DES CONSEILS ÉVANGÉLIQUES
D. Que faut-il entendre par conseils évangéliques ? — R. Les conseils évangéliques sont divers moyens de parvenir à la perfection, qui nous sont conseillés, mais non commindés dans l'Evangile.
Explication. — Il y a une différence essentielle entre les préceptes et les conseils évangéliques. Pour être sauvé, il
taui absolument observeir les préeeptes ; mais on peut dire sauvé sans accomplir les conseils évangéliques. Quiconque aura observé fidèlement tous les préceptes, ira au ciel ; mais celui qui aura suivi les conseils évangéliques obtiendra une plus grande récompense ; il occupera dans le ciel une place plus distinguée, ei son trône sera plua élevé, son dia« déme plus brillant.
D. Quèlf sont les principaux conseils évangéliques? — R. Les priocipaux cooseiU évangéliques sont : Je renoDcemeni au monde, la pauvreté vdoniaire, la chasteté perpétuelle et l*obéissance.
ExptiGATioif. — L*Evangile renferme un grand nombre d*autres conseils évangéhques, tels que le silence, la mortification du corpe, etc. C*est par ces divers moyens , soutenus de la fréqtiei^talion des sacrements, que Ton peut parvenir à la plus haute perfection du christianisme, laquelle consiste à être intimement uni à Dieu par les liens de Famour le plus tendre et de la plus ardente charité.
D. En quoi consiste tts renoncement au monde? — R. Le renoncement au nionde consiste à quitter 1$ monde, pour vivi^e dans la retraire.
Ex^LieATiQif. — Telle a été, dans tous les siècles, la conduite d*un grand nombre de chrétiens qui , pour servir Dieu avec plus de liberté et se soustraire aux dangers dont le monde est rempli, ont quitté leurs parents, leurs amis et ce qu'ils avaient de plus cher sur la terre, pour aller vivre daosla solitiide, dans des déserts sauv;)ges et y méditer, libres de tout soin et de toute inquiétude , sur la grande affairé du salpt. C est ainsi qu*ils ont mis en pratique ce conseil de Jésus-Christ : « Quiconque aura quitté pour mon « nom, sa maison ou ses frères, ou ses sœnrs, ou son père, m OU sa mère, OU sa femme, ou ses enfants, ou ses hérita- «ges, recevra le centuple dès à présent.;, (en conlente- « ment et en joie), et, au siècleà venir, la vie éternelle[4]. »
(i) MatUi., XX, 16.
D. fffi cm €è9uist& U pauvreté voUmtmrê ? ♦-«^Rw La pauvreté «oloDlaire coasiste b se dépouiller d« ses biens, pour les donoer aux pauvres ou les consacrer à d'autres boimea oeuvres^
Explication. — - La maxime de Jésos^briat : hBurettx k9 pauvres (i); fexemple de ce dirin matere, qui, corame il ie témoigne lai-ri)ênae, n'avait paa où reposer sa fè(e (9) ; l'exemple des apôtres qui ont renoncé à tout pour marcher à la suite de THomme-Dieu ; les conseils réitérés de TEvangile : « Si vous voulez être parfait, dit Jésus-Christ à \xn « jeune homme, allez^ vendez touX ce qua voua avez, doa» « nez-lc aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel ; « alors venez et suivez-moi (3) ; celui qui ne renonce pas « à tout ce qu'il possède ne peut pas être mon dîici- 4 pie, etc. (4) y D ont engage une infinité de chrétiens fervents à, embrasser le même genre de vie» et le vœu, de ppuvreté est devenu partie essentielle de la profession religieuse. L*EgIise y a donné son ap[>robation , et Dîeti lui-même semble l'avoir autorisé par le don des miracles qu'il a daigné accorder à plusieurs de ces pauvres volentairès, et par lés conversions sans nombre qo?il a opérées.
D. En quçi consiste la chasteté perpétuelle? — B. Elle consiste dans lesacritice que ron fait de son cor|>s k Dieu, pour vivre peui^lant toute sa vie ^ans le célibat et la eontinaice.
ExPLicATioN.r-Cetle pratique est fondée, 4° sur lexemple de Jésus-Christ ; 2** sur les conseils de TEvangile : « II y en f a qui ont renoncé au mariag/e pour le royaume des cieux ; « quQ celui qui peut le comprendre, le comprenne (5). » 3o Sur les conseils de saint Paul : « Quant aux Vierges , je V n ai point reçu de commandement du SêigneU*-; mais voici « le conseil que je donne comme étant fidèle ministre du
(1) Mattb., ▼, 8.
(2j Luc, IX, 58.
(3) Matth., XIX, 21.
(4) Luc, XIV, 38.
(5) Mattb., XIX, 12.
fi.Seig9&ù^t, f%T I9 miâëricorâe c^'il m'eu a faîte. Je crois «tdonc qu'il est avaotagettx à riiomB)e de oe p<MDt se ma- « rier... Que si vous épousez une femme, vous ne péchez « poiot ; et si une fille se marie , elle ne pèche point aussi, c Mais cest personnes souffriront dans leur chair des a^flio- « UoBsei desipeines. Or je voudrais vous les épargner..*. <f Ce que je désire, c'est que vous soyez exempts d'inquîé* ft tudes. Celui qui n'a point de femme n'est occupé que des « cboses de I>ieu et du soin de lui pteire ; mais celui qui a a une femme est partagé, parce qu'il est occupé des choses « du monde et du soin de plaire à sa femme. De même une <t femme qui n'est point mariée, et une vierge s'occupe du (K soin des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps « et d'esprit ; mai^ celle qui est mariée s'occupe du soin des « choses du monde et de ce qu'elle rfoit faire pour plaire à a son mari. Or, je vous dis ceci pour votre avantage ; non « pour vous lendrei un piège, mais pour vous porter seule- « ment à ce qui est le plus saipt et qui vous donne un moyen « plus facile de prier Dieu sans empêchement (t).. 9 4® Sur l'exemple d'un nombre infini de saints qi?i ont renoncé au mariage et gardé la tonlioence, afin de ne s'occuper, sek» le.eoiiseil de l'apôire , que des choses de Dteu^ei du soia de se rendre agi^bfe à ses yeux.
D. En qwÀ cûnsisU C obéissance? — R. Elle con&isUî à faire le sacrifice de sa propre volonté» pour la souineUre à celie d'uo supérieur.
Explication. — «• La pratique de l'obéissance est fondée ^ 4" sur l'exemple de Jésus-Christ , qui , pendant trente ans« fut sounlis à Joseph et à Marie (2), et qui se montra obéissant jusqu'à la mort^et mètnejusqu'à la mort de la (iroix (3}. i^ Sur les conseils de l'Evangile qui veut que les plus grands ae fassent les plus petits ; qu'on, renonce à sa propre vo-
(1) L GéP., TtU, 15*86.
(2) Et erat subditus illls. Luc, n, 51.
(3) Philip., H, 8.
loDté; qu'on s'humilie pour être exailé , o*e8t-à-dlre qu'on se fesse polit aux yeux des hommes pour être grand aux yeux de Dieu (i).
Les conseils et les pieuses observances dont nous venons de parler regardent principalement Tétat religieux , lequel consiste essentiellement dans la pratique et les trois vqdux de pauvreté, de chasteté et d*ot>éissauce ; toutefois les fidà* les de Tun et de l'autre sexe peuvent en observer du moins une partie dans le monde même, selon leur étal, leurs forces et la grâce que Dieu leur en donne (2).
TRAIT HISTORIQUE