilleux.

ExpucATioK. — On peut le dire avec vérité : la plupart des gens du monde en savent moins, sur la religion, qu'un ^enfant qui, depafe quelques moit, fréquent le eatédiisme

(1) Rationabile obscqoium vestriun. Rom., xiii, 1.

de sa paroisse. Or, Iorsqu*oQ ignore la morale et les dogmes du christianisme, et les preuves qui en démontrent la vérité, qu*on n*est livré qu*à des occupations frivoles et aux objets sensibles, est-il étonnant qu'on manque de foi ? -• Sans doute, il y a, parmi les incrédules, des hommes rem> plis d*instruction et de science ; mais ces mêmes hommes sont, en matière de religion, d'une ignorance incroyable. Us ne Pont jamais étudiée, ou, s ils Pont étudiée, c*est dans les ouvrages où elle est combattue, et non dans ceux qui rétablissent et la défendent. Voilà pourquoi ils sont et demeurent incrédules.

Si la corruption du cœur vient à Tappui de rignorance, quel nouvel obstacle s'oppose à la foi ? Le christianisme est ennemi des plaisirs des sens et de toutes les passions (4); comment des cœurs corrompus pourraient-ils l'aimer? «Leur « foi, » dit saintPaul» en parlant des premiers apostats, et il faut dire la même chose des apostats de nos jours, a leur foi « a fait naufrage, parce qu'ils n'ont point écouté la voix de « leur conscience (2), et qu'ils se sont livrés aux penchants déréglés de leur cœur. « Ils ne se sont point embarrassés, dit m encore le grand apôtre, d'avoir Dieu devant les yeux, et « d'agir selon sa loi, et Diea, pour les punir, les a abandonnés « à Terreur, et les a soumis aux illusions du mensonge (3). » Voici un trait authentique qui confirme , d'une manière frappante, ce que nous venons de dire : M. Bouguer, célèbre académicien, eut ayant sa mort, arrivée en 4758, pla* sieurs entretiens avec le Père de la Berthonie. Dans un de ces entretiens, il fit cet aveu bien remarquable : Je n'ai été incrédule que parce que fêtais corrompu ; et il ajouta aussi-

(1) On entend par passions les mouTements violents qui emportent rame; la morale chrétienne nous ordonne d'y résister, ce qui est toujonrs possible avec le secours de la grâce.

(2) Bonam conscientiam repeUentes, circa fidem naufragavcrunt

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