‹ Explications du maréchal ClauzelChapitre 13 sur 62 · AFFAIRE DE M. DE RIGNY · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE M. DE RIGNY

Oui, je le dis dans la sincérité de mon cœur, arrivé à ce point de mon récit, Je voudrais supprimer les pages qui vont suivre; je voudrais n’avoir pas à parler d’un homme traduit devant un conseil de guerre ; aussi ne mélerai-je aucune réflexion aux pièces officielles que je publie. Je dirai seulement à celui qu'elles concernent : « En donnant de la publicité à une lettre où vous traitiez » d’imputation calomnieuse ceque j'avaisdit de votre con- » duite, vous m'avez forcé à donner une égale publicité au » jugement que j'en ai porté et aux causes qui m'ont dicté » ce Jugement. »

Voici d’abord la lettre de M. le vicomte de Rigny à M. le ministre de la guerre , écrite le 1° décembre 1836.

Bone, Île 1er décembre 1836.

Monsieur le ministre,

J'ai l'honneur de vous adresser une copie de l’ordre du jour de M. le maréchal Clauzel au retour de l'expédition de Constantine. La phrase qui signale la faiblesse d'un seul s'adresse à moi, Je repousse cette imputation, et je la déclare calomnieuse.

Ce n'est pas tout, M. le maréchal m'a traité avec plus d’injustice encore dans un autre ordre du jour qu'il n’a retiré qu'après en avoir lui-même donné lecture à tous les chefs de corps de l’armée. Après cette communication , l'ordre du jour n'appartient plus à M. le maréchal, et je supplie votre excellence d’ordonner qu'il soit représenté.

On fait mettre en jugement un officier général, nul n’a le droit de le déshonorer. Je vous demande, avec les plus vives instances, monsieur le ministre , que toute ma conduite, pendant l'expédition de Constantine, soit déférée à un conseil d'enquête ; votre excellence ne me refusera pas cette grâce. Je me considère comme incapable de servir le roi, jusqu’au moment où il sera reconnu si c’est aux fautes de l’officier-général qui a constamment commandé l'avant-garde en marchant contre Constantine, et devant cette place, et l'arrièregarde au retour, que sont dus les résultats désastreux de l’expédition.

Je suis avec respect, monsieur le ministre, votre très-humble

et très-obéissanti serviteur.

Le maréchal de camp,

Signé, vicomte ne RIGNY.

Pour copie conforme, Le Conseiller d'état, directeur-général du personnel

et des opérations militaires,

Signé, vicomte SCHRAMM.

Au camp sur la Seybouse, le 29 novembre 1836. P ;

OPDRE GÉNÉRAL.

C’est avec une émotion profonde et une vive satisfaction que le maréchal gouverneur-général félicite les braves troupes sous ses ordres du courage ei de la résignation qu'elles ont montrés dans leur mouvement sur Constantine, en supportant avec une admirable constance les souffrances les plus cruelles de la guerre, Honneur soit rendu à leur caractère !

Un seul a montré de la faiblesse; mais on a eu le bon esprit de faire justice de propos imprudens ou coupables qui n'auraient jamais dû sortir de sa bouche.

Soldats ! dans quelque position que nous nous trouvions ensemble, je vous en sortirai avec honneur , recevez-en l'assurance de votre général en chef.

Souvenez-vous toujours que vous avez la gloïre de volre pays, votre belle réputation et un fils de France à défendre. Cette noble tâche à été dignement remplie ; votre conduite , pendant cette mémorable expédition , vous assure la reconnaissance de la France, la satisfaction du roi et l'admiration du monde entier.

Signé, maréchal CLAUZEL.

Pour copie conforme , Le colonel chef d'état-major général,

Signé , DUVERGER.

À l’occasion de-cette lettre, M. le ministre de la guerre m'écrivit la dépêche suivante :

Paris, le 17 décembre :836.

Monsieur le maréchal.

Je vous transmets copie de la lettre que m'a adressée M. le maréchal de camp de Rigny , et de l'ordre du jour qui y était joint.

Cette lettre révélant des faits graves qui compromettent l'honneur de cet officier-général et la dignité du grade dont il est revêtu, je

vous prie de m'adresser dans le plus bref délai un rapport circonstancié sur cette affaire, et de m'informer des mesures que vous avez dà prendre dans cette conjoncture.

Recevez, etc.

Le pair de France, ministre-secrétaire d'état

de la guerre, Signé, BERNARD.

Un rapport m'était demandé par cette lettre, voici celui que j’adressai à M. le minisire de la guerre.

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