‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 73 sur 114 · ARTICLE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE CINQUIÈME

Dl LA GONTClliUB.

D. Qu^est-ce que la cantumélie ? — R. La cootumélie est une atteinte iojnste et patente portée à fhooneur du prochain, soit par paroles, soit par actions.

Explication. — La contomélie, qu'on appelle aussi affront, outrage, insulte , diffère sous plusieurs rapports de la médisance. 4* La médisance attaque la réputation du prochain, et tend à détruire ou à diminuer Topinion favorable que le public a de lui. La contumélie s'en prend à l'honneur du prochain ; elle est directement opposée à l'estime, à la considération qui lui sont dues, à cause de ses bonnes qualités, de ses talents, du rang qu'il tient dans le monde, etc. ; ou du moins elle manque aux égards* auxquels tout homme a droit, par cela seul qu'il est homme. ^ La médisance se fait en l'absence de celui de qui on médit ; la contumélie se hit en présence du prochain , ou bien devant un objet qui le représente et qui en rappelle le souvenir.

On peut se rendre coupalHe de contumélie par paroles ou par actions. 4* Par paroles : comme si on reproche malignement à quelqu'un d'avoir volé , d*avoir lait banqueroute, d'être illégitime, etc. ; si on lui reproche quelque

service rendu dans une circonstance humiliante pour lai. 2* Par actions : comme si on lui fait un geste de mépris, si on lui donne un soufflet, si on brise sa statue , si on crache sur son îmëge , si on af6che à sa porte des objets propres à exciter la risée du public.

D. La contumélie est-elle un grand péchés — R. La contumélie est, de sa nature, un pécha mortel.

Explication. — La contumélie admet légèreté de matière, parce qu*il peut se faire qu'elle porte peu«de préjudice à l'honneur du prochain. Mais elle est, de sa nature, on péché mortel. Noire-Seigneur l'enseigne en termes formels: o Celui qui dira à son frère : Raca (4)« méritera d'être (( condamné par le conseil; et celui qui lui dira : Vous êtes « un fou , méritera d'être condamné au feu de l'enfer (3). » — Saint Faut, dans son épttre aux Romains (3), met la contumélie au nombre des péchés qui rendent digne de la damnation étemelle; et tous les théologiens s'accordent à reconnaître qu'il y a , dans la contumélie , plus de maiioe que dans la détraction, parce qu'ils y voient un mépris plus outrageant du prochain.

' D. i4 quoi est tenu celui qui s* est rendu coupable de contumélie ? — R. Celui qui s'est rendu coupable de contumélie doit réparer, autaol qu'il est en lui, le tort qu'il a fait au prochain dans soa honneur.

Explication. — La contumélie renferme une véritable injustice, puisqu'elle enlève au prochain son honneur, c'està-dire un bien qui ne lui appartient pas moins que sa réputation, et qui ne lui est pas moins cher. Or, toute injustice doit être réparée, quand il y a possibilité de le faire ; ce qui a été enlevé au prochain doit lui être rendu. Mais, comoMt lui rendre l'honneur qu'on lui a ravi? En lui faisant une satisfaction proportionnée à l'outrage qu'il a reçu. Cetle

(1) Terme de mépris, (i) Matth., V, M.

(S) Rom., I, SO.

satisfaction doit être réglée sur la nature de roflense, sur la qualité de la personne offensée, et aussi sur le caractère de celui qui a offensé. 4*" Sur la nature de loffense : il est évident, par exemple, que celui qui a frappé quelqu'un est tenu à beaucoup plus que s'il s'était borné à lui faire quelque léger reproche. — %^ Sur la qualité de la personne offensée : s'il s'agit d'un inférieur, il suffira, pour l'ordinaire, de lui témoigner du regret, en le prévenant par quelques marques d'affection, par quelques signes de bienveiU . lance ; s'ils'agit d'un égal , il suffira , pour l'ordinaire , de lui faire des excuses et de lui demander pardon. Mais, s'Q s'agit d'ud supérieur, d'une personne élevée en dignité » il ne suffira pas toujours de faire des excases, de demander pardon : il sera quelquefois nécessaire de le demander à genoux , en public et plusieurs fois. — 3^ Sur le caractère de celui qui a offensé : il en est à qui il n'en coûte rien de demander pardon , qui se mettent à genoux et pleurent même autant qu'on veut; il en est, au contraire, à qui il est extrêmement pédible de demander pardon, et dont rien au monde ne peut faire plier le genou, il est bien clair qu^on doit exiger moins de ces derniers que des premiers, et qu'un seul mot d'excuse de leur part aura plus de prix et de mérite que mille pardons que d'autres solliciteront à genoux et la corde au cou.

D. La contumélie^ défendue par la loi de Dieu, Cest-elle égale-ment par la loi de PEtat? — R. La loi de FEtal non seulement défend la contumélie, mais elle la punit sévèrement.

Explication, -r- « Toute allégation ou imputation d*un « fait qui porte atteinte à l'hoqneur ou à la considération a de la personne ou du corps auquel le fait est imputé, est « une diffamation. Toute expression outrageante, terme de « mépris ou invective, qui ne renferme l'imputation d'aua cun fait, est une injure (4). — La diffamation, soit perdes

(1) Loi du 17 mai 1819» chap. t, de la diffounatioihet de Tinjure pa* bliques. art. 18.

« discours, des cHs on menaces, soîl par des écrits oi c imprimés, etc., enTers loul dépositaire ou agent de Taoltcrîté publique, pour des faits relatifs à ses fonctioDS, sera cr punie d*un emprisonnement de htiH jours à dii-kuit mois, « et d'une amende de 50 fr. à 300 fr. (I) — La diflam»- « tion envers les particuliers sera punie d"uR emprisonii»- « ment de cinq jours à un ati, et dSine amende de Î5 fr. ) m f,000 fr. (2). — L'injure contre tout dépositaire ou agsBl « de Taulorité publique sera punie d*un emprisonneneol « de cinq jours à uoan, et d*une amende de Î6 f. è 2,00f f. c — L'injure contre les particuliers sera pimie d'uae « amende de 1 6 fr. à îÇOO fr. (3). » — Que sont ces peîtw, en comparaison de celles que réserve la ju^ic^ d^mei quiconque se sera rendu coupable de cotituméKe envers II prochain, et qui n'aura pas réparé soo Injustice T

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