SIL
La ville de Constantine (Cirta des anciens, Cossamtina des Arabes) est la capitale de la province (le beylik) qui porte son nom. Elle est située au-delà du petit Atlas, sur le Oued Rumel, à une centaine de lieues au sud-ouest de Bone ; sa population doit être de 25 à 30,000 ames, Maures et Juifs (4); elle est placée en amphithéâtre, s’élevant vers le nord-ouest, dans une presqu'’ile contournée par la rivière et dominée par la montagne el Mansoura, dont elle est séparée par une grande anfractuosité, où coulent les eaux du Oued Rumel (de sable), qui, au-dessus de la ville, reçoit le Oued Bou-Marzoug , dans un lieu appelé el Kouar (les arccaux, aqueducs antiques). Ce ruisseau, de 7 à 8 licues de cours, vient de l’est et aboutit à la rive droite du Rumel,
Au nord-est de la ville, on voit la montagne el Mansoura qui s'étend dans la direction du sud-est au nord-ouest; elle est dépouillée d'arbres, mais la terre serait facilement mise en culture ; on la compare au mont Bouzaria. Vis-à-vis de Constantine, deux mamelons s'élèvent sur les plateaux de Mansoura; celui de l’est domine la ville, à grande portée de canon ; il est couronné par deux marabouts en maçonnerie, appelés Sidi Mabroug. L'autre mamelon au nord-est, porte le nom des tombeaux de Sidi Mecid ; de ces appendices très-accidentés et couverts de tombeaux israélites, on battrait encore la ville.
Au sud-ouest de Constantine, à 4,500 mètres du faubourg, sont les hauteurs du Coudiat Aiy, sur lesquelles il y a des tombeaux musulmans ; elles dominent les approches de la ville. Constantine, entourée de jardins ct de cultures, est dans un site agréable. Au sud et à l’ouest la vue s'élend très-loin; on aperçoït des montagnes boisées, au-delà des plaines et des pays peu accidentés. Au nordest, l'horizon peu étendu est borné par les hauteurs de Mansoura.
(1) I y a 1,700 maisons, couvertes en tuiles, et 8,000 hommes capables de porter les armes.