DES OBLIGATIONS
I. — On appelle obligation le lien qui astreint spécialement telle personne à une prestation quelconque au profit d'une autre personne.
La nécessité spéciale à une ou plusieurs personnes, et correspondant dès lors à un droit purement relatif et personnel, c*est-à-dire à une créance, constitue sciile l'obligation . Quant à la nécessité générale et commune à tous, laquelle correspond au droit absolu , au droit réel, elle forme un devoir qu'on est également tenu de ne pas enfreindre, mais qu'il ne faut pas confondre avec Tobligation proprement dite.
Ainsi, par exemple, tandis que le simple devoir n'a jamais pour objet que l'abstention des faits qui nuiraient aux droits d'un tiers, l'obligation, au contraire, peut avoir pour objet, ou de s'abstenir d'un fait, ou d'accomplir ce fait, ou de transférer la propriété ou ses démembrements, ou de procurer une chose à tout autre titre. L'obligation est toujours, pour nous comme pour les Romains, vinculumjuris quo ne*cessitate adstringimur ad aliquid dandum, velprœstandum, vel faeiendunif vel non faciendum (art. 1101).
IL — Pour traiter avec ordre l'importante matière des obligations, nous étudierons successivement et dans cinq chapitres différents :
1^ Les sources des obligations ; — 2° Les diverses espèces d'obligations; — 3° L'effet des obligations; — 4® Les causes d'extinction des obligations ; — 5^ Enfin, la preuve des obligations et celle de leur extinction.